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18 mars 2020

Démocratie et pandémie

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La lutte contre la pandémie du coronavirus est évidemment une priorité, mais les discours bellicistes des pouvoirs politiques et des médias dominants ne sont pas le fruit d’une étourderie !

Il s’agit de construire un récit, non dénué d’arrières pensées idéologiques (comme tout récit), celui d’une société ‘’en guerre’’ qui :

1°) nécessite des mesures d’exception ‘’verticalistes’’, c’est-à-dire des dispositions imposées du ‘’haut’’ (gouvernements et ‘’experts’’ qui les entourent) vers le ‘’bas’’ (la population ‘’ignorante’’ ou ‘’insouciante’’

2°) mobilise un discours impératif ‘’d’unité nationale’’ pour forcer une posture ‘’unanimiste’’ qui annihile, ou relègue à la marge, tout questionnement et toute démarche critiques concernant le traitement politique de cette inquiétante crise sanitaire.

Il est évidemment exclu pour les dominants d’encourager le moindre processus d’auto-organisation populaire, même si en dépit de consignes strictes, des actes de solidarité et d’entraide se déploient ‘’spontanément’’ dans les profondeurs de la société !

Aujourd’hui, au motif de se ‘’serrer les coudes’’ contre l’invasion du covid-19, les décisions antidémocratiques se banalisent : interdiction des rassemblements et des manifestations, interdiction d’activités publiques, ‘’pouvoirs spéciaux’’ accordés aux exécutifs et mise entre parenthèses des assemblées parlementaires, etc.

Dans le même temps, tout est mis en œuvre pour infantiliser et discipliner le corps social : l’heure n’est donc plus à l’exercice légitime des droits démocratiques des citoyen(ne)s, l’heure n’est donc plus aux revendications ou à la défense de ce qui a été conquis, l’heure est aux interdits et aux injonctions : restez chez vous !

Restez chez-vous, faites ce que bon vous semble  -ou presque !-, mais faites-le dans vos murs :  ressortez vos jeux de société, bricolez ou lancez-vous dans un nettoyage de printemps, regardez la télévision et/ou surfez sur votre terminal ! D’ailleurs, en guise de compensation pour votre nouvelle existence monacale, et afin de tuer ‘’l’ennui’’, vous bénéficiez même de certaines largesses : ainsi par exemple, Canal + propose dès maintenant ses programmes en clair 24h/24 ; ainsi les opérateurs téléphoniques vous offrent des ‘’accès illimités’’ au Net ou des GB de data supplémentaires pour vos mobiles ; ainsi des plateformes de streaming diffusant des programmes pour enfants sont mises à la disposition des familles…

Elle n’est pas belle la vie ?

Evidemment, il y a des exceptions à cet enfermement contraint généralisé. On ne peut laisser les gens mourir de faim ou sans soins. Ils sont donc ‘’autorisés’’ à se déplacer pour se procurer de l’alimentation, des médicaments ou consulter un médecin. Ils peuvent également prendre un bol d’air limité à… deux personnes ! Et pour faire respecter ces ‘’règles’’, la police veillera au grain et n’hésitera pas à verbaliser. Mieux vaut s’habituer immédiatement à la présence massive d’uniformes dans nos rues et au quadrillage serré du territoire !

On ne peut même pas exclure à l’avenir, en cas d’aggravation de la situation, une intervention de l’armée, comme lors des lendemains d’attentats terroristes !

Et puis surtout, le principal (pour les décideurs) :  il faut continuer à faire ‘’tourner l’économie’’, il faut continuer à travailler pour produire des marchandises et assurer la ‘’profitabilité’’ des entreprises !

Par tous les moyens possibles : le ‘’télétravail’’ pour toutes celles et tous ceux qui ont recours aux ‘’écrans’’ dans leur activité professionnelle, en prenant des mesures de ‘’social distancing’’ et d’hygiène pour les autres !

Mais en dépit de cette bienveillance vis-à-vis de l’activité économique, certaines entreprises devront néanmoins êtres mises à l’arrêt, pénalisant en premier lieu les salariés renvoyés au chômage !

Et puis, il y a les invisibles, les exclus du circuit économique, les chômeurs et les précaires, les pauvres et les SDF. Pour eux, ces temps de restrictions supplémentaires seront encore plus difficiles.

