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15 octobre 2023

Solidarité Palestine

Israël est un État colonialiste et raciste qui ne respecte pas le droit international, à commencer par les résolutions adoptées depuis près de 60 ans par l’ONU, une organisation à portée universelle dont il est pourtant membre à part entière.
 
Le gouvernement d’extrême-droite met aujourd’hui à profit les crimes du Hamas pour lancer une offensive meurtrière destinée à effacer de la carte géopolitique mondiale le peuple palestinien.
 
Son objectif immédiat est de vider Gaza de ses habitants et de raser l’enclave pour s’en emparer définitivement.
 
Car jamais les "civils"  –hommes, femmes et enfants– contraints de fuir sous les bombes ne pourront réintégrer Gaza. Le provisoire deviendra définitif comme pour tous les "territoires occupés" !
 
La responsabilité de la "communauté internationale", en premier lieu les États-Unis-Unis et l’Union européenne, est ici très lourde. Les gouvernements de ces différents pays n'ont jamais réellement contesté la politique expansionniste et colonisatrice d’Israël. Ils n’ont jamais œuvré sérieusement à trouver une solution politique, basée sur l’existence de deux États indépendants. Parce qu’Israël est le meilleur allié de l’impérialisme états-uniens et de ses vassaux européens, et à ce titre il doit être choyé.
 
L’argumentation-alibi sans cesse matraquée concernant le "droit d’Israël à ses défendre" est un leurre. Israël est une puissance nucléaire qui dispose de l’armée la plus puissante du Proche-Orient. Ce n’est pas la population palestinienne, qui vit depuis si longtemps dans le dénuement, qui constitue une menace pour ses voisins ; ce n’est pas la population palestinienne qui occupe des territoires israéliens pour y installer massivement des colons !
 
Plus que jamais le peuple palestinien, confronté à une politique belliciste d’occupation et d’expropriation persistante, a besoin de la solidarité internationale.
 
Free Palestine !
 
 

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30 avril 2023

LUTTE DES CLASSES ET 1er MAI

 

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Le 1er Mai n’est pas une fête du muguet, une célébration de type pétainiste “du travail” ou un simple jour férié du calendrier des “congés payés” !
 
Le 1er Mai est une journée (internationale) de luttes des travailleuses et des travailleurs.
 
Son origine remonte au 1er Mai 1886 et à l'organisation aux États-Unis de nombreuses grèves et manifestations pour revendiquer –entre autre–  la journée des huit heures (“Huit heures de travail ! Huit heures de repos ! Huit heures d’éducation !”). Dans les jours qui suivirent ces actions, des affrontements firent plusieurs dizaines de morts à Chicago dans les rangs des manifestants grévistes et un attentat à la bombe tua plusieurs policiers. 5 militants ouvriers furent jugés de manière expéditive et condamnés à mort par pendaison !
 
La date du 1er Mai fut ensuite retenue par la Deuxième Internationale, lors de sa fondation en 1889, comme journée d’action internationale, “de manière que, dans tous les pays et dans toutes les villes à la fois, le même jour convenu, les travailleurs mettent les pouvoirs publics en demeure de réduire légalement à huit heures la journée de travail, et d’appliquer les autres résolutions du congrès international de Paris”.
 
Aujourd’hui, 134 ans plus tard, cette journée n’a rien perdu de sa portée conflictuelle. Bien sûr, la lutte des classes concrète a permis un réel “progrès social”. Mais la voie de l’émancipation reste encombrée par l’exploitation capitaliste.
 
De profondes inégalités subsistent dans un monde où quelques centaines de milliardaires possèdent plus qu’une bonne moitié de l’humanité !
 
Chez nous, le 1er Mai se déroulera demain dans un contexte d'offensive patronale (Delhaize, par exemple) et avec une droite qui continue à tenir le haut du pavé gouvernemental, avec la complicité “participationniste” du PS/ECOLO.
 
Ainsi, malgré les grands discours des uns et des autres (notamment lors des rassemblements du... 1er Mai), la norme salariale (les fameux 0,4%) n'a pas été abandonnée, l'âge légal de la retraite n'a pas été ramené à... 65 ans (en France, ils se battent toujours contre la pension légale à... 64 ans !) et une réduction significative du temps de travail, pourtant indispensable pour le bien-être des travailleurs et de la planète, demeure dans les oubliettes.
 
Au même moment, les dividendes et les profits des grandes entreprises ne cessent de battre des records, et inlassablement les plus riches continuent à s'enrichir !
 
Par ailleurs, pour sauvegarder leurs immenses privilèges, les puissants n'hésitent pas à multiplier les dispositions anti-démocratiques pour neutraliser les contestations, et un peu partout des tendances “autoritaristes” et des dérives vers des “États forts” ont le vent en poupe.
 
