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22 février 2020

26 mai, les jours d'après (XXV)

 

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Allo, Raoul, allo quoi !

 

A propos d'un entretien "haut en couleur" accordé par le  porte-parole du PTB-PVdA à Sud Presse :

1°) Le ‘’gros problème en Belgique’’, ce ne sont pas les réformes de l’Etat et le ‘’bordel’’ qui en découlerait (même s’il y a beaucoup à dire concernant le long chantier institutionnel en cours) ! Le principal ‘’problème’’ est que la Belgique est un pays capitaliste, solidement ancré dans une Union européenne du capital et de la finance, un pays gouverné par des partis qui placent leur action dans un cadre (néo-)libéral et qui sont respectueux des traités et diktats européens !

2°) L’absence d’un arbitre comme ‘’en Allemagne avec les länder’’… Il y aurait donc ‘’une autorité fédérale qui manque chez nous’’ ? Cette ‘’autorité’’, chez nos voisins, est celle du très à droite gouvernement… Merkel ; et si ce modèle existait en Belgique, cette autorité aurait été, lors de la précédente législature, celle de la coalition N-VA-MR ! Pas sûr que cela aurait été bénéfique pour qui que ce soit !

3°) Il n’existe pas un ‘’peuple belge’’ mais deux peuples -flamand et wallon- qui coexistent dans un même cadre étatique ! Pourquoi ce déni ? Et pourquoi nier des diversités, qui sont une caractéristique positive du monde, au profit d’une conception uniformisante ?

4°) ‘’80 % des Flamands ne veulent pas de la scission du pays’’, mais près de 50 % votent pour la N-VA et le VB (et ici il ne s'agit pas d'un ''sondage''...) ! Et les autres partis de droite, le CD&V et l’Open Vld, ne sont pas spécialement des partis nostalgiques de la ‘’Belgique de papa’’ ! Tout le monde se souvient encore d’Alexandre De Croo ‘’débranchant la prise’’ sur la question de BHV, qui entraînera ensuite la séquence des 541 jours de négociations pour la formation d’un gouvernement !

5°) ‘’La scission des partis a créé la division du pays, pas le contraire’’. Totalement inexact ! La ‘’question nationale’’ (et la naissance du ‘’mouvement flamand’’ qui a mené un combat légitime, notamment sur la ‘’question linguistique’’) est aussi vieille que la Belgique ! Les tensions ‘’communautaires’’ et trajectoires politiques divergentes entre le Nord et le Sud précèdent l’éclatement des partis et en sont d’ailleurs largement la cause. La ‘’question royale’’, les événements liés à la ‘’grève du siècle (60-61)’’, les conflits concernant l'instauration d'une ''frontière linguistique'' ou le ''Wallen Buiten'' de Leuven -pour ne pas remonter au-delà de la seconde guerre mondiale- ont éclaté alors que les trois grandes familles politiques (socialistes, libéraux, sociaux chrétiens) étaient structurées dans des partis ‘’unitaires’’ !

 

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6°) Se plaindre parce que le PTB n’est pas invité par le roi, clé de voûte d’une dynastie archaïque et parfaitement antidémocratique (qui, soit dit en passant, coûte bien plus aux citoyen(ne)s que les ‘’salaires des ministres’’ !), est pour le moins curieux. Le PTB ferait mieux de faire entendre sa voix pour dénoncer avec force le caractère illégitime de la monarchie et affirmer une perspective républicaine ! Il ne suffit pas de se réclamer de Julien Lahaut…

7°) Une "diminution du nombre de ministres" ne résoudrait rien, car ces ministres (moins nombreux) seraient membres des mêmes partis qui impulsent les mêmes politiques austéritaires et qui escamotent la gravité de la ‘’crise du réchauffement climatique’’. Les mesures antisociales des 5 dernières années (et toutes celles qui ont précédé !) ont été prises par un seul gouvernement -le gouvernement fédéral- avec des ministres disposant des attributions nécessaires. Il n’y a pas eu besoin de ‘’concertation’’ avec les entités fédérées (et d’accord avec leurs ‘’nombreux ministres’’ !) pour décréter un saut d’index, retarder l’âge légal de la retraite à 67 ans, augmenter le taux de TVA de l’électricité de 6 à 21 % ou bloquer les augmentations salariales ! Dès lors, essayer de faire croire à la population qu’il s’agit d’une question clé qui pourrait résoudre ses difficultés relève du registre démagogique !

8°) Il n’existe pas ‘’deux démocraties en Belgique’’ ? Il existe, à tout le moins, deux configurations politiques très différentes : le centre de gravité se situe très à droite en Flandre et plus à gauche en Wallonie ! Les résultats des élections qui se succèdent depuis des décennies sont irréfutables à cet égard ! Aujourd’hui, au Parlement flamand, droite et extrême-droite représentent les quatre groupes les plus importants de l’hémicycle et rassemblent 93 députés sur 124 ! Alors qu’en Wallonie PS, ECOLO et PTB sont majoritaires (45 sièges sur 75 !). Tous les discours ‘’généralistes’’ sur ‘’les Flamands qui veulent la même chose que les Francophones’’ ne peuvent occulter cette réalité ! Plutôt que de se cacher derrière un ‘’belgicanisme’’ obstiné, le PTB devrait prendre en compte l’intérêt stratégique de concrétiser le ‘’droit démocratique des peuples à l’autodétermination’’. Une Wallonie autonome constituerait un ‘’maillon’’ plus faible (du point de vue du capital), car il y existe un meilleur rapport de forces pour la mise en oeuvre de politiques progressistes et pour avancer dans un processus de rupture avec le capitalisme ! Même si évidemment cela ne sera pas simple, comme toute l’histoire des luttes anticapitalistes le démontre…

Il est, par conséquent, dommage que le PTB s'abandonne à de telles prises de positions hasardeuses (?), alors qu’il mène tant de justes combats, notamment concernant les questions socio-économiques ou sociétales, sur lesquelles ses parlementaires font vraiment un bon boulot.

 

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Mais sans doute pense-t-il que ce positionnement rencontre une aspiration populaire existante et ne peut donc que renforcer sa ‘’popularité’’ et ses futurs résultats électoraux (d’où l’appel à de nouvelles élections !) ?

A court terme, il a probablement raison. A court terme…

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20 février 2020

Orwell, 1903-1950 (IV)

 

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ORWELL

DANS

LE

TEXTE (3)

 

 

 

 

[George Orwell, Dans la dèche à Paris et à Londres, 10/18, Paris, 2010]

 

J’habitais à l’enseigne de l’hôtel des Trois Moineaux : imaginez une sorte de taupinière sombre et délabrée, abritant, sur cinq étages, quarante chambres délimitées par des cloisons de bois (p.8)

Le sujet de ce livre, c’est la misère, et c’est dans ce quartier lépreux que j’en ai pour la première fois fais l’expérience  -d’abord comme une leçon de choses dispensée par des individus menant des vies plus impossibles les unes que les autres, puis comme trame vécue de ma propre existence (p.13)

Je devais à présent subsister avec six francs par jour -entreprise en soi assez ardue pour ne guère laisser le temps de penser à autre chose. C’est à ce moment-là que je commençai à comprendre ce que signifie vraiment la pauvreté. Car six francs par jour, si ce n’est pas à proprement parler la misère, ce n’en est pas loin. Avec six francs par jour, on peut encore subsister à Paris, à condition de savoir s’y prendre. Mais l’affaire n’est pas de tout repos (p.23)

Pourtant, j’étais loin d’être aussi malheureux que je l’aurais cru. Car, lorsque vous vous trouvez dans la misère, vous faites une découverte qui éclipse presque toutes les autres. Vous avez découvert l’ennui, les petites complications mesquines, les affres de la faim, mais vous avez en même temps fait une découverte capitale : savoir que la misère a la vertu de rejeter le futur dans le néant (p.28)

Nous vécûmes plusieurs jours au régime de pain sec, puis je passai deux jour et demi sans manger. Ce n’est pas drôle. Il y a des gens qui font des cures de jeûne de trois semaines et plus, et qui vous assurent qu’à partir du quatrième jour la sensation est positivement délicieuse. Je n’en sais rien, n’étant jamais allé au-delà du troisième jour. Il faut croire que l’on voit la chose différemment quand on se plie de propos délibéré à cette discipline après avoir largement mangé à sa faim avant (p.51)

La faim réduit un être à un état où il n’a plus de cerveau, plus de colonne vertébrale. L’impression de sortir d’une grippe carabinée, de s’être mué en méduse flasque, avec de l’eau tiède qui circule dans les veines au lieu de sang. L’inertie, l’inertie absolue, voilà le principal souvenir que je garde de la faim (p.52)

A cinq heures moins le quart nous reprenions le chemin de l’hôtel. Comme il n’y avait pas de clients à servir avant six heures et demie, nous en profitions pour faire l’argenterie, nettoyer les cafetières et autres ustensiles. Ensuite, c’était le grand branle-bas du dîner. Il me faudrait la plume d’un Zola pour donner une idée de ce qu’était ce moment. En gros, toute l’affaire se résumait comme suit : cent à deux cents personnes réclamaient, chacune en même temps, cinq à six plats différents que devaient leur préparer et servir cinquante à soixante autres personnes. Quiconque a tant soit peut l’expérience de la restauration comprendra ce que cela représente (p.87)

Faire la vaisselle est un travail parfaitement odieux -pas vraiment pénible, certes, mais assommant et stupide au-delà de toute expression. On frémit à l’idée que des êtres humains puissent passer des dizaines d’années de leur vie à ne rien faire d’autre. La femme que je remplaçais avait bien la soixantaine et elle restait rivée à son bac à vaisselle treize heures par jour, six jours par semaine, toute l’année durant. Et en plus, elle servait de souffre-douleur aux garçons (p.93)

Le vol était partout, et malheur à celui qui laissait traîner de l’argent dans la poche de son veston ; il pouvait d’avance en faire son deuil (p.98)

Voilà quelle était la vie d’un plongeur, une vie qui, tout compte fait, ne me paraissait pas alors si mauvaise. Je ne me sentais même pas pauvre, étant donné qu’après avoir payé ma chambre et mis de côté l’argent du tabac, du métro et des repas du dimanche, il me restait quatre francs par jour à dépenser en boisson  -et quatre francs, c’était pour moi la fortune (p.123)

… rien ne peut être plus simple que la vie d’un plongeur. Il vit au rythme des heures de travail et des heures de sommeil. Il n’a pas le temps de penser : pour lui, le monde extérieur pourrait aussi bien ne pas exister (p.123)

Le travail de l’hôtel m’enseigna la véritable valeur du sommeil, de même que la faim m’avait enseigné la véritable valeur de la nourriture. Le sommeil avait cessé d’être un simple besoin physique : c’était une volupté, une débauche allant infiniment au-delà du repos nécessaire (p.124)

Il faut, je crois, commencer par souligner que le plongeur est un des esclaves du monde moderne. Loin de moi l’idée de faire verser des larmes sur son sort, car il vit matériellement beaucoup mieux que bien des travailleurs manuels. Mais pour ce qui est de la liberté, il n’en a pas plus qu’un esclave qu’on peut vendre et acheter. Le travail qu’il effectue est servile et sans art. On ne le paie que juste ce qu’il faut pour le maintenir en vie. Ses seuls congés, il les connaît lorsqu’on le flanque à la porte (p.158)

Et on continue à lui imposer ce travail parce que règne confusément chez les riches le sentiment que, s’il avait quelques moments à lui, cet esclave pourrait se révéler dangereux. Et les gens instruits, qui devraient prendre son parti, laissent faire sans broncher parce qu’ils ne connaissent rien de cet homme, et par conséquent en ont peur. Je cite ici le plongeur parce que c’est un cas que j’ai pu examiner de près. Mais on pourrait en dire autant pour une infinité de travailleurs de tous métiers (p.165)

