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09 février 2026

POLARS EN BARRE [197]

"Ce jour-là, je me fis la réflexion que Holmes et moi formions une sorte de couple. Il était l’inspirateur excentrique, j’étais l’assistant zélé qui rangeait ses affaires et contait ses exploits, la nourrice, le confident. Sans moi, le détective était une âme en peine, un génie sans lampe pour en rehausser l’éclat. Sans lui, je me sentais médiocre et inintéressant. Même du temps de ma vie conjugale avec Mary, je passais rarement plus de deux semaines sans éprouver le furieux besoin d’aller à Baker Street pour voir ce que faisait Holmes, s’il allait bien, s’il ne prenait pas de cocaïne, s’il n’avait pas encore rendu Mrs Hudson malade d’angoisse avec ses essais de chimie et ses tirs au pistolet en chambre.

Mon épouse l’avait bien senti quand, certains soirs, elle me voyait pensif, distrait et lui répondant par monosyllabes. Elle me proposait alors d’aller prendre des nouvelles de M. Sherlock Holmes. Je ne contestais même pas pour la forme sa suggestion ; j’attrapais mon manteau, mon chapeau et mes gants et je filais comme le vent jusqu’à la rue chère à mon cœur. Il en allait de même pour le détective. Il m’ouvrait parfois avec une mine faussement ennuyée, mais dans ses yeux gris je voyais bien la joie de me revoir et parfois la lueur prometteuse d’une nouvelle enquête. Notre amitié avait la chaleur discrète d’un jour radieux de janvier. Elle réchauffait les cœurs de ceux qui voyaient au-delà des apparences. Une seule personne au monde l’avait compris : Mrs Hudson."

 

Christine Muller

 

 

 

 

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