Renouer avec l’esprit et la tradition du 1er Mai implique de renouer avec les luttes pour modifier les rapports de forces entre le “capital” et le “travail”, et commencer à transformer réellement ce monde intolérable.
 
Pour le “social”, pour le “climat”, pour les “libertés démocratiques” : tel devrait être l’un des messages forts à répercuter ce lundi !
 
 
 
 

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05 avril 2023

Ernest Mandel, 5 avril 1923 - 5 avril 2023

mandel.jpgCentenaire de la naissance d’Ernest Mandel.

Ernest Mandel, un nom qui ne parle sans doute plus guère à la jeunesse actuelle.

Théoricien “marxiste”, militant engagé dans la construction d’une internationale politique révolutionnaire, omniprésent sur le terrain des confrontations intellectuelles, débatteur inlassable et publiciste prolifique qui a laissé une œuvre considérable tant par son ampleur que par sa diversité. Traduit dans plus de 30 langues, il fut ainsi dans les années 60 et 70 du siècle dernier, période de (relative) renaissance d’une pensée critique et d’élan anticapitaliste, l’un de auteurs “belges” les plus lus dans le monde, avec Georges Simenon et Hergé !

Il est impossible de recenser en quelques lignes l’ensemble de ses écrits et interventions dans les débats de son temps, tant sa force de travail était grande et ses intérêts multiples : dans des domaines aussi divers que l’économie, l’histoire, la sociologie, l’anthropologie, la philosophie et même l’art et la littérature (parmi ses “hobbies” : la musique classique, la peinture, les documentaires animaliers et… la lecture de romans policiers). En plus, naturellement, de ses éternelles préoccupations politiques, tactiques et stratégiques.

Il est tout aussi difficile de brosser brièvement ses activités durant près de 60 ans. Actif dès son adolescence dans le mouvement “trotskyste” puis dans la résistance anti-nazie durant les années 40-45, figure de la “gauche” du mouvement ouvrier en Belgique au lendemain de la seconde guerre mondiale (au sein de la FGTB-PSB), acteur décisif dans la création de sections de la 4ème Internationale, Ernest Mandel parcourait inlassablement les différents continents pour défendre un projet communiste démocratique, en ce y compris dans les pays où il était officiellement interdit de séjour car réputé dangereusement subversif !

Ernest Mandel, et d’aucuns le lui ont reproché, a souvent fait preuve d’un inébranlable optimisme. Volontariste décomplexé, il avait la conviction chevillée au corps du triomphe final de “l’émancipation humaine”, envers et contre tous les obstacles dressés par la classe bourgeoise et les dominants. Pour lui, il ne faisait aucun doute que cette “utopie concrète” se matérialiserait dans un avenir proche car il avait une grande confiance dans le “mouvement  impétueux  des masses” et leurs capacités d’auto-organisation.

Certes, aujourd’hui, à notre époque de télescopage de crises aigües  auxquelles est venue s’ajouter une catastrophe écologique lourde de menaces, notre futur paraît bien plus “questionnable”.

Les évolutions de ces dernières décennies, notamment depuis le décès d’Ernest Mandel (1995), n’ont évidemment pas rendu notre monde plus tolérable. Que du contraire.

Une raison supplémentaire pour ne pas renoncer et continuer à tout mettre en œuvre pour le transformer  —au-delà des discussions,  polémiques et  bilans politiques—   dans la continuité du combat de toutes les générations précédentes, dont celle d'Ernest Mandel...

 

 

 

 

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Repères bibliographiques [principaux ouvrages publiés en langue française, dans l'ordre chronologique]. Traité d'économie marxiste, Julliard, 1962 Initiation à la théorie économique marxiste, CES, 1964 La formation de la pensée économique de Karl Marx, Maspero, 1967 La réponse socialiste au défi américain, Maspero, 1970 Du fascisme, Maspero, 1974 Introduction au marxisme, Fondation Lesoil, 1974 Le Troisième âge du capitalisme, UGE, 1976 La longue marche de la révolution, Galilée, 1976 Critique de l'eurocommunisme, Maspero, 1978 De la Commune à Mai 68, La Brèche, 1978 La crise 1974-1978, Flammarion, 1978 Les étudiants, les intellectuels et la lutte des classes, La Brèche, 1979 Réponse à Louis Althusser et à Jean Ellenstein, La Brèche, 1979 Trotsky, Maspero, 1980 La crise, Flammarion, 1985 Meurtres exquis. Une histoire sociale du roman policier, La Brèche, 1986 La place du marxisme dans l'histoire, IIRF, 1986 Où va l'U.R.S.S. de Gorbatchev ?, La Brèche, 1989 Octobre 1917, coup d’État ou révolution sociale. La légitimité de la Révolution Russe, IIRF, 1992 Les ondes longues du développement capitaliste, Syllepse, 2014 Sur la seconde guerre mondiale, une interprétation marxiste, La Brèche, 2018 La révolution allemande, La Brèche, 2021

 

 

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Ernest Mandel et Jacques Yerna (assis), secrétaire de la FGTB de Liège, lors d'un débat dans la cité Ardente en 1978. Tous deux avaient milité et  travaillé ensemble au journal "La Gauche", notamment lors de la grève de 1960-1961.

