06 janvier 2021
Vénézuela ? Bolivie ? Proche-Orient ? Non, Etats-Unis !
"Les USA organisateurs de putschs, truqueurs d'élections, en proie chez eux à leurs propres méthodes. Justice immanente."
(Jean-Luc Mélenchon)

Que Trump soit un sociopathe (politique) prêt à tout, y compris à s'appuyer sur la violence de l'extrême-droite suprémaciste (blanche) pour conserver "le pouvoir", n'est pas une nouveauté...
Son handicap : il n'est pas (plus) soutenu par le Capital US qui ne souhaite pas déstabiliser un système reposant sur la domination de deux grands partis à son service, et qui par conséquent lui convient très bien !
Néanmoins, les événements de Washington sont un révélateur de la réalité de la "démocratie étatsunienne". Imaginez ce qui se serait passé si Bernie Sanders avait gagné cette élection présidentielle !
Et puis, si les manifestants qui ont occupé le "Capitole" avaient été noirs, la police n'aurait certainement pas hésité à ouvrir le feu et à provoquer un véritable massacre ! Mais ils étaient blancs et soutenus par le président sortant (qui décidément refuse de devenir un président sorti...).
La "plus grande démocratie du monde", pour reprendre une vieille rengaine, démarre cette année 2021 sur de sombres chapeaux de roues... ♠
23:38 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |
Facebook | |
05 janvier 2021
LA COMMUNE DE PARIS - 1871 [I]

Ne pas faire table rase du passé !
Préserver le fil des luttes émancipatrices
entre hier et aujourd’hui !
1871-2021.
Il y a 150 ans, la Commune de Paris !
Un "événement" mémorable, rapidement mythifié et revendiqué par tous les courants politiques se réclamant de la "gauche".
Une insurrection populaire aux nombreuses répercussions dans l’Hexagone comme au niveau international.
Une page tempétueuse de la lutte des classes.
Certes.
Mais pourquoi célébrer encore cet épisode daté de l’histoire de la France et de l’humanité ?
Quel intérêt présente ce retour commémoratif à un passé maintenant lointain du mouvement social ?
Quelles similitudes entre cette époque et la nôtre ?
Quelles analogies possibles entre ce temps de révolution industrielle et de féroce exploitation du prolétariat, de machines à vapeur et de journées de travail de 14 heures, de calèches et de télégraphe…, et la "modernité" de notre siècle, celle de la révolution numérique et des "réseaux sociaux", de la globalisation du capitalisme financier et d’un monde devenu village, de la généralisation des "crises" –sociale, économique, écologique, anthropologique, sanitaire– ô combien dangereuses pour la survie même de notre espèce ?
Sans doute quelques "détails" comme l’épuisement confirmé de la nature et des êtres humains, la persistance d’énormes inégalités à l’échelle nationale comme à l’échelle planétaire, la distance abyssale entre les gouvernants et les gouvernés, les oppressions et les injustices à répétition, les menaces grandissantes sur les libertés et les droits démocratiques, les conditions de vie plus difficiles pour un grand nombre et le mal-être croissant d’une "civilisation" en pénurie de repères, le despotisme du Capital et sa rapacité obsessionnelle, la compétition impitoyable et la course aux profits démesurée, l’aliénation et la marchandisation généralisées !
Les 72 jours de la Commune qui ébranlèrent toute une époque sont assurément toujours connectés à nos préoccupations contemporaines, notamment l’aspiration inépuisable à l’émancipation des femmes et des hommes, naturellement considérée par les possédants comme une "utopie" lourde de menaces… pour leurs intérêts !
A l’évidence, l’exigence de "liberté, égalité, fraternité" reste à concrétiser dans la réalité, les fondations d’une "République démocratique, sociale et universelle" –à laquelle aspirait une majorité de protagonistes du coup de tonnerre de 1871– doivent encore être consolidées.
Les combats et les objectifs portés par les "Communards" hier demeurent pour l’essentiel nos combats et nos objectifs aujourd’hui, même si le contexte est différent et même si certains défis ont une ampleur inédite.
