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28 février 2015

Une incontournable compilation

 

Le Gorafi (anagramme de… Figaro) maitrise parfaitement l’art de la parodie.

Ses articles « décalés » font régulièrement les délices de son lectorat, particulièrement sur les réseaux sociaux. Où beaucoup tombent fréquemment dans le panneau tant cette «information selon des sources contradictoires » est criante de plausibilité. A tout le moins, pour les distraits ou les lecteurs pressés…

On sourit toujours, on rit souvent, et on ne peut parfois éviter les larmes, tant c’est caustique.

Quelques uns des meilleurs papiers ont été ici rassemblés, pour notre plus grand bonheur.

Des titres, au hasard :

 

·         Un cortège de manifestants malades d’Alzheimer oublie son chemin et se perd

·         Brest : un enfant de 6 ans traverse la crise de la quarantaine

·         L’acteur qui interprétait Chuck Norris tire sa révérence

·         Panique à Hollywood, plus assez de films originaux pour faire des remakes

·         Coming-out : Anne Roumanoff avoue avoir arrêté l’humour depuis 2006

·         Grâce à son dernier meeting, Jean-Luc Mélenchon obtient enfin son statut d’intermittent du spectacle

·         Moody’s dégrade la moyenne trimestrielle de Guillaume, 7 ans

·         Iphone 5 : Apple présente un nouveau kit anti-collision pour piétons

·         Carnet : le tyrannosaure de Jurassic Park meurt à 89 ans

·         L’aile conservatrice des démocrates découvre avec stupeur que Barack Obama est noir

·         Pôle emploi : le chômeur ayant touché par erreur 812 millions € reste introuvable

·         Exclu : le Père Fouras était en fait un comédien déguisé

·         Devant le tribunal, Oscar Pistorius avoue toujours posséder ses jambes

·         Trop honte de son nouveau-né, il photoshope les 317 photos de son enfant

·         RyanAir : les passagers devront piloter eux-mêmes les avions

·         Emotion à Marseille après la mort de Batman au cours d’une de ses interventions

 

Le recueil reprend également une série d’informations plus brèves et fait état d’une multitude d’enquêtes, dûment chiffrées. Ainsi, par exemple, on apprend que « 76 % des hommes aiment avoir un rapport sexuel pendant le passage à l’heure d’hiver car cela leur donne l’impression d‘être plus endurants et performants. Inversément, 91 % des femmes déclarent préférer faire l’amour lors du passage à l’heure d’été, car elles ont le sentiment que leur calvaire dure moins longtemps »...

C’est clair et c’est incontestable : grâce au Gorafi, chacun(e) peut élargir le champ de ses connaissances, ce qui est toujours utile lorsque l’on se retrouve en société.

Une lecture particulièrement conseillée pour celles et ceux gagnés par la mélancolie de notre époque.

 

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Le meilleur du GORAFI, Editions J’ai Lu, Paris 2014, 6,90 €

 

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08 février 2015

Une bouffée d'oxygène

Aucun album ne pourrait reprendre l’ensemble de l’œuvre de Cabu qui a plus de 30.000 dessins à son actif !

Mais le « Tout Cabu », publié en 2010, réussit néanmoins le tour de force d’en rassembler un bon millier.

Notre dessinateur de génie aimait brocarder les « gros cons » et la lecture de cet imposant ouvrage ne déçoit pas.

Beaucoup en prennent pour leur grade, à commencer par les militaires que le pacifiste Cabu conchiait volontiers.

Bien sûr, on retrouve toute la galerie des « personnages types » de l’anarchiste du coup de crayon, du Grand Duduche au Beauf, en passant par l’Adjudant Kronembourg.

Mais aussi, au fil des pages, pêle-mêle, les cathos, l’Abbé Pierre, les papes, les intégristes de toutes obédiences, les staliniens, les politiques, De Gaulle, Pompidou, Giscard, Mitterrand, Chirac, Sarkozy, la famille Le Pen, Tapie, Bush, Obama, BHL et les nouveaux philosophes, … Et finalement aussi  -et surtout-  des Français racistes, sexistes, bellicistes, alcooliques vautrés devant un poste de télévision matraquant du sport, ou coincés dans les bouchons les conduisant vers des vacances standardisées.

Pas grand monde n’est épargné. Si ce n’est l’ami Jacques Tati et le jazz, musique préférée de Cabu, qu’il écoutait en dessinant.

Bref, un album jubilatoire à parcourir, littéralement et dans tous les sens,  une fois, deux fois, vingt fois…

D’autant que vient s’y ajouter un cahier à part  -« L’enfer de Cabu »-  qui reprend une série d’ « inmontrables » de l’artiste, en clair des dessins érotiques. Mais chuuuut… !

Rassure-toi Cabu, tu vivras encore longtemps dans l’imaginaire des grands enfants que nous sommes restés !

 

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Frédéric Pagès et Jacques Lamalle, Tout Cabu, Les Arènes, Paris 2010, 39,80 €

 

 

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05 février 2015

Démocratie atomisée

 

« Après ça, quand la sirène s’est arrêtée d’un coup, nous n’étions plus humains. Nous étions dans l’histoire »

 

 

bataille.jpgEn avril 1961, la France procéda à un essai nucléaire, à Reggane, dans le désert du sud de l’Algérie, une Algérie qui n’avait pas encore gagné son indépendance.

A cette occasion, La République n’hésita pas à utiliser  des militaires comme cobayes humains, suivant ainsi l’exemple des Etats-Unis, qui refusaient de communiquer les résultats de leurs expériences !

Christophe Bataille s’est appuyé sur ce fait historique pour écrire un court roman, véritable coup de poing qui laisse le lecteur abasourdi.

Dans ce récit, le narrateur est à la tête d’une patrouille de soldats « volontaires » qui vont devoir tester l’effet des radiations atomiques sur des corps humains proches de la déflagration.

La description  de l’essai et des premières minutes de dévastation qui suivirent le « grand flash »  est hallucinée et hallucinante.

Enterrés dans une tranchée à trois kilomètres du « Point Zéro », ces soldats, revêtus de combinaisons dignes de scaphandriers mais bien peu protectrices, ont du s’approcher du point d’impact  quelques secondes après l’explosion, avant d’être pris en charge par le corps médical pour un bilan matérialisé par une kyrielle de tests et d’examens. Lesquels ne pourront réparer l’irréparable. Car si la plupart de ces victimes échapperont à une mort physique directe, ils garderont des séquelles dans leur chair, et peut-être plus encore dans leur esprit,  tout le temps qu’il leur restera à vivre !

Celui qui témoigne se décrit d'ailleurs comme un vivant qui ne l’est plus, un vivant qui se regarde vivre de l’extérieur, aux côtés de sa femme et de sa fille, dans un monde qui préfère ne se souvenir de rien et ne rien savoir.

Ces pages sont aussi le prétexte d’une réflexion sur la « démocratie » qui… désespère le démocrate, « celui qui croit qu’il croit encore, et ne fait confiance qu’à sa déception ».

Une démocratie ensevelie  sous le despotisme de la raison d’Etat, du secret, de l’opacité, du mensonge et de la folle course à l’anéantissement.

A l’évidence, un livre qui bouscule.

Et une oeuvre de salubrité publique, à dévorer !

 

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Christophe Bataille, L’expérience, Grasset, 2015, 12 €

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