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08 septembre 2016

Rentrée politico-littéraire

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07 septembre 2016

Un tragique "air de déjà-vu" !

« 2.200 personnes sacrifiées par la multinationale Caterpillar, et des milliers de victimes collatérales à prévoir. Pas un mot de l'Ocam. Quel niveau d'alerte contre le capitalisme en voie de radicalisation permanente ? »

 

caterpilar.jpg

 

Voilà le commentaire laconique que j’ai « posté » sur Facebook,  il y a 72 heures.

cocci-gotlib.jpgDerrière le sarcasme, il y a la consternation, la mauvaise humeur, la révolte.

Mais il n’y a pas l’étonnement.

Car l’histoire économique a une fâcheuse tendance à se répéter et voilà longtemps que des annonces brutales de restructurations avec pertes d’emplois massives viennent régulièrement alimenter l’actualité.

En effet, le capital ne connaît qu’une seule divinité : le profit !  C’était évident hier comme c’est encore évident aujourd’hui,  et comme ce le sera toujours demain…

Dès lors, comment ne pas être surpris par la « surprise » des responsables politiques et syndicaux. Qui  chaque fois entonnent les mêmes refrains : « nous n’étions pas informés », « nous n’avons pas vu venir l’imprévisible », « pourtant nous avions récemment accepté de consentir de gros efforts pour pérenniser le site et l’emploi », « nous avons toujours orienté notre politique fiscale et de subsides pour que la Belgique soit une terre d’accueil pour les investissements étrangers », etc.

Las. Le même  scénario  se reproduit depuis des décennies et la même amnésie frappe les « décideurs » de tous les horizons !

Les champions de la mémoire sélective ne tirent jamais la moindre leçon de ces embardées anti-sociales à répétition, quel qu’en soit le « coût humain »  !

Les ministres continueront donc à nous vanter leur politique de Saint Nicolas en michel.jpgfaveur des entreprises et des multinationales ; le premier d’entre eux s’enfoncera toujours plus dans le déni de réalité et continuera à marteler, sans rire, son slogan de prédilection : jobs, jobs, jobs.

Pour leur part, les syndicalistes, qui ont du galon, multiplieront les coups de menton virils et les déclarations vigoureuses qui… ne seront malheureusement jamais suivis d’actions à la hauteur du défi.

Et la grande majorité de la population, après avoir manifesté (très) brièvement son dépit, retournera à ses obligations et occupations quotidiennes.

Ainsi va la vie dans le capitalisme réellement existant.

Pour mettre fin aux désastres de ce mode de production et de consommation, pour se débarrasser des règles du jeu néo-libérales, il est indispensable de rompre avec ce système.

fgtb-2013-3-f8377.jpgC’est possible… mais uniquement si une volonté massive des travailleurs et des citoyens s’exprime  pour engager un tel combat politique. Ce qui, à l’évidence, n’est pas à l’ordre du jour de leurs préoccupations présentes !

Cette bataille pour inverser la trajectoire de la société doit être envisagée sur le long terme. Devenir hégémonique sur le plan idéologique et culturel, renverser les rapports de force pour changer la vie et être en position de transformer le monde, voilà un chemin particulièrement escarpé.

Il n’existe aucun raccourci pour le contourner, ni aucune recette miraculeuse pour atteindre l’émancipation souhaitée.

 

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manif caterpillar.jpg

 

 

Un nouveau tsunami (anti-)social dévastateur

Avec la fermeture du site de Gosselies annoncée brutalement par la direction de la multinationale Caterpillar, ce sont 2101 emplois directs qui passeront à la trappe !

Auxquels il faudra ajouter les pertes d’emplois chez les sous-traitants qui seront impactés par cette liquidation. Selon certaines estimations,  5000 emplois seraient en jeu ici !

L’apocalypse pour les travailleurs donc, mais certainement pas pour les actionnaires de Caterpillar qui ont bénéficié pour 1,4 milliards € de dividendes !

Le couperet, tombé à l’aube du week-end dernier, constitue une nouvelle illustration de la faillite des politiques gouvernementales, basées sur la multiplication de cadeaux et échafaudages fiscaux en faveur des grandes entreprises, au nom de l’emploi et du bien-être social ! Mais les 61 millions € d’intérêts notionnels empochés par la multinationale, pour ne prendre que cet exemple, n’ont absolument pas garanti quoi que ce soit ! Exceptés bien sûr les profits patronaux !