Il ne convient donc pas d’épouser religieusement des modes d’action du passé ou de reprendre pieusement des programmes d’antan, mais de continuer à lutter pour réaliser les grands buts émancipateurs qui traversent les âges !
C’est pourquoi, revenir sur une telle expérience fondatrice, qui a marqué la mémoire populaire, n’a rien de superflu.
Il s’agit de sauvegarder le fil conducteur qui relie des générations en lutte pour libérer la société de l’emprise mortifère des puissants et des prédateurs du Capital.
De multiples initiatives sont d’ores et déjà planifiées en cette 21ème année du 21ème siècle : débats, colloques, manifestations diverses…
Et de nombreuses publications nouvelles viendront s’ajouter à une bibliographie déjà immense.
Je reviendrai ici durant cette année sur cet anniversaire dans ses différents aspects…
10:14 Publié dans Histoire, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |
Facebook | |
31 décembre 2020
IMAGINAIRE(S) [131]
"Vous connaissez tous ma devise ? Elle est la même que celle des Kennedy : «ne jamais se laisser abattre !»"
[Frédéric Dard, Les vacances de Bérurier, 1969]
00:05 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) |
Facebook | |
30 décembre 2020
IMAGINAIRE(S) [130]
"Au milieu de la rue, à la sortie du bourg, cerné par les corbeaux déchaînés, un corps. Un cadavre. Tressautant sous les coups de bec des charognards.
Albert s’est précipité pour consoler sa compagne. D’un regard, il me passa muettement son bâton de maréchal.
Le couteau à la main, j’ai gagné le milieu de la chaussée et j’ai progressé lentement, tout à fait comme le shérif, toujours dans le même western, avançant, inquiet, vers le lieu du duel final, regardant de tous côtés, marchant droit, sur ses gardes.
Vers les trois autres baraques, rien. Personne.
Le cadavre était déjà bien entamé. Les corbeaux se sont peu à peu éloignés. Mais pas très loin.
J’ai alors reconnu le jogging et, au milieu de la bouillie du crâne écrasé, les petites tresses africaines de ce jeune homme parti, déjà des siècles, avec la jeune fille au pull rouge et trois autres types dont je ne me souvenais qu’à peine…
– C’est le jeune, le type en jogging, j’ai annoncé en rejoignant le groupe.
Nadine pleurait doucement dans les bras de son mec.
Nous avons décidé de ne pas traîner, d’agir vite. Avec méthode. Un tracteur, une voiture ; il y avait donc de l’essence pour continuer notre minable périple ; et plein d’objets et d’outils qui pouvaient se transformer en armes de défense.
Il devenait flagrant que, désormais, nous en aurions besoin."
[Jean-Bernard Pouy, Train perdu wagon mort, 2003]
00:00 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) |
Facebook | |
29 décembre 2020
IMAGINAIRE(S) [129]
"Un quart d’heure plus tard, la voiture de Meunier s’arrête devant chez Grignard. Il est déjà dans le jardinet. Chapeau gris. Manteau croisé. Il sort. Il vérifie sa boîte à lettres. Il en retire quelques prospectus qu’il consulte en ouvrant la portière. Il se laisse tomber dans la voiture. Petit Boulot a enfilé le veston de Jojo et son couvre-chef. Ça fait la blague pendant quinze secondes, le temps que la chignole démarre. Grignard s’apprête à tempêter. Il relève la tête, n’y comprend rien, regarde dehors les maisons qui défilent et se retourne affolé vers l’arrière :
– Mais qui êtes-vous ?
Couteau sur la gorge. Gargouillis du député. Les paroles ne servent plus à rien. Les mots vont se faire rares. La place est à la violence. On est embringués sur des rails. Action. Maintenant, action. C’est la politique qui avait introduit la parole."
