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25 septembre 2017

Soutenez la création d'un nouveau média citoyen.

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Quand l’information et la culture sont trop souvent traitées comme des marchandises, quel rôle les citoyen·ne·s peuvent-ils encore jouer pour faire vivre le pluralisme et le débat ? Cette question appelle une réponse qui ne saurait attendre. 

Un peu partout, des millions de gens s’investissent et agissent sur leur quotidien sans attendre  le bon vouloir des pouvoirs publics et à contre-courant des puissances industrielles ou financières. Économie sociale et solidaire, écologie, humanitaire, progrès scientifique ou avancées technologiques — des millions de gens mettent désormais leurs moyens et leur volonté au service de projets alternatifs. Par leur succès et leur envergure, ces projets prouvent une chose simple : il est possible de faire autrement et dès maintenant. 

Aussi, à l’image de ces citoyen·ne·s qui se sont par exemple organisés pour produire et commercialiser des aliments biologiques dans le respect de l’environnement, de la santé publique et de la dignité des producteurs, nous, signataires de ce manifeste, considérons qu’il est possible d’intervenir dans le domaine de l’information et de la culture.

C’est pourquoi, nous appelons à soutenir la création d’un nouveau média fondamentalement alternatif par sa gouvernance, son modèle économique et son fonctionnement. Généraliste, diffusé gratuitement sur Internet, audiovisuel et écrit, ses objectifs devront être clairs : 

  1. Ce média, coopératif, sera indépendant : sa gouvernance impliquera ses sociétaires, ses salarié·e·s et ses «bénéficiaires».

  2. Ce média sera collaboratif : s’appuyant sur un réseau de correspondant·e·s, d’associations, d’ONG, il fera appel aux collaborations citoyennes.

  3. Ce média sera pluraliste : s’affranchissant de la dictature de l’urgence, il laissera sa place à la confrontation des idées et aux débats de fond.

  4. Ce média sera culturel et francophone : sans se limiter au seul hexagone, il contribuera à la valorisation et à la création culturelle de la francophonie.

  5. Ce média sera humaniste et antiraciste : il s’engagera dans la lutte contre les discriminations et travaillera au renforcement des solidarités humaines.

  6. Ce média sera féministe et défendra les droits LGBTI : il soutiendra l’émancipation des femmes et l’égalité entre les genres.

  7. Ce média sera écologiste et progressiste : il soutiendra les initiatives qui favorisent l’harmonie entre les hommes et la nature. 

 

Voilà l’ambition de cet appel, lancé à tous ceux et à toutes celles qui se reconnaîtront dans un tel projet : s’éloigner du modèle économique et idéologique dominant pour bâtir un espace commun et visible, influent et fraternel, un espace qui agrège et rassemble des initiatives citoyennes.

Le mercredi 11 octobre 2017, lors d’un événement diffusé sur Internet, débutera la campagne de souscription et d’élaboration de ce média. Son lancement officiel, lui, est programmé pour le lundi 15 janvier 2018. Mais rien, absolument rien, ne se fera sans vous.

 

 

Signataires du manifeste :