Ni d’ailleurs les sacrifices acceptés régulièrement par les organisations syndicales, elles aussi au nom du « maintien de l’activité économique » et de la « défense de l’emploi ».

Ainsi, en 2013, 1400 des 3700 emplois avaient été supprimés, afin de « diminuer les coûts ». Le personnel avait accepté, sous le chantage,  de subir encore plus de « flexibilité » (annualisation temps de travail). En vain !

Face à ce tremblement de terre, les porte-parole du gouvernement et des partis politiques se contentent de verser une larme,  de partager leur « tristesse » et raoul.jpgd’exprimer leur « compassion ». Mais ces hypocrites se gardent bien d’avancer une seule solution concrète ! Seul le PTB propose la réquisition des terrains, des bâtiments et des machines comme point d’appui au combat pour la sauvegarde de l’outil et de l’emploi…

Structurellement, pour éviter de telles séismes à l’avenir, il est urgent de mettre fin aux mécanismes fiscaux (payés par la collectivité !) favorables aux multinationales, il est essentiel de conditionner la moindre aide publique, et il faut légiférer pour interdire tout licenciement (au minimum dans des sociétés qui accumulent des bénéfices et rémunèrent royalement leurs actionnaires).

Evidemment, il est inutile de se cacher derrière son petit doigt. C’est facile à dire, c’est plus compliqué à réaliser. Le PTB a deux sièges (sur 150 !) au Parlement fédéral et, actuellement,  il n’existe pas de majorité politique pour mettre en œuvre ce type de programme.

fgftb logo lutte.pngD’autant que la mobilisation reste faible. Il fut un temps où l’entreprise, après une telle annonce, aurait été immédiatement occupée par les ouvriers et les employés.

 Rien de tel ici : les syndicats appellent « au calme », demandent aux travailleurs de rester  « dignes » (sic) et de respecter « leur contrat de travail » ! Comme si la « concertation » à venir dans le cadre de la « loi Renault »  allait vraiment changer la donne !  

Pas plus que la seule « concertation sociale » ne peut imposer un changement de cap au gouvernement NVA-MR, la procédure légale prévue ne pourra sauver Catterpillar-Gosselies !

Bref, on croit rêver devant tant de (vraie fausse) candeur, mais il s’agit en réalité d’un cauchemar.

Le mouvement ouvrier s’enfonce dans une impasse et ses principaux dirigeants évitent systématiquement  des choix qui permettraient de trouver une issue : syndicalisme de combat, mobilisation générale, alternative anticapitaliste , travail politique et idéologique pour gagner l’hégémonie sur le terrain institutionnel (une « révolution citoyenne »), …

Alors oui,  la mise en œuvre de solutions de rechange et la rupture avec ce système sont difficiles et prendront du temps, beaucoup de temps.

Mais il n’existe pas d’autre choix.

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05 septembre 2016

Un bouquin bien ficelé

feu aux poudres.jpgAvec  Le feu aux poudres [1], Philippe Huet signe son troisième ouvrage consacré aux combats menés par le mouvement ouvrier du Havre, dans le premier tiers du XXème siècle [2].

L’action du livre se déroule en 1935 et en 1936.

 1936, l’année du Front populaire, des grandes grèves, des occupations d’usine et des conquêtes sociales comme les congés payés.

Et précisément l’intrigue,  habilement construite par l’auteur,  nous conduit vers un important conflit social chez Breguet, une usine aéronautique avec une direction à poigne s’appuyant sur un personnel d’encadrement musclé, constitué de membres des Croix de feu [3].

C’est le licenciement de militants de la CGT qui servira de détonateur à la cessation du travail et à l’occupation de l’entreprise. Cette grève sera couronnée de succès dans un contexte de basculement du rapport des forces entre gauche et droite, entre classe ouvrière et patronat.

Nous retrouvons dans ce récit plusieurs personnages du précédent roman, en ce y compris Louis-Ferdinand Destouches, dit Céline. Le mélange de la fiction et de la réalité historique favorise  également  une brève apparition d’un autre écrivain célèbre, Jean-Paul Sartre, qui enseignait en ce temps dans un lycée du Havre.

