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30 avril 2021

Premier Mai, journée internationale de luttes !

 

Le 1er Mai n’est pas une fête du muguet ou une célébration de type pétainiste ’’du travail’’ !

Le 1er Mai est une journée internationale de luttes des travailleuses et des travailleurs.

Son origine remonte au 1er Mai 1886, où furent organisées aux Etats-Unis de nombreuses grèves et manifestations pour revendiquer –entre autres– la journée des huit heures (’’Huit heures de travail ! Huit heures de repos ! Huit heures d’éducation !’’). Dans les jours qui suivirent, des affrontements firent plusieurs dizaines de morts à Chicago dans les rangs des manifestants grévistes et un attentat à la bombe tua plusieurs policiers. 5 militants ouvriers furent jugés de manière expéditive et condamnés à mort par pendaison ! 

La date du 1er Mai fut ensuite retenue par la Deuxième Internationale, lors de sa fondation en 1889, comme journée d’action internationale, ’’de manière que, dans tous les pays et dans toutes les villes à la fois, le même jour convenu, les travailleurs mettent les pouvoirs publics en demeure de réduire légalement à huit heures la journée de travail, et d’appliquer les autres résolutions du congrès international de Paris’’.

Aujourd’hui, 142 ans plus tard, cette journée n’a rien perdu de sa signification conflictuelle. Bien sûr, la lutte des classes concrète a permis un réel ’’progrès social’’. Mais la voie de l’émancipation reste encombrée par l’exploitation capitaliste.

Et de profondes inégalités subsistent dans le monde. Ainsi, quelques centaines de milliardaires possèdent plus qu’une moitié de l’humanité !

Chez nous, le 1er Mai se déroulera demain dans une situation de caporalisme sanitaire limitant des libertés essentielles et dans un contexte de relations tendues entre les organisations syndicales et le patronat. En cause, la négociation d’un accord interprofessionnel et les exigences de la FEB de limiter les augmentations de salaires à 0,4 % sur… deux ans ! Alors que les dividendes et les profits des grandes entreprises ne cessent de battre des records. Dans ce bras de fer, les fédérations patronales s’appuient sur la loi de 1996 qui n’a pas été remise en question par ce gouvernement lors de sa formation, une loi adoptée à l’époque par une coalition CVP-PS !

Clairement, il n’existe aucune chance d’obtenir des revalorisations salariales significatives en restant enfermé dans le cadre de la ’’concertation sociale’’. 0,4 %, et peut-être demain 0,8 % ou 1 %, cela restera toujours une ’’aumône’’…

Renouer avec l’esprit du 1er Mai implique de renouer avec les luttes pour transformer les rapports de forces entre le ’’capital’’ et le ’’travail’’.

Pour le ''social" et pour le "climat".

Tel doit être l’un des messages forts à lancer ce samedi !

 

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Ce matin, veille de la journée internationale de lutte des travailleurs, Paul Magnette était l’invité de la matinale de la RTBF. 

L’occasion pour lui d’enfiler le costume du preux chevalier de ’’la gauche’’, celui qui gouverne avec la droite certes, mais pour mieux l’empêcher de nuire ! 

Une posture pourtant difficilement crédible tant le passif ’’participationniste’’ de son parti est grand. 

Pour mémoire, avant la funeste ’’Suédoise’’, le PS a collaboré avec les partis de droite dans différents gouvernements durant 26 années consécutives ! Et pendant cette période, les politiques austéritaires qu’il a contribuées à mettre en œuvre furent tout aussi funestes. 

Il n’y a pas seulement cette fameuse loi de 1996 –adoptée alors par le gouvernement Dehaene II, un gouvernement de coalition entre sociaux-chrétiens et… socialistes !–, revenue sur le devant de la scène à l’occasion des négociations chahutées pour un nouvel AIP.  

Il y eût aussi le ’’plan global’’ (qui entraîna une grève générale nationale en front commun syndical, en 1993) , le traficotage du système d’indexation (’’lissage’’ de l’index et ’’index-santé’’), le ’’pacte des générations’’, les privatisations, les ’’économies’’ à répétition dans la Sécu, les mesures fiscales favorables aux grandes entreprises, les ’’intérêts notionnels’’, la traque des chômeurs (qui fit '’saigner’’ –paraît-il– le cœur de Di Rupo !)… Ajoutons un appui marqué à la construction européenne libérale, avec la ratification des traités européens au service du principe de la ’’concurrence libre et non faussée’’. 

Et à côté de toutes ces mesures pénalisantes imposées à la population : l’absence de dispositions fortes face à la fraude fiscale ou à la fuite des capitaux, et l’inertie totale face à la crise écologique globale (dont le ’’réchauffement climatique’’ n’est qu’un aspect), laquelle n’est d’ailleurs pas étrangère au développement de l’actuelle pandémie ! 

Mais où il y a de la gêne, il n’y a manifestement pas de plaisir : ce bilan n’a donc jamais empêché, le 1er mai, le PS de se draper dans le costume du défenseur numéro un du monde du travail, du meilleur rempart contre le capitalisme et ses turpitudes, du fidèle protecteur des intérêts des salariés ! 

Double pratique, double langage. Un tantinet politiquement indécent…  

Et d’aucuns s’étonnent encore du recul électoral constant de ce parti (proche des 44 % en Wallonie en… 1987) !?!

 

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19 avril 2021

Covid-19 : en finir avec le caporalisme sanitaire !

163501754_3642001652593914_4471710719093575908_n.jpgLe premier cas de coronavirus identifié officiellement en Belgique remonte au… 14 février 2020, il y a plus d’un an !

Établir un bilan après 14 mois d’épidémie revient inévitablement à interroger les stratégies suivies par les gouvernements et préconisées par leurs ’’experts’’. 

Aujourd’hui –les chiffres en attestent chaque jour, à commencer par le niveau de la mortalité !–, un lourd constat d’échec s’impose.

Confinement, déconfinement, re-confinement, re-déconfinement, couvre-feux diversifiés, interdictions de déplacement (à l’étranger), paralysie de secteurs entiers de la société –culture, événementiel, Horeca–, et même une campagne de vaccination (entamée fin décembre de l’année dernière), n’ont toujours pas permis de s’extraire de cette pandémie !

Pourtant rien ne change fondamentalement.

A l’issue de chaque ’’Codeco’’ le discours des gouvernants est immuable et les mêmes promesses sont sans cesse démenties, enfermant la population dans une procession d’Echternach perpétuelle : trois pas en avant, deux pas en arrière.

 

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Cette situation ne peut perdurer, car les êtres humains sont des êtres sociaux et ont besoin d’interactions relationnelles qui font sens. Or, toute vie sociale, culturelle et démocratique est durablement étouffée.

Nous avons ainsi assisté ces derniers mois au retour d’un fâcheux  ’’boulot-métro-dodo’’ comme seule perspective concrète de l’existence.

De surcroît, et c’est pour le moins inquiétant, ce nouveau ’’mode de vie’’ est imposé autoritairement par le ’’haut’’. Les mesures sont en effet décrétées 164560320_3651975691596510_7097711468564047996_n.jpgde manière ’’verticaliste’’, sans consultation de la société civile et de ses organisations, sans concertation avec les mouvements sociaux, et… sans véritable délibération parlementaire. A tel point que la justice a récemment condamné le gouvernement fédéral pour l’absence d’une assise légale à la mise en œuvre de sa ’’politique sanitaire’’ !

Ce despotisme hygiénique est combiné à un matraquage idéologique permanent, à un ’’contrôle social’’ renforcé et à des processus d’infantilisation de la population. Il suffit d’écouter la manière de s’exprimer des différents ministres au cours des conférences de presse ou dans les médias : manifestement, ils pensent s’adresser à des benêts et estiment devoir réprimander constamment de vilains garnements désobéissants.

 

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Tout aussi alarmant : derrière cette posture hautaine est agité un rude bâton répressif. Les amendes pleuvent, les poursuites judiciaires s’intensifient et les libertés démocratiques élémentaires sont restreintes, tel le droit de manifester (massivement).

La souveraineté citoyenne est une fiction : nous sommes priés de nous conformer aux directives d’un ’’sommet’’ politique sans discussion aucune !

Il devient urgent de s’engager sur d’autres voies.

En commençant d’abord par s’attaquer aux causes réelles des pandémies, même si cela prendra du temps et même si cela n’aura pas d’effets directs sur les difficultés actuelles. S’écarter d’un modèle reposant sur l’agrobusiness, la déforestation, la destruction des habitats naturels est vital. On ne peut tergiverser plus longtemps pour commencer à changer de mode de production, de consommation et d’échange. Si le cap actuel est maintenu, d’autres épidémies seront inévitables à l’avenir.

Devant ce sombre panorama, il convient également de consolider notre secteur des soins de santé sous tous ses aspects : financement, infrastructures, matériel de pointe, technologies disponibles, personnels soignants…

Et dans l’immédiat ?