Cécile Amar, journaliste
Isabelle Alonso, écrivaine 
Christian Audouin, directeur de rédaction
Laurent Baffie, chroniqueur
Josiane Balasko, comédienne
Blick Bassy, chanteur
Renaud Barillet, fondateur de la Bellevilloise 
Lucas Belvaux, réalisateur
Gilles et Corinne Benizio, comédiens 
Agnès Bihl, chanteuse 
Laurent Binet, écrivain 
Stéphane Blancafort, comédien 
Gaël Brustier, essayiste  
Marie-Georges Buffet, députée
Bernard Cassen, président d'honneur d'Attac
Olivia Cattan, écrivaine
Philippe Caubère, comédien - metteur en scène 
Médéric Collignon, trompettiste
Judith Chemla, comédienne
Sophia Chikirou, communicante
Antoine Comte, avocat
Jean-Pierre Darroussin, comédien
Gérald Dahan, humoriste 
Eva Darlan, comédienne
Françoise Degois, essayiste - chroniqueuse
Julien Demos Kratos, youtubeur 
Thomas Dolié, artiste lyrique 
Nawell Dombrowsky, chanteuse 
Clément Ducol, arrangeur
Antoine Deltour, lanceur d’alerte
Jack Dion, journaliste
Nilda Fernandez, auteur compositeur
Anaïs Feuillette, réalisatrice
Nicolas Framont, sociologue 
Aurélie Filippetti, ancienne ministre
Bruno Gaccio, auteur
Raquel Garrido, avocate
Quentin Garel, sculpteur
Roland Gori, psychanalyste 
Frédéric Gros, philosophe
Robert Guédiguian, réalisateur
Thomas Guénolé, politologue
Janette Habel, politologue
Hamma Hammami, front populaire tunisien
Cédric Herrou, agriculteur
Eva Joly, députée européenne
Pierre Joxe, ancien ministre
Jul, dessinateur
Juliette, chanteuse
Sam Karmann, acteur – réalisateur
Cédric Klapisch, réalisateur
Zoé Konstantopoulou, avocate grecque
David Koubbi, avocat
Aude Lancelin, journaliste
Dany Lang, économiste
L’indigné du canapé, youtubeur
Sophie de La Rochefoucauld,  comédienne
Yvan Le Bolloc’h, acteur – musicien
Le comptoir, revue en ligne
Le Stagirite, youtubeur
Le Vent Se Lève, média d'opinion en ligne
Jean-François Lepetit, producteur 
L.E.J, chanteuses
Philippe Lioret, réalisateur
Noël Mamère, ancien député
Jean Massiet, youtubeur
Guillaume Meurice, humoriste
Isabelle Mergault, comédienne - réalisatrice
Gérard Miller, psychanalyste
Giovanni Mirabassi, pianiste
Tania de Montaigne, écrivaine
Arnaud Montebourg, ancien ministre
Gérard Mordillat, écrivain
François Morel, comédien
Adama Ouédraogo, comédien - réalisateur
Patrick Pelloux, médecin urgentiste
Edouard Perrin, journaliste
Permavenir, association écologique belge
Gilles Perez, réalisateur – producteur
Gilles Perret, réalisateur 
Henri Poulain, réalisateur
Philippe Poutou, ouvrier syndicaliste
Adrien Quatennens, député
François Ruffin, député
Aude Rossigneux, journaliste
Jean-Marc Salmon, sociologue  
Léonie Simaga, comédienne 
Soan, auteur – compositeur – interprète
Bruno Solo, comédien
Jean Teulé, écrivain
Usul, youtubeur
Jacques Weber, comédien
Martin Winckler, écrivain
Karl Zéro, réalisateur

 

https://www.change.org/p/media-citoyen

 

 

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15 août 2017

Autour d'un centenaire (4)

REVOLUTION...S

 

werth livre.jpgL'histoire de la révolution russe n'est pas l'histoire d'un peuple rassemblé derrière un parti uni pour la conquête du pouvoir et l'édification du socialisme.

En réalité, en pleine guerre mondiale, le régime autocratique de Nicolas II se désagrège et s'effondre, balayé par «une révolution sociale, multiforme et autonome».

C'est la complexité de ce processus que Nicolas Werth tente de nous restituer dans un livre de synthèse [1] .

L'auteur souligne que 1917 découla finalement d'une convergence temporaire entre une volonté politique (celle de Lénine et ses camarades) et une multitude de mouvements contestataires ; et chacun de ceux-ci avait «sa propre temporalité, sa dynamique interne, ses aspirations qui ne sauraient être réduites ni aux slogans bolchéviks ni à l'action politique de ce parti ».

Parmi les différentes expressions de ce «foisonnement», il pointe :

  • Les soldats, majoritairement des paysans sous l'uniforme, épuisés par trois années de conflit meurtrier et qui aspirent à la cessation rapide des hostilités.

