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07 avril 2023

"BOUQUINAGE" - 201

"Le capitalisme ne guérira pas la misère du monde car il a besoin de la misère du monde.
 
De cette évidence, les révoltes d'aujourd'hui doivent être ré-instruites.
 
Arrêtons d'espérer. Commençons à vouloir."
 
 
 
 

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05 avril 2023

"BOUQUINAGE" - 199

"La montée dans l'appareil d’État jusqu'aux fonctions exécutives de décision se fait par un long processus de sélection, dans lequel les connaissances techniques ne sont pas décisives. La conformité avec les normes générales de comportement de la bourgeoisie constitue une précondition pour réussir dans cette course vers le sommet.

De manière plus générale, il faut se rappeler que l'idéologie dominante de toute société est l'idéologie de la classe dominante, c'est-à-dire que la classe sociale qui contrôle le surproduit social contrôle aussi la superstructure entretenue par ce surproduit. La fonction de l’État bourgeois de protéger la propriété privée et de conserver des rapports de droit nécessaires à cette protection détermine, dans des conditions de stabilité sociale relative, les normes et structures de pensée et de comportement de la grande majorité de la population, qui correspondent d'ailleurs à la structure sociale. Ces normes doivent nécessairement exercer une influence idéologique de premier ordre sur les membres de la société qui ont à accomplir la fonction de conservation de l'“ordre social”, de par leur activité dans l'appareil d’État. La prédominance de l'idéologie bourgeoise demeure et doit demeurer forte en “période calme”, même dans le prolétariat, sur la base des effets sur la pensée de la division et de la parcellisation du travail et du caractère fétichiste des marchandises dans le cadre d'une production marchande généralisée. Le “sens commun” incorpore des mythes fondamentaux de cette idéologie qui passent dès lors pour évidents aux yeux de la majorité de la population, précisément par ce qu'ils ne sont rien d'autre qu'un reflet idéologique des rapports sociaux réellement existants. On comprend alors qu'elle est la formidable force d'intégration de l’État bourgeois. Elle conduit en particulier les cadres dirigeants des partis et des syndicats de masse des travailleurs, par symbiose avec l'appareil d’État au sein de nombreuses commissions de concertation, à un comportement de plus en plus conforme au système quand ce n'est pas à une réconciliation ouverte avec le capitalisme. Cet encastrement de l’État bourgeois dans une fonction déterminée par la structure sociale générale autant que par sa structure propre, c'est-à-dire celle de défendre les intérêts de classe de la bourgeoisie, demeure caché pour les acteurs comme pour les spectateurs et les victimes de la thèse mystifiante de l’État arbitre entre les classes, représentant “l'intérêt général”, ou juge neutre et bienveillant de toutes les forces pluralistes."

 

 

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31 mars 2023

"BOUQUINAGE" - 194

"Si le spectre communiste avait eu raison des puissances du capital au terme d'une guerre civile particulièrement meurtrière, une apparition effrayante, sorte d'image inversée, reflet négatif déformé, était née de ce combat. Le communisme était hanté à son tour par un spectre, celui d'une bureaucratie qui le parasitait progressivement. Le communisme de guerre avait eu raison de la guerre, mais peut être aussi du communisme."

 

 

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30 mars 2023

"BOUQUINAGE" - 193

"Dans deux domaines capitaux, le léninisme aboutit en effet à un échec. Il n'a pas réussi à répondre aux nombreuses interrogations que pose la conquête du pouvoir politique par la classe ouvrière en système capitaliste avancé. Il n'est pas davantage parvenu à poser correctement les problèmes de construction d'une société prolétarienne. En particulier : une fois passée la période des grandes conquêtes révolutionnaires, Lénine a gravement sous-estimé l'importance de la démocratie ouvrière : il n'a pas compris à quel point était indispensable une opposition soumettant le pouvoir, quel qu'il soit, à une vigilante et incessante critique."

 

 

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29 mars 2023

Se lever !