L’ouvrage de Philippe Huet, il faut le reconnaître, ne manque pas de rythme. Il ne s’agit pas d’un bouquin à thèse ; il est plutôt construit comme un roman policier qui tient vraiment le lecteur en haleine.

Au-delà de dramatiques péripéties sociales et d’une description réaliste des conditions de vie populaires de l’époque, au-delà des manigances dans les hautes sphères industrielles et financières, au-delà des stratégies politiques des uns et des autres (du PCF, notamment), nous avons ainsi au menu adultère et détective privé, tentatives de suicides et suicides, meurtres !

Pas de doute : un bon moment de lecture à recommander à celles et ceux qui aiment fuir l’ennui, sans renoncer à la réflexion !

Un dernier mot : le bandeau promotionnel de l’éditeur annonce audacieusement  « le roman du front populaire ».  C’est un tantinet exagéré…

 

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[1] Philippe Huet, Le feu aux poudres, Payot-Rivages, Paris 2016, 20 €

[2] Le premier roman de son triptyque était centré sur la figure de Jules Durand et sur un terrible  épisode du mouvement ouvrier havrais, en 1910 (Philippe Huet, Les quais de la colère, Albin Michel, Paris 2005, 20,20 €). Le second narre une révolte ouvrière au lendemain de la première guerre mondiale, en 1920, dans le cadre d’une situation internationale marquée par la révolution russe et des soubresauts révolutionnaires dans plusieurs pays européens (Philippe Huet, Les émeutiers, Payot-Rivages, Paris 2016, 8,50 €).

[3] Dirigées par le colonel  de La Rocque, les Croix de feu étaient une organisation d’extrême-droite composée pour l’essentiel  d’anciens combattants. Ce mouvement sera dissous suite à un décret du gouvernement de Léon Blum.

 

les quais de la colère.jpgles émeutiers.jpg

 

 

24 août 2016

Albert Londres au pays des soviets

albert londres.jpgEn 1920, Albert Londres, « grand reporter », put enfin entrer en Union soviétique, après 52 jours de démarches ardues pour obtenir les autorisations et visas nécessaires.

Londres n’était pas bolchévik et n’avait aucun apriori favorable concernant le régime sur lequel il voulait enquêter. Ni avant son départ, ni pendant son séjour et encore moins à son retour [1]

Son journal, Excelsior, fit paraître ses articles, en lui accordant une grande place  [2].

Ce sont ces articles qui sont regroupés dans un petit livre [3]. Ils illustrent excellemment une formule que leur auteur revendiquait : « porter la plume dans la plaie ».

 

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C’est donc dans un contexte de guerre civile et de « communisme de guerre » que Londres arrive à Petrograd.

Il  est frappé par la désolation qui y règne et décrit durement le spectacle hallucinant d’une ville submergée par le froid, la faim, la misère et la peur devant la « répression » des « rouges ».

Il n’est ensuite guère plus tendre pour Moscou, où il a l’occasion de rencontrer de nombreux responsables communistes ainsi que des compatriotes qui soutiennent le nouveau pouvoir révolutionnaire, comme Pierre Pascal [4].

Le credo de Londres est clair : le bolchévisme n’est pas une doctrine politique mais une religion qui ne connaît qu’un seul dieu, Karl Marx ! Ses défenseurs ne sont rien d’autre que des « croyants ».

Les articles publiés se terminent par une visite à l’écrivain Maksim Gorki, par des considérations et témoignages sur l’armée rouge et la police politique, par un portrait féroce de Lénine et de Trotski.

 

trotsky armée rouge.jpg

 

Nous sommes souvent dans la caricature avec un journaliste qui n’hésite pas à forcer le trait.

Mais ses reportages, il faut le reconnaître sont talentueux : les textes vivent et ne sont pas dénués d’un certain humour, corrosif.