Enfin, à cette crise sanitaire viendront inévitablement se superposer d’autres crises, économique et financière. Sans oublier, chez nous, la ‘’crise de régime’’ qui reste pendante et qui gardera sa complexité malgré l’actuelle ‘’union nationale’’ de façade !

Bien entendu, tout ceci aura un coût.

Enorme.

Se posera à ce moment la question du paiement de cette lourde facture, et il ne faut pas être un prophète pour deviner que les forces de droite mettront tout en œuvre pour présenter l’addition à celles et ceux qui subissent pourtant déjà des cures ‘’austéritaires’’ depuis des décennies !

C’est dire si cette ‘’union sacrée’’ que d’aucuns s’efforcent de bétonner à l’occasion de l’actuelle pandémie ne doit pas faire illusion.

Le mouvement syndical, les mouvements sociaux, les mouvements de lutte contre le ‘’réchauffement climatique’’ ont grandement intérêt à ne pas se laisser anesthésier et à préparer la reprise des mobilisations dès la fin de la crise du coronavirus, car aucun répit ne sera accordé par les possédants et les gouvernants à leur service, qui n’ont que faire de la ‘’justice sociale’’ ou de la ‘’justice climatique’’ 

 

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15 mars 2020

Urgences !

 

Le PS ne montera donc pas ce dimanche dans un attelage avec la N-VA.

C’est un fait positif !

Néanmoins :

1°) Il y a bel et bien eu ces derniers jours des discussions suivies avec le parti de Bart De Wever

2°) La ‘’négociation’’ a échoué, aux dires de Paul Magnette lui-même, à cause de l’attitude ‘’scandaleuse’’ de la N-VA et de ses revendications ‘’indécentes’’, pas à cause des présidents des 5 autres partis conviés autour de la table

3°) Le PS soutiendra maintenant de ‘’l’extérieur’’ le gouvernement actuel, qui est un gouvernement de droite ‘’minoritaire’’ et en ‘’affaires courantes’’, composé de 3 des 4 partis de la défunte ‘’Suédoise’’ de triste mémoire, qui ont dirigé l’Etat fédéral avec les ‘’nationalistes flamands’’ durant... 4,5 ans

4°) Cet appui ne portera pas uniquement sur de strictes questions de santé publique, mais aussi sur des décisions à prendre en matière ‘’économique et sociale’’, un intitulé large qui couvre potentiellement de très vastes domaines de la vie de toutes et tous

5°) Ecolo défend lui aussi une ligne ‘’d’unité nationale’’ et rejoint ainsi le PS dans sa volonté d’un soutien parlementaire externe à la coalition réduite dirigée par la MR Sophie Wilmès

6°) Il conviendra donc d’être particulièrement attentif aux orientations qui seront arrêtées dans les prochains jours et qui pourraient avoir un impact négatif pour le plus grand nombre

7°) Les péripéties des dernières heures ne préjugent en rien le scénario politique qui sera écrit dans un futur proche (?), lorsque la crise du coronavirus sera derrière nous

8°) Les réponses adéquates aux grandes urgences de l’époque  -en matière écologique, économique, sociale, démocratique ou sociétale-  ne découleront pas automatiquement de manœuvres politiciennes habiles ou d’équations savantes pour réunir une majorité fédérale consistante. Les grandes mobilisations pour la justice climatique, les actions des mouvements sociaux et du mouvement syndical resteront indispensables pour matérialiser une alternative radicale face aux impasses mortifères du capitalisme

9°) Il serait, en effet, illusoire de penser qu’un rassemblement de partis, acceptant le cadre euro-libéral réellement existant et donnant la priorité à la défense des intérêts d’une oligarchie financière, puisse relever les défis majeurs de notre temps, en rompant avec les politiques austéritaires des dernières décennies et en sortant de l’inertie face au ‘’dérèglement climatique’’ 

10°) La lutte pour l’émancipation humaine, la fin de toute exploitation et des multiples oppressions, la préservation de notre écosystème, la sauvegarde de toutes les espèces vivantes, la protection de notre unique planète Terre, demeure un combat de longue haleine, qui ne souffre plus le moindre retard tant les ‘’urgences’’ nous mordent aujourd’hui la nuque !

 

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26 mai, les jours d'après (XXVII)

 

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On ne sait si les négociations entre le PS et la N-VA, qui se poursuivront ce dimanche, aboutiront. Mais il y a bel et bien négociations entre les partis de la coalition sortante et la ''famille socialiste'' !