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26 mars 2023

"BOUQUINAGE" - 189

"Partout dans le monde, la bourgeoisie vit grâce au parasitisme économique, basé essentiellement sur l'exploitation des travailleurs et l'extorsion des consommateurs. Son mode de vie est d'ailleurs principalement international, et notre bourgeoisie française est connectée à celles des autres pays comme ceux du Sud, dans lesquels elle s'implante et dont elle pompe une partie des ressources. Notre pays est l'un des sièges sociaux du capitalisme mondial, avec les États-Unis, le Royaume-Uni, l'Allemagne, le Japon et désormais la Chine (et dans une moindre mesure la Russie). Nous travaillons dans ce siège social, un lieu où nous produisons de moins en moins de biens et de plus en plus de services destinés à assurer la mise en œuvre de la production au niveau mondial. Certains de nos “champions” — ou “fleurons” comme n'ont toujours pas peur de dire nos grands médias — exploitent les ressources naturelles et la main-d’œuvre bon marché des pays du Sud, tout en menant un parasitisme politique localement dans une démarche toute coloniale.

Ce processus est poliment appelé “mondialisation des échanges”, comme si c'était à d'authentiques “échanges” que l'on assistait. L'aristocratie européenne puis sa bourgeoisie ont mis au pas l'ensemble des continents du monde, en forçant ses habitants à se convertir à la religion capitaliste (et, tant qu'à faire, au christianisme, les deux fonctionnant particulièrement bien ensemble). En Asie, les flottes européennes sont venues forcer la Chine et le Japon à s'ouvrir aux délices du commerce international. Ce que l'on nous décrit comme une fatalité historique, un processus inéluctable de l'histoire humaine, n'est que le fruit d'actions violentes de mise au pas de toutes les économies du monde."

 

 

 

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21 mars 2023

"BOUQUINAGE" - 184

"Je ne souhaite pas rejeter l'importance de l'élément individuel dans l'histoire. Ni Staline ni moi-même n'avons les positions actuelles par accident. Mais nous n'avons pas créé ces positions. Chacun de nous a été pris dans ce drame pour la représentation d'idées et de principes précis. À leur tour, ces idées et principes ne sont pas tombés du ciel, mais ont de profondes racines sociales. C'est pourquoi on doit prendre, non l'abstraction psychologique de Staline en tant qu'“homme”, mais sa personnalité historique concrète comme dirigeant de la bureaucratie soviétique. On ne peut comprendre les actes de Staline qu'en partant des conditions d'existence de la couche de nouveaux privilégiés, avide de pouvoir, avide de confort matériel, inquiète pour ses positions, craignant les masses et haïssant mortellement toute opposition."

 

 

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20 mars 2023

"BOUQUINAGE" - 183

"L'erreur fondamentale de la théorie Lénine-Trotsky est précisément que, tout comme Kautsky, ils opposent la démocratie à la dictature. “Dictature ou démocratie”, ainsi se pose la question pour les bolcheviks comme pour Kautsky. Ce dernier se prononce bien entendu pour la démocratie, et même pour la démocratie bourgeoise, puisqu'il l'oppose à la transformation socialiste. Lénine-Trotsky se prononcent au contraire pour la dictature d'une poignée de personnes, c'est-à-dire pour la dictature selon le modèle bourgeois. Ce sont là deux pôles opposés, tout aussi éloignés l'un et l'autre de la véritable politique socialiste. Le prolétariat, une fois au pouvoir, ne peut, suivant le bon conseil de Kautsky, renoncer à la transformation socialiste sous prétexte que “le pays n'est pas mûr” et se vouer à la seule démocratie, sans se trahir lui-même et sans trahir en même temps l'Internationale et la révolution. Il a le devoir et l'obligation, justement, de se mettre immédiatement, de la façon la plus énergique, la plus inexorable, la plus brutale, à l'application des mesures socialistes, et, par conséquent, d'exercer la dictature, mais une dictature de classe, non celle d'un parti ou d'une clique, dictature de classe, c'est-à-dire avec la publicité la plus large, la participation la plus active, la plus illimitée, des masses populaires, dans une démocratie complète. “En tant que marxistes, nous n'avons jamais été idolâtres de la démocratie formelle”, écrit Trotsky. Assurément, nous n'avons jamais été idolâtres de la démocratie formelle. Mais du socialisme et du marxisme non plus, nous n'avons jamais été idolâtres.

(…)

 

La liberté seulement pour les partisans du gouvernement, pour les membres d'un parti, aussi nombreux soient-ils, ce n'est pas la liberté. La liberté, c'est toujours la liberté de celui qui pense autrement. Non pas par fanatisme de la “justice”, mais parce que tout ce qu'il y a d'instructif, de salutaire et de purifiant dans la liberté politique tient à cela et perd de son efficacité quand la “liberté” devient un privilège."

 

 

 

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