17 novembre 2020
IMAGINAIRE(S) [87]
"Herlock Sholmès se coucha de fort mauvaise humeur. A son réveil il reçut un pneumatique ainsi conçu :
«Arsène Lupin a l’honneur de vous faire part de son tragique décès en la personne du sieur Bresson, et vous prie d’assister à ses convoi, service et enterrement, qui auront lieu aux frais de l’Etat, le jeudi 25 juin. »
(…)
« Voyez-vous, mon vieux camarade, disait Sholmès à Wilson, en brandissant le pneumatique d’Arsène Lupin, ce qui m’exaspère dans cette aventure, c’est de sentir continuellement sur moi l’œil de ce satané gentleman. Aucune de mes pensées les plus secrètes ne lui échappe. J’agis comme un acteur dont tous les pas sont réglés comme une mise en scène rigoureuse, qui va là et qui dit cela, parce que le voulut ainsi une volonté supérieure. Comprenez-vous Wilson ?»"
[Maurice Leblanc, Arsène Lupin contre Herlock Sholmès, 1908]
00:00 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Facebook | |
16 novembre 2020
IMAGINAIRE(S) [86]
"Deux mois environ après ces événements, je rencontrai Rouletabille assis mélancoliquement sur un banc du palais de justice.
«Eh bien, lui dis-je, à quoi songez-vous, mon cher ami ? Vous avez l’air bien triste. Comment vont vos amis ?
− En dehors de vous, me dit-il, ai-je vraiment des amis ?
− Mais j’espère que M. Darzac…
− Sans doute…
− Et que Mlle Stangerson… Comment va-t-elle, Mlle Stangerson ?
− Beaucoup mieux… mieux… beaucoup mieux…
− Alors il ne faut pas être triste…
− Je suis triste, fit-il, parce que je songe au parfum de la dame en noir…
− Le parfum de la dame en noir ! Je vous en entends toujours parler ! M’expliquerez-vous, enfin, pourquoi il vous poursuit avec cette assiduité ?
− Peut-être, un jour… un jour, peut-être…», fit Rouletabille.
Et il poussa un gros soupir."
[Gaston Leroux, Le mystère de la chambre jaune, 1907]
00:00 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Facebook | |
15 novembre 2020
IMAGINAIRE(S) [85]
"Je pivotai pour regarder le meuble derrière moi. Lorsque je me tournai à nouveau, Sherlock Holmes se tenait debout devant moi et me souriait par-dessus mon bureau. Je bondis sur mes pieds, le dévisageai quelques secondes, totalement stupéfait, puis il semblerait que je me sois évanoui pour la première et dernière fois de ma vie. Ce qui est certain, c’est qu’un brouillard gris tourbillonna devant mes yeux et quand il s’éclaircit, je me retrouvai le col défait et je sentis un arrière-goût piquant de cognac sur mes lèvres. Holmes était penché au-dessus de ma chaise, sa flasque à la main."
[Arthur Conan Doyle, La maison vide, 1903]
00:01 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Facebook | |