Londres a le sens de la formule : « Petrograd est une ville assassinée depuis deux ans et laissée là sans sépulture, et qui maintenant se décompose. Ce n’est pas le cœur qui se serre à son contact, c’est le cerveau »  (p. 26-27).  « Ce n’est plus une cité du vingtième siècle, c’est une agglomération d’hommes luttant non pour la vie, mais contre la mort » (p. 30).   « Ce qui se passe en Russie, c’est du Karl Marx en action »  (p. 36).   « Lénine, Trotski et leurs gens font l’effet d’hommes qui construiraient un gigantesque escalier pour grimper dans la lune » (p. 38).  « Lénine règne sur toute la Russie, excepté sur cent millions de paysans »  (p. 42). « A la lumière, dictature du prolétariat devient : dictature, au nom du prolétariat, sur le prolétariat, comme sur le reste, par des non-prolétaires »  (p. 49).  « La révolution française avait proclamé les droits de l’homme, la révolution bolchévique proclame les droits de l’Etat sur l’homme » (p. 50). « Au milieu des champs de bataille bolchéviks, Gorki tenait le drapeau de la Croix-Rouge »  (p. 81). « V.tché.K  signifie  commission extraordinaire. Quand on prononce ces lettres devant un Russe, il se fige et attend le feu du ciel »  (p. 93). « Trotski, lui, ne médite pas, il agit. Ses articles ne sont pas bourrés d’idées, mais de coups de poing » (p. 101).

On peut évidemment sourire devant de tels propos qui semblent plus appartenir à l’arsenal d’un pamphlétaire que d’un reporter.  

Mais on aurait tort de balayer d’un revers de la main le dit de ces écrits.  Car il y a en filigrane un questionnement (qui, certes, n’est pas neuf), sur l’exercice effectif du pouvoir par le parti bolchévik dans les premières années post-révolutionnaires, des années fondamentales pour la construction et le devenir de l’URSS,  qui interrogent sur la filiation entre cette période et la suivante, marquée par le stalinisme.

Dans quelques mois sera commémoré le centenaire de la révolution d’octobre 1917.

Nous aurons l’occasion de revenir abondamment sur ces problématiques et sur l’échec final d’un projet émancipateur qui suscita, un long moment, tant d’espoirs à gauche.

 

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[1] L’un de ses biographes affirme même que Londres travaillait pour le gouvernement français et était en mission de repérage en vue d’un éventuel assassinat de Lénine et de Trotski !

Pierre Assouline, Albert Londres. Vie et mort d'un grand reporter (1884-1932), Paris, Balland, 1989

[2] Son premier papier parut le 22 avril 1920 et bénéficia d’une promotion exceptionnelle. A la « une » du journal : « M. Albert Londres est le premier journaliste français qui ait réussi à pénétrer jusqu’au cœur même de la République des soviets. Il a vu Petrograd, il a vu Moscou »

[3]  Albert Londres, Dans le Russie des Soviets, Arléa (poche), Paris, 2008, 7 €

Pour les amateurs de BD, signalons aussi un album de Luc Revillon et Gérard Berthelot, Albert Londres au pays des soviets, Anovi, 2014, directement inspiré par cet ouvrage reprenant les reportages publiés en 1920.

BD toujours, inutile d'insister ici sur l'influence que Londres exerça sur un certain Hergé...

[4] Pierre Pascal, officier de l’armée française détaché à la Mission militaire en Russie, adhéra au bolchévisme et fonda en 1918 le « Groupe communiste français ». Son « Journal de Russie » a été publié par les éditions L’Age d’Homme, Lausanne (1975-1977), pour ce qui concerne la période 1916-1927, et par les éditions Noir sur Blanc,  Lausanne (2014), pour ce qui concerne la période 1928-1929.

 

 

Avec le temps, tout s'en va... sauf Ferré

"Il faudra réécrire l'histoire littéraire un peu différemment à cause de Léo Ferré" (Louis Aragon)

 

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Léo Ferré aurait eu 100 ans aujourd’hui.

Immense artiste, véritable musicien, auteur de quelques uns des plus beaux textes de l’histoire de la chanson française, poète qui a mis en musique et interprété de nombreux autres poètes  (Rutebeuf, Villon, Baudelaire, Rimbaud, Verlaine, Apollinaire, Aragon, Caussimon, …), libertaire proclamant l’amour et la révolution, engagé dans son siècle, Ferré à laissé une œuvre gigantesque, d’une richesse telle qu’elle suscite toujours l’admiration.

 


 

Le vieux lion continue de rugir dans nos oreilles, inlassablement.