 

  1. Agir au niveau des grandes entreprises qui constituent l’un des principaux lieux de propagation du virus, en renforçant la surveillance et les sanctions. Donner des moyens supplémentaires aux travailleurs et à leurs organisations pour contrôler les dispositions sanitaires mises en place, avec un droit d’initiative et de veto.
  2. Réduction généralisée du temps de travail ; mise en place de plages horaires souples (avec roulement) pour ne pas surcharger les transports collectifs et encombrer l’espace public. Accroitre l’offre en trains et en bus disponibles. Télétravail obligatoire pour les salariés dont l’outil professionnel est un ’’terminal’’.
  3. Contrer les diktats du ’’Big Pharma’’ ; brevets libres sur les vaccins ; constitution d’un pôle public du médicament ; accroissement des moyens pour le secteur de la recherche publique afin de développer des traitements efficaces.
  4. Dispositifs techniques (aérosolisation, détecteurs de CO2, plexiglas…) financés par l’Etat. Gratuité des masques. Priorité à la prévention.
  5. Renforcer la démocratie. Pas de mesures liberticides ’’d’exception’’. Pas de ’’pouvoirs spéciaux’’. Contrôle étroit de ’’l’exécutif’’ par le ’’législatif’’. Garantir la liberté de rassemblement et de manifestation.

Le moment est donc venu de tracer de véritables perspectives afin de pouvoir vivre malgré la Covid-19, et celles-ci ne peuvent être l’enfermement, la surveillance, la délation ou la punition.

Le moment est également venu d’ouvrir la voie à une profonde transformation de la société afin que le ’’monde de demain’’ ne soit pas la copie conforme des mondes ’’d’hier ou d’aujourd’hui’’.

 

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Sortir de la recherche du profit maximal immédiat et de la course à l’enrichissement individuel, de la concurrence sans entrave et des exigences de la compétitivité, du productivisme et du saccage de la planète, de l’oppression et de l’exploitation des êtres humains, des inégalités sociales monstrueuses et de la pauvreté organisée, de l’extinction de la biodiversité et du déséquilibre des écosytèmes, de la perte de la maîtrise collective du temps et de l’abandon du bien commun… Pour faire plus court : rompre avec le capitalisme !

Ce chemin sera long et escarpé. Alors, sans plus tarder, en avant…

 

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28 mars 2021

LA COMMUNE DE PARIS - 1871 [XIX]

 

DITS ET ECRITS [5]

 

C’est aujourd’hui la fête nuptiale de l’idée et de la révolution.

Jules Vallès, 28 mars 1871

 

Ces abominables communeux ont brûlé solennellement la guillotine l’autre jour. Tu vois comme ils sont sanguinaires. Ils sont superbes d’entrain, de conviction tous ces bataillons. Quelle leçon pour Trochu ! S’il avait su se servir des forces dont il disposait ! Et pourtant il n’y a pas la même unanimité que lorsqu’il s’agissait de battre les Prussiens. Les amis de l’ordre ont une tendance irrésistible à franc-filer.

Alix Payen, 10 avril 1871

 

Comprend-on ce gouvernement qui s’obstine à considérer la révolution de Paris comme le fait d’une poignée de factieux. Une poignée de factieux qui tient en échec la plus belle armée que l’on ait jamais vue, et cela depuis six semaines et ils n’ont pas fini. Ils devraient comprendre qu’il y a quelque chose au fond, une idée qui vaut la peine d’être discutée, mais non, ils sont aveugles comme tout ce qui est vieux et tout ce qui est destiné à tomber. Pour moi je crois que c’est l’enfantement laborieux d’une ère nouvelle et non point l’agonie de la France.

 Louise Milliet, 4 mai 1871

 

Mais abstraction faite de ce qu’il s’agissait d’un simple soulèvement d’une ville dans des conditions exceptionnelles, la majorité de la Commune n’était pas socialiste, et ne pouvait pas l’être. Avec une faible dose de bon sens, elle aurait pu néanmoins obtenir avec Versailles un compromis utile à toute la masse du peuple, seule chose qu’il était possible d’atteindre à ce moment-là. En mettant simplement la main sur la Banque de France, elle aurait pu effrayer les Versaillais et mettre fin à leurs fanfaronnades.

Karl Marx, 22 février 1881

 

La Commune de Paris de 1871 a été le premier essai historique –faible encore– de domination de la classe ouvrière. Nous vénérons le souvenir de la Commune, en dépit de son expérience par trop restreinte, du manque de préparation de ses militants, de la confusion de son programme, de l’absence d’unité parmi ses dirigeants, de l’indécision de ses projets, du trouble excessif dans l’exécution et du désastre effroyable qui en résulta fatalement. Nous saluons dans la Commune –selon une expression de Lavrov– l’aube, quoique bien pâle, de la première République prolétarienne.

Léon Trotsky, 1920

 

La Commune de Paris ? Ce fut d’abord une immense, une grandiose fête, une fête que le peuple de Paris, essence et symbole du peuple français et du peuple en général, s’offrit à lui-même et offrit au monde. Fête du printemps dans la Cité, fête des déshérités et des prolétaires, fête révolutionnaire et fête de la révolution, fête totale, la plus grande des temps modernes, elle se déroule d’abord dans la magnificence et la joie (…) Mais dès le début, la Fête contenait le drame ; le drame reprenait son sens primordial, fête vécue par le peuple et pour le peuple, fête colossale accompagnée du sacrifice volontaire de l’acteur principal au cours de son échec, tragédie.

Henri Lefèbvre, 1965

 

La Commune, fondement de l’analyse marxiste des révolutions, fut une révolution qui se passa de l’analyse marxiste.

Henri Lefèbvre, 1965

 

La conscience ouvrière quitta, en somme, le sillage des révolutions bourgeoises ; elle n’avait plus besoin de s’alimenter uniquement du souvenir de celles de 1789 et de 1848, elle disposait désormais d’une ‘’révolution en habit d’ouvrier’’, comme dit Vallès.

Georges Haupt, 1971

 

L’histoire complexe de la Commune prête déjà en elle-même à la pluralité des interprétations divergentes. Sa complexité, c’est celle de tout phénomène révolutionnaire inachevé qui laisse la porte ouverte à toutes les promesses qu’il n’a pas su réaliser, donc aux ambiguïtés.

Georges Haupt, 1971

 

La Commune de Paris a ouvert l’ère historique des révolutions prolétariennes et socialistes. Elle nous offre le premier exemple historique d’une véritable dictature du prolétariat. Elle a permis à Marx et à Lénine de parfaire la théorie marxiste de l’Etat. (…) La Commune de Paris a inauguré l’ère de l’expropriation des expropriateurs (…) en y instaurant un régime d’autogestion ouvrière.

Ernest Mandel, 1971

 

La Commune est morte de son isolement.

Jacques Solé, 2008

 

La Commune est un événement politique complexe, où s’articulent et se nouent des temps et des espaces discordants, et autant de motivations politiques étroitement mêlées : un mouvement de révolte patriotique contre l’occupation étrangère, un soulèvement de l’opinion républicaine contre Versailles, un mouvement de rébellion contre l’Etat parasitaire, un mouvement révolutionnaire contre la bourgeoisie, le capital. Elle est un précipité de multiples contradictions, et elle est grosse d’autant de possibles.

Daniel Bensaid, août 2008

 

Les descendants des sans-culottes de 1792, les enfants des combattants de 1848, étaient à nouveau en armes.

Chris Harman, 2008

 

La Commune n’a jamais eu de chef.

Jacques Julliard, 2012

 

Au vrai, rien n’est clair dans les événements du printemps 1871.

Jacques Rougerie et Robert Tombs, 2012

 

L’insurrection a été le fait d’une population, d’un ‘’peuple’’ composite, dont on perçoit mal ce qui fait l’unité.

Jacques Rougerie et Robert Tombs, 2012

 

Le schéma d’explication d’inspiration ‘’marxiste’’, qui faisait de la Commune un moment exemplaire de la lutte des classes a été largement réfuté, et aucun lecteur sérieux de Marx ne le reproduit aujourd’hui. En 1871, Marx ne parlait d’ailleurs pas de lutte des classes, mais de ‘’guerre civile’’. La Commune a été bien davantage.

Jacques Rougerie et Robert Tombs, 2012

 

 

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Diégo Rivera

22 mars 2021

LA COMMUNE DE PARIS - 1871 [XVIII]

 

DITS ET ECRITS [4]

 

L'antithèse directe de l'Empire fut la Commune. Si le prolétariat de Paris avait fait la révolution de Février au cri de «Vive la République sociale», ce cri n'exprimait guère qu'une vague aspiration à une république qui ne devait pas seulement abolir la forme monarchique de la domination de classe, mais la domination de classe elle-même. La Commune fut la forme positive de cette république.

Paris, siège central de l'ancien pouvoir gouvernemental, et, en même temps, forteresse sociale de la classe ouvrière française, avait pris les armes contre la tentative faite par Thiers et ses ruraux pour restaurer et perpétuer cet ancien pouvoir gouvernemental que leur avait légué l'empire. Paris pouvait seulement résister parce que, du fait du siège, il s'était débarrassé de l'armée et l'avait remplacée par une garde nationale, dont la masse était constituée par des ouvriers. C'est cet état de fait qu'il s'agissait maintenant de transformer en une institution durable. Le premier décret de la Commune fut donc la suppression de l'armée permanente, et son remplacement par le peuple en armes.

La Commune fut composée des conseillers municipaux, élus au suffrage universel dans les divers arrondissements de la ville. Ils étaient responsables et révocables à tout moment. La majorité de ses membres était naturellement des ouvriers ou des représentants reconnus de la classe ouvrière. La Commune devait être non pas un organisme parlementaire, mais un corps agissant, exécutif et législatif à la fois. Au lieu de continuer d'être l'instrument du gouvernement central, la police fut immédiatement dépouillée de ses attributs politiques et transformée en un instrument de la Commune, responsable et à tout instant révocable. Il en fut de même pour les fonctionnaires de toutes les autres branches de l'administration. Depuis les membres de la Commune jusqu'au bas de l'échelle, la fonction publique devait être assurée pour un salaire d'ouvrier. Les bénéfices d'usage et les indemnités de représentation des hauts dignitaires de l'État disparurent avec ces hauts dignitaires eux-mêmes. Les services publics cessèrent d'être la propriété privée des créatures du gouvernement central. Non seulement l'administration municipale, mais toute l'initiative jusqu'alors exercée par l'État fut remise aux mains de la Commune.