Les grandes déclarations devant la presse, les serments la main sur le cœur d’un Magnette affichant sa détermination ‘’de gauche’’, les manœuvres en coulisses pour mettre sur pied un gouvernement sans l’un ou sans l’autre des protagonistes, les positions viriles retranchées derrière des ‘’lignes rouges’’ annoncées infranchissables, ont (peut-être) tenu en haleine le peuple durant quelques mois, mais maintenant place aux partis ‘’responsables’’. Il faut sauver… ‘’l’économie’’ menacée par le covid 19, ce virus sournois venu de loin. Traduction : il faut préserver les sacro-saints intérêts du capital, il faut sauvegarder sa ’’compétitivité’’, il faut garantir son ‘’taux de profit’’, il faut assurer aux actionnaires des grandes entreprises leurs dividendes saisonniers, bref il faut voler au secours de ce bon petit soldat du capitalisme financier globalisé qu’est le royaume de Belgique !

Les beaux discours concernant la ‘’priorité à l’humain’’ ne peuvent tromper que les éternels ‘’candides’’, sincères ou roublards. L’essentiel pour les ‘’décideurs’’ se trouve dans les chiffres d’un tableau de bord économique !

Voilà donc le ciment qui pourrait servir à la constitution rapide d’un ‘’gouvernement d’urgence’’, regroupant les ‘’frères ennemis’’ d’hier soudainement ‘’réconciliés’’ pour la cause de puissants intérêts !

Cette nouvelle ‘’majorité’’ serait la reconduction de la ‘’Suédoise’’ sortante élargie à la ‘’famille socialiste’’ ! Avec 6 partis qui ont tous perdus les dernières élections ! Moins 22 sièges au Parlement fédéral pour les 4 partis du ‘’gouvernement Michel’’, moins 4 sièges pour le Spa et moins 3 sièges pour le PS (qui a dû, de surcroît, abandonner en cours de route E. Kir et ses dangereuses liaisons) !

Que peut-on attendre de cette ‘’majorité de battus’’ associant les formations de Bart De Wever et de Paul Magnette ? Que peut-on attendre d’une association entre des Théo Francken, Ahmed Laaouej ou Koen Geens ? Que peut-on attendre d’une prolongation de la MR Sophie Wilmès comme première ministre ?

Certainement pas une politique ‘’progressiste’’ qui tiendrait compte du ‘’signal de l’électeur’’ et qui répondrait aux grands défis de l’époque : l’urgence sociale, l’urgence climatique, l’urgence démocratique (une gestion humaniste des migrations)…

Car ce n’est pas avec un tel assemblage d’ultra-libéraux, de représentants d’une ‘’gauche gestionnaire’’, de climatosceptiques, de racistes et de nationalistes, que sera engagée une véritable transition écologique, que l’âge de la retraite sera ramené à 65 ans, que les pensions seront fixées immédiatement à un minimum de 1500 € net, que la justice fiscale sera établie, qu’un impôt sur la fortune sera instauré, que la fuite des capitaux sera éradiquée, que les salaires seront libérés de tout carcan, que la Sécu et les services publics seront consolidés, que la pauvreté sera combattue (notamment pas le retour à ‘’l’individualisation’’ des droits sociaux), qu’un accueil digne sera garanti aux migrants, que les traités austéritaires européens seront dénoncés, etc.

C’est dire si les prochaines heures risquent d’être lourdes de conséquences pour le plus grand nombre…

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 [Post scriptum, 12h40. Paul Magnette et son bureau politique rejettent finalement une alliance avec la N-VA. La direction du PS a mesuré le risque qu'elle prendrait en s'associant directement avec Bart De Wever et consorts ! Manifestement, un "retournement de veste" aujourd'hui, aurait été difficile à avaler pour une base qui, depuis des mois, a intégré le couplet "pas avec la N-VA" ! Tant mieux ! Reste maintenant à vérifier ce que signifiera concrètement le "soutien extérieur" annoncé au gouvernement minoritaire actuellement aux "affaires (courantes)" ? Et reste surtout à demeurer attentif aux manoeuvres qui ne manqueront pas dans les prochains mois, lorsque la crise sanitaire aura été surmontée !

