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15 février 2015

Solidarité

Grèce générale.jpg

14:07 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

12 février 2015

Mobilisation sociale canada dry

 

Les tambours raisonnent, les trompettes sonnent, le front commun syndical vient d’annoncer la reprise de son plan d’actions : des « assemblées d’information », quelques initiatives « ciblées »  et… une « concentration de militants à Bruxelles », le 11 mars prochain.

Cela s’appelle avoir le sens du crescendo !

On a envie d’ironiser, mais c’est plutôt la soupe à la grimace.

grève générale pour la justice sociale.jpgEn novembre-décembre 2014, une manifestation nationale, des grèves générales provinciales et une grève générale nationale n’ont pas réussi à faire dévier Charles Michel Ier de sa trajectoire austéritaire.

Et maintenant, certains voudraient nous faire croire que ce qui est annoncé (discrètement)  va ébranler la coalition des droites, après que celle-ci ait engrangé un accord interprofessionnel qui réjouit le patronat  (et pour cause !) ?

« Faut-il en rire, faut-il en pleurer, je n’ai pas le cœur à le dire », comme le disait le poète. 

La perplexité est franchement de mise.

Attention nous dit-on, ceci n’est qu’une « étape ». Ensuite viendront  « si nécessaire » ( !) d’autres actions plus dures, peut-être même « des grèves » !

Mais pourquoi diable attendre et tirer ainsi inutilement la « mobilisation » en longueur ? Dans l’espoir que l’Exécutif fédéral fasse un geste ?

C’est plutôt illusoire au vu des déclarations répétées des excellences ministérielles, enpas touche index.jpg ce y compris Kris Peeters du CD&V, qui a réaffirmé aujourd’hui encore que le saut d’index était inéluctable  et qui, menaçant, répète que « les actions syndicales ne pourront pas être des grèves » !

De même que l’on juge un arbre à ses fruits, on évalue une stratégie syndicale à ses résultats.

Car il ne s’agit pas seulement de témoigner pour la postérité. Sauf à n’avoir rien compris aux enjeux, il s’agit de mettre en échec le gouvernement NVA-MR et sa politique de destruction du social.

Le but des actions n’est donc pas seulement de sensibiliser le plus grand nombre ou d’attirer l’attention médiatique. L’objectif des luttes est d’aboutir au retrait du saut d’index, au maintien de l’âge légal de la retraite à 65 ans, au blocage des tentatives de mise en cause des libertés syndicales, à la sauvegarde des services publics, à la préservation de notre système de sécurité sociale, au rejet des politiques fiscales injustes, à un renforcement de la protection des chômeurs, …

non_a_lausterite.pngIl s’agit aussi de modifier les rapports de forces pour dégager une alternative basée sur une réduction généralisée du temps de travail pour favoriser l’emploi et sur des mesures destinées à aller chercher l’argent là où il se trouve, comme un impôt sur la fortune, une lutte efficiente contre la fuite des capitaux et la fraude fiscale, l’arrêt des cadeaux plantureux au capital (intérêts notionnels).

Il est évident que ce n’est pas simple. Car 40 années de crise, de politiques socialement régressives mises en œuvre par les différents gouvernements, d’échecs successifs et de combats avortés, pèsent sur les consciences et ont affaibli la crédibilité syndicale. D’où un certain désenchantement, le repli de la sphère publique vers la sphère privée, la recherche d’un hédonisme consumériste, la remise en cause des solidarités, …

Mais il n’existe pas d’autre choix que de lutter, et lutter jusqu’au bout pour obtenir gain de cause et changer ainsi la donne.

On peut gagner des batailles que l’on mène mais on perd toujours celles que l’on ne mène pas !

Il n’est pas trop tard pour se ressaisir mais il devient temps. futur.jpg

 

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22:11 Publié dans Politique | Lien permanent |  Facebook | |

11 février 2015

Quelles actions pour quels buts ?

résistance.jpg

Il y aura donc à nouveau des actions syndicales dans les prochaines semaines !

C’est positif.

Naturellement, il eût été plus cohérent et plus efficace de ne pas casser la dynamique enclenchée fin 2014 !