Une fois abolies l'armée permanente et la police, instruments du pouvoir matériel de l'ancien gouvernement, la Commune se donna pour tâche de briser l'outil spirituel de l'oppression, le pouvoir des prêtres ; elle décréta la dissolution et l'expropriation de toutes les Églises dans la mesure où elles constituaient des corps possédants. Les prêtres furent renvoyés à la calme retraite de la vie privée, pour y vivre des aumônes des fidèles, à l'instar de leurs prédécesseurs, les apôtres. La totalité des établissements d'instruction furent ouverts au peuple gratuitement, et, en même temps, débarrassés de toute ingérence de l'Église et de l'État. Ainsi, non seulement l'instruction était rendue accessible à tous, mais la science elle-même était libérée des fers dont les préjugés de classe et le pouvoir gouvernemental l'avaient chargée.

Les fonctionnaires de la justice furent dépouillés de cette feinte indépendance qui n'avait servi qu'à masquer leur vile soumission à tous les gouvernements successifs auxquels, tour à tour, ils avaient prêté serment de fidélité, pour le violer ensuite. Comme le reste des fonctionnaires publics, magistrats et juges devaient être élus, responsables et révocables.

(…)

La multiplicité des interprétations auxquelles la Commune a été soumise, et la multiplicité des intérêts qu'elle a exprimés montrent que c'était une forme politique tout à fait susceptible d'expansion, tandis que toutes les formes antérieures de gouvernement avaient été essentiellement répressives. Son véritable secret, le voici : c'était essentiellement un gouvernement de la classe ouvrière, le résultat de la lutte de la classe des producteurs contre la classe des appropriateurs, la forme politique enfin trouvée qui permettait de réaliser l'émancipation économique du travail.

Sans cette dernière condition, la Constitution communale eût été une impossibilité et un leurre. La domination politique du producteur ne peut coexister avec la pérennisation de son esclavage social. La Commune devait donc servir de levier pour renverser les bases économiques sur lesquelles se fonde l'existence des classes, donc, la domination de classe. Une fois le travail émancipé, tout homme devient un travailleur, et le travail productif cesse d'être l'attribut d'une classe.

(…)

La classe ouvrière n'espérait pas des miracles de la Commune. Elle n'a pas d'utopies toutes faites à introduire par décret du peuple. Elle sait que pour réaliser sa propre émancipation, et avec elle cette forme de vie plus haute à laquelle tend irrésistiblement la société actuelle en vertu de son propre développement économique, elle aura à passer par de longues luttes, par toute une série de processus historiques, qui transformeront complètement les circonstances elles-mêmes. Elle n'a pas à réaliser d'idéal, mais seulement à libérer les éléments de la société nouvelle que porte dans ses flancs la vieille société bourgeoise qui s'effondre. Dans la pleine conscience de sa mission historique et avec la résolution héroïque d'être digne d'elle dans son action, la classe ouvrière peut se contenter de sourire des invectives grossières des laquais de presse et de la protection sentencieuse des doctrinaires bourgeois bien intentionnés qui débitent leurs platitudes d'ignorants et leurs marottes de sectaires, sur le ton d'oracle de l'infaillibilité scientifique.

Quand la Commune de Paris prit la direction de la révolution entre ses propres mains ; quand de simples ouvriers, pour la première fois, osèrent toucher au privilège gouvernemental de leurs « supérieurs naturels», les possédants, et, dans des circonstances d'une difficulté sans exemple, accomplirent leur oeuvre modestement, consciencieusement et efficacement (et l'accomplirent pour des salaires dont le plus élevé atteignait à peine le cinquième de ce qui, à en croire une haute autorité scientifique, le professeur Huxley, est le minimum requis pour un secrétaire du conseil de l'instruction publique de Londres), le vieux monde se tordit dans des convulsions de rage à la vue du drapeau rouge, symbole de la République du travail, flottant sur l'Hôtel de Ville.

Et pourtant, c'était la première révolution dans laquelle la classe ouvrière était ouvertement reconnue comme la seule qui fût encore capable d'initiative sociale, même par la grande masse de la classe moyenne de Paris - boutiquiers, commerçants, négociants - les riches capitalistes étant seuls exceptés. La Commune l'avait sauvée, en réglant sagement cette cause perpétuelle de différends à l'intérieur même de la classe moyenne : la question des créanciers et des débiteurs. Cette même partie de la classe moyenne avait participé à l'écrasement de l'insurrection ouvrière en juin 1848 ; et elle avait été sur l'heure sacrifiée sans cérémonie à ses créanciers par l'Assemblée constituante. Mais ce n'était pas là son seul motif pour se ranger aujourd'hui aux côtés de la classe ouvrière. Cette fraction de la classe moyenne sentait qu'il n'y avait plus qu'une alternative, la Commune ou l'empire, sous quelque nom qu'il pût reparaître. L'Empire l'avait ruinée économiquement par Bon gaspillage de la richesse publique, par l'escroquerie financière en grand, qu'il avait encouragée, par l'appui qu'il avait donné à la centralisation artificiellement accélérée du capital, et à l'expropriation corrélative d'une grande partie de cette classe. Il l'avait supprimée politiquement, il l'avait scandalisée moralement par ses orgies, il avait insulté à son voltairianisme en remettant l'éducation de ses enfants aux frères ignorantins, il avait révolté son sentiment national de Français en la précipitant tête baissée dans une guerre qui ne laissait qu'une seule compensation pour les ruines qu'elle avait faites : la disparition de l'Empire. En fait, après l'exode hors de Paris de toute la haute bohème bonapartiste et capitaliste, le vrai parti de l'ordre de la classe moyenne se montra sous la forme de l' « Union républicaine » qui s'enrôla sous les couleurs de la Commune et la défendit contre les falsifications préméditées de Thiers. La reconnaissance de cette grande masse de la classe moyenne résistera-t-elle à la sévère épreuve actuelle ? Le temps seul le montrera.

(…)

Si la Commune était donc la représentation véritable de tous les éléments sains de la société française, et par suite le véritable gouvernement national, elle était en même temps un gouvernement ouvrier, et, à ce titre, en sa qualité de champion audacieux de l'émancipation du travail, internationale au plein sens du terme. Sous les yeux de l'armée prussienne qui avait annexé à l'Allemagne deux provinces françaises, la Commune annexait à la France les travailleurs du monde entier.

(…)

 La Commune a admis tous les étrangers à l'honneur de mourir pour une cause immortelle. - Entre la guerre étrangère perdue par sa trahison, et la guerre civile fomentée par son complot avec l'envahisseur étranger, la bourgeoisie avait trouvé le temps d'afficher son patriotisme en organisant la chasse policière aux Allemands habitant en France. La Commune a fait d'un ouvrier allemand son ministre du Travail.

(…)

La Commune a fait aux fils héroïques de la Pologne l'honneur de les placer à la tête des défenseurs de Paris. Et pour marquer hautement la nouvelle ère de l'histoire qu'elle avait conscience d'inaugurer, sous les yeux des Prussiens vainqueurs d'un côté, et de l'armée de Bonaparte, conduite par des généraux bonapartistes de l'autre la Commune jeta bas ce colossal symbole de la gloire guerrière, la colonne Vendôme.

La grande mesure sociale de la Commune, ce fut sa propre existence et son action. Ses mesures particulières ne pouvaient qu'indiquer la tendance d'un gouvernement du peuple par le peuple. Telles furent l'abolition du travail de nuit pour les compagnons boulangers ; l'interdiction, sous peine d'amende, de la pratique en usage chez les employeurs, qui consistait à réduire les salaires en prélevant des amendes sur leurs ouvriers sous de multiples prétextes, procédé par lequel l'employeur combine dans sa propre personne les rôles du législateur, du juge et du bourreau, et empoche l'argent par-dessus le marché. Une autre mesure de cet ordre fut la remise aux associations d'ouvriers, sous réserve du paiement d'une indemnité, de tous les ateliers et fabriques qui avaient fermé, que les capitalistes intéressés aient disparu ou qu'ils aient préféré suspendre le travail.

Les mesures financières de la Commune, remarquables par leur sagacité et leur modération, ne pouvaient être que celles qui sont compatibles avec la situation d'une ville assiégée. Eu égard aux vols prodigieux commis aux dépens de la ville de Paris par les grandes compagnies financières et les entrepreneurs de travaux publics sous le régime d'Haussmann, la Commune aurait eu bien davantage le droit de confisquer leurs propriétés que Louis Napoléon ne l'avait de confisquer celles de la famille d'Orléans. Les Hohenzollern et les oligarques anglais, qui, les uns et les autres, ont tiré une bonne partie de leurs biens du pillage de l'Église, furent bien entendu, grandement scandalisés par la Commune qui, elle, ne tira que 8.000 francs de la sécularisation.

(…)

Mais, certes, la Commune ne prétendait pas à l'infaillibilité, ce que font sans exception tous les gouvernements du type ancien. Elle publiait tous ses actes et ses paroles, elle mettait le public au courant de, toutes ses imperfections.