[Jean Vautrin, A bulletins rouges, 1973]
00:04 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) |
Facebook | |
28 décembre 2020
IMAGINAIRE(S) [128]
"Lomron sortit de la salle, alla dans les toilettes et versa son café court sans sucre dans le lavabo. Il se regarda dans la glace. On avait progressé. Le meurtre semblait lié à une affaire de piratage informatique. Mais tu ne sais toujours rien sur la femme aux boucles d’oreille. Il ouvrit sa main. La boucle avait imprégné sa paume. Une blessure en creux. Il pensa à la stigmatisation de saint Thomas. Il vit les chairs pincées sous les électrodes. Les mains, les pieds, le flanc. Les supplications. Lomron sentit revenir les tremblements. Il se passa la tête sous l’eau. Maintenant il avait froid. Il retourna à la salle informatique."
[Daniel Picouly, Les larmes du chef, 1994]
00:05 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) |
Facebook | |
27 décembre 2020
IMAGINAIRE(S) [127]
"Et il la résume. En huit points qui tombent dans notre pénombre comme autant de chefs d'accusation.
1) Benjamin Malaussène, Contrôle Technique au Magasin, grande boutique piégée depuis sept mois par un tueur inconnu, se trouve présent sur le lieu de chaque explosion.
2) Quand ce n'est pas lui, c'est sa sœur Thérèse.
3) La dénommée Thérèse Malaussène, mineure de dix-sept ans et trois mois, semble avoir prévu le moment et le lieu de la quatrième explosion -détail qui peut intriguer tout fonctionnaire de police rétif à l'astro-logique.
4) Jérémy Malaussène, mineur, 11 ans et dix mois, a incendié son collège au moyen d'une bombe artisanale dont un des composants chimiques au moins à déjà été utilisé par le tueur du Magasin.
5) La topographie du magasin semble singulièrement intéresser la famille, si on en juge par le nombre de photographies trouvées dans le cartable de la cadette des sœurs, Clara Malaussène, 15 ans et huit mois, agrandissements photographiques découverts lors d'une perquisition opérée au domicile de la famille, mandat délivré le..., etc.
6) Le plus jeune des enfants Malaussène rêve depuis des mois "d'ogres Noël ", thématique sinistre qui n'est pas sans rapport avec les photographies (non-moins sinistres) découvertes sur les lieux de la dernière explosion.
7) La grossesse de la sœur Louna Malaussène, 26 ans, infirmière, est à l'origine d'une rencontre entre Benjamin Malaussène et le professeur Léonard, victime de la troisième explosion.
8) Le chien de la famille lui-même (âge et race indéterminés), ne semble pas étranger à l'affaire, victime qu’il fut d'une crise nerveuse sur le lieu d'un des meurtres. (L’analyse des photos découvertes dans les wouataires de l’exposition suédoise, révèle, au moins, sur l'une d'entre elles, la présence d'un chien atteint d'une affection similaire.)"
[Daniel Pennac, Au bonheur des ogres, 1985]
00:39 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) |
Facebook | |
26 décembre 2020
IMAGINAIRE(S) [126]
"Avant que j’aie pu esquisser un geste, elle plongea la main dans son sac et en sortit un petit pistolet nickelé qu’elle dirigea sur moi.
Ma première impression ne m’avait pas trompé : cette femme était très dangereuse. Il faisait trop sombre pour que je puisse lire ses intentions dans son regard, mais son intonation laissait deviner une détermination farouche, quasi obsessionnelle, à la limité de l’hystérie.
– Je suis venue pour vous tuer, Baraudy. J’aurais pu le faire tout à l’heure, devant tout le monde, et c’était mon but. Ça m’aurait fait plaisir de vous vider mon chargeur dans le ventre et de vous voir vous tortiller sur ce parquet bien ciré, avec votre belle chemise et votre beau costume blanc souillés de sang et de vomissures, au milieu de vos invités en train de bouffer des petits fours et de boire du champagne…
Pas de doute, j’avais affaire à une cinglée."
[Gérard Delteil, La confiance règne, 1991]
00:00 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) |
Facebook | |

