Je ne me lasse jamais de l’écouter, encore et encore…

 

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23 août 2016

Candidats à la candidature

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Jean-Luc Mélenchon,

sur les candidatures de Nicolas Sarkozy et d'Arnaud Montebourg  :

 

sarko.jpgNicolas Sarkozy est candidat à la primaire de la droite. Le chef de guerre est de retour. Il n’est jamais parti bien loin. Mais il revient plus féroce qu’avant. Son programme annonce une guerre sociale. Il faut dire que sur chaque sujet, Hollande s’est chargé lui-même de faire sauter la digue et de lui ouvrir la voie. On ne pourra donc compter que sur notre propre résistance.

Officiellement, Sarkozy veut faire campagne sur « l’identité » et « l’autorité ». Il a déjà repris la course-poursuite avec le FN dans une interview à Valeurs Actuelles. Il propose ainsi de remettre en cause l’un des piliers du code de la nationalité, à savoir le droit du sol. Évidemment, son but est de radicaliser le débat en ciblant les musulmans. Il promet ainsi « d’interdire les expressions communautaires dans les entreprises, le voile à l’université comme dans l’entreprise et les menus de substitution dans les cantines scolaires ». Mais ce n’est là qu’un amuse-gueule pour réactionnaire.

Car le programme de Sarkozy, c’est surtout un plan de reculs sociaux très brutal et cruel. Il prévoit ainsi un nouveau report de l’âge légal de départ à la retraite de 62 à 64 ans ! Il propose aussi la suppression des 35 heures et même de toute durée légale du travail : la durée du travail serait fixée entreprise par entreprise sans aucune protection nationale par la loi. Les salariés se feraient voler une partie de leur salaire puisque les heures de travail au delà de la 35e heure de la semaine ne seraient plus payées comme des heures supplémentaires mais comme des heures normales, sans majoration ni repos compensateur ! Nicolas Sarkozy s’en prend aussi aux chômeurs. Il veut réduire leurs allocations au fur et à mesure des mois d’inactivité.

Autre poncif libéral : le démantèlement final de l’État et des services publics. Rendez-vous compte : il veut couper encore 100 milliards d’euros dans les budgets publics. Il prétend supprimer 300 000 postes de fonctionnaires, soit plus que le nombre total de policiers et gendarmes dans le pays ! Au printemps, il est même allé jusqu’à évoquer la privatisation d’EDF. Et comme d’habitude : continuer à servir de grosses louches d’argent public aux oligarques et grands patrons. Nicolas Sarkozy propose ainsi la poursuite de la ruineuse et inefficace politique de cadeaux fiscaux au MEDEF : il ajoute 14 milliards d’euros de dons supplémentaires. Sans oublier la reprise des cajoleries à l’oligarchie avec la promesse de supprimer rien de moins que l’impôt sur la fortune ! Le tout solidement ancré dans un productivisme aveugle fait de défense du nucléaire et des gaz de schiste !

Si Sarkozy peut revenir aussi combatif, c’est parce que François Hollande a totalement gâché et même volé la victoire de 2012. Ce qui aurait dû être une victoire idéologique contre l’ultra-libéralisme s’est transformé en l’exact contraire. François Hollande a validé a posteriori l’essentiel du discours de Sarkozy notamment contre le « coût » du travail ou les droits des salariés. Il a même totalement endossé et amplifié son bilan comme le durcissement des conditions d’accès à la retraite ou l’acceptation du traité budgétaire Sarkozy-Merkel. J’ai déjà dénoncé sur ce blog [celui de JLM : http://melenchon.fr/2016/06/17/loi-el-khomri-ps-lr-main-d... ] comment les programmes de « Les Républicains » et du PS se rejoignaient contre les 35 heures lors de l’examen de la loi El Khomri. La continuité est telle qu’elle choque même les anciens ministres de François Hollande : Benoît Hamon l’accuse d’avoir « mis ses pas dans ceux de Nicolas Sarkozy » et Arnaud Montebourg parle même de « sarkhollandisme » comme objet politique unifié.

C’est que leur bilan commun est éloquent par le désastre social, démocratique et écologique qu’il montre. C’est le thème de notre campagne « Je vote, ils dégagent » d’inscription sur les listes électorales. Sarkozy et Hollande cumulés, c’est un chômeur de plus toutes les 2 minutes. Sarkozy et Hollande, c’est une école fermée par jour. Sarkozy et Hollande c’est 10 tonnes de pesticides par heure. Sarkozy et Hollande, c’est zéro centrale nucléaire fermée en 10 ans. Sarkozy et Hollande, c’est deux traités européens imposées au peuple français contre sa volonté et sans référendum… Il est temps de changer !

