Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

04 février 2026

POLARS EN BARRE [192]

"Quelqu’un a dit un jour qu’une minute pouvait durer une éternité. Un autre a dit qu’une éternité pouvait durer une minute. Mais où diable est le type qui a oublié de dire que trois ans passés en compagnie du mal durent moins d’une seconde et plus que toute une vie ? Il est assis à côté de vous, mais il ne sait encore rien de tout ça, alors faites comme si de rien n’était. Il ignore encore le terrible dénouement du mal : ces jours interminables qu’il faut vivre quand on découvre que, depuis longtemps, le mal est assis à votre table, qu’il partage votre lit, et qu’il ne s’en ira pas tant que vous n’avez pas mis votre nom au bas d’un gros chèque, après avoir trempé la plume dans votre sang de lâche, un sang bougrement trop pâle pour que la signature soit valable."

 

Gertrude Walker

 

 

 

Screenshot 2026-01-07 at 14-22-50 coverwalker.jpg (Image JPEG 300 × 444 pixels).png

 

 

03 février 2026

POLARS EN BARRE [191]

"Qu’avait-il appris ? Comment fallait-il se comporter dans une situation pareille ? Garder son calme. Aucun mouvement brusque, aucune déclaration provocante. Parler calmement, un flux continu, sans heurts, ni interruptions. Patience et amabilité. Si possible, engager un échange. Ne pas perdre son sang-froid. Surtout ça. Perdre son sang-froid revenait à perdre le contrôle de la situation."

 

Henning Mankell

 

 

 

coverfaille.jpg

02 février 2026

POLARS EN BARRE [190]

"Puis il se tourna vers Martin Beck et dit, magnanime :

— Ne pense pas trop à tout ça. Le monde occidental connaît, depuis une dizaine d’années, un flot de violence. Ce flot ne peut-être endigué par des individus isolés. Il ne fait que croître. Mais ce n’est pas ta faute.

— Ah non ?

Tout le monde tourna sa feuille de papier pour dessiner de nouvelles grilles. Lorsque Kollberg eut fini, il regarda Martin Beck et dit :

— Ton seul malheur, Martin, c’est que tu t’es trompé de boulot. Et d’époque. Et de partie du monde. Et de système.

— C’est tout ?

— A peu près, dit Kollberg. Bon, c’est moi qui commence. Alors je dis X.  X comme dans Marx."

 

Maj Sjöwall & Per Wahlöö

 

 

 

 

 

 

coverterroristes.jpg

01 février 2026

POLARS EN BARRE [189]

"Harry Dickson regardait le feu qui se mourait lentement dans le foyer ; ses pensées erraient au loin, vers son enfance. Il chiffonnait d’une main distraite une lettre que le dernier courrier venait de lui apporter.

Reginald Marlow ! Ce nom lui fit faire, à travers tant de souvenirs, un retour ému vers sa jeunesse.

Reginald, le petit Reggie qui avait partagé ses jeux, dans la banlieue new-yorkaise où il passait régulièrement trois mois de vacances par an !

Tout cela était loin ! Reginald Marlow était anglais ; quand il eut atteint ses vingt ans, ses parents retournèrent dans la mère patrie, l’emmenant avec eux, pour le confier aux universités anglaises.

Ils s’étaient écrit quelques fois, puis s’étaient perdus de vue.

Harry Dickson, lui aussi, était venu en Angleterre, s’y était établi, y avait connu la gloire. Il avait adopté, depuis, la Grande-Bretagne comme une seconde patrie, qui lui était devenue plus chère que la véritable, celle qui l’avait vu naître.

Et aujourd’hui Reginald Marlow lui écrivait une lettre brève, mais qui suait littéralement l’angoisse."

 

Jean Ray

 

 

 

 

 

Screenshot 2025-12-23 at 11-33-18 Facebook.png