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27 février 2020

26 mai, les jours d'après (XXVI)

 

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Faut-il revoter ? La question ne se pose plus car, que l’on soit un adversaire ou un partisan de ce scénario, de nouvelles élections sont maintenant inévitables. Et dans une ‘’démocratie’’, il n’y a d’ailleurs aucune raison de craindre le recours à l’électorat !

Ce n’est toutefois pas une raison pour se cacher derrière son petit doigt : un nouveau scrutin ne changera pas automatiquement la donne. Car les résultats pourraient être identiques, ou à peu près les mêmes, voire plus inquiétants encore, avec le renforcement du bloc N-VA/VB, par exemple !

Et puis, le fond de la ‘’crise’’ de ce pays, qui perdure depuis longtemps, n’est pas principalement lié aux péripéties électorales. Ce qui rend la situation complexe, c’est la coexistence de deux peuples dans un seul Etat, deux peuples qui se donnent des expressions politiques antagoniques !

Cette particularité pèse chaque fois que la formation d’un gouvernement ‘’fédéral’’ est à l’ordre du jour : deux majorités politiques différentes sont obligées de se rencontrer et de se confronter afin de dégager un ‘’accord de législature’’, ce qui implique souvent de résoudre une véritable ‘’quadrature du cercle politicienne'' !

Finalement, c’est toujours la Wallonie qui est politiquement pénalisée ! Car c’est la Flandre qui est majoritaire, c’est sa ‘’classe politique’’ qui est dominante et celle-ci est très largement de droite !

Et aujourd’hui ce centre de gravité est encore consolidé par la présence persistante d’une extrême-droite à un haut niveau !

Tant que cette problématique ne sera pas prise à la racine, c’est-à-dire sans une solution de rechange radicale qui s’appuie sur le ‘’droit à l’autodétermination des peuples’’, les difficultés persisteront, la ‘’crise de régime’’ s’approfondira  -alimentant ainsi les commentaires désabusés et sans fin des ‘’éditorialistes’’-, et les ‘’Belgicains’’ de tous les horizons  -toujours en quête d’une ‘’Belgique unie’’ de plus en plus introuvable !- continueront à vilipender les uns ou les autres ...

 

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Le patronat ne cesse de se plaindre, de la fiscalité qui serait trop lourde, du "coût du travail " qui serait trop élevé, des "contraintes administratives" qui seraient trop nombreuses, de "l'esprit d'entreprendre" qui serait systématiquement dénigré, des grèves "à répétition" qui "sabotent l'économie", de tous ces "obstacles" qui entravent la "compétitivité"...

Mais les bénéfices coulent à flots, les actionnaires touchent des dividendes sans cesse plus élevés, et des dizaines de milliards € filent vers des terres fiscalement paradisiaques sous le regard bienveillant des coalitions gouvernementales qui se suivent et se ressemblent dans leur soumission au "despotisme du marché" ! Ainsi, au cours de l’année de déclaration 2019 (revenus 2018), les entreprises belges ont transféré pas moins de 172,3 milliards €  vers les plus célèbres paradis fiscaux, rapportent l’Echo et De Tijd ce jeudi, sur la base des chiffres communiqués par l’administration fiscale.

On pourrait pourtant faire beaucoup avec cet argent : augmenter les pensions et les salaires les plus bas, revaloriser toutes les allocations sociales, instaurer la gratuité des transports collectifs, consolider la Sécu et garantir à toutes/tous l’accessibilité aux soins de santé, éliminer la pauvreté, mettre en oeuvre une véritable transition énergétique, etc.

L'argent existe donc bel et bien dans notre société. En surabondance ! Encore convient-il de faire le choix politique qui s'impose, celui d'aller le chercher pour répondre aux besoins de la population et aux enjeux climatiques ! C'est ce qui devrait prioritairement être sur la table des "négociations" pour la formation d'un gouvernement ! Allo, le PS, allo, Ecolo..

