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08 septembre 2016

Rentrée politico-littéraire

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13 mai 2015

Le mirage allemand

le hareng de bismarck.jpgJean-Luc Mélenchon vient d’écrire un nouveau livre et il annonce la couleur tout de go : il s’agit d’un pamphlet !

Un texte rédigé sur un ton acerbe, délibérément polémique, franchement provocateur, bref destiné à susciter un maximum de réactions.

L’ancien candidat à la présidence sait qu’il n’existe pas de démocratie sans débat démocratique. Et qui dit débat dit échange de points de vue, confrontation d’arguments, développement d’opinions contradictoires.

Le cahier de charge annoncé est rempli : on retrouve dans les 200 pages du bouquin toute la verve et la pugnacité du tribun de gauche. Et il sera bien difficile au lecteur de rester indifférent tant les thèses défendues, les analyses proposées, les informations, chiffres et faits alignés, interpellent.

Certes,  les spécialistes  -que Mélenchon connaît et a largement utilisés-   ne découvriront rien de neuf dans cet écrit. Mais le livre ne leur est pas réservé.  L’auteur a depuis longtemps pour priorité « l’éducation populaire » et son objectif privilégié reste d’être lu (et compris) par le plus grand nombre.

Dans son collimateur, ce qu’il appelle les « germanolâtres »,  prompts à ériger l’Allemagne en modèle et en exemple à suivre par la France et ses voisins.

Un mythe que Mélenchon s’emploie à démonter.

La première victime de ce capitalisme allemand et de la politique de ses dirigeants, qui émerveillent tant la droite et la social démocratie françaises (mais aussi celles des autres Etats membres de l’Union européenne),  est… le peuple allemand lui-même !

16 % de la population vivent sous le seuil de pauvreté, soit près de 13 millions de personnes.  Les petits boulots avec de petits salaires se sont multipliés : il y a 20 % de travailleurs pauvres et 7 millions de salariés gagnent moins de 450 € par mois ! Cette énorme précarité vient s’ajouter au chiffre officiel de 3 millions de chômeurs, fréquemment présenté par le gouvernement de Merkel comme un « bon » résultat de sa politique !

Mais l’Allemagne est également le plus gros pays pollueur d’Europe, loin de la légende selon laquelle elle serait un exemple à suivre sur le plan écologique. Certes, ce pays se désengage du nucléaire. Mais il est devenu un paradis du charbon et de la lignite.

Grande usine à fabriquer des voitures, l’Allemagne est le premier émetteur de gaz à effet de serre de la zone euro.

Son modèle productiviste irresponsable a envahi l’agro-alimentaire et l’obésité de ses habitants est en forte augmentation.

L’Allemagne se distingue aussi par une natalité faible et le vieillissement de sa population, ce qui ne va pas sans conséquences. Les retraités, toujours plus nombreux, constituent un précieux réservoir électoral pour la droite. Le système de retraite est un système par capitalisation (et non par répartition). Pour s’assurer une retraite dorée, les pensionnés allemands misent sur de gros dividendes et comptent sur un euro fort.  La finance a donc les mains libres, d’autant que ses intérêts sont défendus aussi bien par la CDU que par le SPD. Au détriment des salaires et des investissements, faut-il le préciser !

L’ « ordo-libéralisme » règne en Allemagne, un ordre libéral qui ne peut être remis en question. La sacralisation des « règles » de l’économie ne peut être contestée et la politique est considérée comme irrationnelle et menaçante pour la bonne marche des affaires.

Par ailleurs, les dirigeants allemands se distinguent par leur arrogance vis-à-vis des pays du Sud, et notamment de la Grèce. Une hostilité renforcée par la victoire récente de Syriza.

Ils donnent des leçons en matière de remboursement des dettes, mais ils oublient que l’Allemagne n’a pas souvent remboursé les siennes au XXième siècle !

De nombreuses autres problématiques sont encore abordées dans ce pamphlet : les questions militaires, la politique étrangère, la religion (« la confusion du religieux et de la politique est omniprésente en Allemagne. Le délit de blasphème reste inscrit dans la loi »), la monnaie unique, etc.

On le constate, le grain à moudre ne manque pas dans cet ouvrage.

Une dernière petite remarque concernant le titre du pamphlet. En mai 2014, Angela merkel-hollande.jpgMerkel a offert à François Hollande un tonnelet de « harengs Bismarck », du nom d’un chancelier qui fit la guerre à la France. Un cadeau épicé symbole d’une certaine arrogance, selon notre auteur.

Notons que le hareng est un poisson qui contient beaucoup d’arêtes qui peuvent vous rester au travers de la gorge.

Le livre de Jean-Luc Mélenchon n’en manque pas non plus…

 

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Jean-Luc Mélenchon, Le hareng de Bismarck (Le poison allemand), Plon, Paris, 2015, 10 €

 

 

 

 

 

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