 

montebourg.jpgL’annonce de la candidature de Montebourg et le contenu qu’il y met sont de bonnes nouvelles. Ce sont d’abord de terribles confirmations depuis l’intérieur du PS de la condamnation du bilan du quinquennat de François Hollande de la part d’un de ses ex principaux ministres et de l’un de ses soutiens essentiels au deuxième tour de la précédente primaire des socialistes. Elle confirme ainsi la critique que nous en avons fait inlassablement pendant cinq ans : « Le bilan du quinquennat n’est pas défendable » a asséné le nouveau candidat d’entrée de jeu. Cette candidature après celle de Benoit Hamon fonctionnera donc d’abord comme un affichage permanent de l’échec de François Hollande. Mais ce n’est pas tout. Les thèmes choisis élargissent l’audience de notre discours : sixième république, relocalisation industrielle, et surtout dénonciation des traités européens. Je sais parfaitement bien les limites de tout cela. Je connais l’ambiguïté du personnage et la limite de la méthode qu’il déploie. Je vois bien les limites du contenu de ses propositions. Je sais aussi que sa fonction de rabatteur pour le compte de François Hollande a déjà été maintes fois prouvée. Mais nous sommes entrés dans cette campagne comme dans un combat « culturel » d’abord. Le vote est dans six mois. D'ici là, quelles idées vont dominer la société et la scène politique ? Avec sa candidature, après celle de Benoît Hamon et Marie-Noëlle Liennemann, la scène n’est plus uniquement occupée par des libéraux qui se concurrencent dans les surenchères droitières et ethnicistes. Cela vient en renfort de notre travail qui trouve une raison de plus de s’intensifier.

Mes amis, tenez-vous à distance du sectarisme politique et du meurtre rituel des voisins de palier politique. Montebourg nous sert. Sa «Mélenchonisation » partielle aide à la propagation de certaines de nos idées. Au bout du compte, les gens qui auront été convaincus par lui pourront quand même voter pour ces idées là en utilisant le bulletin de vote à mon nom. Il faut donc plutôt le pousser à persévérer dans le travail de démolition des certitudes aveugles qui continuent à dominer le PS. Il faut faciliter la désorganisation du PS qu’il propage en laissant planer le doute sur sa candidature à la primaire ou en solo hors parti car il délégitime la primaire (et donc son résultat) avant même qu’elle ait lieu. Tirez donc plutôt argument du fait que nos diagnostics sont confirmés par ceux-là même que nous avons combattus. Non pour flétrir et peindre le tableau noir en encore plus noir. Mais parce que cela permet de conclure : « à présent essayons autre chose, essayons le programme de la France insoumise et le mouvement politique ouvert qu’elle impulse ».

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03 août 2016

Un "vrai faux" roman fantastique

malpertuis.jpgLorsque j’étais adolescent, il était aisé de se procurer les livres de Jean Ray [1], alors édité par les éditions Gérard (collection Marabout) [2].

Puis sont venues les années 80 et l’épuisement éditorial des écrits de ce « maître des effrayants vertiges » [3] .

C’est dire si l’initiative de l’éditeur Alma de proposer une « collection Jean Ray », ambitionnant d’offrir une « édition intégrale » de ses « romans, contes et récits » vient à point.

C’est « La Cité de l’indicible peur » qui a été choisie comme première publication de cette série prometteuse [4].

En deux mots, « Sigma » Triggs, après une carrière terne dans la police londonienne, prend sa retraite à Ingersham, petite bourgade anglaise, peuplée de notables, où les jours sont rythmés par une routine toute provinciale.

Son arrivée va coïncider avec le déclenchement d’une série d’événements tragiques et une accumulation de décès suspects. La terreur s'empare de la population d’autant que les fantômes, qui font partie de la tradition britannique, ne sont jamais bien loin. La peur de la peur est omniprésente et oblige notre improbable détective à investiguer, parfois à son corps défendant, et au péril de sa propre vie.