 

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24 février 2020

Orwell, 1903-1950 (V)

orwell 1.jpgORWELL

DANS

LE

TEXTE (4)

 

 

 

 

 

[George Orwell, A ma guise. Chroniques 1943-1947, Agone, Marseille, 2008]

 

Les taudis londoniens sont encore bien misérables mais ils ne sont pas comparables à ceux du XIXème siècle. (…) Le progrès existe, si difficile que ce soit de le croire en cette époque de camps de concentration et de belles grosses bombes (p.38)

Presque sans le savoir  -et peut-être sans vouloir le savoir-  l’ouvrier blanc exploite l’ouvrier de couleur et, en retour, l’ouvrier de couleur peut être utilisé, et est utilisé, contre l’ouvrier blanc. (…) Les choses étant ce qu’elles sont, l’Asie et l’Afrique constituent tout simplement une inépuisable armée de réserve de briseurs de grève. On ne peut pas reprocher au travailleur de couleur de ne pas se sentir solidaire de ses camarades blancs. (…) Le mouvement socialiste n’a jamais vraiment pris pied ni en Asie, ni en Afrique, ni même parmi les Nègres américains : partout, il est dévoyé par le nationalisme et la haine raciale. (…) Il n’y aura pas de solution tant que le niveau de vie du milliard de ‘’non-Blancs’’ ne sera pas relevé de force et rendu égal au nôtre (p.40)

Si l’on veut se croire infaillible, il ne faut pas tenir de journal. En relisant mon journal de 1940 et 1941, je me rends compte que je me suis trompé chaque fois que c’était possible. Mais tout de même moins que les experts militaires (p.45)

Ce que tous ces gens (…) ont en commun, c’est leur refus de croire que la société puisse être fondamentalement améliorée. L’homme n’est pas perfectible, de simples changements politiques ne peuvent avoir aucun effet, et le progrès est une illusion. Le lien entre cette conception et la réaction politique est, bien sûr, manifeste. Le détachement vis-à-vis de ce monde est le meilleur alibi du riche. (…) Il y a un risque à ignorer les néo-pessimistes, car jusqu’à un certain point, ils ont raison. Tant qu’on pense à court terme, il est sage de ne pas trop espérer du futur. Les plans pour l’amélioration de l’humanité tombent régulièrement à l’eau (…) La bonne réponse est de dissocier le socialisme de l’utopisme. (…) La réponse (…) est que le socialisme n’est pas un perfectionnisme, ni même sans doute un hédonisme. Les socialistes ne se prétendent pas capables de rendre le monde parfait ; ils s’affirment capables de le rendre meilleur. Et tout socialiste qui réfléchit tant soit peu concédera au catholique qu’une fois l’injustice économique corrigée le problème fondamental de la place de l’homme dans l’univers continuera de se poser. Mais ce que les socialistes affirment avec force, c’est qu’il est impossible d’affronter ce problème tant que les préoccupations de l’être humain moyen sont, par nécessité, économiques. Tout cela se trouve résumé dans la formule de Marx selon laquelle l’histoire humaine ne pourra commencer qu’après l’avènement du socialisme (p.48-50)

Néanmoins, un monde où l’assassinat d’un seul civil est criminel et où le largage d’un millier de tonnes d’explosifs sur un quartier résidentiel est légitime me fait parfois me demander si notre Terre ne sert pas d’asile psychiatrique à une autre planète (p.54)

… nous sommes tout bonnement une ploutocratie (p.59)

Je crois que les éventuels lecteurs du futur qui se plongeront dans nos journaux et nos magazines considéreront comme une aberration similaire le dédain pour la démocratie et la franche admiration pour le totalitarisme qui se sont emparés de l’intelligentsia britannique vers 1940 (p.65)

Le fait que la démocratie n’est pas inhérente au collectivisme et qu’on ne se débarrasse pas de la domination de classe en abolissant de façon formelle la propriété privée devient chaque jour plus clair. La tendance du monde à se scinder en plusieurs grands blocs formant des superpuissances est également assez claire, et le fait que chacune d’entre elles serait probablement invincible ouvre des perspectives sinistres (p.66)

Burnham (…) était également incapable d’admettre qu’il existe une différence de nature essentielle entre la Russie et l’Allemagne. Mais l’erreur de base de cette pensée est son mépris de l’homme ordinaire (p.67)

Mais là où Burnham et ses savants camarades se trompent, c’est quand ils tentent de propager l’idée que le totalitarisme est inévitable, et que nous ne devrions donc pas nous y opposer (p.68)

Un lecteur me reproche d’être ‘’négatif’’ et ‘’toujours en train de critiquer’’. Le fait est que nous vivons à une époque où les raisons de se réjouir ne sont pas nombreuses (p.71)

