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14 décembre 2018

Crise gouvernementale et mobilisations sociales

 

Importante mobilisation syndicale ce vendredi 14 décembre... à 10 jours de la fête de Noël et de la «trêve des confiseurs». Comme un écho au scénario si souvent répété au cours des dernières années : des manifestations et/ou des grèves éparpillées et discontinues, qui surviennent trop tard dans l'année. Et comme toujours, des apparatchiks, le poing levé, affirment qu'il s'agit d'un début et que d'autres actions suivront rapidement. Mais chaque fois, le «retenez-nous, nous allons faire un malheur» a débouché sur un triste flop, celui des éternelles «évaluations» et de l'impasse confirmée d'une illusoire «concertation sociale». En quelques semaines, l'opiniâtreté des «Gilets jaunes» a plus inquiété les gouvernants -et ceux qu'ils servent- que les soubresauts tellement prévisibles des syndicats, paralysés par la routine bureaucratique...

Néanmoins, il y a aujourd'hui un changement majeur  : le gouvernement Michel 1 a chuté... il y a quelques jours. Ainsi, ce que les «mobilisations sociales» du passé -éphémères et trop inconsistantes- n'ont jamais réussi à faire, tant les droites étaient solidement unies pour imposer le poids de l'austérité aux salariés et aux allocataires sociaux, les partis de la coalition l'ont réalisé, en se déchirant sur le «pacte mondial des migrations» !

 

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Certes, nous n'allons pas verser une larme sur les déboires du grand homme de Wavre (1m90, minimum). Même si le sens de la manoeuvre enclenchée par la NVA n'échappe à personne : que chaque formation de la majorité sortante garde et consolide «son électorat», afin que tous se renforcent le 26 mai 2019 et puissent continuer ensemble l'aventure de la «Suédoise» ! [voir, sur ce blog, mon article du 9 décembre : « Chronique d'une crise gouvernementale annoncée »]

Attention cependant pour les stratèges qui jubileraient trop tôt: une crise n'est jamais anodine et ses répercussions sont parfois imprévisibles.

Pour le moment, le grand cirque parlementaire donne sa pleine mesure : Michel 2 (ou Michel bis), exécutif fédéral maintenant minoritaire, doit-il demander la confiance à la Chambre, comme une majorité de députés l'y invitent ? En cas de refus du premier ministre -rien ne l'oblige en effet à agir de la sorte !- les partis d'opposition vont-ils déposer une motion de méfiance ? Et dans l'affirmative, en cas de vote de celle-ci, irons-nous vers des élections législatives anticipées ou le gouvernement restera-t-il en place pour gérer les «affaires courantes» ? Et puis, qui va «porter le chapeau» de cet embrouillamini, pas forcément populaire ? Ces interrogations constituent du pain bénit pour la presse et les constitutionnalistes qui craignaient de s'ennuyer en cette période de sapins et de guirlandes. Mais pour les citoyen(ne)s ?

yoda.jpgNe tournons pas autour du pot et adoptons la sagesse de Maître Yoda: le plus vite hors d'état de nuire Michel et sa bande mis seront, pour le plus grand nombre le mieux sera !

Mais il n'est pas certain que l'oligarchie capitaliste apprécie cette issue. L'instabilité n'est jamais bonne pour les «affaires» et des mesures favorables aux nantis restent à décréter, en matière budgétaire ou de pensions, par exemple. Bien sûr, avec les multiples scrutins de mai 2019, tout le monde savait que cette année serait une année perturbée. Une campagne électorale, des élections et la nécessité de mettre sur pied des majorités après celles-ci, voilà beaucoup de temps et d'énergie perdus pour celles et ceux qui sont obsédés par leur seul business ! Or, les péripéties actuelles ne font qu'ajouter de l'agitation politicienne à l'agitation politique qui était planifiée dans quelques mois ! Et, avec à la clé, une conclusion incertaine, car beaucoup dépendra des résultats, et des surprises -dans un sens ou un autre- ne sont jamais à exclure !

Pour «ceux d'en bas» et les organisations qui prétendent les représenter, ce serait une erreur d'attendre passivement la suite des événements, d'observer l'oeil goguenard le théâtre parlementaire et de miser sur un (hypothétique) prochain renversement de table électoral.

C'est tout de suite qu'il faut construire un nouveau rapport de force pour un changement de cap politique radical, par une mobilisation continue et puissante. Les «Gilets jaunes» montrent la voie à suivre. Que l'ensemble du mouvement social lui emboîte donc le pas, maintenant...

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