Rassurez-vous : je ne vais pas tomber dans le piège du spoiler et je n’en dirai pas plus.

Une précision pour les inquiets : ce roman ne joue pas seulement sur le registre de l’angoisse ; il est même souvent drôle, à la limite de la parodie [5]

Une lecture idéale pour laisser vagabonder votre imagination en cette période estivale.

Et puis c’est l’occasion de (re-)découvrir un écrivain « belge » de grand talent…

 

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la cité de l'indicible peur.jpg

 

[1] De son vrai nom Raymond Jean Kremer, ce Gantois né en 1887, est l’auteur d’innombrables récits  – en néerlandais et en français, notamment-  sous de nombreux pseudonymes, comme John Flanders pour ses écrits dans la langue de Vondel et Jean Ray pour ses œuvres littéraires rédigées dans la langue de Voltaire.

[2] J’avoue une réelle nostalgie pour la « Bibliothèque Marabout série Fantastique » et la « Bibliothèque Marabout série Science-Fiction » qui m’offrirent de belles heures de lecture (au détriment des études !), et me permirent de  découvrir une série d’écrivains :  Stevenson, de Ghelderode, Owen, Shelley, Lewis, Belletto, Bradbury, Asimov,  Anderson, Van Vogt, Klein, ... . Et bien évidemment le chef d’œuvre de Bram Stoker, Dracula, aujourd’hui encore l’un de mes romans préférés.

[3]  Hormis les pléthoriques aventures d'« Harry Dickson, le Sherlock Holmès américain »,  régulièrement ré-édité  (http://jeanray.noosfere.org/dickson.htm ). Ce personnage n’est pas une création de Jean Ray. Il s’agissait à l’origine d’écrits allemands (s’inscrivant dans la vague littéraire  apocryphe  suscitée par le célèbre limier de Conan Doyle) qu’il traduisit, avant de les retravailler et d’écrire de nouveaux récits de ce détective.  Pour plus de détails, voir également : http://jeanray.noosfere.org/dickson.htm

[4] Jean Ray, La cité de l’indicible peur, Alma Editeur,  Paris, 2016, 18 €

[5] Le livre a été librement adapté au cinéma par Jean-Pierre Mocky, qui a transposé l’action dans la France rurale. Ce long métrage de 1964, repris sous le titre La grande frousse, fut caviardé par les producteurs qui voulaient atténuer certains aspects « subversifs » du film. Le truculent Mocky se désolidarisera de cette version et remontera le film en 1972, en reprenant le titre original du livre. A noter la participation de Raymond Queneau pour les dialogues.

 Concernant  cette œuvre cinématographique et ses péripéties, voir : http://jpierre-mocky.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=60

 

 

 

01 juillet 2016

Temps libéré, perspectives nouvelles

 

engels.jpg« Hourra !  Aujourd’hui c’en est fini du doux commerce, et je suis un homme libre », écrivait Friedrich Engels à son ami Karl Marx, le 1er juillet 1869 [1]

Nous ne sommes plus au XIXème siècle et je ne suis pas Engels, mais comme lui, à l’aube de mon soixantième anniversaire,  je peux m’écrier : « Hourra ! Aujourd’hui me voici débarrassé de ce satané travail salarié ». [2]

Même si ma joie est atténuée par les années qui fuient, je suis satisfait de pouvoir bénéficier à l’avenir de plus de « temps libre ». Je pourrai donc dessin wolinski 1.jpgme consacrer un peu plus à quelques uns de mes dadas et développer l’un ou l’autre projet personnel. Ce qui devrait se répercuter sur ce blog dans les prochains mois. Mais Chuuut…

En attendant, que vous partiez ou non en vacances, je vous souhaite de profiter au maximum de l’été, en dépit d’une météo parfois ( ?) tristounette.

 

 

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[1]  Marx-Engels, Correspondance, Tome 10, page 114, Editions Sociales, 1984.

Engels résilia  le 30 juin 1869 son contrat d’association avec la firme Ermen & Engels  à Manchester. Il quittera cette ville, en septembre 1870, pour s’installer à Londres, à deux pas de chez Marx

[2] J’ai opté pour une formule de pré-retraite, et je quitte donc ce jour l’entreprise qui m’a extorqué de la « plus-value » pendant quelques décennies !

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