L’Angleterre est un pays fort agréable, à condition de ne pas être pauvre (p.173)

Habillé en clochard, il est très difficile, tout au moins au début, de ne pas éprouver le sentiment d’une déchéance. C’est le même genre de honte, irrationnelle mais très réelle, qui vous prend, je suppose, quand vous passez votre première nuit en prison (p.177)

J’eus, grâce à Bozo, un certain nombre d’aperçus sur la manière dont la mendicité s’organise à Londres. Ce n’est pas aussi simple qu’on pourrait le croire. Il y a un certain nombre de subdivisions entre catégories, et, socialement parlant, une délimitation franche entre ceux qui se bornent à tendre la main et ceux qui essaient de donner quelque chose en échange de l’argent. Les gains réalisés par ce moyen sont eux aussi très variables (p.231)

Il est regrettable que quelqu’un capable de véritablement traiter le sujet ne s’attache pas à tenir un jour le répertoire de l’argot et des jurons londoniens, en enregistrant précisément les changements qui se produisent. Cela aiderait à comprendre comment et pourquoi un mot naît, vit et meurt (p.244)

L’homme, à qui l’on fait la charité, nourrit, quasi invariablement, une haine féroce à l’égard de son bienfaiteur  -c’est une constante de la nature humaine (p.252)

Je tiens toutefois à souligner deux ou trois choses que m’a définitivement enseignées mon expérience de la pauvreté. Jamais plus je ne considérerai tous les chemineaux comme des vauriens et des poivrons, jamais plus je ne m’attendrai à ce qu’un mendiant me témoigne sa gratitude lorsque je lui aurai glissé une pièce, jamais plus je ne m’étonnerai que les chômeurs manquent d’énergie. Jamais plus je ne verserai la moindre obole à L’Armée du Salut, ni ne mettrai mes habits en gage, ni ne refuserai un prospectus qu’on me tend, ni ne m’attablerai en salivant par avance dans un grand restaurant. Ceci pour commencer (p.290)

 

 

 

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18 février 2020

26 mai, les jours d'après (XXIV)

 

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Il faudrait clarifier la situation concernant le Vlaams Belang (VB), qui pourrait, si l’on en croit d’aucuns, être ‘’le grand vainqueur de prochaines élections’’ à cause de ceci ou de cela, de celui-ci ou de celui-là...

Rappelons aux distraits que le VB a déjà gagné les élections, le 26 mai !

Or le gouvernement sortant était un gouvernement très ‘’flamand’’ (3 des 4 partis, dont la N-VA !), avec une Wallonie sous-représentée (un seul parti, le MR !), et sans le PS ou les écologistes ou le PTB ou que sais-je encore !

Bref, venir dire aujourd'hui que le VB pourrait rafler la mise grâce à Magnette, ou encore parce que les partis flamands de la prochaine coalition pourraient être minoritaires en Flandre, ou en l'absence d'accord sur le confédéralisme ou... ou..., est donc de l'approximation pure et simple ! Le VB n'a pas eu besoin de tout cela pour gagner 15 sièges au Parlement fédéral lors du dernier scrutin !

Comment cela a-t-il été possible ? Il n'y a pas d'explication unilatérale concernant le renforcement du VB, mais on peut pointer différents facteurs : ce parti progresse et continuera à progresser parce que les partis traditionnels lassent de plus en plus ! Mais aussi parce qu'il est un parti nationaliste très identitaire, parce qu'il est un parti raciste/xénophobe (qui instrumentalise la question des migrations), et parce qu'il est un parti sécuritaire. Or, ces différents éléments ‘’parlent’’ (hélas) à des fractions importantes de l'électorat du nord du pays, et pratiquer la politique de l'autruche ne changera pas cette réalité ! De plus, le VB a été suffisamment habile pour glisser quelques revendications ‘’sociales’’ dans son programme, afin de brouiller son image de parti d'extrême-droite ultra-libéral. Enfin, il a renouvelé ses porte-parole pour laisser la place à des figures plus jeunes et plus attractives, qui ont su utiliser comme des ‘’pro’’ le net pour ratisser large !

Ce n’est donc pas en se lamentant sur la séquence politicienne actuelle, ce n'est pas en se livrant à des petits jeux et calculs mesquins ou en essayant de mettre en place des ‘’plans com’’ imaginatifs, que l'on arrêtera l'ascension du VB !

Pour le mettre en difficulté, rien de doit lui être concédé (non, il ne ‘’pose pas de bonnes questions en y apportant de mauvaises réponses’’ !).  Et il est indispensable de développer une politique réellement alternative qui rencontre les besoins du plus grand nombre et qui apporte des solutions de rechange aux enjeux et aux défis qui inquiètent les citoyen(ne)s !

 

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Devant le blocage actuel, certaines voix se font entendre pour que l’on forme un ‘’gouvernement provisoire’’ qui établirait un ‘’budget d’urgence’’.

C’est bien joli mais la question fondamentale -et systématiquement escamotée !- demeure : pour quelle politique et, dans le cas présent, pour quel budget ?

Un budget avec de nouvelles ‘’économies’’ dans les soins de santé et un saut d'index ?  Ou un budget qui, par exemple, mettrait enfin à contribution les fortunes et établirait une imposition décente pour les grandes entreprises ?

Bref, qu’on le veuille ou non, il faudra dégager une majorité parlementaire pour trancher, et par conséquent il faudra également passer par une... ‘’négociation’’ !

In fine, il n'y aura pas de solution durable à la ‘’crise de régime’’ larvée qui caractérise ‘’l'Etat Belgique’’ depuis des décennies sans remettre le dossier ‘’institutionnel’’ sur la table !

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14 février 2020

26 mai, les jours d'après (XXIII)

 

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Apparemment, Paul Magnette préfère de nouvelles élections plutôt que de s’associer avec Bart de Wever…

Ecarter la N-VA, bien évidemment !

Reste que former des "gouvernements de coalition" avec les autres droites est tout aussi périlleux !

Rappelons que le PS a gouverné 27 années consécutives avec les libéraux et/ou les sociaux-chrétiens (peu importe l'étiquette -changeante- qui est la leur !) et rappelons qu'il a surtout accepté durant cette période de mener des politiques libérales !

On se souvient des privatisations d'entreprises publiques, du corsetage des salaires (loi de 1996), du traficotage du système d'indexation ("l'index-santé"), du "plan global" et du "pacte des générations", de mesures contre les chômeurs, des avantages accordés aux multinationales ("intérêts notionnels"), etc.

Et avec le PS au pouvoir, y compris avec un premier ministre "socialiste", pas de mise en oeuvre d'une lutte sérieuse contre la fraude fiscale des puissants, ni aucune politique digne de ce nom contre le "réchauffement climatique" !

Bref, un retour aux urnes, pourquoi pas ?

Mais en souhaitant que les électrices et les électeurs n'oublient rien de ce qui s'est passé ces dernières décennies et votent en toute connaissance de cause !

 

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Georges-Louis Bouchez ne partage pas l’avis du président du PS.  Selon ses dires, tout doit être fait pour éviter un retour aux urnes et garantir la stabilité du pays. Par conséquent, pas question d’exclusives !

Ah ça, tout le monde a pu vérifier que le MR n'avait aucun souci à gouverner avec la N-VA et que GLB est un proche de Francken ! Et tout le monde sait  -il ne s'en est d'ailleurs pas caché !- que ce Rastignac libéral aurait voulu continuer avec la "Suédoise" !

Malheureusement pour lui, et heureusement pour nous, l'électorat en a décidé autrement !

Reste que la volonté du MR est claire : poursuivre la même politique libérale de destruction de la Sécu et des services publics, de blocage des salaires et de cadeaux (entre amis) au patronat, de taxation des plus faibles au profit des plus forts, d'attentisme face à la fraude fiscale et à la fuite des capitaux, d'inertie totale devant le réchauffement climatique !

Dès lors, oui, redonnons la parole au peuple pour... sanctionner plus lourdement ces droites qui veulent toujours nous faire payer la facture de leurs choix anti-sociaux et anti-écologiques !

 

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De son côté, De Wever accuse le PS de pousser à un nouveau scrutin pour affaiblir son parti !

Tiens, tiens...

Bart craint un nouveau verdict de l'électorat ? Il doute de sa stratégie ? A moins d’un sursaut de lucidité :  il comprend que de plus en plus de personnes en ont assez de cette tambouille et veulent surtout un changement de politique !

Il faut dire que le 26 mai a été l'occasion d'une rude piqûre de rappel à cet égard ; la N-VA préfère sans doute ne pas revivre une triste soirée électorale (pour elle) ! 

 

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13 février 2020

France : Une "Assemblée populaire" contre la réforme des retraites

 

Plus de 200 personnalités appellent à « une assemblée populaire » contre la réforme des retraites, le 17 février, alors que commence l’examen du projet à l’Assemblée nationale. Des journées d’action et de grèves sont également prévues le 20 février et le 8 mars. Voici leur appel.

Représentant.es de luttes, responsables associatifs et politiques, personnalités du monde artistique, sportif et intellectuel, nous nous soulevons ensemble contre le projet de retraites du gouvernement. Son système par points, limitant les dépenses de retraites et prenant en compte l’entièreté de la carrière, augmentera les inégalités, retardera l’âge pour bénéficier d’une retraite à taux plein et consacrera l’appauvrissement des retraité.es.

Le projet du gouvernement est fortement critiqué de toutes parts, y compris par le Conseil d’État. Face à lui s’est construite une mobilisation historique par sa force et sa durée. Une majorité de la population aspire à un autre système de retraites, qui soit juste, équitable et qui permette de faire de la retraite un nouvel âge de la vie. Cela serait tout à fait finançable comme de nombreuses études l’ont montré. Face à un gouvernement qui reste sourd aux aspirations populaires et face aux violences policières qui se multiplient, nous nous engageons dans la construction d’un comité national de soutien aux mobilisations et dans des initiatives locales. Certains d’entre nous ont déjà signé plusieurs appels allant dans le même sens.

Nous appelons à participer aux grèves et à leur soutien notamment financier, ainsi qu’aux différentes initiatives de l’intersyndicale. Nous soutenons des mobilisations qui prennent des formes inédites, diverses, ancrées localement et dessinant des convergences qui seront essentielles pour faire face à l’urgence sociale, écologique et démocratique. Les assemblées générales se multiplient dans les lieux de travail et de vie, tout comme les luttes contre la destruction des services publics. Ensemble, elles nourrissent les mobilisations contre le projet de retraites du gouvernement et plus encore, contre la politique d’Emmanuel Macron et son monde, marquée par l’ultralibéralisme et l’autoritarisme.

Nous construirons déjà une assemblée populaire contre la réforme, le 17 février, jour d’ouverture de l’examen du projet à l’Assemblée nationale à proximité de celle-ci. Nous participerons à la nouvelle journée de convergence de grèves et de manifestations le 20 février, ainsi que le 8 mars à la journée de lutte pour les droits des femmes, puisque celles-ci sont parmi les grandes perdantes du projet de retraites. Nous participerons à bien d’autres initiatives, nous en proposerons en accord avec les organisations syndicales et les secteurs en lutte, pour le retrait d’un projet qui participe à la destruction des droits sociaux et pour l’élaboration d’un vrai projet progressiste.