Dans toute révolution, il se glisse, à côté de ses représentants véritables, des hommes d'une tout autre trempe ; quelques-uns sont des survivants des révolutions passées dont ils gardent le culte; ne comprenant pas le mouvement présent, ils possèdent encore une grande influence sur le peuple par leur honnêteté et leur courage reconnus, ou par la simple force de la tradition; d'autres sont de simples braillards, qui, à force de répéter depuis des années le même chapelet de déclamations stéréotypées contre le gouvernement du jour, se sont fait passer pour des révolutionnaires de la plus belle eau. Même après le 18 mars, on vit surgir quelques hommes de ce genre, et, dans quelques cas, ils parvinrent à jouer des rôles de premier plan. Dans la mesure de leur pouvoir, ils génèrent l'action réelle de la classe ouvrière, tout comme ils ont gêné le plein développement de toute révolution antérieure. Ils sont un mal inévitable ; avec le temps on s'en débarrasse ; mais, précisément, le temps n'en fut pas laissé à la Commune.

Karl Marx

 

 

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[Karl Marx, La guerre civile en France 1871, Editions Sociales (Classiques du marxisme), Paris, 1975, pages 62-74]

18 mars 2021

LA COMMUNE DE PARIS - 1871 [XVI]

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HIER ET AUJOURD'HUI

 

Il y a 150 ans, le peuple parisien  –artisans, ouvriers, fonctionnaires, petits commerçants, sans travail…– s’insurgea puissamment :

Contre une guerre et ses conséquences, la France occupée par la Prusse et les armées de Bismarck aux portes de Paris.

• Contre les souffrances et la misère générées par le siège de la capitale.

• Contre les menaces pesant sur la République renaissante après l’effondrement du second Empire consécutif à la lourde défaite de Sedan.

• Contre l’arrogance d’une élite conservatrice et monarchiste, désireuse de mater définitivement une ville aux traditions révolutionnaires vivaces et toujours susceptible de se rebeller à la moindre étincelle.

La population de Paris bouillonnait en sens divers depuis plusieurs mois, lorsque le 18 mars, elle répondit à une provocation du gouvernement de monsieur Thiers et créa l’événement, en chassant une autorité devenue indésirable et en montant à l’assaut du ciel du pouvoir politique.

Certes, cet ébranlement fut de courte durée et limité d’un point de vue spatial. Car le caractère éphémère des tentatives "communalistes" dans d’autres grandes cités françaises, comme Lyon ou Marseille, renforça l’isolement de Paris !

Certes, en 72 jours, il était impossible de déployer pleinement un programme de rupture radical, de surcroit dans un contexte de guerre civile qui mobilisait d’importantes ressources financières.

Par ailleurs, dans sa majorité, la Commune n’était pas "socialiste" comme l’écrivit Marx [1]. Et puis, difficile d’imaginer l’édification d’un "socialisme dans une seule ville" !

Néanmoins de réelles avancées sociales, démocratiques et sociétales purent être initiées dans ce court laps de temps, esquissant ainsi le visage d’une "République sociale, démocratique, laïque et universelle".

Liberté, égalité, fraternité. Un même fil conducteur, en 1871 comme en 1789 ou 1848 !

Surtout, la mobilisation populaire parisienne démontra une fois encore qu’un soulèvement contre l’injustice, l’oppression, la domination d’une classe bourgeoise étaient possibles, que "ceux d’en bas" pouvaient prendre en mains la conduite "de la Cité" en développant des formes de démocratie directe combinées au suffrage universel [2].

C’est là un enseignement majeur de cette séquence historique qui ne peut être gommé par l’épilogue d’une cruelle défaite.

Certes, le 21ème siècle n’est pas le 19ème siècle !

Certes, il serait vain de tenter d’imiter mécaniquement un épisode majeur de l'histoire des révolutions. Mais la mémoire subsiste et peut contribuer à féconder utilement le présent...

Finalement, le meilleur hommage à la Commune revient à s’inspirer de son audace créative pour dégager aujourd’hui une voie originale émancipatrice, en tenant compte des défis concrets de notre époque, en matière démocratique et sociale, mais aussi des enjeux posés par une crise écologique globale lourde de menaces pour l’avenir de l’humanité.

L’héritage de la Commune est ce que ses héritiers en feront, et c’est à travers les luttes actuelles et à venir qu’elle demeurera vivante.

 

 

[1]  "Mais abstraction faite de ce qu’il s’agissait d’un simple soulèvement d’une ville dans des conditions exceptionnelles, la majorité de la Commune n’était pas socialiste, et ne pouvait pas l’être. Avec une faible dose de bon sens, elle aurait pu néanmoins obtenir avec Versailles un compromis utile à toute la masse du peuple, seule chose qu’il était possible d’atteindre à ce moment-là. En mettant simplement la main sur la Banque de France, elle aurait pu effrayer les Versaillais et mettre fin à leurs fanfaronnades".

Karl Marx, lettre à F.Domela Nieuwenhuis, 22 février 1881, in Karl Marx & Friedrich Engels, Inventer l’inconnu, textes et correspondance autour de la Commune, La Fabrique, Paris, 2008, page 289.

 

[2] Qui excluait les femmes !

 

♦♦♦

 

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05 février 2021

JLM 2022 (1)

 

Mel Lille 3.jpgOn connaît l’importance de l’élection d’un monarque dans la 5ème République française, une élection qui devrait se dérouler en avril 2022, sous réserve de l’évolution de l’actuelle pandémie qui agrémente nos journées.

Pour le moment, confinements et autres joyeusetés obligent, aucune véritable campagne électorale est possible. Ce qui n’empêche pas certains positionnements et les traditionnelles déclarations assassines des uns ou des autres.

A ‘’gauche’’, un refrain se fait à nouveau entendre, celui de la ‘’nécessaire union’’, décrétée la seule manière de s’opposer à la victoire annoncée  –par des sondages !–  de Macron (ou… Le Pen) !

Et beaucoup de se tourner vers La France Insoumise, sommée de mettre de l’eau dans son vin rouge. Entendez : La France Insoumise  devrait céder le témoin à une autre personnalité que l’encombrant Jean-Luc Mélenchon !

Niveau manœuvres, rien n’a donc vraiment changé depuis cinq ans.

Ce qui n’est pas une raison d’éviter le débat de fond et un rappel de quelques aspects essentiels de cette controverse.

L’unité n’est ni un fétiche ni un artifice pour campagne électorale ! Elle doit être prise au sérieux, ce qui signifie qu’elle doit être porteuse d’un projet politique crédible, mobilisateur et durable.

Quelle serait la cohérence d’un ‘’programme commun’’ entre La France Insoumise et des partis comme le PS ou EELV ? Ces derniers sont des formations libérales qui ne contestent pas le capitalisme réellement existant ! Toute leur démarche politique se situe dans le cadre de la construction d’une Union européenne au service du Capital. Elles se gardent d’ailleurs bien de remettre en cause les traités européens qui encouragent les politiques austéritaires impulsées dans les différents Etats, sous la férule d’une Commission européenne dogmatique, grande prêtresse de la ‘’concurrence libre et non faussée’’ ! Dans ces conditions, comment pourrait se construire un consensus programmatique fiable concernant une problématique centrale, alors que La France Insoumise rejette précisément ces diktats européistes ?

Autre divergence majeure, la perspective d’une consolidation de la démocratie par un changement de République préparé par une Assemblée constituante populaire. Le PS et EELV envisagent, dans le meilleur des cas, une 6ème République dont la Constitution serait élaborée par des politiciens professionnels et/ou des ‘’experts’’. Écartant ainsi le peuple d’un processus constituant qui le concerne directement ! Ici aussi, difficile de dégager un ‘’accord’’ qui ne serait pas un abandon d’une revendication qui est une colonne vertébrale politique des Insoumis !

Et puis, en cette époque de ‘’catastrophe climatique’’, à l’évidence l’axe le plus important d’une alternative digne de ce nom : l’urgente transition écologique. EELV et PS proposent de repeindre en vert la façade du système ; ils ne défendent pas une rupture radicale avec ce mode de production, de consommation et d’échange. Or, le ‘’capitalisme vert’’ est une illusion, qui ne permettra pas de sortir de la funeste impasse actuelle ! Sans rupture anticapitaliste, le désastre écologique est inévitable ! La France Insoumise n’a aucune raison de céder sur un enjeu aussi vital pour l’humanité au nom d’une tambouille électoraliste !

En réalité, il ne s’agit pas d'exiger de ‘’rallier’’ inconditionnellement le programme ‘’L’Avenir En Commun’’. Il s’agit de l’améliorer pour le renforcer, pas de l’édulcorer en le transformant en une bouillie libéralo-compatible !

Et pour ce travail indispensable, quel crédit peut-on accorder au PS qui a gouverné 5 ans sous la présidence de François Hollande avec les résultats que l’on connaît ? Et quel crédit accorder à EELV qui négocie à la moindre occasion des alliances électorales tous azimuts, y compris avec LREM ?

Oui, ce sera très difficile de gagner cette prochaine élection présidentielle. Mais il n’existe pas de raccourci, et certainement pas celui de ‘’l’unité’’ de ‘’forces’’ politiques aussi dissemblables autour d’un plus petit commun dénominateur programmatique...

Mais peut-être certains tentent-ils une diversion pour masquer leurs ambitions ?

Il est douteux, en effet, que ‘’sociaux-démocrates’’ et ‘’écologistes’’ gestionnaires veuillent réellement s’associer avec les amis de Jean-Luc Mélenchon.