Mais soit. Inutile ici de ré-écrire l’histoire, même récente.

Toutefois, cette annonce d’une relance des luttes interpelle.

Des actions, oui ; mais lesquelles et pour quels objectifs ?

Car il s’agit d’obliger le gouvernement à battre en retraite et il est douteux qu’il retire ses principales mesures d’austérité parce que le front commun syndical l’exige.

Des actions pour gagner sont donc indispensables, et pas simplement des actions pour canaliser une « base » mécontente ou pour se donner « une bonne conscience du devoir accompli » !

La lucidité commande de dire franchement que quelques manifestations dans les rues de grandes villes belges ou devant des cabinets ministériels, voire une grève générale limitée à 24 heures et proche des vacances d’été, ne suffiront pas pour ébranler cette vigoureuse coalition des droites  !

D’autre part, le mouvement syndical doit également clarifier sa position concernant les alternatives qu’il défend face aux politiques néo-libérales.

Des zones d’ombre à lever rapidement sous peine de déconvenues nouvelles.

J’y reviendrai.

 

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08 février 2015

Une bouffée d'oxygène

Aucun album ne pourrait reprendre l’ensemble de l’œuvre de Cabu qui a plus de 30.000 dessins à son actif !

Mais le « Tout Cabu », publié en 2010, réussit néanmoins le tour de force d’en rassembler un bon millier.

Notre dessinateur de génie aimait brocarder les « gros cons » et la lecture de cet imposant ouvrage ne déçoit pas.

Beaucoup en prennent pour leur grade, à commencer par les militaires que le pacifiste Cabu conchiait volontiers.

Bien sûr, on retrouve toute la galerie des « personnages types » de l’anarchiste du coup de crayon, du Grand Duduche au Beauf, en passant par l’Adjudant Kronembourg.

Mais aussi, au fil des pages, pêle-mêle, les cathos, l’Abbé Pierre, les papes, les intégristes de toutes obédiences, les staliniens, les politiques, De Gaulle, Pompidou, Giscard, Mitterrand, Chirac, Sarkozy, la famille Le Pen, Tapie, Bush, Obama, BHL et les nouveaux philosophes, … Et finalement aussi  -et surtout-  des Français racistes, sexistes, bellicistes, alcooliques vautrés devant un poste de télévision matraquant du sport, ou coincés dans les bouchons les conduisant vers des vacances standardisées.

Pas grand monde n’est épargné. Si ce n’est l’ami Jacques Tati et le jazz, musique préférée de Cabu, qu’il écoutait en dessinant.

Bref, un album jubilatoire à parcourir, littéralement et dans tous les sens,  une fois, deux fois, vingt fois…

D’autant que vient s’y ajouter un cahier à part  -« L’enfer de Cabu »-  qui reprend une série d’ « inmontrables » de l’artiste, en clair des dessins érotiques. Mais chuuuut… !

Rassure-toi Cabu, tu vivras encore longtemps dans l’imaginaire des grands enfants que nous sommes restés !

 

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Frédéric Pagès et Jacques Lamalle, Tout Cabu, Les Arènes, Paris 2010, 39,80 €

 

 

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10:30 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

07 février 2015

Difficultés

grève générale.jpg

Il se dit que le front commun syndical est toujours en vie et que des actions pourraient être décrétées de concert dès la semaine prochaine !

Le débat porterait essentiellement sur l’opportunité de nouvelles grèves, une perspective contestée par des responsables de la CSC et de la FGTB.

Mais au-delà de cette discussion tacticienne, l’important est sans doute ailleurs.

Il faut cesser, à gauche, de s’émoustiller à la moindre annonce d’une reprise de la lutte contre Charles Michel Ier, et dire clairement ce qui est : ce gouvernement ne reculera pas devant des pétitions, des « minutes de silence », des manifestations ponctuelles ou des grèves éparpillées ! Pour obtenir le retrait de sa politique musclée de régression sociale, il devra… chuter ! Et cet objectif, qui trouble un sommet syndical soucieux de ne « pas  faire de la politique », nécessitera une grève générale prolongée, un mode d’action qui ne sera jamais assumé par les Goblet, Leemans, Bodson, Ska et consorts !