  • La paysannerie qui déclenche une vaste «jacquerie» à l'encontre des propriétaires fonciers, bien sûr, mais aussi contre toute ingérence étatique et contre toute emprise de «la ville».

  • Un «mouvement ouvrier» confronté à un patronat intransigeant, qui développe un programme révolutionnaire spécifique articulé autour de mots d'ordre comme «le contrôle ouvrier» et «tout le pouvoir aux soviets».

  • Les nations et les peuples allogènes de l'empire, en voie de disparition, engagés dans un combat pour leur «émancipation».

 

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Telle est, pour Werth, la toile de fond du «coup d'Etat minutieusement  préparé» qui permit aux Bolcheviks de s'emparer du pouvoir le 25 octobre (7 novembre) 1917.

L'auteur détaille, en huit chapitres rondement menés, les événements et leur épilogue qui furent un véritable coup de tonnerre dans une époque qui n'en manquait pourtant pas.

Pour conclure, il consacre un neuvième et dernier volet aux «débats et controverses» suscités par cette irruption révolutionnaire, prélude au «court vingtième siècle» (Hobsbawm).

Il distingue «trois grands courants interprétatifs» : l'historiographie soviétique, l'historiographie libérale et l'historiographie qualifiée de « révisionniste », qui est apparue dans les années 1960-1970, aux Etats-Unis.

Pour la première, Octobre confirmerait «les lois de l'histoire découvertes par Marx» et traduirait le triomphe d'un parti d'un type nouveau, le parti «léniniste», formation disciplinée, centralisée et monolithique, mobilisée par un seul but : la révolution.

Pour la seconde, Octobre constituerait seulement un «accident malencontreux de l'histoire» dû à des circonstances exceptionnelles.

Pour la troisième, soucieuse d'analyser le processus en «partant d'en-bas», Octobre fut bien un mouvement de masse mais confisqué par une minorité agissante.

On suivrait volontiers l'historien si son propos était moins partiel et partial. Pourquoi oublier d'autres analyses et grilles interprétatives, issues notamment du «mouvement communiste» ou de «la gauche», comme celles des courants «trotskystes» et «libertaires» ?

Ainsi, quand Werth martèle que le Parti Bolchévik n'était pas ce parti homogène et uni vanté par les «historiens soviétiques», mais une formation politique profondément divisée, il se contente -désolé pour l'expression - d'enfoncer une porte ouverte !

lénine 1.jpgIl suffit de lire la monumentale «histoire de la révolution russe» de Léon Trotsky [2] pour s'en convaincre. Un Trotsky qui explique longuement les confrontations internes et la lutte opiniâtre menée par Lénine pour «réarmer le parti».

Werth détaille enfin les différents points de vue concernant « l'échec du gouvernement provisoire » ou la question de « la violence » dans le processus révolutionnaire russe, pour conclure par un coup de chapeau à... François Furet, dénonciateur tardif du «mythe révolutionnaire» -qui trouverait sa source dans la révolution française !-  et féroce pourfendeur du «communisme» [3].

Mais ceci est une autre histoire autour d'une séquence historique qui fait toujours débat, cent ans plus tard...

 

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[1] Werth Nicolas, Les révolutions russes, PUF (Que sais-je ?), Paris 2017.

Agrégé d'histoire et directeur de recherche au CNRS, Werth a participé au fameux et très polémique «Livre noir du communisme» (Laffont, Paris 1997) . Néanmoins, sa contribution à cette édifiante «brique» était plus intéressante que celle d'un Stéphane Courtois, par exemple.

[2] Trotsky Léon, Histoire de la révolution russe, Seuil, Paris, 1950.

[Egalement disponible en poche (2 volumes), toujours au Seuil (Point/Politique en 1967 et Point/Essai en 1995)].

Véritable «chef d'oeuvre de la littérature marxiste», cette volumineuse histoire reste incontournable, même si un siècle plus tard et les progrès de la recherche historique aidant, ce «témoignage» fécond mérite discussion(s).