Sans doute, leur faut-il gagner du temps pour s’accorder sur une candidature commune, car dans les coulisses les ambitions se bousculent au portillon : Hidalgo, Royal, Jadot, Taubira, Montebourg, et même… un certain Hollande !

Là est la ‘’machine à perdre’’

 

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27 janvier 2021

LA COMMUNE DE PARIS - 1871 [VI]

 

PARUTIONS NOUVELLES

 

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SOMMAIRE

Entretien - Jean-Luc Mélenchon :  ‘’Idéologiquement, je suis un enfant de la Commune’’

Hier

Des ors de Saint-Cloud au pavé de Montmartre : les origines de la Commune par Maxime Jourdan

L’épreuve de la démocratie par Pierre-Henri Zaidman

Une rupture avec le « vieux monde » par Laure Godineau

Une Commune plus patriote qu’internationaliste par Philippe Darriulat

À belle et bonne école par Jean-Louis Robert

1871, une insurrection de tout un pays ? par Marc César

Aux armes, les citoyennes ! par Michèle Audin

Universelle et cosmopolite, la Commune ? par Sylvie Aprile

Un printemps d’enfer par Christophe Kantcheff

Portfolio

Raphaël Meyssan : Belleville, un quartier gravé dans la mémoire par Olivier Doubre

Aujourd’hui

À chacun ses usages de la Commune par Éric Fournier

Des barricades qui font le tour du monde par Quentin Deluermoz

Du joli Mai aux gilets jaunes par Ludivine Bantigny

Les pétroleuses des XXe et XXIe siècles par Mathilde Larrère

Qu’as-tu appris à l’école ? Sur la Commune, pas grand-chose par Laurence De Cock

L’insurrection à l’écran par Jérôme Provençal

Une mémoire à défendre par Olivier Doubre

 

 

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Sortie en mars 2021


1871-2021, la Commune a 150 ans. Un siècle et demi ! Deux écueils possibles : la commémoration acritique, à grand renfort d’images sacrées, de récits hagiographiques (souvent préconçus) ; l’ignorance d’un pan d’histoire ouvrière inconnue car vieille, combattue par l'ordre, mal ou non enseignée, masculinisée… Dans les deux cas, ce serait ne pas servir nos réflexions et actions d’aujourd’hui, et de demain, pour l’émancipation sociale.

Roger Martelli, coprésident des Amis et amies de la Commune de Paris (1871) nous invite à croiser les regards sur ces 72 jours, leurs significations, conséquences et enseignements. Finalement, ‘’tout dépendra d’abord de ce que ses héritiers et héritières voudront faire de l’événement Commune de Paris’’ ! 

Dans une conversation à quatre voix, Ludivine Bantigny, Maryse Dumas, Christian Mahieux et Pierre Zarka explorent ce qui, depuis 1871 tisse ce fil rouge : Communs, Commune, se fédérer, autogestion, révolution.

Que fut l’œuvre de la Commune ? Gérard Coste retrace l’importance des services publics. Anouk Colombani réhabilite les femmes au travail, puis laboure les étranges résonances entre les débats sur le travail des ouvriers-boulangers et nos débats contemporains sur la démocratie du travail. Jean-François Dupeyron met en lumière les apports des Communard·es dans le domaine de l’éducation. Georges Ribeill nous raconte le chemin de fer et les cheminots de 1871. Christian Mahieux exhume le caractère novateur des décisions prises en matière de laïcité.

Assiégée par l’armée prussienne, affamée et attaquée par la bourgeoisie versaillaise, la Commune n’a pas bénéficié d’un contexte favorable aux expériences sociales. C’est peu de le dire ! Cela ne l’empêcha pas de prendre des mesures qu’aucune institution républicaine n’a renouvelé depuis 150 ans ; ainsi des décrets permettant la réquisition d’entreprises que présente Christian Mahieux. Il nous rappelle aussi que la Commune n’échappe pas à son temps : la lutte contre le colonialisme ne fait pas partie des préoccupations. Entre membres de la Commune, débats et divergences ont existé : quels enjeux autour de la définition d’une minorité et d’une majorité ?

Patrick Le Tréhondat nous explique la démocratie en armes, autre innovation communarde que la bourgeoisie s’empressa de faire disparaitre pour laisser la place à ‘’la grande muette’’.  

La Commune, comme tous les mouvements collectifs, ce sont des femmes et des hommes qui s’associent librement, pour lutter, revendiquer, rêver, construire … ‘’Parmi les insurgé·es, se trouvaient des femmes qui sont invisibilisées’’. Avec Elisabeth Claude, sortons-les de l’ombre et faisons connaissance ! Christian Mahieux nous propose de découvrir un homme et une femme de la Commune : Eugène Varlin et Léodile Bera, dite André Léo.

Malgré les circonstances tragiques, les arts furent aussi au cœur des préoccupations révolutionnaires. Somme toute logique que ce soit au travers de ceux-ci  que se joue également une guerre d’interprétation de la Commune mais aussi les possibilités de sa perpétuation…

Un CD accompagne ce numéro. Il mêle des voix militantes d'aujourd'hui, pour la Commune. En italien, en français, en occitan, a capella ou instrumental, enregistré à distance ou ensemble, pris en manif, chanteurs des soirées militantes ou chanteuses professionnelles, chanter la Commune c'est aussi continuer à la faire. 

A partir des chansons de la Commune, Mymytchell entend ‘’questionner le lien inestimable entre l’expérience politique et le fait de chanter’’. Tandis qu’Anouk Colombani nous livre une interview d’une communarde contemporaine, Dominique Grange. Gérard Gourguechon montre le lien qui unit les ‘’écrivains contre la Commune’’ aux éditorialistes en croisade contre nos grèves : la haine et le mépris de classe.

Barbara Issaly montre la place de la Commune dans la Bande dessinée.

On prête parfois à la Commune des décisions, des pratiques, voire mêmes des intentions qu’elle n’a pas eues. C’est l’objet d’une des rubriques du blog de Michèle Audin, qui nous confie que la Commune n’a pas brulé la guillotine. 

La Commune: de Paris ? Oui, mais pas seulement. Bernard Régaudiat analyse celles de Marseille en 1870 et 1874, Matthieu Rabbe raconte Lyon, les camarades de la revue Solidaritat nous décrivent Nîmes, et Christian Mahieux évoque Saint-Étienne, Narbonne, Toulouse, Grenoble, Le Creusot, et Limoges ; et aussi Montereau ou Brest.

L’internationale sera le genre humain… Les militant·es de la Fundación Salvador Segui expliquent le retentissement de la Commune en Espagne. Nara Cladera nous fait découvrir les communards en Uruguay. Cybèle David nous parle de l’autonomie zapatiste et Richard Neuville de la Commune d’Oxaca, au Mexique.

Quelques repères sont nécessaires, pour mieux appréhender tout ceci. C’est ce que nous proposent Philippe Barrre et Alice Rodrigues, avec deux chronologies : de 1789 à 1871, en passant par 1792, 1830 et 1848 ; de la Commune proprement dite.  

Renvois vers le dictionnaire biographique Maitron et plusieurs sites internet consacrés à la Commune, ainsi qu’un court lexique complètent cet ouvrage.  

Enfin, Charles Jacquier revient sur les 100 ans d’une autre Commune, celle de Cronstadt (URSS). Les dessins originaux de Tardi et d’Hélène Maurel, ainsi que deux textes de Jacques Prévert sont également au menu de ce numéro. Une fois de plus, Serge D’Ignazio nous a généreusement offert plusieurs de ses photos. Merci aussi à Jihel.

09 janvier 2021

LA COMMUNE DE PARIS - 1871 [II]

 

COMMUNIQUE

 

VIVE LA COMMUNE VIVE LA SOCIALE

 

En 1871, durant 72 jours, la Commune de Paris a tenté, dans un contexte difficile, de concrétiser les utopies du mouvement ouvrier.

Du 18 mars au 28 mai 1871 le peuple de Paris s’autogouverne et prend une série de mesures emblématiques qui aujourd’hui encore sont soit novatrices, soit au cœur de débats de société.

Citons notamment le gel des loyers et la réquisition de logements pour que tout le monde ait un toit, la limitation du travail de nuit, l’abolition des amendes et des retenues sur les salaires, la réduction du temps de travail, l’instruction laïque obligatoire et gratuite, la séparation de l’Église et de l’État, le caractère révocable des mandats et la limitation des rémunérations qui y sont liées…

Mais la Commune c’est aussi la question de l’égalité des sexes, de l’abolition des différences liées à la nationalité, du rôle de la violence, de l’importance de l’or conservé par la Banque de France…

C’est enfin une expérience démocratique avec un foisonnement de journaux, de placards sur les murs, de débats et d'assemblées impliquant le plus grand nombre…

Cette expérience prendra fin dans le sang de la ‘’Semaine sanglante’’  (21-28 mai) et du ‘’Mur des fusillés [Mur des Fédérés]’’ du Père Lachaise.

Épisode-clé de l’histoire sociale mondiale, la Commune suscitera une grande espérance qui sera portée et entretenue par ses survivant·es en exil (avec toutes les questions liées à l’accueil, à la solidarité… mais aussi aux conflits internes qui perdureront), puis au sein du mouvement ouvrier.

Une des figures les plus connues et les plus représentatives en est sans nul doute Louise Michel. Depuis 150 ans, la Commune, dont tous les courants de la gauche se revendiquent en tout ou en partie, est source de débats.