 

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Les premier.es signataires /

Comité national de soutien aux luttes :

 

  1. 1. Paul Alliès (politiste, université de Montpellier)
    2. Eric Alliez (philosophe, Paris 8)
    3. Paul Ariès (politiste, directeur de l’observatoire international de la gratuité)
    4. Antoine Artous (revue Contre Temps)
    5. Ariane Ascaride (actrice)
    6. Éliane Assassi (présidente du groupe CRC au Sénat)
    7. Jean-Christophe Attias (universitaire)
    8. Manon Aubry (eurodéputée LFI)
    9. Marie Auffray-Seguette (sociologue, université de Nantes)
    10. Clémentine Autain (députée LFI)
    11. Lorenzo Barrault-Stella (sociologue, CNRS)
    12. Francine Bavay (ECVF)
    13. Esther Benbassa (sénatrice écologiste de Paris)
    14. Rémi Bénos (géographe, université Champollion Albi / GEODE CNRS)
    15. Ugo Bernalicis (député LFI)
    16. Eric Berr (économiste, université de Bordeaux)
    17. Olivier Besancenot (porte-parole du NPA)
    18. Jacques Bidet (philosophe, Paris Nanterre)
    19. Pascal Binet (professeur de Sciences Économiques et Sociales)
    20. Hervé Bismuth (littérature française, université de Bourgogne)
    21. Marianne Blanchard (sociologue, université Toulouse Le Mirail)
    22. Philippe Blanchet (socio-linguiste, Rennes 2)
    23. Pascal Boissel (psychiatre)
    24. Etienne Boisserie (historien, INALCO)
    25. Manuel Bompard (eurodéputé LFI)
    26. Camille Bondon (artiste)
    27. Laurent Bonelli (sociologue, Paris Nanterre)
    28. Sylvain Bordiec (sociologue, université de Bordeaux)
    29. Nicole Borvo Cohen-Séat (sénatrice honoraire)
    30. Ariane Bosshard (designer graphique)
    31. Yannick Bosc (historien universitaire)
    32. Taha Bouhafs (journaliste)
    33. Marie Bouazzi (ancienne présidente de Français du monde - ADFE – Tunisie)
    34. Paul Bouffartigue (sociologue, CNRS)
    35. Marie-Pierre Boursier (communiste et écologiste)
    36. Philippe Boursier (professeur de sciences économiques et sociales)
    37. Ian Brossat (adjoint au maire de Paris, porte-parole du PCF)
    38. Marie-George Buffet (députée PCF)
    39. Dominique Cabrera (réalisatrice)
    40. Claude Calame (historien, EHESS)
    41. Alice Canabate (vice-présidente de la Fondation de l’écologie politique)
    42. Luc Carvounas (député PS)
    43. Jacques Casamarta (Ensemble ! Corse, animateur de l’association Per à Pace, pour la Paix) 
    44. Jean-Noël Castorio (historien, université du Havre)
    45. Laurence Cathala (artiste et enseignante)
    46. Manuel Cervera-Marzal (sociologue, EHESS)
    47. Sébastien Chauvin (sociologue, université de Lausanne)
    48. Gérard Chaouat (directeur recherches émérite CNRS)
    49. Bernard Charlot (sciences de l’éducation, Paris 8)
    50. André Chassaigne (président du groupe GDR à l’Assemblée Nationale)
    51. Sergio Coronado (ancien député écologiste)
    52. Robert Crémieux (ancien président du MNCP)
    53. Isabelle Cridlig (photographe, plasticienne)
    54. Hervé Christofol (sciences de l’ingénieur, université d’Angers)
    55. Michèle Cohen-Halimi (professeure de philosophie Paris 8)
    56. Patrice Cohen-Séat (président honoraire d’Espaces-Marx)
    57. Eric Coquerel (député LFI)
    58. Alexis Corbière (député LFI)
    59. Sergio Coronado (ancien député écologiste)
    60. Alain Coulombel (porte-parole d’EELV)
    61. Patrick Coulon (journaliste)
    62. Annick Coupé (secrétaire générale d’Attac)
    63. Pierre Cours-Salies (sociologue, Paris 8)
    64. Thomas Coutrot (économiste, DARES)
    65. Bruno Cousin (sociologue, Sciences Po)
    66. Nathalie Coutinet (économiste, Paris 13)
    67. Alexis Cukier (philosophe, université de Poitiers)
    68. Cécile Cukierman (sénatrice et porte-parole du PCF)
    69. François Cusset (historien, université Paris Nanterre)
    70. Pierre Dardot (philosophe)
    71. Françoise Davisse (auteure réalisatrice)
    72. Laurence De Cock (historienne)
    73. Anne De Haro (juriste, Gauche démocratique et sociale)
    74. Christian Delarue (vice-président Indecosa 35)
    75. Frédéric Delarue (historien, USVQ)
    76. Mathias Delori (sociologue, CNRS)
    77. Christian de Montlibert (sociologue, université de Strasbourg)
    78. Claire Desmitt (sciences de l’éducation, université de Lille)
    79. Pierre Dhareville (député PCF)
    80. Vikash Dhorasoo (footballeur international)
    81. Vincent Dubois (sociologue, université de Strasbourg)
    82. Patrick Dubreuil (médecin généraliste)
    83. Jean-Numa Ducange (historien)
    84. Michel Duffour (ancien Secrétaire d’Etat)
    85. Claire Dujardin (avocate)
    86. Marie-Anne Dujarier (sociologue, université Paris Denis Diderot)
    87. Laurence Ellena (sociologue, université de Poitiers)
    88. Didier Epsztajn (animateur du blog entre les lignes entre les mots)
    89. Jean-Baptiste Eyraud (militant du DAL)
    90. Guillaume Faburel (professeur d’urbanisme, Lyon 2)
    91. Patrick Farbiaz (co-fondateur de PEPS)
    92. Didier Fassin (sociologue)
    93. Eric Fassin (sociologue, université Paris 8)
    94. Elsa Faucillon (députée PCF)
    95. Anaïs Feuillette (documentariste)
    96. Caroline Fiat (députée LFI)
    97. Gérard Filoche (porte-parole de la Gauche démocratique et sociale)
    98. Agnès Fine (anthropologue, EHESS)
    99. Bernard Fischer (employé de sécurité sociale)
    100. Marianne Fischman (professeure de sciences économiques et sociales)
    101. David Flacher (économiste, Paris 13)
    102. Bastien François (président de la Fondation de l’écologie politique)
    103. Bernard Friot (sociologue, Paris Nanterre)
    104. Bruno Gaccio (auteur)
    105. Jean Gadrey (économiste, université de Lille)
    106. Khaled Gaiji (président des Amis de la Terre)
    107. Afriano Garcia (sociologue, EHESS)
    108. Julie Garnier (oratrice LFI)
    109. Isabelle Garo (professeure de philosophe)
    110. Franck Gaudichaud (politiste, Université Toulouse Jean Jaurès)
    111. Florence Gauthier (historienne universitaire)
    112. Frédérick Genevée (responsable de musée)
    113. Susan George (présidente d’honneur d’Atta)
    114. Christakis Georgiou (politiste, université de Genève)
    115. Julie Gervais (politiste, Paris 1 Panthéon-Sorbonne)
    116. François Gèze (éditeur)
    117. Pascale Gillot (philosophe, université de Tours)
    118. Roland Gori (psychanalyste et président de l’Appel des appels)
    119. Camille Gourdeau (anthropologue, université Paris Diderot)
    120. Fabien Granjon (sociologue, Paris 8)
    121. Pierre-François Grond (professeur d’histoire-géographie)
    122. Ozgur Gun (économiste, université de Reims)
    123. Ingrid Hayes (historienne)
    124. Jean-Marie Harribey (économiste, université de Bordeaux)
    125. Anaïs Henneguelle (économiste, Rennes 2)
    126. Thomas Hippler (historien, université de Caen)
    127. Etienne Hubert (historien, EHESS)
    128. Michel Husson (économiste)
    129. Anne Isla, Economiste (Université de Toulouse)
    130. Pierre Jacquemain (Regards)
    131. Sophie Jallais (économiste, Paris 1)
    132. Chantal Jaquet (philosophe, Paris 1 Panthéon Sorbonne)
    133. Arthur Jatteau (économiste, université de Lille)
    134. Gisèle Jean (professeure de sciences économiques et sociales)
    135. Vanessa Jérome (politiste, CESSP)
    136. Samy Johsua (sciences de l’éducation, université Aix Marseille)
    137. Anne Jollet (historienne, coordinatricce de la rédaction des Cahiers de l’histoire)
    138. Sébastien Jumel (député PCF)
    139. Pierre-André Juven (sociologue, CNRS)
    140. Sam Karmann (acteur)
    141. Razmig Keucheyan (sociologue, université de Bordeaux)
    142. Pierre Khalfa (économiste, Fondation Copernic)
    143. Pierre Labat (artiste)
    144. Jean-Paul Labro (artiste et vidéaste)
    145. Bastien Lachaud (député LFI)
    146. Thomas Lacoste (cinéaste)
    147. Jean Lafont (militant écologiste, PEPS)
    148. Rose-Marie Lagrave (sociologue, EHESS)
    149. Véronique Lamy (porte-parole du PCOF)
    150. Dany Lang (économiste, Paris 13)
    151. Mathilde Larrère (historienne)
    152. Michel Larive (député LFI)
    153. Marie-Amélie Lauzanne (sociologue, CESSP)
    154. Christian Laval (sociologue)
    155. Christian Lazzeri (philosophe, Paris Nanterre)
    156. Yvan Le bolloc’h (acteur et musicien)
    157. Frédéric Lebaron (sociologue, ENS Paris Saclay)
    158. Catherine Leclercq (sociologue, université de Poitiers)
    159. Olivier Lecour Grandmaison (historien, université Paris Saclay)
    160. Rémi Lefebvre (politiste, université de Lille)
    161. Patrick Lehingue (politiste, université de Picardie)
    162. Sandrine Lévêque (politiste, université Lyon 2)
    163. Patrick Le Moal (inspecteur du travail retraité)
    164. Amélie Le Renard (sociologue CNRS)
    165. Jacques Lerichomme (ancien Conseiller Régional PACA)
    166. Jean Lesne (microbiologiste, Ecole des Hautes Etudes de Santé Publique)
    167. Elise Lowy (animatrice de la revue Ecorev)
    168. Michaël Löwy (sociologue, CNRS)
    169. Corinne Luxembourg (géographe, ENSA Paris-La Villette)
    170. Christian Mahieu (revue Les Utopiques)
    171. Pascal Maillard, (universitaire)
    172. Catherine Malabou (philosophe, ENS Fontenay)
    173. Jean-Pierre Martin (psychiatre)
    174. Christiane Marty (ingénieure, Fondation Copernic)
    175. Gustave Massiah (économiste altermondialiste)
    176. Frédérique Matonti (politiste, Paris 1 Panthéon Sorbonne)
    177. Gérard Mauger (sociologue, CNRS)
    178. Odile Maurin (activiste / handicap)
    179. Caroline Mecary (avocate)
    180. Jean-Luc Mélenchon (président du groupe LFI à l’Assemblée Nationale)
    181. Denis Merklen (sociologue, Sorbonne Nouvelle-Paris 3)
    182. Daniel Mermet (journaliste)
    183. Olivier Michel (professeur d’informatique, université Paris Est)
    184. Catherine Mills (économiste, Paris 1)
    185. Benoit Monange (directeur de la Fondation de l’écologie politique)
    186. Claire Monod (coordinatrice nationale de Génération.s)
    187. Warren Montag (professeur d’anglais et de littérature comparée, Occidental College Los Angeles)
    188. Cynthia Montier (artiste et autrice)
    189. Bénédicte Monville (conseillère régionale écologiste)
    190. Robi Morder (professeur honoraire en philosophie)
    191. Gérard Mordillat (écrivain)
    192. Arnaud Muyssen (médecin addictologue, CHU de Lille)
    193. Philippe Nabonnand (directeur des archives Henri-Poincaré)
    194. Olivier Neveux (professeur d’études théâtrales, ENS Lyon)
    195. Danièle Obono (députée LFI)
    196. Marc Ollivier (astrophysicien, CNRS)
    197. Elise Palomares (socio-anthropologue, université de Rouen)
    198. Mathilde Panot (députée, vice-présidente du groupe LFI à l’Assemblée Nationale)
    199. Xavier Papaïs (philosophe)
    200. Willy Pelletier (coordinateur général de la Fondation Copernic)
    201. Anne-Sophie Pelletier (eurodéputée LFI)
    202. Jean-François Pellissier (porte-parole d’Ensemble !)
    203. Irène Pereira (philosophe, IRESMO)
    204. Evelyne Perrin (présidente de Stop Précarité)
    205. Ana Perrin-Heredia (sociologue, CNRS)
    206. Christian Pierrel (porte-parole PCOF)
    207. Ernest Pignon Ernest (artiste plasticien)
    208. Roland Pfefferkorn (sociologue, université de Strasbourg)
    209. Dominique Plihon (économiste, Paris 13)
    210. Edmond Préteceille (sociologue, Science Po)
    211. Michel Pinçon (sociologue, CNRS)
    212. Monique Pinçon-Charlot (sociologue, CNRS)
    213. Sophie Pochic (sociologue, CNRS)
    214. Christopher Pollmann (professeur de droit public, université de Lorraine)
    215. Jocelyne Porcher (sociologue, INRA)
    216. Raphael Porteilla (politiste, université de Bourgogne)
    217. Paul Poulain (Emancipation Collective)
    218. Marie-Pierre Pouly (sociologue, université de Limoges)
    219. Christine Poupin (porte-parole du NPA)
    220. Philippe Poutou (porte-parole du NPA)
    221. Raphaël Pradeau (porte-parole d’Attac)
    222. Loïc Prud’homme (député LFI)
    223. Jean Puyade (professeur d’espagnol-retraité)
    224. Adrien Quatennens (député LFI)
    225. Yves Quintal (directeur d’école)
    226. Guillaume Quintin (secrétaire national du PG)
    227. Luc Quinton (artiste plasticien)
    228. Cécile Rabot (sociologue, université Paris Nanterre)
    229. Thierry Ramadier (psychologue, CNRS)
    230. Jean-Hugues Ratenon (député LFI)
    231. Patrick Rayou (sciences de l’éducation, Paris 8)
    232. Emmanuel Renault (philosophe, Paris Nanterre)
    233. Jacques Rigaudiat (économiste)
    234. Jean-Yves Rochex (psychologue, Paris 8)
    235. Fabien Roussel (député et secrétaire national du PCF)
    236. Régis Roussillon (professeur de sciences économiques et sociales)
    237. Sabine Rubin (députée LFI)
    238. François Ruffin (député LFI)
    239. Arnaud Saint-Martin (sociologue, CNRS)
    240. Perrine Saint-Martin (designeuse et enseignante)
    241. Catherine Samary (économiste, Paris Dauphine)
    242. Eros Sana (directeur de publication à Bastamag)
    243. Patricia Sander (géographe, université de Strasbourg)
    244. Gisèle Sapiro (sociologue, EHESS)
    245. Georges Sarda (professeur d’espagnol-retraité)
    246. Christina Semblano (conseillère municipale Gentilly)
    247. Patrick Silberstein (médecin, éditeur)
    248. Patrick Simon (démographe, INED)
    249. Maud Simonet (sociologue CNRS)
    250. Danielle Simonnet (conseillère de Paris)
    251. Francis Sitel (revue Contre Temps)
    252. Eric Soriano (sociologue, université de Montpellier)
    253. Marc Soriano (philosophe)
    254. Alfred Spira (épidémiologiste, académie de médecine)
    255. Alessandro Stella (historien, EHESS)
    256. Philippe Tancelin (philosophe, Paris 8)
    257. Bénédicte Taurine (députée LFI)
    258. Jacques Testart (biologiste)
    259. Julien Théry (historien, Lyon 2)
    260. Martin Thibault (sociologue, université de Limoges)
    261. Bruno Tinel (économiste, Paris 1 Panthéon Sorbonne)
    262. Christian Topalov (sociologue, EHESS)
    263. Josette Trat (sociologue, Paris 8)
    264. Aurélie Trouvé (porte-parole d’Attac)
    265. Eric Toussaint (CADTM)
    266. Eric Valentin (philosophe, université de Picardie)
    267. Patrick Vassort (sociologue, université de Caen)
    268. Mélanie Vay (politiste, CESSP)
    269. Maud Vergnol et Sébastien Crépel (co-directrice.eur.s de la rédaction de l’Humanité)
    270. Marie-Pierre Vieu-Martin (éditrice)
    271. Sylvie Vilter (économiste, université de Versailles Saint-Quentin)
    272. Christophe Voilliot (politiste, Paris Nanterre)
    273. Louis Weber (éditeur)
    274. Karel Yon, (sociologue, CNRS/Université Paris Nanterre)
    275. Michèle Zémor (vice-présidente agglomération Plaine Commune)
    276. Elisabeth Zucker (sociologue, EHESS)