 

 

Sur Ernest Mandel

 

"Ernest Mandel appartenait à une espèce devenue fort rare en cette moitié de XXè siècle : celle des théoriciens du marxisme militant. Il était l’un de ces rares hommes ou femmes dans l’histoire du mouvement socialiste qui ont été capables de mener de pair une activité inlassable de dirigeants révolutionnaires et une œuvre intellectuelle obéissant aux critères académiques de la recherche scientifique, au point de forcer le respect des milieux universitaires."

[Gilbert ACHCAR, Un portrait intellectuel, in Le marxisme d’Ernest Mandel, PUF, 1999]

 

"C’était un grand éducateur. Son “Introduction à l’économie marxiste” a été vendu à un demi-million d’exemplaires. Et pourtant, il a passé une grande partie de son existence à se préoccuper des idées des groupes trotskystes rivaux."

[Tariq ALI, The Guardian, 23/07/1995]

 

"Toute sa vie durant il fut convaincu de la nécessité, mais aussi de la possibilité de la révolution mondiale. De là vient son enthousiasme pour le mouvement de Mai 68."

[Elmer ALVATER, Süddeutsche Zeitung, 22/07/1995]

 

"Mettre-à-penser plutôt que maître-penseur, Ernest Mandel fut pour nous un tuteur théorique et un passeur entre générations. Nous avons beaucoup appris auprès de lui sans qu’il devînt un gourou autoritaire à la manière de Michel Pablo, de Juan Posadas, de Pierre Lambert ou Tony Cliff (…). Côtoyer Ernest au quotidien était une source de connaissances et une initiation permanente aux fondamentaux du marxisme.

Polyglotte, il écrivait presque indifféremment en allemand, en anglais ou en français. Il parlait aussi un curieux sabir d’espagnol truffé d’italianisme. Mais il disait rêver en flamand, sa langue maternelle. Son rayonnement et son prestige étaient manifestes en Allemagne, en Amérique latine, dans le monde anglo-saxon (…). Malgré le succès de ses livres en éditions de poche, en France, sa notoriété est restée moindre. Il faisait pourtant preuve d’une culture multidisciplinaire bien supérieure à nombre de médiocrités mandarinales au renom éphémère. Pas assez sophistiqué, trop belge ? Trop étranger au milieu universatiro-médiatique, à sa suffisance autarcique et à sa frivolité, sans doute. Handicap supplémentaire : il était catalogué économiste et doté d’une solide culture germanique, deux caractéristiques peu compatibles avec les légèretés de l’esprit mondain à la française (…).

Homme des Lumières, confiant dans les vertus libératrices des forces productives, dans le pouvoir émancipateur de la science et dans la logique historique du progrès, il eût cependant l’intelligence de s’ouvrir précocement à l’inquiétude écologique. Avec le roman policier et la collection de timbres, les albums animaliers faisait partie de ses hobbies. Ernest était un cas exemplaire d’optimisme forcené de la volonté, tempéré par un pessimisme de la raison : la révolution en permanence l’emportait chez lui haut la main sur la catastrophe en permanence. Et la prophétie socialiste finissait (presque) toujours par terrasser la barbarie."

[Daniel BENSAÏD, Une lente impatience, Stock, 2004] 

 

"La thèse centrale des écrits politiques d’Ernest Mandel était la capacité politique de la classe ouvrière, s’incarnant dans les syndicats, les partis ouvriers et, au moment de la rupture révolutionnaire, les institutions de la dualité du pouvoir tels les conseils ouvriers et les soviets.

En comparaison avec la tendance des premiers marxistes à insister sur les limites des syndicats ou avec les politiques de Lénine contre l’économisme, Mandel était fortement attaché aux possibilités de développement du mouvement ouvrier en dépit de ses encroûtements bureaucratiques. Tout en tenant compte des critiques de Lénine, Mandel était enclin à faire sienne quelques-unes au moins des positions de Rosa Luxemburg sur la logique inhérente qui pousse une lutte ouvrière et les organisations des travailleurs dans la direction d’une contestation de la logique du capitalisme."

