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21 janvier 2026

ORWELL 1903-1950

Le 21 janvier 1950, il y a 76 ans, disparaissait George Orwell, écrivain politique, homme de gauche, adversaire résolu des dictatures nazie et stalinienne.
 
Ni courtisan, ni compagnon de route du "communisme soviétique", ni porte-parole d’une cause, libre de toute obédience partisane, ennemi de la langue de bois et d’une franchise parfois brutale, Orwell dérangeait les "intellectuels" aveuglés par l’un ou l’autre "camp", les politiciens prêts à toutes les compromissions et des journalistes déjà dépendants de la puissance de l’argent.
 
Son décès –à l’âge de 46 ans !- fut donc très peu commenté et eut peu d’écho dans la presse de l’époque.
 
Romancier, journaliste, essayiste, il laissait pourtant une œuvre dense, pour un homme à la santé fragile, n’hésitant pas à "faire" et à entrer en "immersion" dans le monde réel "d’en bas" : 9 livres, d’innombrables essais, critiques littéraires et articles commentant l’actualité de son temps…
 
Et quel "temps" ! Celui de la première moitié du XXème siècle, celui du fascisme et du stalinisme triomphants, celui des deux guerres mondiales et de leurs dizaines de millions de cadavres, celui d’Auschwitz et d’Hiroshima/Nagasaki, celui du début de la guerre froide et de la course aux armements (nucléaires) !
 
C’est peu dire que ces événements tumultueux, et sa trajectoire de vie mouvementée à leur contact, nourrirent directement ses romans et ses écrits.
 
Policier en Birmanie au service de l’Empire britannique, sans le sou en France et vagabond dans son propre pays, enquêteur sur les conditions d’exploitation de la classe ouvrière du Nord de l’Angleterre, combattant "antifasciste" en Espagne, producteur et chroniqueur à la BBC durant le second conflit planétaire (1941-1943), et cependant écrivain prolixe !
 
La publication de sa production littéraire rencontra maintes difficultés de son vivant et lui rapporta peu : ni la consécration, ni la fortune. Il dut attendre la publication de "La Ferme des Animaux" à la fin de la seconde conflagration mondiale pour enfin bénéficier d’une situation financière un peu plus aisée !
 
Il s’empressa alors de terminer son roman le plus connu, "1984", quelques mois avant que la tuberculose ne l’emporte.
 
Il n’eut dès lors jamais vraiment l’occasion de vérifier la portée et la réception internationales de son œuvre, une œuvre qui n’a cessé de gagner en popularité au fil du temps.
 
Certes, Orwell n’était pas un prophète ou un Nostradamus buvant du thé ! Sa conception d’une société "totalitaire" reposait sur sa connaissance et son expérience de la société "réellement existante" des années vingt, trente et quarante du siècle dernier, sources directes de son "inspiration" littéraire.
 
Mais sa description d’un système reposant sur le contrôle total de la population, où le langage est en permanence transformé et vidé de toute signification, où l’histoire est constamment revue et rectifiée, où le mensonge est institutionnalisé, où la violence est omniprésente, a aujourd’hui une puissance évocatrice inégalée.
 
Car nous vivons dans le monde de la "révolution numérique", un monde où les espaces -public et privé- sont envahis par les "terminaux", un monde où il devient difficile de s’émanciper du net et des "réseaux sociaux", un monde où les caméras prolifèrent partout et où la surveillance généralisée s’intensifie, un monde où les "infofausses" (les fake news) entretiennent quotidiennement confusion et manipulation !
 
C'est donc bel et bien notre présent qui actualise sans cesse son œuvre majeure et qui continue à lui assurer un retentissement énorme.
 
 

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