 

06 février 2020

26 mai, les jours d'après (XXII)

 

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La Libre Belgique rapporte que le déficit budgétaire va approcher les 2,4 % du PIB en 2020, soit 12 milliards €, ce qui représente 3,3 milliards € de plus qu’en 2019 !

Ainsi, des décennies de politiques austéritaires  -justifiées par la nécessité "d'assainir les finances publiques"-  ont pour seul résultat une situation financière qui ne s'améliore jamais !

Pour rappel, il y a peu, ces 12 milliards € de déficit budgétaire avaient été annoncés à l'horizon 2024. Boum badaboum, ce sera donc déjà pour... cette année !

En cause, notamment : les cadeaux fiscaux récurrents accordés aux grandes entreprises, le mécanisme des "intérêts notionnels", l'absence de résultats dans la lutte contre la fraude fiscale et la fuite des capitaux (des dizaines de milliards € chaque année !), une fiscalité qui épargne les grosses fortunes, des dépenses superflues en matière militaire, etc.

Il est donc temps de changer de politique et il est dès lors temps de parler du fond programmatique, plutôt que de spéculer à longueur de journée sur les formules qui permettraient la formation d'un gouvernement fédéral !

Pas d'illusions, cependant : il est très probable que la prochaine coalition prenne à nouveau des mesures d'austérité qui accroîtront encore les inégalités et la pauvreté. Et elle ne se donnera pas les moyens de lutter réellement contre le "réchauffement climatique" !

Les mouvements sociaux et le mouvement syndical sont prévenus. Il n'y a par conséquent aucune raison de relâcher la pression, au contraire !

 

#####

 

Informateur, Paul Magnette avait abandonné quelques revendications fortes exprimées par son parti, comme le retour de l'âge légal de la retraite à 65 ans ! Aujourd'hui, en réclamant (justement) un audit sur le Tax-shift de la coalition sortante, le président du PS durcit le ton et montre démonstrativement ses muscles. Pas de doute, nous sommes entrés en campagne électorale. Mais naturellement tout le monde fait semblant de chercher une formule pour sortir de cette crise, car personne ne veut porter le chapeau de cet embrouillamini !

En attendant, on continue d’esquiver les questions de fond :

1°) Quelle politique économique, sociale, environnementale dans les prochaines années ? Néo-libéralisme, stop ou encore ?

2°) Dans quel cadre politico-institutionnel mettre en oeuvre ces politiques et dans quel cadre politico-institutionnel pourrait-on concrétiser une alternative ? Bref, quelle réponse donner aux "problèmes communautaires" selon une terminologie journalistique euphémisante ? Revenir à une "Belgique de papa", c'est-à-dire à un "unitarisme" classique ? Maintenir le statu quo actuel ? Approfondir le long processus de "fédéralisation" engagé depuis 1/2 siècle ? Ou opter enfin pour une solution "radicale" (qui prend les problèmes à la racine) et s'orienter vers la séparation Flandre/Wallonie ?

Ce qui est certain, dans la configuration présente : la "gauche wallonne", la "gauche syndicale", les "progressistes" -qui disposent ici et maintenant d'un bien meilleur rapport de forces- ont les mains liées dans le cadre d'un Etat belge (même "fédéralisé") dominé par une Flandre où la droite et l'extrême-droite sont largement majoritaires ! Ils se voient donc privés d'une possibilité de déployer une orientation politique différente de celle mise en oeuvre depuis des décennies dans le contexte de "l'Etat Belgique" !

André Renard avait, en son temps, posé l'équation du "fédéralisme et des réformes de structure". Il est temps d'aller plus loin, beaucoup plus loin...

 

 

 

 

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26 mai, les jours d'après (XXI)

 

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L’organisation Youth for Climate programme ce vendredi 7 février une nouvelle grève, avec pour thème cette fois-ci la protection des océans. Rendez-vous est fixé à 13h30 devant la gare centrale de Bruxelles.

Réaction du ministre flamand de l’Education, Ben Weyts (N-VA) : il ne souhaite plus que les écoliers flamands descendent à l’avenir dans les rues pour réclamer plus d’actions du politique contre le réchauffement climatique et les conséquences de la crise écologique !

 ‘’Brosser des cours pour le climat, c’est brosser et l’on ne peut fermer les yeux là-dessus’’, a commenté le ministre nationaliste dans une réponse à une question parlementaire écrite du député de son parti, Koen Daniëls (on n'est jamais si bien servi que par les siens !).

‘’En tant que ministre de l’Education, je veux décourager les écoliers de s’absenter de l’école de manière non-autorisée’’, a insisté le sieur Weyts.  ‘’On ne peut pas d’un côté déplorer la baisse de qualité de l’enseignement et ensuite encourager la pratique de l’école buissonnière. Il doit être clair que les mêmes règles s’appliquent à tous en toutes circonstances, et indépendamment de tout motif politique ou autre’’

Décidément, la différence entre la N-VA et le VB devient aussi mince que du papier à cigarettes. Voici donc venu le temps des croisades contre... les mobilisations d'une jeunesse attentive au drame qui se joue !

Ensuite, n'en doutons pas, ces individus s'en prendront à tous les mouvements sociaux et au mouvement syndical. Ils n'ont d'ailleurs pas attendu pour embrayer la vitesse supérieure à cet égard.

Le but de "l'école" ne doit pas être le formatage des cerveaux ni la construction d'une armée de petits robots destinés à devenir des rouages d'une société productiviste et consumériste. L'école doit favoriser l'ouverture de l'esprit, éveiller le sens critique, former à la citoyenneté active. Et les grèves pour le climat, dans le cadre général du combat des jeunes contre le réchauffement climatique, représentent précisément un "exercice pratique" indispensable.

Rappelons que ce qui est en jeu ici n'a rien d'anodin : il s'agit de l'héritage qui sera imposé aux générations futures. Question vitale dans le sens premier du terme, car avant la fin de ce siècle, c'est la survie même de l'espèce humaine qui se jouera !

 

#####

 

GlaxoSmithKline a annoncé, lors d'un conseil d'entreprise extraordinaire, un plan de restructuration qui menace 720 emplois en Belgique. En outre, des centaines de contrats temporaires ne seront pas renouvelés. Au total, près de 1.000 travailleurs risquent d'être concernés !