[Robin BLACKBURN, Ernest Mandel et la voie de la socialisation, in Le marxisme d’Ernest Mandel, PUF, 1999]

 

"Malgré ses limites et ses propres impasses, le courant trotskyste a le mérite d’avoir maintenu contre vents et marées un marxisme critique, un communisme sans compromissions avec les crimes staliniens et maoïstes, et last but not least, cet “internationalisme socialiste”, tant galvaudé, décrié, trahi, et qui reste tellement nécessaire ! Et cet apport-là, c’est notamment à des gens de la stature d’un Ernest Mandel qu’on le doit !"

[Jean-Marie CHAUVIER, La Gauche, septembre 1995]

 

"Mandel était un enfant de l’entre-deux guerres avec ses turbulences économiques et politiques catastrophiques. Son environnement familial et son histoire personnelle l’ont projeté dans l’après-guerre avec la conviction acharnée d’un adepte des idées marxistes et de la pratique révolutionnaire, dans un environnement politique largement hostile. La vague de contestation des années 60-70 renouvela cette énergie et elle se maintint pour le reste de sa vie."

[Geoffroy M. HODGSON, The Economic Journal, janvier 1997]

 

"Nos entretiens montraient que ce grand spécialiste de l’économie marxiste était aussi un fin connaisseur des problèmes concrets de la société et de la politique belges, voire des arcanes des groupes-acteurs, “pouvoirs réels” dans la prise de décision."

[Jules-Gérard LIBOIS, La Gauche, septembre 1995]

 

"De Paris à Sao Paulo, de Berlin à New-York, de Moscou à Mexico, les raisons de cet intérêt et de cette renommée sont nombreuses. L’une d’elles résidait certainement dans la dimension humaniste révolutionnaire de ses écrits.

Cette dimension, en effet, est un des principes unificateurs de la pensée d’Ernest Mandel, un fil rouge qui traverse ses travaux, qu’ils traitent du débat économique à Cuba, de la pauvreté dans le Tiers-Monde, de l’économie politique marxiste ou de la stratégie révolutionnaire aujourd’hui. Il rattachait chaque question, chaque conflit, chaque crise, à un point de vue global, celui de la lutte pour une émancipation humaine universelle et révolutionnaire. Son travail n’est pas prisonnier d’une approche étroite, technique ou tactique, d’une méthode étroitement économique ou politique, mais s’enracinait toujours dans une perspective humaniste révolutionnaire plus large, historique ou mondiale."

[Michael LÖWY, L’humanisme révolutionnaire d’Ernest Mandel, in Le marxisme d’Ernest Mandel, PUF, 1999]

 

"Ernest Mandel est beaucoup plus que l’une des grandes figures de l’extrême-gauche européenne de l’après-guerre. C’est aussi un intellectuel à l’impressionnante culture, qui a fortement marqué bien au-delà de sa propre mouvance les esprits de la gauche étudiante des années 60."

[Laurent MAUDUIT, Le Monde, 22/07/1995]

 

"Penseur formé dans un monde presque classique du XIXè siècle et héritier du siècle des Lumières, Mandel se sentait à l’aise dans de nombreuses disciplines et il était familier d’un monde littéraire et philosophique plus vaste que la seule culture marxiste."

[Jan Willem STUTJE, Ernest Mandel un révolutionnaire dans le siècle, Syllepse, 2022] 

 

"Il ne cessait de cultiver des intérêts fort divers. Il se passionnait pour Spinoza, rêvait d’écrire un livre sur la “révolution permanente en Flandre/Hollande au XVIè siècle”, se préoccupait de la question éthique, se ressourçait dans Ernst Bloch qu’il tenait pour “le plus grand philosophe marxiste du XXè siècle” et “s’encanaillait” par la lecture d’une masse de romans policiers, comme il le “confesse” dans le livre qu’il consacra à ce sujet."

[François VERCAMMEN, Inprecor, septembre 1995]

 

"Ernest Mandel a incontestablement marqué par sa pensée les travaux de la Commission d’études de la FGTB mais aussi les réflexions du groupe formé autour d’André Renard et qui ont permis à celui-ci de publier, en 1958, une brochure qui aura un grand retentissement dans le mouvement ouvrier, “Vers le socialisme par l’action”. Parmi les thèmes traités dans cette brochure, ceux de l’action directe et de la bureaucratisation avaient suscité alors un débat dans lequel Ernest allait jouer un rôle important. Ces deux thèmes occuperont souvent par la suite une place centrale dans les débats auxquels Ernest était associé."

[Jacques YERNA, La Gauche, septembre 1995]

 

 

 

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