L’histoire est écrite par les vainqueurs. En dernière analyse, notre unique titre à la victoire est que, si nous gagnons la guerre, nous proférerons moins de mensonges que nos adversaires. Ce qu’il y a de véritablement effrayant dans le totalitarisme, ce n’est pas qu’il commette des atrocités mais qu’il s’attaque au concept de vérité objective : il prétend contrôler le passé aussi bien que l’avenir (p.81)

La faiblesse de la gauche, c’est qu’elle traite l’antisémitisme d’un point de vue rationaliste. (…) On ne se débarrasse pas d’une croyance en démontrant qu’elle est irrationnelle (p.85-86)

Donc, comme on ne peut pas donner à tout le monde certains produits de luxe (des voitures puissantes, par exemple, des manteaux de fourrures, des yachts, des maisons de campagne et que sais-je encore), il est préférable que personne n’en possède. Le riche perd autant par sa richesse que le pauvre par sa pauvreté (p.95)

On pourrait dire par exemple que ce qu’il y a de plus important dans la théorie de Marx est contenu dans l’adage : ‘’là où est ton trésor, là aussi est ton cœur’’. Mais avant que Marx ne le développe, quel pouvoir avait cet adage ? Qui y a jamais prêté attention ? Qui en avait déduit  -ce qu’il implique pourtant indubitablement-  que les lois, la religion et les codes moraux constituent une superstructure édifiée sur la base des relations de propriété existantes ? C’est le Christ, selon l’Evangile, qui a prononcé ces paroles, mais c’est Marx qui leur a donné vie. Et depuis qu’il l’a fait, les motivations des hommes politiques, des prêtres, des juges, des moralistes et des millionnaires inspirent la plus profonde suspicion  -et c’est bien pourquoi ils le détestent tant (p.100)

… quand on a le ventre creux, le seul problème c’est qu’on a le ventre creux. C’est seulement quand nous serons débarrassés de la corvée et de l’exploitation que nous commencerons vraiment à nous interroger sur la destinée de l’homme et sur le sens de son existence (p.105)

Certes, si la caste militaire allemande n’a pas été détruite, c’est évidemment en raison d’une stratégie délibérée des dirigeants alliés, terrifiés à l’idée d’une révolution en Allemagne (p.124)

La croyance en l’au-delà n’influence pas notre conduite comme elle le ferait obligatoirement si elle était authentique. Avec la perspective de cette existence sans fin par-delà la mort, combien nos vies nous paraîtraient insignifiantes ! La plupart des chrétiens nous affirment qu’ils croient à l’enfer. Mais avez-vous jamais rencontré un chrétien qui paraisse aussi effrayé par l’enfer que par le cancer ? Même les chrétiens les plus dévots plaisanteront sur l’enfer, alors qu’ils ne plaisanteraient pas sur les lépreux ou sur les visages brûlés des pilotes de la Royal Air Force : le sujet est trop douloureux (p.136)

Tout journaliste de la presse quotidienne vous le dira : l’un des secrets les plus importants de son métier, c’est l’astuce qui consiste à faire croire qu’il y a de l’information quand il n’y en a pas (p.139)

Cette illusion consiste à croire que, sous une dictature, on peut être libre intérieurement. Nombre de gens se consolent avec cette idée maintenant que le totalitarisme, sous une forme ou sous une autre, est visiblement en plein essor dans toutes les parties du monde. Dans la rue, les haut-parleurs vocifèrent, les drapeaux flottent sur les toits, les policiers avec leurs mitraillettes patrouillent en tout sens, et le visage du Chef, en un mètre cinquante de large, vous foudroie du regard depuis tous les panneaux d’affichage ; mais là-haut, dans les greniers, les ennemis secrets du régime peuvent consigner leurs pensées en toute liberté ; c’est à peu près l’idée. (…) Mais la pire des erreurs, c’est de s’imaginer que l’être humain est un individu autonome (p.144-145)

Supprimez la liberté d’expression et les capacités créatrices se tarissent (p.145)

La guerre est barbare par nature ; il vaut mieux le reconnaître. Si nous nous regardons comme les sauvages que nous sommes, certains progrès sont possibles ou, du moins envisageables (p.161)

La plupart des êtres humains ont le sentiment qu’une chose devient différente quand on lui attribue un nom différent (p.169)