Ah, ces multinationales !

Elles sont choyées par les gouvernements ; elles font des profits pharamineux ; elles rémunèrent somptueusement les actionnaires ; elles ne paient quasi aucun impôt et... elles restructurent et licencient sans vergogne !

Il y a d'ailleurs gros à parier que ce plan présenté par GSK ne soit pas le dernier, car l'expérience démontre que ces pratiques socialement destructives des entreprises transnationales sont de véritables (et tristes) sagas, avec des "épisodes" qui se succèdent et se répètent dans le temps !

 Une fois de plus, donc, ce sont les salarié(e)s qui sont convié(e)s à payer la note de ces turbulences qui n'ont d'autre but que l'augmentation du taux de profit ! Le capitalisme réellement existant se fiche complètement des êtres humains, qu'il noie dans "les eaux glacées du calcul égoïste" (Marx) !

Mais peut-être le prochain (?) gouvernement fédéral prendra-t-il l’initiative de proposer une loi interdisant les licenciements dans les entreprises qui réalisent des bénéfices ?

Le PTB, lui, a décidé de ne pas attendre : il réintroduira une proposition de loi en ce sens à la Chambre !

Qui la soutiendra ?

Wait and see...

 

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05 février 2020

26 mai, les jours d'après (XX)

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Chaque jour qui passe voit l’un ou l’autre ténor politique avancer une petite idée concernant la constitution d’une prochaine majorité fédérale. En n’omettant pas d’agiter toujours le même spectre, celui du vide du pouvoir !

Que l'on cesse de dire : "il faut un gouvernement !". Non, il ne "faut" pas un gouvernement, il faut une autre politique ! Et ce n'est pas en reconduisant la "Suédoise" en y ajoutant Ecolo et le PS -parce qu'un appoint est indispensable suite à la raclée électorale encaissée par la majorité sortante !- qu'un changement de cap politique sera au rendez-vous !

Répétons-le : ce qui intéresse les partis de droite et leurs mandants patronaux, derrière tout ce mauvais cinéma autour de la formation d'une coalition fédérale, c'est de pouvoir continuer leur oeuvre de destruction sociale et environnementale !

 Nous avons donc été contraints de subir le blocage des salaires, un "saut" d'index, des "économies" supplémentaires dans le secteur des soins de santé, le détricotage de la Sécu, le recul de l'âge légal de la retraite (67 ans !), des mesures d'affaiblissement du secteur public, l'augmentation du taux de TVA sur l'électricité (de 6 à 21 % !), le renoncement face à la fraude et à la fuite des capitaux, l'inertie dans la lutte (vitale) contre le réchauffement climatique, une politique migratoire inhumaine et un discours raciste ininterrompu qui a boosté le VB, etc., avec au final... un bilan de législature désastreux : déficit démocratique, croissance de la "dette écologique" pour les générations futures, délabrement accru des finances publiques avec un déficit budgétaire annoncé à 12 milliards € à l'horizon 2024 !

Que cela ne tienne, pour les De Wever, Bouchez, Coens et consorts, il faut poursuivre dans la même voie socialement et humainement régressive. Ils veulent continuer à imposer "des larmes et du sang" ! Attention, pour le plus grand nombre s'entend, pas pour la poignée de multi-millionnaires, pas pour les multinationales gavées de cadeaux fiscaux, pas pour les bénéficiaires "d'intérêts notionnels", pas pour les patrons qui profitent de notre système fiscal, pas pour ces "patriotes" qui placent leurs avoirs dans des paradis fiscaux, pas pour les "affairistes" de tous bords qui prospèrent !

Par conséquent, cessons de pleurnicher sur les "difficultés" rencontrées par ces politiciens. Nous sommes censés vivre en "démocratie", et en démocratie le suffrage universel n'est pas un gadget ! Si nous devons revoter, revotons !

En espérant que cette fois le résultat empêchera les droites d'encore et toujours fanfaronner, en espérant que les nouveaux rapports de forces issus des urnes permettront de bloquer les éternelles politiques austéritaires et d’enrayer la poursuite de la destruction de notre planète !

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04 février 2020

Orwell, 1903-1950 (III)

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ORWELL

DANS

LE

TEXTE (2)

 

 

 

[George Orwell, Tels, tels étaient nos plaisirs et autres essais (1944-1949), Editions Ivrea, Paris, 2005]

 

Les seules autobiographies dignes de foi sont celles qui dévoilent quelque chose de honteux (p.7)

… un artiste est aussi un citoyen et un être humain (p.15)

… c’est une politique contestable que d’interdire quoi que ce soit (p.15)

Si, en définitive, on se range du côté de la police plutôt que celui des gangsters, c’est simplement parce qu’elle est mieux organisée et plus puissante, parce que la loi est un racket plus lucratif que le crime. La force prime le droit : vae victis (p.31)

… la police emploie des méthodes fondamentalement criminelles (p.34)

La vérité est, bien sûr, que les innombrables intellectuels anglais qui baisent le cul de Staline ne sont pas différents de la minorité qui fait allégeance à Hitler ou Mussolini… (p.37-38)

Les gens vénèrent le pouvoir sous la forme qu’ils sont capables de comprendre (p.40)

La grande faute de la quasi-totalité des auteurs de gauche est d’avoir voulu être antifascistes sans être en même temps antitotalitaires (p.45)

… le dilemme bien connu de la fin et des moyens. On n’arrive à rien si l’on n’est pas résolu à faire usage de la force et de la ruse, mais on dénature ainsi les buts qu’on s’était fixés (p.47)

… les procès de la vieille garde bolchévique étaient bien des mascarades (p.49)

Lénine conduit à Staline, et il aurait fini par ressembler à Staline s’il avait vécu plus longtemps (p.52)

Depuis 1930 environ, le monde ne nous a guère fourni d’occasions d’être optimistes. On ne voit rien venir, si ce n’est un amas chaotique de mensonges, de haine, de barbarie et d’ignorance, et derrière nos misères actuelles se profilent d’autres misères, encore plus terribles, qui commencent seulement à être perçues par la conscience européenne. Il est fort possible que les problèmes majeurs de l’humanité ne soient jamais résolus (p.56)

Toutes les révolutions sont des échecs mais il y a différentes sortes d’échecs (p.58)

Il ne faut pas confondre nationalisme et patriotisme (p.60)

Le principal objectif de la propagande est naturellement de façonner l’opinion du moment, mais ceux qui réécrivent l’histoire sont sans doute eux-mêmes persuadés, dans un recoin de leur esprit, qu’ils modifient effectivement le passé en y introduisant des faits à leur convenance. Quand on voit jusqu’à quel raffinement on a poussé la falsification pour occulter le rôle de Trotski dans la guerre civile russe, on ne peut s’empêcher de penser qu’il ne s’agit pas pour les responsables d’un simple mensonge (p.73)

… dans le monde moderne il n’est personne qui mérite le nom d’intellectuel, et qui puisse se tenir à l’écart de la politique, c’est-à-dire s’en désintéresser. Je pense que chacun doit participer à la vie politique -au sens large du terme-  et prendre parti, c’est-à-dire comprendre qu’il est des causes qui sont objectivement meilleures que d’autres, même si les moyens utilisés pour les défendre sont tout aussi mauvais (p.87)

Alors même qu’elle va probablement nous réduire tous à néant dans les cinq années à venir, la bombe atomique n’a pas suscité autant de débats que l’on aurait pu le croire (p.109)

Une arme complexe renforce le pouvoir des puissants, alors qu’une arme simple permet aux plus faibles  -aussi longtemps qu’elle est sans réplique- de se défendre bec et ongles (p.110)

… chaque progrès de la technique militaire a favorisé l’Etat au détriment de l’individu et les pays industrialisés au détriment des pays arriérés. Ceux qui détiennent la puissance sont de moins en moins nombreux (p.111)

Cependant, si l’on considère le monde dans sa totalité, on constate que, depuis plusieurs décennies, la tendance n’est pas à l’anarchie, mais au rétablissement de l’esclavage (p.113)

De nos jours, l’idée de liberté intellectuelle est combattue de deux façons à la fois. De façon théorique par les apologistes du totalitarisme, et de façon pratique, directe, par le monopole et la bureaucratie. Tout écrivain ou journaliste qui cherche à préserver son intégrité voit ses efforts mis en échec, moins par des persécutions actives que par la dérive générale de la société. Travaillent contre lui la concentration de la presse entre les mains de quelques milliardaires, l’emprise du monopole sur la radio et le cinéma, les réticences du grand public à dépenser de l’argent pour acheter des livres, ce qui oblige la quasi-totalité des écrivains à compléter leurs revenus par des travaux mercenaires… (p.115)

La liberté intellectuelle signifie la liberté de rendre compte de ce que l’on a vu, entendu et ressenti, sans être contraint d’inventer des faits ou des sentiments imaginaires (p.116)

L’argument selon lequel dire la vérité serait ‘’inopportun’’ et ‘’ferait le jeu’’ de tel ou tel est considéré comme sans réplique, et rares sont ceux qu’inquiète la perspective de voir les mensonges qu’ils cautionnent passer des journaux aux livres d’histoire (p.120)

Pour la mentalité totalitaire, l’histoire n’est pas quelque chose qu’il s’agit de connaître mais plutôt de fabriquer. Un Etat totalitaire est en fait une théocratie, et sa caste dirigeante doit, pour conserver son pouvoir, passer pour infaillible. Et puisque, dans la pratique, personne n’est infaillible, il est fréquemment nécessaire de réadapter les événements passés afin de montrer que telle ou telle faute n’a pas été commise, ou que tel ou tel triomphe imaginaire a réellement eu lieu. De même, chaque changement d’orientation politique majeur nécessite un changement doctrinal correspondant à une réévaluation des grandes figures historiques (…) En fait, le totalitarisme exige la réécriture continue du passé et probablement, à plus ou moins longue échéance, le rejet de l’idée même de vérité objective (p.121)

C’est au point de confluence de la littérature et de la politique que le totalitarisme exerce la plus forte pression sur les intellectuels (p.122)

La littérature véritablement apolitique n’existe pas, et moins encore dans une époque comme la nôtre, où les craintes, les haines et les sympathies de nature directement politique viennent à tout moment occuper l’esprit de chacun (p.123-124)

Cependant, le totalitarisme ne promet pas tant une époque de foi qu’une époque de schizophrénie. Une société devient totalitaire quand sa structure devient manifestement artificielle, c’est-à-dire lorsque sa classe dominante ne remplit aucune fonction mais parvient à s’accrocher au pouvoir par la force ou par la fraude (p.125-126)

Mais il n’est pas indispensable, pour être corrompu par le totalitarisme, de vivre dans un pays totalitaire (p.126)

On trouvera bien un jour quelque procédé ingénieux pour écrire des livres à l’aide de machines (p.129)

L’attaque directe et consciente contre l’honnêteté intellectuelle est le fait des intellectuels eux-mêmes (p.131)

… toute attaque contre la liberté intellectuelle et contre la notion de vérité objective menace à long terme tous les secteurs de la pensée (p.132)

… la littérature est condamnée si la liberté de pensée disparaît (p.133)

… un esprit vendu est un esprit perdu (p.133)

… l’imagination (…) ne se reproduit pas en captivité (p.133)

L’homme a besoin, de chaleur, de vie sociale, de loisirs, de confort et de sécurité : il a aussi besoin de solitude, de travail créatif et du sens du merveilleux (p.139)