Ce sont ces débats que nous entendons prolonger et actualiser tout en rappelant ce que fut cette Commune de Paris.

Et Liège est d’autant plus indiquée que c’est là, le 18 mars 1886, à l’occasion d’un meeting organisé par un groupe anarchiste, Place Delcour, ayant pour objet la commémoration du 15e anniversaire de la Commune, que la révolte de 1886 débutera (marquée par la grève à Liège mais aussi et surtout par la destruction de l’usine Baudoux à Jumet et le massacre de Roux). Une révolte qui marque un tournant dans l’histoire sociale de la Belgique puisque c’est à sa suite que sera, enfin, amorcé un début de législation sociale dans notre pays, resté à la traîne sur ce plan au nom de la compétitivité économique et du laisser-faire.

Notre projet se veut un label, une coordination de tous événements se déroulant sur le territoire liégeois, entre le 18 mars et le 28 mai 2021, qui aborderaient l’histoire ou l’actualité d’une des nombreuses thématiques mises en lumière par la Commune.

Notre groupe est ouvert à toute initiative. Si vous êtes intéressé·e par cette démarche et si vous voulez la soutenir ou y participer d’une manière ou d’une autre, ou si vous souhaitez nous entretenir d’un projet, vous pouvez envoyer un mail à :

julien.dohet@skynet.be

Dès à présent sont déjà prévus/envisagés (sous réserves évidemment des mesures sanitaires) :

1. Un lancement officiel le 18 mars. Si possible Place Delcour, avec pose d’une plaque commémorative, reconstitution du parcours de la manifestation de 1886 et conférence inaugurale.

2. Participation à la commémoration de la fusillade de Roux du 29 mars 1886.

3. Exposition ‘’Vive la Commune ! Il y a 150 ans… La Commune de Paris vivait’’ du 20 avril au 20 mai (lieu à confirmer). Cette exposition sera présentée à Bruxelles avant et après sa venue à Liège.

4. Une exposition au Grand Curtius : La Commune. Paris 1871. Liège 1886. Élaborée en partenariat avec Theun Vonkx (Galerie De Queeste Art, Poperinge), le Centre des archives communistes en Belgique (CArCoB), l’Institut d’histoire ouvrière, économique et sociale (IHOES) et les Fonds patrimoniaux de la Ville de Liège, elle se tiendra du 30 avril à la fin juin. Vernissage prévu le 29 avril. Une série de conférences seront proposées par les différents partenaires (voir ci-dessous). Un programme détaillé suivra.

5. Publication d’un numéro de la revue des musées de Liège, LIEGEMUSEES.

6. Une présence le 1er mai Place Saint-Paul avec dégustation de la boisson ‘’Le Communard’’ et autres surprises.

7. Des conférences/débats (lieux et dates en cours de confirmation) avec :

a. Michèle Audin, autrice du blog https://macommunedeparis.com/ et de deux ouvrages chez Libertalia : ‘’Eugène Varlin, ouvrier relieur 1839-1871’’ et ‘’C'est la nuit surtout que le combat devient furieux : Une ambulancière de la Commune, 1871’’.En avril à la librairie Livre aux Trésors.

b. Raphaël Meyssan auteur de la trilogie ‘’Les Damnés de la Commune’’. En mai.

c. Ludivine Bantigny, spécialiste en histoire sociale et autrice de ‘’La Commune au présent’’ (à paraître en mars).

d. Mathilde Larrère, spécialiste des mouvements révolutionnaires et du maintien de l’ordre en France au XIXe siècle et autrice de ‘’Rage against the Machisme’’.

e. Micheline Zanatta, historienne, sur les répercussions de la Commune à Liège.

f. Jules Pirlot, historien, concernant les événements de 1886.Une lecture de textes de Louise Michel par Lara Persain à l’An Vert, au mois de mai.

8. Présentation d’un numéro spécial ‘’Discours et imaginaire de la Commune’’ de la revue COnTEXTES (Revue de sociologie de la littérature, émanant de plusieurs centres de recherches universitaires).

9. Une scène Slam version Commune de Paris le 21 avril à la Zone.

10. Association au colloque organisé à Bruxelles les 27 (à la Maison du livre) et 28 (à l’ULB) avril.

11. Une rencontre-débat autour de l’Assemblée citoyenne permanente de la Communauté germanophone (‘’Permanenter Bürgerdialog’’, l’"Ostbelgien Modell"), à laquelle participeront des représentants germanophones et probablement Christoph Niessen qui, avec Min Reuchamps, a écrit un texte pour le CRISP sur cette assemblée. Le 20 ou le 25 mai 2021 à la Cité Miroir, organisée par les Territoires de la Mémoire.

12. Un Week-end à Paris les 22 et 23 mai sur les traces de la Commune (programme précis en préparation).

13. Un débat ayant pour thème (titre provisoire) ‘’violences sociales/violence de l’Etat, de la Commune de Paris à aujourd’hui’’ organisé par le service ‘’En luttes’’ du CAL à la Cité Miroir le 27 mai.

14. Une soirée festive de clôture ‘’La Commune n’est pas morte’’ le samedi 29 mai au Manège Fonck, avec notamment un quiz/blind test historico-politico-littéraire et musical sur la Commune.

15. Récital de ‘’C’est des Canailles’’ autour de la Commune et de ses rêves. Des interventions ponctuelles (lancement le 18 mars, 1er mai à hauteur du stand, lors de la fête de clôture…) sont aussi envisagées.

16. Présentation du jeu de société ‘’Red Flag over Paris’’ en présence de son concepteur à l’occasion d’un après-midi/soirée autour de jeux de sociétés comme Soviet System, Kapital, Plan social…

17. Projection d’au moins un film sur la Commune au Ciné-club du Laveu.

18. Concert du ‘’Chant des cerises’’.

19. Des visites du ‘’Liège social’’. Programme précis en cours d’élaboration.

20. La relance des Amis de la Commune – Belgique.

Ce programme sera précisé et complété au fur et à mesure.

Organisations et partenaires associés à ce stade :

L’An Vert, Barricade, CAL, CArCoB, Centre de Planning familial Louise Michel, C’est des Canailles, Ciné-club du Laveu, CPCR, Département d’Histoire et département de Littérature de l’ULiège, Département de langues et littératures françaises et romanes de l’UNamur, Festival de Liège/Manège Fonck, les Fonds patrimoniaux et les Musées de la Ville de Liège, galerie De Queeste Art (Poperinge), IHOES, Territoires de la Mémoire, ULDP, La Zone…

 

 

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"La Commune de Paris. Proclamation sur la place de l'hôtel de ville des résultats du scrutin du 26 mars".

Gravure sur bois in Bell, Georges (nom de plume de Joachim Hounau), "Paris incendié. Histoire de la Commune de 1871", Paris, Auguste Marc et Cie, (s.d, 1871 ou 1872), p.17 (coll. J. Dohet).

 

06 janvier 2021

Vénézuela ? Bolivie ? Proche-Orient ? Non, Etats-Unis !

 

"Les USA organisateurs de putschs, truqueurs d'élections, en proie chez eux à leurs propres méthodes. Justice immanente."

(Jean-Luc Mélenchon)

 

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Que Trump soit un sociopathe (politique) prêt à tout, y compris à s'appuyer sur la violence de l'extrême-droite suprémaciste (blanche) pour conserver "le pouvoir", n'est pas une nouveauté...

Son handicap : il n'est pas (plus) soutenu par le Capital US qui ne souhaite pas déstabiliser un système reposant sur la domination de deux grands partis à son service, et qui par conséquent lui convient très bien !

Néanmoins, les événements de Washington sont un révélateur de la réalité de la "démocratie étatsunienne". Imaginez ce qui se serait passé si Bernie Sanders avait gagné cette élection présidentielle !

Et puis, si les manifestants qui ont occupé le "Capitole" avaient été noirs, la police n'aurait certainement pas hésité à ouvrir le feu et à provoquer un véritable massacre ! Mais ils étaient blancs et soutenus par le président sortant (qui décidément refuse de devenir un président sorti...).

La "plus grande démocratie du monde", pour reprendre une vieille rengaine, démarre cette année 2021 sur de sombres chapeaux de roues... 

23:38 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

05 janvier 2021

LA COMMUNE DE PARIS - 1871 [I]

 

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Ne pas faire table rase du passé !

Préserver le fil des luttes émancipatrices

entre hier et aujourd’hui !

 

 

1871-2021.

Il y a 150 ans, la Commune de Paris !

Un "événement" mémorable, rapidement mythifié et revendiqué par tous les courants politiques se réclamant de la "gauche".

Une insurrection populaire aux nombreuses répercussions dans l’Hexagone comme au niveau international.

Une page tempétueuse de la lutte des classes.

Certes.

Mais pourquoi célébrer encore cet épisode daté de l’histoire de la France et de l’humanité ?

Quel intérêt présente ce retour commémoratif à un passé maintenant lointain du mouvement social ?

Quelles similitudes entre cette époque et la nôtre ?

Quelles analogies possibles entre ce temps de révolution industrielle et de féroce exploitation du prolétariat, de machines à vapeur et de journées de travail de 14 heures, de calèches et de télégraphe…, et la "modernité" de notre siècle, celle de la révolution numérique et des "réseaux sociaux", de la globalisation du capitalisme financier et d’un monde devenu village, de la généralisation des "crises" –sociale, économique, écologique, anthropologique, sanitaire–  ô combien dangereuses pour la survie même de notre espèce ?