Le catholique, du moins l’apologiste du catholicisme, se sent tenu d’affirmer la supériorité des pays catholiques et du Moyen-Age sur le monde contemporain, exactement comme un communiste se sent tenu de soutenir l’URSS en toute circonstance (p.185)

Ces nouvelles, et d’autres du même genre, doivent leur qualité à la forte attirance pour la brutalité qui était dans la nature de London. C’est aussi ce qui lui a permis cette compréhension subjective du fascisme qui manque d’ordinaire aux socialistes et qui fait, par certains côtés, du Talon de fer un livre véritablement prophétique (p.192)

L’une des choses les plus extraordinaires avec l’Angleterre, c’est qu’il n’existe pratiquement pas de censure officielle et que, pourtant, rien de ce qui pourrait réellement nuire à la classe dirigeante n’y est jamais publié, du moins dans les journaux à grand tirage. Si ‘’cela ne se fait pas’’ de parler de tel ou tel sujet, eh bien, on n’en parle pas, tout simplement. (…) Pas de pots-de-vin, pas de menaces, pas de sanctions : juste un hochement de tête, un clin d’œil, et le tour est joué. (…) Aujourd’hui, ce type de censure voilée touche aussi les livres. (…) Bien qu’il n’y ait pas d’interdictions expresses ni d’instructions claires sur ce qui doit ou ne doit pas être publié, on ne passe jamais outre la ligne officielle. Les chiens de cirque sautent quand le dresseur fait claquer son fouet, mais le chien vraiment bien dressé est celui qui exécute son saut périlleux sans avoir besoin du fouet (p.195-197)

Mais ces deux dernières années, la publicité commerciale, avec toute sa bêtise et tout son snobisme, a fait un retour en force (p.201)

Après tout, si la nature humaine est immuable, comment se fait-il que non seulement nous ne pratiquons plus le cannibalisme, mais surtout que nous n’en avons même pas envie ? (p.207)

La grande majorité des gens qui vont au cinéma sont pauvres ; il est donc de bonne politique de faire du pauvre un héros. Les grands producteurs de films, les magnats de la presse et leurs semblables amassent une grande partie de leur richesse en faisant valoir que la richesse, c’est le mal. La formule ‘’le gentil pauvre bat le méchant riche’’ n’est qu’une version plus subtile du pays de cocagne.  C’est une sublimation de la lutte des classes (p.210)

… il y a extrêmement peu d’esclaves dont on sache quelque chose. Pour ma part, il n’y a que trois esclaves dont je connaisse le nom : Spartacus lui-même ; Esope, le fabuliste, dont on dit qu’il était esclave ; et Epictète, le philosophe, qui était l’un de ces esclaves instruits dont les ploutocrates romains aimaient la compagnie. Tous les autres n’ont même pas de nom. On ne connaît pas  -ou tout au moins, je ne connais pas quant à moi-  le nom d’un seul de ces millions d’êtres humains qui bâtirent les pyramides. Spartacus est de loin, je pense, l’esclave le plus célèbre qu’il y ait jamais eu. Durant cinq mille ans, ou plus, la civilisation a reposé sur l’esclavage. Pourtant, quand le nom d’un seul esclave traverse les siècles, c’est parce qu’il a désobéi à l’injonction ‘’Ne résiste pas aux méchants’’, et qu’il a organisé une révolte violente. Il y a là, je pense, une morale pour les pacifistes (p.211)

La guerre ne nuit pas à l’édification de la civilisation par la destruction qu’elle engendre (…), ni même par le massacre d’êtres humains, mais par la haine et la malhonnêteté qu’elle suscite. En tirant sur votre ennemi, vous ne lui faites pas de mal au sens le plus profond du terme. Mais en le haïssant, en inventant sur lui des mensonges que vous faites croire à vos enfants, en réclamant à grands cris des conditions de paix injustes qui rendront de nouvelles guerres inévitables, vous frappez non une génération destinée à périr mais l’humanité elle-même (p.214-215)

Quiconque est informé d’un cas avéré de discrimination raciale doit systématiquement le dénoncer (p.220)

Le parti tory était autrefois considéré comme ‘’le parti stupide’’. Mais parmi les promoteurs de ce groupe on trouve quelques bons cerveaux et, lorsque les tories deviennent intelligents, il vaut mieux faire attention à sa montre et compter sa monnaie (p.283)