Il n’est d’ailleurs pas certain qu’une telle visée recueille l’aval d’une majorité populaire, car le monde du travail est fortement affaibli par des décennies de crise, d’austérité, de défaites répétées et d’absence d’une perspective politique crédible.

En cas de crise gouvernementale et de retour aux urnes, il est en effet bien difficile de visualiser ce que pourrait être une solution de rechange. Il n’existe ni  Syriza ni  Podemos en Belgique, ni même en Wallonie.  Le PTB, qui a pourtant progressé, dispose de 2 élus sur 150 à la Chambre !  Toute la « gauche », dans le sens vraiment large du terme, c’est-à-dire avec les « écologistes » et les « socialistes », peut actuellement compter sur 50 députés, soit juste 1/3 de la représentation parlementaire fédérale !

C'est dire que le triomphalisme n'est pas de mise.

podemos-syriza.JPG

 

Il n’est nullement défaitiste d’acter des faits et de prendre la mesure de la réalité des rapports de forces.

La lucidité commande,  dès lors, de comprendre qu’il reste un long chemin à parcourir pour se dégager du capitalisme et de ses recettes néo-libérales.

Et une alternative, à la hauteur des enjeux de notre monde et de notre société,  ne pourra prendre consistance  -ici et maintenant-   si la gauche de gauche persiste dans ses querelles et divisions, et si la gauche syndicale reste repliée sur elle-même et s’abstient de toute « audace politique ».

Reste à gérer la tension entre l’urgence d'un changement de direction et la lenteur des processus de recomposition politique.

Un difficile défi à relever pour celles et ceux qui ne renoncent pas à transformer radicalement la vie…

 

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05 février 2015

Démocratie atomisée

 

« Après ça, quand la sirène s’est arrêtée d’un coup, nous n’étions plus humains. Nous étions dans l’histoire »

 

 

bataille.jpgEn avril 1961, la France procéda à un essai nucléaire, à Reggane, dans le désert du sud de l’Algérie, une Algérie qui n’avait pas encore gagné son indépendance.

A cette occasion, La République n’hésita pas à utiliser  des militaires comme cobayes humains, suivant ainsi l’exemple des Etats-Unis, qui refusaient de communiquer les résultats de leurs expériences !

Christophe Bataille s’est appuyé sur ce fait historique pour écrire un court roman, véritable coup de poing qui laisse le lecteur abasourdi.

Dans ce récit, le narrateur est à la tête d’une patrouille de soldats « volontaires » qui vont devoir tester l’effet des radiations atomiques sur des corps humains proches de la déflagration.

La description  de l’essai et des premières minutes de dévastation qui suivirent le « grand flash »  est hallucinée et hallucinante.

Enterrés dans une tranchée à trois kilomètres du « Point Zéro », ces soldats, revêtus de combinaisons dignes de scaphandriers mais bien peu protectrices, ont du s’approcher du point d’impact  quelques secondes après l’explosion, avant d’être pris en charge par le corps médical pour un bilan matérialisé par une kyrielle de tests et d’examens. Lesquels ne pourront réparer l’irréparable. Car si la plupart de ces victimes échapperont à une mort physique directe, ils garderont des séquelles dans leur chair, et peut-être plus encore dans leur esprit,  tout le temps qu’il leur restera à vivre !

Celui qui témoigne se décrit d'ailleurs comme un vivant qui ne l’est plus, un vivant qui se regarde vivre de l’extérieur, aux côtés de sa femme et de sa fille, dans un monde qui préfère ne se souvenir de rien et ne rien savoir.

Ces pages sont aussi le prétexte d’une réflexion sur la « démocratie » qui… désespère le démocrate, « celui qui croit qu’il croit encore, et ne fait confiance qu’à sa déception ».

Une démocratie ensevelie  sous le despotisme de la raison d’Etat, du secret, de l’opacité, du mensonge et de la folle course à l’anéantissement.

A l’évidence, un livre qui bouscule.

Et une oeuvre de salubrité publique, à dévorer !