Sans doute quelques "détails" comme l’épuisement confirmé de la nature et des êtres humains, la persistance d’énormes inégalités à l’échelle nationale comme à l’échelle planétaire, la distance abyssale entre les gouvernants et les gouvernés, les oppressions et les injustices à répétition, les menaces grandissantes sur les libertés et les droits démocratiques, les conditions de vie plus difficiles pour un grand nombre et le mal-être croissant d’une "civilisation" en pénurie de repères, le despotisme du Capital et sa rapacité obsessionnelle, la compétition impitoyable et la course aux profits démesurée, l’aliénation et la marchandisation généralisées !

135127151_403503617570625_3201421923040729421_n.jpgLes 72 jours de la Commune qui ébranlèrent toute une époque sont assurément toujours connectés à nos préoccupations contemporaines, notamment l’aspiration inépuisable à l’émancipation des femmes et des hommes, naturellement considérée par les possédants comme une "utopie" lourde de menaces… pour leurs intérêts !

A l’évidence, l’exigence de "liberté, égalité, fraternité" reste à concrétiser dans la réalité, les fondations d’une  "République démocratique, sociale et universelle"  –à laquelle aspirait une majorité de protagonistes du coup de tonnerre de 1871–  doivent encore être consolidées.

Les combats et les objectifs portés par les "Communards" hier demeurent pour l’essentiel nos combats et nos objectifs aujourd’hui, même si le contexte est différent et même si certains défis ont une ampleur inédite.

Il ne convient donc pas d’épouser religieusement des modes d’action du passé ou de reprendre pieusement des programmes d’antan, mais de continuer à lutter pour réaliser les grands buts émancipateurs qui traversent les âges !

C’est pourquoi, revenir sur une telle expérience fondatrice, qui a marqué la mémoire populaire, n’a rien de superflu.

Il s’agit de sauvegarder le fil conducteur qui relie des générations en lutte pour libérer la société de l’emprise mortifère des puissants et des prédateurs du Capital.

De multiples initiatives sont d’ores et déjà planifiées en cette 21ème année du 21ème siècle :  débats, colloques, manifestations diverses…

Et de nombreuses publications nouvelles viendront s’ajouter à une bibliographie déjà immense.

Je reviendrai ici durant cette année sur cet anniversaire dans ses différents aspects…

 

 

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28 novembre 2020

Friedrich Engels, 1820-2020

 

200.jpgFriedrich Engels est né il y a 200 ans à Barmen, dans un milieu piétiste et bourgeois −son père était propriétaire d’une usine de textile−, dans cette Rhénanie-Westphalie qui avait déjà vu naître Karl Marx en 1818. (1)

Friedrich Engels-Karl Marx, Karl Marx-Friedrich Engels, deux figures majeures de l’histoire du "mouvement ouvrier", indissociables même si d’aucuns s’acharnent à les dissocier, en minorant l’apport d’Engels ou en le rendant responsable des avatars du "marxisme" !

Durant près de 40 ans, c’est ensemble qu’ils s’engagèrent dans l’action révolutionnaire et c’est de concert qu’ils menèrent un travail théorique décisif.

 

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De la révolution européenne de 1848 à la Commune de Paris, de la Ligue des Communistes au Parti social-démocrate allemand en passant par l’Association Internationale des Travailleurs, leur étroite collaboration fut constante.

C’est à quatre mains qu’ils écrivirent des œuvres majeures et sans Engels, pas de Capital. Non seulement parce que son aide matérielle fut cruciale, mais surtout parce que leurs discussions concernant le domaine économique furent fac simi kapital.jpgpermanentes, Marx n’hésitant jamais à demander des explications concrètes à son camarade familiarisé avec les pratiques des affaires et de l’industrie, grâce à sa position au sein de l’entreprise familiale. (2)

Et puis, Engels avait montré la voie dès 1843-1844 en rédigeant son "Esquisse d’une critique de l’économie politique" (3) que Marx qualifia de "géniale" dans un célèbre bilan d'étape. (4)

Car Engels fut souvent un précurseur et son ami n’avait aucune difficulté à en convenir : "tu sais que 1. tout vient tard chez moi et 2. que je marche toujours sur tes traces". (5)

Ainsi c’est Engels qui découvrit et analysa très tôt la situation des classes laborieuses en cette époque de "révolution industrielle", c’est lui qui initia une première critique de l’économie politique de la classe dominante, c’est lui qui prit d’abord en considération les travaux des principaux "socialistes" qui les précédèrent, c’est lui qui se rallia le premier au "communisme", c’est lui qui accorda un grand intérêt aux "sciences exactes"

Mais Engels fut plus qu’un partenaire intellectuel et militant, il fut un véritable ami qui se sacrifia pour aider financièrement Marx et sa famille, souvent dans la dèche. C’est pourquoi il accepta de travailler pour son paternel, ce qui lui coutait beaucoup. (6)

Ce fut aussi Engels qui aida Marx à faire face à certaines turpitudes privées, notamment en assumant sa paternité adultérine ! (7)

Bon vivant, personnalité truculente, appréciant les femmes, capable de boire énormément, polyglotte, curieux de tout, "expert" en questions militaires (8) Engels était un homme aux multiples ressources, doté d'une force de travail peu commune.

Ainsi, après la mort de Marx, c’est lui qui travailla obstinément  pour éditer les tomes 2 et 3 du Capital, et il joua un rôle considérable de "passeur" au sein de la social-démocratie allemande et de la nouvelle internationale fondée en 1889.

Engels succomba d’un cancer le 5 août 1895, laissant un vide immense dans le mouvement d’émancipation des travailleurs. (9)

 

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Notes

 

  • (1) Pour une biographie détaillée, je renvoie à la bibliographie proposée ci-dessous.
  • (2) Voir : Marx-Engels, Lettres sur "Le Capital", Editions Sociales, Paris, 1964. Marx reconnut explicitement sa dette dans sa lettre du 16 août 1867 : "Voilà donc ce volume terminé. Si cela a été possible, c’est à toi et à toi seul que je le dois ! Sans ton dévouement pour moi, il m’aurait été impossible d’effectuer les travaux énormes nécessaires pour ces trois volumes." Marx-Engels, Correspondance – Tome IX, Editions Sociales, Paris, 1982, page 9.
  • (3) Friedrich Engels, Esquisse d’une critique de l’économie politique in Ecrits de jeunesse – volume 2, Les Editions Sociales/GEME, Paris, 2018, pages 83-112.
  • (4) Karl Marx, Contribution à la critique de l’économie politique (Préface de 1859), Editions du Progrès, Moscou, 1975, page 6.
  • (5) Lettre de Marx à Engels le 4 juillet 1864, in Marx-Engels, Correspondance - Tome VII, Editions Sociales, Paris, 1979, page 248.
  • (6) Très vite, confronté à cette sombre perspective, il s’agaçait : "… mais j’en ai eu déjà par-dessus la tête avant même d’avoir commencé à travailler ; le commerce est trop affreux (…) et ce qui est particulièrement affreux, c’est d’être non seulement un bourgeois, mais un fabricant ; un bourgeois qui intervient activement contre le prolétariat. (…) On doit pouvoir, tout en étant communiste, être, quant à sa situation extérieure, un bourgeois et un négociant, si toutefois on n’écrit pas ; mais faire de la propagande communiste en grand et en même temps du commerce et de l’industrie, ça ne va pas. J’en ai assez ; à Pâques, je m’en vais." Lettre à Marx du 20 janvier 1845, in Marx-Engels, Correspondance – Tome I, Editions Sociales, Paris, 1971, pages 357-358. Face aux difficultés matérielles des deux amis, en exil en Angleterre suite à la déferlante contre-révolutionnaire sur le continent, Engels reprit son travail d’associé au sein de l’entreprise familiale, en 1850. Et ce, pour une durée de 20 ans !
  • (7) Le 23 juin 1851, Hélène Demuth  −bonne de la famille−  donna naissance à un fils, Henry Frederick (Freddy) Demuth, qu’Engels reconnut pour sauver le mariage de Marx !
  • (8) D’où le surnom de  "Général" affublé à Engels par Marx et ses proches…
  • (9) Dans sa notice nécrologique, Lénine souligna qu’"après son ami Karl Marx (mort en 1883), Engels fut le savant et l’éducateur le plus remarquable du prolétariat contemporain dans le monde civilisé tout entier". Lénine, Œuvres Choisies – Tome 1, Editions du Progrès, Moscou, 1977, page 50.