[3] Furet François, Le passé d'une illusion, Laffont/Calmann-Lévy, Paris, 1995.

Comme beaucoup d'anciens militants staliniens repentis (il quitta le PCF en 1959), Furet fut un féroce détracteur de l'URSS et des pays du «socialisme réellement existant»...

 

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12 août 2017

La citation du jour

trotskty1.jpg"L'histoire de la révolution est pour nous, avant tout, le récit d'une irruption violente des masses dans le domaine où se règlent leurs propres destinées"

 

Léon Trotsky

10:52 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

02 août 2017

La citation du jour

vailland.jpeg"Ubu est toujours sur son trône mais nous savons que son règne n'est pas éternel et qu'il nous appartient de le renverser"

 

Roger Vailland

16:49 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

Autour d'un centenaire (2)

Dans les pas de Lénine

 

En pleine guerre mondiale (1914 – 1918), la révolution d'octobre représenta pour beaucoup un immense espoir : le début de la fin de la barbarie.

Dans les années qui suivirent la victoire des Bolchéviks, nombreux furent donc les intellectuels et les artistes qui franchirent les frontières de l'URSS pour apporter leur soutien ou manifester leur sympathie au nouveau régime.

Parmi ceux-ci, Stefan Zweig, grand écrivain autrichien, passionné de littérature russe (biographe de Dostoïevski et de Tolstoï, admirateur de Gorki), qui entreprit son périple en 1928.

Un voyage organisé et encadré par l'autorité communiste, avec l'accord de l'intéressé, dont le but n'était de prendre position sur le plan politique. Zweig était un homme de culture et là se situait ses propre priorités  : la littérature bien sûr, mais aussi l'architecture, la peinture ou la découverte des musées soviétiques.

Il profita également de son séjour pour rendre visite à des personnalités comme Eisenstein ou Gorki.

Pour autant, il n'était pas aveuglé et comprenait bien la réalité du pays qu'il visitait. Mais il préférait garder ses critiques pour un usage privé. Pour le grand public, il se limita à écrire un « Voyage en Russie », aujourd'hui réédité [1].

Un récit complété ici par un portrait de Gorki, mais surtout précédé par un texte concernant Lénine : le « wagon plombé » [2].

L'occasion de rappeler que Zweig adopta des positions pacifistes durant le conflit mondial et qu'il s'était lié avec des exilés en Suisse, notamment des Russes. D'où un intérêt marqué pour l'ébullition politique à l'Est.

Zweig se penche sur un moment clé de l'année 1917. Pour lui, Lénine ne fut pas un « agent allemand » mais un révolutionnaire soucieux de rentrer au plus vite dans son pays en révolution, et qui choisit de traverser l'Allemagne dans un train bénéficiant d'une immunité diplomatique, afin de gagner du temps.

Il s'appuie largement sur le témoignage du socialiste suisse Fritz Platten, et évite d'aborder directement des questions de tactique ou de stratégie politiques pour se focaliser sur le vécu d'un homme qui vivait modestement chez un cordonnier. Un militant discret qui attirait peu l'attention sur lui, contrairement aux diplomates et espions de tous bords qui pullulaient alors dans ce pays « neutre » européen !

L'empathie de l'écrivain pour Lénine est évidente et la tentation "léniniste" est parfois proche.

On est loin évidemment de Soljénitsyne et de son « Lénine à Zurich » [3], qui décrivait un révolutionnaire retors et prêt à tout pour atteindre son but -le pouvoir absolu- , y compris collaborer avec le régime du Kaizer Guillaume II !

 

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[1] Zweig Stefan, Le wagon plombé [suivi de] Voyage en Russie, Petite Bibliothèque Payot, Paris, 2017

[2] Le titre allemand est Der versiegelte Zug, littéralement : Le train mis sous scellé. C'est la traduction « historique » qui a été retenue.

[3] Soljénitsyne Alexandre, Lénine à Zurich, Seuil, Paris, 1975

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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