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26 août 2025

POLARS EN BARRE [30]

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"Ce qui fait la richesse inépuisable du roman policier, c'est qu'il s'est adapté à toutes les époques sans jamais faiblir."

 

François Guérif

 

♦♦♦

 

 

"Le visage de Sylvia sur ses photos était celui d’une femme pure et innocente. Mais j’avais trop souvent vu cette expression sur des visages féminins pour en être impressionné. Il faut dire qu’au contraire de Frederick Summers je n’étais pas inquiet, ni un fanatique du culte des hypocrisies qui lui avaient servi de morale. S’il n’avait pas été ainsi, il n’aurait pas loué mes services pour découvrir ce qu’était Sylvia, une honnête femme ou non — chose que j’ignorais autant qu’au début de mon enquête.

Je savais cependant que les hommes vivent heureux dans le mensonge et haïssent la vérité ; et que le mensonge le plus vénéré est celui de la version biblique du vice et de la vertu. Les lois stupides qui règlent notre existence sont tempérées par une sorte de justice sardonique ; et ce fut en vertu de cet étrange équilibre que Sylvia fit vœu de chasteté. Elle était là, grande, belle et sereine ; et autour d’elle les machines à sous cliquetaient, les vieux films érotiques se déroulaient dans les lanternes magiques ; les cabines de photos s’allumaient par intermittence et les boules de billards se heurtaient.

Au-dehors, Broadway déversait sa vie médiocre, artificielle et clinquante. Avec la venue de l’hiver, les jours raccourcirent. Pluie, neige et grêle tombèrent ; puis ce fut le retour du printemps, auquel succéda l’été.

Ainsi passèrent neuf mois de la vie de Sylvia."

 

Howard Fast

 

 

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