 

 

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Bibliographie

 

 

  1. Œuvres d’Engels

 

Ecrits de jeunesse [volume 1], Les Editions Sociales/GEME, Paris, 2015  

Ecrits de jeunesse [volume 2], Les Editions Sociales/GEME, Paris, 2018 

La situation de la classe laborieuse en Angleterre, Editions Sociales, Paris, 1975 

Les principes du communisme, Les Editions Sociales, Paris, 2020

Anti-Dühring, Editions Sociales, Paris, 1973 

Dialectique de la nature, Editions Sociales, Paris, 1975 

L'origine de la famille, de la propriété privée et de l'Etat, Editions Sociales, Paris, 1972 

La guerre des paysans en Allemagne, Editions Sociales, Paris, 1974  

La question du logement, Editions Sociales, Paris, 1969

 

 

  1. Œuvres de Marx et Engels

 

Annales franco-allemandes, Les Editions Sociales/GEME, Paris, 2020 

La Sainte Famille, Editions Sociales, Paris, 1972 

L'idéologie allemande, Editions Sociales, Paris, 1976 

Le Manifeste du Parti Communiste, Editions Sociales, Paris, 1971 

La Nouvelle Gazette Rhénane [3 volumes], Editions Sociales, Paris, 1969-1971 

Lettres sur "Le Capital", Editions Sociales, Paris, 1964

Sur la religion [textes choisis], Editions Sociales, Paris, 1972 

Sur la littérature et l'art [textes choisis], Editions Sociales, Paris, 1954 

Correspondance [12 tomes - Novembre 1835-Octobre 1874], Editions Sociales, Paris, 1971-1989  

Correspondance [tome 13  1875-1880], Les Editions Sociales/GEME, Paris, 2020

 

 

  1. Biographies/essais

 

BRUHAT Jean, Marx-Engels, UGE-10/18, Paris, 1971 

CLAUDIN Fernando, Marx, Engels et la révolution de 1848, Maspero, Paris, 1980  

[Collectif], Souvenirs sur Marx et Engels, Editions du Progrès, Moscou, 1982  

COLLIN Denis, Friedrich Engels, philosophe et savant, Bréal, Paris, 2020 

CORNU Auguste, Karl Marx et Friedrich Engels, PUF, Paris, Tome 1, 1955 ; Tome 2, 1958 ; Tome 3, 1962 ; Tome 4, 1970  

DELBRACIO Mireille et LABICA Georges (dir), Friedrich Engels, savant et révolutionnaire, PUF, Paris, 1997 

GULLI Florian et QUETIER Jean, Découvrir Engels, Les Editions Sociales, Paris, 2020 

HUNT Tristram, Engels, le gentleman révolutionnaire, Flammarion, Paris, 2009 

RIAZANOV David, Marx et Engels, Anthropos, Paris, 1974  

ROSDOLSKY Roman, Friedrich Engels et les peuples "sans histoire". La question nationale dans la révolution de 1848, Syllepse [Paris], Page Deux [Lausanne], M Editeur [Montréal], 2018 

TEXIER Jacques, Révolution et démocratie chez Marx et Engels, PUF, Paris, 1998

19 novembre 2020

Les atouts de Jean-Luc Mélenchon

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Jean-Luc Mélenchon avait conditionné sa candidature pour l’élection présidentielle à l’obtention de 150.000 signatures "de parrainage". (1) Il les a obtenues en quatre jours, "à froid", en dehors de la dynamique d’une campagne électorale entrée dans une phase active !  

De quoi toutefois susciter l’ironie de ses détracteurs qui ont tonitrué en choeur que c’était "facile". Les mêmes détracteurs qui martèlent depuis des années que Mélenchon est un "homme seul" et que La France Insoumise est sur le "déclin" ! Beau paradoxe. On attend maintenant qu’ils fassent de même pour parachever leur démonstration… 

Moins drôle et plus consternant, à lire les commentaires de cette triste confrérie, on se croirait revenu en 2016-2017, l’époque toxique du "tout sauf Mélenchon" ! Avec des éléments de langage répétitifs (et lassants) : "Mélenchon diviseur", "Mélenchon carriériste", "Mélenchon égocentrique", bref un Mélenchon infréquentable qui handicaperait "la gauche" ! 

Et puis cette nouveauté dans "l’argumentation", Coronavirus oblige : il serait inapproprié de se positionner pour 2022 en pleine pandémie ! 

Mais étrangement, le Sars-Cov-2 n’empêche pas le gouvernement français de poursuivre la mise en œuvre de sa politique antisociale et sécuritaire. Ainsi, des projets toujours plus néfastes, −comme la funeste loi "sécurité globale"−, continuent tranquillement leur parcours législatif à l’Assemblée Nationale !  

Et curieusement aussi, de leur côté,  EELV, le PS ou le PCF avaient déjà annoncé qu’ils présenteraient un[e] candidat[e] ! Au pays de Molière, les tartuffes sont rois… 

Qu’à cela ne tienne, les Insoumis sont maintenant engagés dans cette bataille, forcément encore balbutiante, et Jean-Luc Mélenchon dispose d’atouts pour aller jusqu’au bout.

 

  1. Un programme solide, qui n’est d’ailleurs pas figé et qui sera encore retravaillé jusqu’au mois d’octobre 2021. L’apport de toutes les "forces politiques" qui le souhaitent est d’ailleurs le bienvenu !
  2. Un mouvement en ordre de marche et une base qui le soutient avec détermination ! La puissante adhésion de celle-ci n’est évidemment pas étrangère au succès rapide du pétitionnement actuel.
  3. Son entourage : une équipe jeune, créative et active −sur les réseaux sociaux, notamment− ; et des groupes parlementaires dont la cohésion politique détonne en cette période d’embrouillamini généralisé.
  4. Son indéniable talent personnel, ses qualités de débatteur et d’orateur, son expérience et sa notoriété, sa force de conviction et son sens de l’initiative, sa capacité à trancher et sa volonté inébranlable de maintenir un cap fixé.
  5. La dispersion, les hésitations et la division de ses concurrents putatifs. Rien que dans la "galaxie PS", ils sont nombreux à vouloir "y aller" ; mais toutes et tous tergiversent, épient leurs rivaux, attendant un faux pas de l’un[e] ou de l’autre avant de sortir du bois. Et à EELV, il y aura au moins trois prétendants à l’investiture. Quant au PCF, au NPA et à LO, ce seront surtout des candidatures de "témoignage" !
  6. Il est entré en campagne alors que d’autres vont attendre le plus longtemps possible avant de se découvrir, oubliant ainsi la leçon de la réputée fable du "lièvre" et de la "tortue" ! De plus, il ne se laissera pas enfermer dans un scénario d'organisation de "primaires", que d’aucuns préconisent à nouveau, oubliant au passage l’exercice précédent qui se termina en tragi-comédie pour le parti de François Hollande et de Manuel Valls !

 

Naturellement, et sans surprise, les lamentations se multiplient depuis son annonce : faute d'"union de la gauche", la victoire serait assurée pour Macron ou Le Pen, murmurent de belles âmes soudainement "unitaires" à l’approche d’une échéance électorale nationale ! 

Certes, la dispersion peut desservir, mais la confusion encore plus ! C’est la convergence programmatique qui reste déterminante et gage de succès.

A ce sujet, La France Insoumise ne ferme aucune porte et jlm 6R.jpgdemeure ouverte à une large discussion… sur le fond. Et Jean-Luc Mélenchon répète inlassablement aux médias qui l’interrogent que l’"Avenir en commun" peut être amendé en fonction des apports des uns et des autres.  

Mais là est sans doute le véritable obstacle. Car derrière l’ostracisme décomplexé affiché envers l’épouvantail Mélenchon, se cache en réalité le rejet du programme des Insoumis, jugé trop "radical" par des "écologistes" et des "socialistes" parfaitement intégrés dans la gestion du système. 

Ainsi, ces deux partis adeptes d’un "européisme" béat, ne comptent pas intégrer dans leur logiciel une sortie des traités européens, qui entravent cependant toute possibilité de mener à bien une véritable politique alternative ! 

Et puis comment le PS −le parti qui a gouverné durant cinq ans sous Hollande, en ayant eu entre autre recours au 49°3 pour imposer la régression des lois Macron et El Khomri−, pourrait-il adhérer à des mesures économiques et sociales refusant les vieilles recettes austéritaires des dominants ? 

Quant au parti de Yannick Jadot, qui défend une perspective de "capitalisme vert" porté par les "forces vives" (sic) du pays, et ce dans le strict cadre de l’Union Européenne, comment pourrait-il soutenir un projet de type "éco-socialiste" ? (2)

La France Insoumise ne refuse donc aucun débat, mais elle ne trempera pas dans des entourloupes politiciennes l’obligeant à brader son programme, pour le remplacer par une bouillie social-libérale dont est friande la "gauche de gouvernement" chère aux dirigeants du PS ! 

"L’union est un combat" disaient naguère les responsables communistes. "L’union" doit surtout pouvoir assumer un robuste projet politique et des solutions de rechange d’ampleur au mode de production capitaliste ! 

jlm planification écologique.jpgEt n’en déplaise aux résignés ou aux pseudo-réalistes, cela passe par la sortie de la Vème République et de sa monarchie présidentielle, une Assemblée Constituante populaire pour définir les fondements d’une VIème République, la planification pour assurer une authentique transition écologique, la dénonciation des traités européens et l’abandon d’une intégration européenne au service de la défense des intérêts du Capital, une redistribution des richesses pour éradiquer les inégalités et la pauvreté, le rejet du "libre-échange" en faveur d’un protectionnisme solidaire et de la coopération internationale, la rupture avec  "l’atlantisme" et la sortie de l’OTAN, une gestion humaniste des migrations, et beaucoup d’autres impératifs encore… 

Qui, "à gauche" pour ratifier cette feuille de route programmatique, pourtant loin d'être "maximaliste" ? (3) 

Je crains que poser la question est déjà y répondre ! 

Il conviendra surtout de juger les actes, pas de se laisser abuser par les déclarations polémiques quotidiennes des défenseurs inavoués du "monde d’hier" !

 

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(1) Au moment d’écrire ces lignes, le total des signatures s’élève à près de 178.000... Ce compteur restera néanmoins ouvert jusqu’au premier tour de l’élection présidentielle ! → Pour signer : https://noussommespour.fr

(2) Yannick Jadot a récemment dénoncé "l'étatisme rouge-vert" (sic) de Jean-Luc Mélenchon !

(3) L'Avenir En Commun n'est bien sûr pas le programme de la révolution communiste mondiale...

 

 

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