Les discours et les écrits politiques sont aujourd’hui pour l’essentiel une défense de l’indéfendable. Des faits tels que le maintien de la domination britannique en Inde, les purges et les déportations en Russie, le largage de bombes atomiques sur le Japon peuvent sans doute être défendus, mais seulement à l’aide d’arguments d’une brutalité insupportable à la plupart des gens, et qui ne cadrent pas avec les buts affichés par les partis. Le langage politique doit donc principalement consister en euphémismes, pétitions de principe et imprécisions nébuleuses (p.154)

Le principal ennemi du langage clair, c’est l’hypocrisie (…). Tous les problèmes sont des problèmes politiques, et la politique elle-même n’est qu’un amas de mensonges, de faux-fuyants, de sottise, de haine et de schizophrénie. Quand l’atmosphère générale est mauvaise, le langage ne saurait rester indemne (…). Mais si la pensée corrompt le langage, le langage peut aussi corrompre la pensée (p.155)

Ce qui importe avant tout, c’est que le sens gouverne le choix des mots, et non l’inverse (p.158)

Le langage politique -et, avec quelques variantes, cela s’applique à tous les partis politiques, des conservateurs aux anarchistes- a pour fonction de rendre le mensonge crédible et le meurtre respectable, et de donner à ce qui n’est que du vent une apparence de consistance (p.160)

En fin de compte, la seule démonstration du mérite littéraire d’une œuvre est sa survie, qui ne fait elle-même qu’indiquer l’opinion de la majorité (p.210)

Quand on a lu ne serait-ce qu’une fois Shakespeare attentivement, on ne passe pratiquement plus un seul jour sans le citer, car il n’y a guère de sujets importants qu’il n’aborde ou du moins ne mentionne quelque part, à sa façon peu méthodique mais éclairante (p.224)

 

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Orwell, 1903-1950 (II)

 

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ORWELL

DANS

LE

TEXTE (1)

 

 

[George Orwell, Dans le ventre de la baleine et autre essais (1931-1943), Editions Ivréa, Paris, 2005]

 

Ce à quoi je me suis le plus attaché au cours de ces dix dernières années, c'est à faire de l'écriture politique un art à part entière (p.16)

La Ferme des Animaux est le premier livre où je me suis, en pleine connaissance de cause, efforcé de fondre en un même projet l'art et la politique (p.18)

... Ia sale besogne qui est celle de l'empire (p.25)

 Lorsque l'homme blanc devient un tyran, c'est sa propre liberté qu'il détruit (p.33)

... Ies gens aujourd'hui emprisonnés ne sont pas des fascistes, mais des révolutionnaires. Ils sont Ià non parce que leurs opinions sont trop à droite, mais parce qu'elles sont trop à gauche (p.39)

La vraie lutte se déroule entre la révolution et la contre-révolution ; entre les ouvriers qui essaient désespérément de préserver un peu de ce qu'ils ont conquis en 1936 et la coalition libéralo-communiste qui réussit si bien à le leur reprendre (...) le communisme est aujourd'hui une force contre- révolutionnaire (p.39)

... l'ère de la liberté de parole s'achève (p.49)

Bien évidemment, un romancier n'est pas obligé, quand il écrit, de prendre directement pour thème l’histoire contemporaine ; mais un romancier qui se désintéresse totalement des grands événements de son temps est généralement ou bien un gribouille ou bien un imbécile pur et simple (p.129)

Aucun livre n'est jamais totalement innocent. Qu'il s’agisse de vers ou de prose, on y discerne toujours une orientation, même si celle-ci ne s'exprime que dans la forme ou dans le choix de l'image (p.147)

Les gens qui ont le ventre vide ne désespèrent jamais de l'univers -ils ont bien autre chose à faire qu’à se soucier de l’univers (p.153)

Il est à peu près certain que nous entrons dans une ère de dictatures totalitaires -une ère où la liberté de pensée commencera par être un péché mortel, avant de devenir une simple abstraction vidée de tout sens. L'individu autonome est appelé à disparaître (p.178)

Le monde qui nous attend n’est pas un monde pour les écrivains (p.179)

... toute grande littérature est impossible tant que le monde n'aura pas été reconstruit sur de nouvelles bases (p.181)

Il n’y a pas de troisième voie entre résister à Hitler ou capituler devant lui ; et d'un point de vue socialiste, je puis dire qu'il est préférable de résister (p.188)

Par conviction personnelle, je suis résolument "de gauche", mais je crois que pour préserver son intégrité un écrivain doit rester libre de toute attache partisane (p.191)

Il est impossible de rien comprendre au monde moderne si l'on admet pas la terrifiante puissance du patriotisme, de la loyauté nationale (p.198)

La division du monde en nations repose sur d'authentiques différences de mentalité (...) il suffit d’ouvrir les yeux pour se rendre compte que le comportement humain moyen varie énormément d'un pays à l'autre (p.199)

La culture authentiquement populaire de l'Angleterre mène une existence souterraine, clandestine, officieuse et plus ou moins réprouvée par les autorités (p.203)

... l’aversion anglaise pour la guerre et le militarisme. Cette aversion, qui a de profondes racines historiques, est aussi présente dans la petite bourgeoisie que dans Ia classe ouvrière (p.205)

Le système électoral anglais, par exemple, est une escroquerie caractérisée. Il est truqué de dix façons différentes au profit de la classe possédante (...) L'hypocrisie elle-même joue le rôle d'un puissant garde-fou (p.210)

... la classe ouvrière britannique n'a jamais pensé ou agi en adoptant un point de vue internationaliste (p.212)

Le patriotisme est un sentiment quasi universel (p.214)

... un lien invisible enserre la nation et la tient rassemblée (p.217)

Il est indéniable que n'importe quel riche, sauf s'il est juif, à moins à redouter du fascisme que du communisme ou du socialisme démocratique (p.224)

Patriotisme et intelligence devront être réconciliés (p.230)

Cette guerre, si nous ne la perdons pas, abolira la majeure partie des privilèges de classe qui subsistent encore (p.233)

Le socialisme se propose, comme but ultime, la création d'un Etat mondial où les hommes seraient libres et égaux, tenant pour acquis que les hommes sont égaux en droit. Le nazisme veut exactement le contraire (p.238)

Une révolution, cela ne veut pas dire des drapeaux rouges et des barricades dans les rues, mais une refonte totale de l'exercice du pouvoir (p.247)

La guerre et la révolution sont indissociables (p.254)

L'initiative doit venir d'en bas. Ce qui implique le surgissement de quelque chose qui n'a jamais existé en Angleterre, à savoir un mouvement socialiste activement soutenu par la grande masse de Ia population (p.254)

... se montrer à la fois révolutionnaire et réaliste (p.260)

Aucun programme politique n'est jamais intégralement réalisé (...) C'est toujours la direction qui compte, le but visé (p.270)

Ce sont les mouvements qui suscitent les leaders, et non l'inverse (p.271)

Les nations n’échappent pas à leur passé par la seule magie d'une révolution (p.272)

Le patriotisme n'a rien à voir avec le conservatisme (...) aucun révolutionnaire authentique n'a jamais été internationaliste (p.274)

Chacun croit aux atrocités ennemies et refuse de croire à celles de son camp, sans même prendre la peine d'examiner les faits (p.292)

La notion même de vérité objective est en train de disparaître de notre monde (p.306)

Un monde de cauchemar dans lequel le chef, de n'importe quelle clique au pouvoir, contrôle non seulement l'avenir mais aussi le passé (p.308)

 

 

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03 février 2020

26 mai, les jours d'après (XIX)

 

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Après l’improbable duo Coens-Bouchez, voici maintenant l’entrée en piste de l’actuel vice-premier ministre  -et toujours CD&V-  Koen Geens. Avec le même objectif : associer coûte que coûte N-VA et PS, au motif qu’une majorité est indispensable en Flandre (pour mémoire, ce ne fut pas du tout le cas en Wallonie lors de la législature précédente, mais c’est évidemment le cadet des soucis de la droite flamande, qui utilise depuis des décennies l’Etat belge pour parvenir à ses fins !). 

Les champions de la dramatisation des deux côtés de la frontière linguistique affirment qu’il s’agit d’une dernière ‘’chance’’  -ou presque-  avant le retour forcé aux élections ! Un discours sans surprise destiné à mettre la pression sur les partis pour les contraindre à négocier une nouvelle ‘’coalition contre-nature’’, pour reprendre une expression utilisée naguère par Laurette Onkelinx… 

Problème pour tout ce petit monde avide de pouvoir : les viriles exclusives mutuelles lancées au lendemain du 26 mai 2019, par les principales formations, laissent des traces. Face à l’électorat et face à leurs militants, PS, N-VA et tutti quanti devront venir expliquer un éventuel revirement, ce qui ne sera pas évident pour ces partis traditionnels qui suscitent une méfiance croissante et qui ont d’ailleurs tous été sanctionnés dans les urnes !

 

##### 

 

 

Le PTB-PVDA brandit une enquête d’opinion pour taper sur son clou favori : il est faux de parler de ‘’deux démocraties irréconciliables’’ (Flandre/Wallonie) et il convient de combattre la ‘’prise d’otage nationaliste’’ post-électorale ! Et de répéter sa litanie sur ‘’l’unité’’ du pays qui sera par ailleurs l’un des thèmes principaux de la manifestation nationale qu’il organise le 1er mars ! 

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Il y a les sondages et il y a les résultats des élections : ceux du 26 mai dernier sont clairs.  

Parlement flamand : NVA, 35 députés ; VB, 23 députés ; CD&V, 19 députés ; Open Vld, 16 députés ; Groen, 14 députés ; SPA, 13 députés ; et… PVDA, 4 députés. Sur les 7 partis représentés, les 4 premiers sont de droite et d’extrême-droite, et ils regroupent ensemble 93 parlementaires sur 124, soit 75 % des mandats ! La ‘’gauche’’ (Groen-SPA-PVDA) est limitée à 31 élus (sur 124), soit 25 % des parlementaires ! Est-il vraiment indispensable de faire un dessin sur le véritable rapport de forces en Flandre ? 

Parlement wallon : PS, 23 députés ; MR, 20 députés ; Ecolo, 12 députés ; PTB, 10 députés ; et Cdh, 10 députés. PS-Ecolo-PTB disposent donc de 45 sièges sur 75, soit 60 % des mandats ! Pour 30 sièges aux partis de la majorité de droite sortante (MR-Cdh) !  

Les faits sont décidément bien têtus : le centre de gravité politique en Flandre se situe nettement ‘’à droite’’ tandis qu’il est beaucoup plus ‘’à gauche’’ en Wallonie ! Et en Wallonie, contrairement à la Flandre, il n’existe pas d’extrême-droite implantée au niveau institutionnel (le dernier scrutin a vu la disparition du PP et le flop des différents groupuscules fascistes qui tentaient une percée) ! 

Le PTB-PVDA est dès lors de mauvaise foi lorsqu’il minimise les contradictions entre le Nord et le Sud de l’Etat Belgique, ou lorsqu’il affirme  -n’étant pas économe en généralités-  que ‘’les gens’’ ne sont pas différents. A l’évidence, il existe des points communs entre tous les êtres humains, mais cette banalité n’épuise pas la question ! 

