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23 septembre 2015

Le sentier escarpé de l'émancipation

victoire tsipra.JPGAlexis Tsipras a réussi son pari. Syriza a remporté les élections anticipées qu’il avait provoquées. Il restera le premier ministre de la Grèce, à la tête de la coalition sortante.

La droite et le PASOK sont à nouveau défaits, ce qui est réjouissant.

Mais l’échec est également cuisant pour  l’ « Unité populaire » qui n’obtient pas d’élus et pour Antarsya qui ne passe même pas la barre symbolique du petit %  !

Ici, comme dans d’autres pays, les revers s’accumulent pour la « gauche anticapitaliste »,  qui ne parvient décidément pas à se dégager d’une groupuscularisation vieille de plusieurs décennies.

Les explications avancées par ses porte-parole sont toujours aussi logoUnitePopulaireGrece.jpglapidaires ou convenues : l’ « abstention massive », la « fatigue » de l’électorat, son « découragement » voire sa « résignation », …

Des réponses qui n’épuisent absolument pas la question.

Pourquoi des centaines de milliers d’abstentionnistes n’ont-ils pas voté à la gauche du parti de Tsipras ?

Pourquoi celles et ceux qui avaient rejeté massivement l’austérité lors du referendum ont-ils opté pour la démobilisation et refusé de soutenir des formations qui affirmaient donner un prolongement politique au « non » massivement exprimé en juillet ?

Pourquoi la majorité écrasante de la population n’accorde-telle pas de crédit à cette « autre gauche » ?

Parce qu’il existe une réalité « sociologique »  de base que refusent de prendre en considération les théoriciens qui ne doutent jamais.

Cette majorité populaire, des travailleurs et des citoyens, n’est pas spontanément «  anticapitaliste » ; elle n’adopte pas un positionnement « révolutionnaire » !

En d’autres termes, elle ne remet pas en cause  –globalement-  le capitalisme ; elle n’est pas disposée à engager un (difficile) combat politique pour rompre radicalement avec le système de la production marchande généralisée ; et elle n’a pas l’intention de s’atteler à la tâche de l’édification d’une société nouvelle (peu importe d’ailleurs que l’on appelle celle-ci « socialiste », « communiste » ou…).

 

peuple-foule-1.jpg

 

Ce constat brutal n’est pas le reflet d’une satisfaction généralisée à l’égard du monde dans lequel nous vivons ; il n’implique pas l'absence de contestation de certains aspects de celui-ci  ; il ne signifie pas la disparition de sujets de mécontentement. Mais la conclusion tirée de cet agacement persistant et des tracasseries quotidiennes ne se traduit aucunement par une volonté agissante d’un bouleversement majeur !

La raison ?

On touche ici à la problématique complexe des « représentations idéologiques » et de l’ « imaginaire » individuel et collectif, ou pour le dire simplement à ce qui vit dans le cerveau de chacun et de tous…

Alors que certains (une minorité) veulent révolutionner le monde et transformer en profondeur la vie,  d’autres (le plus grand nombre) s’accommodent de ce monde réellement existant et de ses turpitudes récurrentes…

Bien sûr, il existe des éléments d’élucidation de ce phénomène social, ressassés de longue date, à commencer par l’argument du poids de l’ « idéologie dominante », celle de la « classe dominante ».

D’aucuns évoqueront ainsi la capacité des dominants à coloniser l’imaginaire des dominés et souligneront la fatale perpétuation d’une  « domination symbolique ».

D’autres regretteront le repli sur la sphère privée au détriment de la sphère publique.

Et beaucoup disserteront sur le «productivisme/consumérisme » ambiant qui a réussi à métamorphoser les êtres humains en hommes et en femmes « unidimensionnels »...

Bref, un argumentaire de poids qui n’est pas dénué de pertinence.

Moutons.jpgDans ces conditions, que faire ? Comment sortir de ces contradictions apparemment inextricables ?

La réponse communément avancée est la réponse de « la lutte ».  A l’évidence. Mais pour lutter il est impératif d’être conscient de la nécessité de… lutter (pour gagner) !

La grande difficulté de la bataille pour une émancipation humaine universelle est son caractère obligatoirement démocratique, c’est-à-dire qu’elle doit être portée par le plus grand nombre, car aucune « avant-garde éclairée » ne peut se substituer à « ceux d’en bas » pour réaliser leur bonheur malgré eux !

Un tel scénario est-il plausible aujourd’hui ?

Au vu des rapports de forces entre exploiteurs et exploités, de l’état délétère de ce que l’on nommait jadis « conscience de classe », et compte-tenu de la trajectoire de l’humanité au cours des dernières décennies, l’incertitude est permise !

Toutefois, si cet indispensable basculement est actuellement improbable, une telle perspective reste pourtant décisive pour ne pas compromettre notre avenir commun.

Celles et ceux qui défendent une alternative à l’ordre existant ne peuventred flag.jpg donc renoncer, ni s’abstenir de faire entendre une musique différente du tintamarre joué par l’orchestre du capital, même si pour le moment celle-ci est presque inaudible.

Il n’y a guère d’autre choix.

 

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