 

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Christophe Bataille, L’expérience, Grasset, 2015, 12 €

12:59 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

31 janvier 2015

Cul-de-sac !

 

touchez pas index.jpgLe routinier « groupe des 10 » qui réunit les « partenaires ( !) sociaux » a finalement accouché d’un « accord ».

Minimaliste.

Il n’y aura pas d’augmentation des salaires en 2015 ! Mais en 2016, les secteurs pourront négocier une hausse maximale de 0,5 %. Brute. Soit plus ou moins 0,37 % nette !

Une revalorisation de 2 % des allocations  -chômage, pension et invalidité-  est également prévue.  Plus exactement, les « allocations les plus basses » !

Et la saut d’index ? Il est maintenu, les patrons refusant d’en discuter et le gouvernement réaffirmant qu’il était intangible !

Et la pension à 67 ans ? Pas un mot concernant ce tabou de la coalition des droites !

Le cap décrété par la NVA et le MR est maintenu. Avec sa politique fiscale injuste, mais aussi sa charge contre les services publics et la sécurité sociale !

Les négociateurs de la CGSLB et de la CSC ont cependant approuvé les très maigres « acquis » engrangés dans les discussions, tandis que ceux de la FGTB les rejettent, faute d’avoir pu obtenir une remise en question du choix gouvernemental concernant l’indexation.

A partir du moment où le sommet syndical a mis fin à la mobilisation pour s’engouffrer dans le tunnel de la « concertation sociale », le patronat (et le gouvernement derrière lui) étaient sur du velours.

Dès lors, le dénouement de ce (triste)  scénario était prévisible, et d’ailleurs anticipé par de nombreux militants qui connaissent la musique des compromissions délétères.

Foin de langue de bois, il faut donc appeler un chat un chat : il s’agit d’une défaite syndicale. Une de plus, qui vient s’ajouter à tous les revers subis au cours des trois dernières décennies !

C’est grave, car cet épisode consolide un rapport de forces déjà très favorable à la droite.

Demain, Charles Michel et ses pairs hésiteront encore moins à appuyer sur l’accélérateur de la régression.

Gare au prochain « contrôle budgétaire » !

Reste maintenant à vérifier si la « base » va se résigner,  ou au contraire taper le poing sur la table et exiger une relance des actions.

Mais rien n’est moins sûr, hélas.

 

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25 janvier 2015

Coup de tonnerre !

Tsipras.jpg

La victoire de Syriza est maintenant confirmée !

Pour la première fois dans l’UE, la gauche de gauche obtient une majorité parlementaire ! Probablement même absolue, mais il faudra attendre la proclamation officielle des résultats pour la confirmation.

Néanmoins, c’est de toute évidence un événement historique doublé d’un immense espoir pour le peuple grec et les peuples européens.

Pour Alexis Tsipras et ses compagnons, le défi est grand et la responsabilité lourde. Car si  la Troïka était hier menaçante, demain elle multipliera les pressions effectives pour que Syriza cède et se coule dans le moule de l’austérité dominante. Mais porté par des mobilisations à répétition (et à venir) du peuple grec, et fort de ce succès électoral éclatant, Syriza  a les moyens de ne pas s'en laisser compter.

Pour disposer d’un rapport de force encore meilleur, nos amis grecs doivent désormais aussi pouvoir bénéficier de la solidarité active de toutes les forces vraiment à gauche, partout en Europe.

Et une deuxième victoire, celle de Podemos en Espagne, élargirait cette première brèche ouverte dès aujourd’hui.

La rupture avec la tambouille austéritaire peut ainsi enfin trouver un début de concrétisation, et être une source d’inspiration pour toutes celles et tous ceux qui luttent contre la régression dans les différents pays gangrenés par le néo-libéralisme.

Ce n’est qu’un début, le combat continue, disait-on en 1968. Ce n’est en tous les cas qu’un premier pas dans une nouvelle configuration et un nouveau rapport de forces ; la confrontation avec le capital commence sur d’autres bases.

A notre plus grande satisfaction.

Pour l'heure, je suis, nous sommes Syriza !

 

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