Aucun groupe social, aucune classe sociale n’est homogène. Il y a  -malheureusement-  un important électorat populaire qui penche et qui vote ‘’à droite’’, partout. Mais beaucoup plus en Flandre qu’en Wallonie ! Ce ne sont pas seulement les patrons du BEL 20, du VOKA et leurs proches qui soutiennent la N-VA et le VB ! Une fraction significative de la population est raciste/xénophobe et est favorable à des politiques néo-libérales privilégiant l’individu au détriment du collectif ! Ce serait illusoire de croire qu’elle vote par distraction et que le verdict du dernier scrutin législatif était un simple ‘’accident’’… 

Le PTB-PVDA affirme que beaucoup ont choisi le VB ou la N-VA (ou les autres formations de droite) pour obtenir une pension à 1.500 € ou une augmentation des salaires, promises par ces partis. Ah bon ! Pourquoi ces électeurs si préoccupés de ‘’social ‘’ n’ont-ils pas voté massivement pour le PVDA qui a mené une campagne électorale sur un thème central : ‘’le social, c’est phénoménal’’ ? Comment se fait-t-il que la (ou les) ‘’copie(s)’’ a(ont) été préféré(e)s à ‘’l’original’’ ? ‘’Intoxication idéologique’’ vont sans doute répondre les dirigeants du PTB-PVDA ? Sauf que cette ‘’intoxication idéologique’’ (le poids de l’idéologie dominante, les manipulations médiatiques, la propagande mensongère) existe dans tous les pays capitalistes et… en Wallonie aussi. Or, malgré celle-ci, le PTB est à 13 % de la représentation parlementaire en Région wallonne et le PVDA est à 3 % de la représentation parlementaire au Vlaams Raad ! Il y a donc bel et bien deux configurations distinctes, qui sont  -notamment- la conséquence de la naissance et du développement d’un ‘’mouvement flamand’’ dominé par la droite car, historiquement, la ‘’gauche socialiste’’ n’a pas suffisamment pris en compte le légitime combat pour la reconnaissance de la langue flamande ! 

En fait, le problème du PTB-PVDA est qu’il pratique, depuis sa création, la politique de l’autruche devant une ‘’question nationale’’, matérialisée par l’existence et la cohabitation de deux peuples dans un même cadre étatique (au demeurant ‘’bourgeois’’ et monarchique !). Dès lors, il refuse obstinément de prendre en considération les deux réalités politiques fortement contrastées et il s’entête à ne pas abandonner sa posture ‘’belgicaine’’ (nationaliste ‘’belge’’),  ! 

Or, tant que l’Etat ‘’unitaire’’ (quand bien même sous une forme ‘’fédéralisée’’) persistera, c’est la Flandre, et les partis de droite qui y sont hégémoniques, qui imposent  -et imposeront-  leurs exigences à la Wallonie, quelles que soient les aspirations majoritaires des Wallons ! 

En ne changeant pas son approche, en n’assumant pas la complexité et les contradictions de ce pays, en rejetant une réponse institutionnelle à la hauteur de notre ‘’défi national’’, le PTB-PVDA pénalise(ra) indéfiniment les travailleurs wallons ! 

Et il handicape aussi les travailleurs flamands qui cherchent la protection des droites nationalistes parce qu’ils sont inquietés par l’épouvantail de la ‘’Wallonie profiteuse qui vit aux crochets de la Flandre’’ sans cesse agité par d’aucuns. 

Seule une indépendance de la Flandre et de la Wallonie pourrait éliminer les manoeuvres de diversion facilitées par le maintien d’un leurre, celui d’un royaume devant demeurer  obligatoirement ‘’uni’’ !

 

##### 

 

 

Jeudi dernier, le Roi s’est adressé aux ‘’corps constitués’’, composés des autorités politiques, juridiques, économiques ou académiques en Belgique. Il y a notamment abordé l’avenir de notre pays et il a martelé que les ‘’exclusives’’ des uns et des autres devaient être jetée par-dessus bord afin de pouvoir former rapidement un gouvernement fédéral !  

Bref, il n'est élu par personne mais il est le "chef de l'Etat" (et accessoirement ‘’le chef des armées’’), et il interfère régulièrement dans la vie politique ! Il est toujours beaucoup question de '’l'institutionnel" dans ce pays -et pour cause !-, mais il serait temps de sortir de ‘’l'Ancien régime’’ et de se débarrasser une fois pour toutes de cet archaïsme que constitue un régime dynastique, où un individu dispose d'un statut et d'une fonction grâce à son hérédité et à sa place dans un ‘’ordre de succession’’ ! Vite, une République, voire deux... en cas d'implosion de la Belgique !

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28 janvier 2020

26 mai, les jours d'après (XVIII)

 

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Négociations fédérales au point mort !

Et toujours les mêmes déclarations lénifiantes des politiciens, jour après jour. Et toujours cet escamotage de la véritable question de fond : un gouvernement pour mettre en oeuvre quelle politique ? Une question qu'ils veulent occulter, et pour cause : les partis de la "Suédoise" souhaitent poursuivre la même politique austéritaire (les intentions de la N-VA ne laissent aucun doute à cet égard !), or cette politique a été lourdement sanctionnée par les électeurs ! Pour mémoire : 22 sièges de moins au Parlement fédéral pour la "bande des quatre", au soir du 26 mai dernier ! Et ils essaient maintenant de venir enfumer tout le monde avec leurs belles déclarations la main sur le coeur concernant le "sens des responsabilités", les "menaces qui pèsent sur l'unité du pays", l'"urgence de la situation" et ainsi de suite...

Avis donc à la population : baissez la tête, acceptez un nouveau tour de vis anti-social, arrêtez de revendiquer une autre politique, contentez-vous des politiciens qui occupent le terrain depuis tant d'années ! Il y va de "l'intérêt supérieur de la Belgique" (lire : l'intérêt de la monarchie, l'intérêt de cette minorité qui concentre les richesses, l'intérêt du patronat qui veut sans cesse rafler la mise, l'intérêt des grands fraudeurs qui expatrient leur "patriotisme" dans des paradis fiscaux, bref l'intérêt du capital qui dans sa course folle aux profits n'épargnera jamais ni les êtres humains ni la nature !) !

Devant ce mauvais et lassant spectacle, une seule exigence : qu'ils dégagent !

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27 janvier 2020

26 mai, les jours d'après (XVII)

 

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Bertrand Henne (RTBF), ce lundi matin, au sujet de la ‘’marche de la colère’’ organisée par le PTB le 1er mars prochain :

"Ce qu’on perçoit. C’est qu’avec cette marche et son slogan, le PTB nie la profondeur du clivage socio-économique qui existe entre les partis et entre nord et sud. En particulier entre PS et N-VA. Le PTB réduit les enjeux "politiques" à des enjeux "politiciens", il dépolitise la crise."

A l'évidence.

Le PTB est un parti ‘’nationaliste’’, ou plus exactement un parti nationaliste ‘’belge’’, en d'autres termes un parti ‘’belgicain’’ ! Pour lui, les ‘’problèmes communautaires’’, pour reprendre une terminologie consacrée, n’existent pas ! Ou plutôt, il s’agit de problèmes ‘’artificiels’’ qui ont été créés par les ‘’politiciens’’ pour ‘’diviser les travailleurs’’ !

La longue marche du ‘’mouvement flamand’’ pour la légitime reconnaissance linguistique ? Un artifice…

La naissance d’un ‘’mouvement wallon’’ face à la progression de ce ''mouvement flamand'' et du bilinguisme ? Un artifice…

Le ‘’Congrès wallon’’, issu de mouvements de la résistance au sortir de la seconde guerre mondiale, optant en faveur d’une solution fédérale ? Un artifice...

La ‘’Question royale ‘’ et les grèves quasi insurrectionnelles en Wallonie ? Des artifices…

La ‘’grève du siècle’’ (1960-1961), l’émergence du ’’renardisme’’, ‘’le fédéralisme et les réformes de structures’’ ? Des artifices...

Les lois de 1962-1963 et la détermination d’une frontière linguistique figée ? Des artifices…

Le ‘’Wallen Buiten’’ de Leuven ? Un artifice...

Le développement de ‘’partis communautaires’’ ? Un artifice…

L’éclatement des partis traditionnels longtemps ‘’unitaires’’ ? Un artifice…

Le délitement de la ‘’Belgique de papa’’ et le processus continu de la ‘’fédéralisation’’ ? Des artifices…

Les grandes ‘’réformes institutionnelles’’ ratifiées chaque fois à une majorité de 2/3 des parlementaires ? Des artifices…

Avec une analyse qui ne veut pas tenir compte de 190 années d'histoire, avec une grille de lecture parfois proche du ‘’complotisme’’, le discours ‘’dé-politique’’ n’est effectivement jamais loin !

Pas étonnant dans ces conditions que le PTB appelle à manifester pour sauver ‘’l’unité’’ du pays ! [Soyons toutefois de bon compte, il n’arpentera pas les rues de Bruxelles uniquement pour ce seul objectif, heureusement !]

Mais de quoi s’agit-il en vérité ? De préserver ‘’L’Etat Belgique’’ qui reste un Etat… ‘‘bourgeois’’, qui plus est ‘’monarchique’’ !?!

Depuis sa fondation, le PTB escamote complètement la ‘’question nationale’’ et toute réponse qui serait basée sur le ‘’droit (démocratique) des peuples à l’autodétermination’’.

Il refuse de prendre en considération la portée ‘’stratégique’’ de ce ‘’droit’’ dans le cadre d’un pays (pérennisé suite à l'interventionnisme des principales puissances européennes au XIXème siècle !) où doivent cohabiter deux peuples dans un même cadre étatique !

Cette négligence ne constituerait pas un véritable souci s’il ne s’agissait que d’une question théorique pour intellectuels en manque de bavardages.

Mais il s’agit au contraire d’une problématique très concrète et ‘’impactante’’ pour les populations, car les rapports de forces politiques sont radicalement opposés au Nord et au Sud du territoire : le centre de gravité de la Flandre se situe très à droite, tandis que la Wallonie penche plus ‘’à gauche’’ !

En ignorant -ou en feignant d’ignorer- cette configuration particulière, le PTB se prive d’une approche ‘’stratégiquement’’ innovante : l’implosion de ‘’l’Etat Belgique’’ ferait voler en éclats le ‘’bloc social bourgeois’’ et permettrait de pouvoir avancer là où l’hégémonie du capital est un peu moins incrustée, là où existe un maillon (plus) faible du système !

Si les régions et communautés ont acquis des ‘’compétences propres’’, n’oublions pas que les principaux leviers de la décision -en matière économique et sociale (Sécu), en matière de politique étrangère et de défense nationale, en matière de justice et de questions sociétales, et en matière fiscale-, demeurent toujours au 16 rue de la Loi, en principe (!) sous le contrôle de la Chambre des représentants.

Ainsi, en ce qui concerne la dernière législature, pour ne pas remonter plus loin, ce ne sont pas les ‘’entités fédérées’’ qui ont imposé de nouvelles économies dans les soins de santé, ce ne sont pas les ‘’entités fédérées’’ qui ont décrété un saut d’index, ce ne sont pas les ‘’entités fédérées’’ qui ont orchestré le blocage des salaires, ce ne sont pas les ‘’entités fédérées’’ qui ont décidé de porter le taux de TVA de l’électricité à 21 %, ce ne sont pas les ‘’entités fédérées’’ qui ont modifié l’âge légal de la retraite, ce ne sont pas les ‘’entités fédérées’’ qui ont choisi de dépenser des milliards € pour acheter des F35, ce ne sont pas les ‘’entités fédérées’’ qui engagent le Belgique dans des conflits militaires dans le monde, ce ne sont pas les ‘’entités fédérées’’ qui détruisent la SNCB ou affaiblissent constamment les ‘’entreprises publiques’’, ce ne sont pas les ‘’entités fédérées’’ qui réglementent les ‘’politiques migratoires’’.

Cela ne signifie pas pour autant que ces ‘’entités fédérées’’ ont renoncé aux options austéritaires, en fonction des majorités en place, mais cela signifie que le cap général reste essentiellement fixé par le ‘’fédéral’’, dominé par la droite flamande (dans le gouvernement Michel, trois partis flamands pour un seul francophone ! Une démonstration presque caricaturale de cette hégémonie politique).

