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11 janvier 2015

Lu et approuvé

 

« La chose la plus difficile qui soit sans doute aux hommes est d’accepter l’idée, défendue par les matérialistes, de « l’existence » de la mort dans le monde. Il ne s’agit pas de dire seulement que l’homme est mortel, que la vie est finie, limitée dans le temps. Il s’agit d’affirmer qu’il existe au monde quantité de choses qui n’ont aucun sens, et ne servent à rien ; en particulier que de la souffrance et du mal puissent exister sans aucune contrepartie, aucune compensation ni dans ce monde, ni ailleurs. Il s’agit de reconnaître qu’il existe des pertes absolues (qui ne seront jamais comblées), des échecs sans appel, des événements sans aucun sens ni suite, des entreprises et même des civilisations entières qui avortent et se perdent dans le néant de l’histoire, sans y laisser aucune trace, tels ces grands fleuves qui disparaissent dans les sables du désert. Et comme cette pensée s’appuie sur la thèse matérialiste que le monde lui-même n’a aucun Sens (fixé d’avance), mais qu’il n’existe que comme un hasard miraculeux, surgi entre un nombre infini d’autres mondes qui ont péri, eux, dans le néant des astres froids, on voit que le risque de la mort et du néant assiège l’homme de toutes parts, qu’il peut prendre peur, quand la vie qu’il mène, loin de lui faire oublier la mort, la lui rend encore plus présente » (Louis ALTHUSSER)

 

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