Une Wallonie ‘’indépendante’’, débarrassée du poids de la droite flamande, pourrait donc ouvrir de nouvelles perspectives en matière d’édification d’une solution de rechange ‘’de gauche’’.

Ce qui ne signifie pas que cela serait simple (ce ne l’est nulle part !), mais ce qui signifie qu’il y aurait un obstacle de moins dans le combat pour matérialiser une alternative.

En réalité, ce qui ‘’divise’’ les travailleurs, c’est l’absence de réponse à une ‘’question nationale’’ aussi vieille que la Belgique et c’est le maintien d’un Etat ‘’unitaire’’, même sous une forme ‘’fédéralisée’’ ! Car celui-ci est instrumentalisé par les possédants pour continuer à opposer les deux peuples, notamment en attisant les antagonismes ‘’communautaires’’.

Dans le cadre institutionnel actuel, le ‘’c’est la faute aux Flamands’’ ou le ‘’c’est la faute aux Wallons’’ tombent toujours à pic pour justifier ce qui est contesté en essayant de détourner le mécontentement vers les mauvaises cibles.

La disparition de la Belgique, par contre, saperait cette entourloupe, car chaque peuple serait entièrement maître de ses choix politiques et il serait dès lors difficile de pointer la ‘’responsabilité’’ de voisins qui ne seraient plus liés structurellement !

Cela dit, une telle issue n'est (sans doute) pas pour demain !

Même si l'histoire connait parfois des accélérations imprévisibles...

 

 

 

 

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21 janvier 2020

Orwell, 1903-1950 (I)

 

Orwell est, avec Kafka, l’un des rares écrivains du XXème siècle dont le nom est passé dans la langage courant, comme Balzac au XIXème siècle’’ [1]

‘’Tout ce que j’ai écrit d’important depuis 1936, chaque mot, chaque ligne, a été écrit directement ou indirectement, contre le totalitarisme et pour le socialisme démocratique tel que je le conçois’’ [2]

 

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Le 21 janvier 1950, il y a 70 ans, disparaissait George Orwell, écrivain politique, homme de gauche, adversaire résolu des dictatures nazie et stalinienne.

Ni courtisan, ni compagnon de route du ‘’communisme soviétique’’, ni porte-parole d’une cause, libre de toute obédience partisane, ennemi de la langue de bois et d’une franchise parfois brutale, Orwell dérangeait les ‘’intellectuels’’ aveuglés par l’un ou l’autre ‘’camp’’, les politiciens prêts à toutes les compromissions et des journalistes déjà dépendants de la puissance de l’argent.

homage to.jpgSon décès -à l’âge de 46 ans !-  fut donc très peu commenté et eut peu d’écho dans la presse de l’époque.

Romancier, journaliste, essayiste, il laissait pourtant une œuvre dense, pour un homme à la santé fragile n’hésitant pas à ‘’faire’’ et à entrer en ‘’immersion’’ dans le monde réel ‘’d’en bas’’ :  9 livres, d’innombrables essais, critiques littéraires et articles commentant l’actualité de son temps…

Et quel ‘’temps’’ ! Celui de la première moitié du XXème siècle, celui du fascisme et du stalinisme triomphants, celui des deux guerres mondiales et de leurs dizaines de millions de cadavres, celui d’Auschwitz et d’Hiroshima/Nagasaki, celui du début de la guerre froide et de la course aux armements (nucléaires) !

C’est peu dire que ces événements tumultueux, et sa trajectoire de vie mouvementée à leur contact, nourrirent directement ses romans et ses écrits.

Policier en Birmanie au service de l’Empire britannique, sans le sou en France et vagabond dans son propre pays, enquêteur sur les conditions d’exploitation de la classe ouvrière du Nord de l’Angleterre, combattant ‘’antifasciste’’ en Espagne, producteur et chroniqueur à la BBC durant le second conflit planétaire (1941-1943), et… cependant écrivain prolixe !

AnimalFarm.jpgLa publication de sa production littéraire rencontra maintes difficultés de son vivant et lui rapporta peu : ni la consécration, ni la fortune. Et il dut attendre la publication de ‘’La Ferme des Animaux’’ à la fin de la seconde conflagration mondiale pour enfin bénéficier d’une situation financière un peu plus aisée !

Il s’empressa alors de terminer son roman le plus connu, ‘’1984’’, quelques mois avant que la tuberculose ne l’emporte.

Il n’eut donc jamais vraiment l’occasion de vérifier la portée et la réception internationales de son œuvre, une œuvre qui n’a cessé de gagner en popularité au fil du temps.

Certes, Orwell n’était pas un prophète ou un Nostradamus buvant du thé ! Sa conception d’une société ‘’totalitaire’’ reposait sur sa connaissance et son expérience de la société ‘’réellement existante’’ des années vingt, trente et quarante du siècle dernier, sources directes de son ‘’inspiration’’ littéraire.

Or, sa description d’un système reposant sur le contrôle total de la population, où le langage est en permanence transformé et vidé de toute signification, où l’histoire est constamment revue et rectifiée, où le mensonge est institutionnalisé, a aujourd’hui une puissance évocatrice inégalée.

Car nous vivons dans le monde de la ‘’révolution numérique’’, un monde où les espaces  -public et privé-  sont envahis par les ‘’terminaux’’, un monde où il devient 1984.jpgpérilleux de s’émanciper du net et des ‘’réseaux sociaux’’, un monde où les caméras prolifèrent partout et où la surveillance généralisée s’intensifie, un monde où les ‘’infofausses’’ (les ‘’fake news’’, particulièrement prisées par un Donald Trump, président de la première puissance planétaire !) entretiennent quotidiennement confusion et manipulation !

Dès lors, c’est bel et bien notre présent qui actualise sans cesse ce livre daté et qui continue à lui assurer un retentissement énorme.

‘’1984’’, et ‘’La Ferme des Animaux’’ qui le préfigure, continuent donc d'être publiés et republiés, lus et discutés, abondamment.

Signe de l’intérêt persistant de ces textes, décidément incontournables : les ‘’traductions nouvelles’’, les ‘’éditions commentées’’, les ‘’analyses érudites’’ qui se multiplient. [3]

Je reviendrai dans les prochaines semaines sur la vie, la personnalité, l’action, la pensée et les ‘’monuments’’ littéraires de George Orwell.

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[1] Adrien Jaulmes, Sur les traces de George Orwell, Paris, Editions des Equateurs, 2019, page 145.

[2] George Orwell, Essais, articles, lettres - volume 1, Paris, Ivréa, 1995, page 25.

[3] Ainsi, en 2018, Gallimard a publié une nouvelle édition de 1984 avec une traduction réalisée par Josée Kamoun, qui a fait le choix d’un récit au présent alors que la version originale était écrite au passé ! La fameuse ‘’novlangue’’ devient le ‘’néoparler’’, ‘’l’Angsoc’’ devient le ‘’Sociang’’, la ‘’police de la pensée’’ devient la ‘’mentopolice’’ et le ‘’crime de la pensée’’ devient ‘’mentocrime’’. Voir à ce sujet : Thierry Discepolo, L’art de détourner George Orwell, Le Monde Diplomatique, juillet 2019.

Concernant La Ferme des Animaux, notons la version que vient de publier Larousse dans sa collection ‘’Petits Classiques’’ (traduction Etienne Leyris).

 

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Bibliographie

 

GEORGE ORWELL

 

A ma guise, chroniques 1943-1947, Marseille, Agone, 2008

Chroniques du temps de guerre (1941-1943), Paris, Ivréa, 1988

Dans le ventre de la baleine, et autres essais (1931-1943), Paris, Ivréa, 2005

Ecrits politiques (1928-1949), Marseille, Agone, 2009

Essais, articles, lettres (4 volumes), Paris, Ivréa, 1995-2001

Tels étaient nos plaisirs et autres essais (1944-1949), Paris, Ivréa, 2005

Une vie en lettres, correspondance (1903-1950), Marseille, Agone, 2014

Une histoire birmane, Paris, Ivréa, 1996

Dans la dèche à Paris et à Londres, Paris, 10/18, 2010

Une fille de pasteur, Paris, LGF-Livre de poche, 2008

Le Quai de Wigan, Paris, Ivréa, 1995

Et vive l’Aspidistra, Paris, 10/18, 2000

Un peu d’air frais, Paris, 10/18, 2010

Hommage à la Catalogne, Paris, 10/18, 2000

La Ferme des Animaux, Paris, Gallimard (‘’Folioplus classiques’’), 2010

1984 (traduction Amélie Audiberti), Paris, Gallimard (‘’Folioplus classiques’’), 2015

1984 (traduction Josée Kamoun), Paris, Gallimard, 2018

 

SUR ET AUTOUR DE GEORGE ORWELL

 

AGONE (Revue), Orwell, entre littérature et politique, Marseille, N°45, 2011

BEGOUT Bruce, De la décence ordinaire, Paris, Allia, 2019

BRUNE François, Sous le soleil de Big Brother, Paris, L’Harmattan, 2000

CHRISTIN Pierre, VERDIER Sébastien, Orwell, Paris, Dargaud, 2019 [‘’Roman graphique’’, avec la participation d’André Juillard, Olivier Balez, Manu Larcenet, Blutch, Juanjo Guarnido, Enki Bilal]

CONANT James, Orwell ou le pouvoir de la vérité, Marseille, Agone, 2012

CRICK Bernard, George Orwell, une vie, Paris, Flammarion, 2008

CRITIQUE COMMUNISTE (Revue), 1984, N°32, 1984

DURAND-LE GUERN Isabelle, Le roman de la révolution. L’écriture romanesque des révolutions de Victor Hugo à George Orwell, Presses Universitaires de Rennes, 2012

GENSANE Bernard, George Orwell, vie et écriture, Presses Universitaires de Nancy, 1994

GILL Louis, George Orwell, de la guerre civile espagnole à 1984, Montréal, Lux, 2011

HITCHENS Christopher, Dans la tête d’Orwell, Paris, Editions Saint Simon, 2019

JAULMES Adrien, Sur les traces de George Orwell, Paris, Editions des Equateurs, 2019

KENNEL-RENAUD Elisabeth, Etude sur La Ferme des Animaux, Paris, Ellipses, 2008

LEMEUNIER Aude, 1984, George Orwell, Paris, Hatier (‘’Profil d’une œuvre’’), 2004

LEYS Simon, Orwell ou l’horreur de la politique, Paris, Plon, 2006

LE GENRE HUMAIN (Revue), 1984 ?, N°9, Automne-Hiver 1983-1984, Bruxelles, Complexe

LE MAGAZINE LITTERAIRE (Revue), George Orwell, 1984, hier et demain, N°202, Décembre 1983

LE MAGAZINE LITTERAIRE (Revue), Orwell, écrivain et prophète politique, N°492, Décembre 2009

MALTERE Stéphane, George Orwell, Paris, Folio (‘’Biographie’’), 2015

MARTIN Jean-Pierre, L’autre vie d’Orwell, Paris, Gallimard, 2013

MICHEA Jean-Claude, Orwell, anarchiste tory, Paris, Climats, 2000

MICHEA Jean-Claude, Orwell éducateur, Paris, Climats, 2003

NEWSINGER John, La politique selon Orwell, Marseille, Agone, 2006

REGARD Frédéric, 1984 de George Orwell, Paris, Folio, 1994

SPURLING Hilary, Sonia Orwell, un portrait, Paris, Seuil, 2003

WILLIAMS Raymond, Orwell, Paris, Seghers, 1972