… les prestidigitateurs ne se convertissent jamais au spiritisme (p.288)

Quoi qu’on dise, les choses évoluent (p.291)

Personne ne cherche la vérité, tout le monde avance des ‘’arguments’’ sans se préoccuper du tout d’impartialité ou d’exactitude, et les faits les plus manifestement évidents peuvent être ignorés par ceux qui ne veulent pas les voir. Les mêmes trucs de propagande se retrouvent presque partout (p.295)

Toutefois, je crois qu’on pourrait démontrer, en se fondant sur l’histoire des vingt dernières années, que les méthodes totalitaires de controverse -falsification de l’histoire, calomnies personnelles, refus d’écouter équitablement les adversaires, et ainsi de suite- sont dans l’ensemble allées à l’encontre des intérêts de la gauche. Le mensonge est un boomerang, et il revient parfois à une vitesse surprenante (p.314)

Je suis tout à fait en faveur de la liberté en Europe, mais je me sens plus heureux quand elle est conjuguée avec la liberté partout ailleurs -en Inde par exemple (p.320)

Pour l’instant, l’avion est tout d’abord un instrument qui sert à lâcher des bombes et la radio est tout d’abord un instrument pour attiser le nationalisme (p.329)

Lorsqu’on examine ce qui s’est passé depuis 1930, il n’est pas facile de croire à la survie de la civilisation. Je ne suggère pas, à partir de ce constat, que la seule solution est de renoncer à la politique quotidienne, de se retirer dans un lieu éloigné et de se concentrer soit sur son salut personnel, soit sur la création de communautés autonomes en prévision du jour où les bombes atomiques auront fait leur travail. Je pense qu’il faut poursuivre la lutte politique, exactement comme un médecin doit tenter de sauver la vie d’un patient, même s’il a de grandes chances de mourir (p.358-359)

La nationalisation est une mesure à long terme qui, dans la plupart des cas, ne produit pas d’amélioration mais prépare simplement le terrain pour une amélioration (p.369)

… Andréï Jdanov (…) en sait à peu près autant sur la littérature que moi sur l’aérodynamisme (p.386)

Le roman de Zamiatine, Nous autres, sur lequel j’ai écrit un article pour Tribune il y a un an ou deux, va être réédité dans ce pays. Il s’agit d’une nouvelle traduction du russe. Repérez bien ce livre (p.400)

Il semble que nationaliser la presse serait du ‘’fascisme’’ alors que la ‘’liberté de la presse’’ consiste à permettre à quelques millionnaires de contraindre plusieurs centaines de journalistes à falsifier leurs opinions (p.445)

 

 

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22 février 2020

26 mai, les jours d'après (XXV)

 

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Allo, Raoul, allo quoi !

 

A propos d'un entretien "haut en couleur" accordé par le  porte-parole du PTB-PVdA à Sud Presse :

1°) Le ‘’gros problème en Belgique’’, ce ne sont pas les réformes de l’Etat et le ‘’bordel’’ qui en découlerait (même s’il y a beaucoup à dire concernant le long chantier institutionnel en cours) ! Le principal ‘’problème’’ est que la Belgique est un pays capitaliste, solidement ancré dans une Union européenne du capital et de la finance, un pays gouverné par des partis qui placent leur action dans un cadre (néo-)libéral et qui sont respectueux des traités et diktats européens !

2°) L’absence d’un arbitre comme ‘’en Allemagne avec les länder’’… Il y aurait donc ‘’une autorité fédérale qui manque chez nous’’ ? Cette ‘’autorité’’, chez nos voisins, est celle du très à droite gouvernement… Merkel ; et si ce modèle existait en Belgique, cette autorité aurait été, lors de la précédente législature, celle de la coalition N-VA-MR ! Pas sûr que cela aurait été bénéfique pour qui que ce soit !

3°) Il n’existe pas un ‘’peuple belge’’ mais deux peuples -flamand et wallon- qui coexistent dans un même cadre étatique ! Pourquoi ce déni ? Et pourquoi nier des diversités, qui sont une caractéristique positive du monde, au profit d’une conception uniformisante ?

4°) ‘’80 % des Flamands ne veulent pas de la scission du pays’’, mais près de 50 % votent pour la N-VA et le VB (et ici il ne s'agit pas d'un ''sondage''...) ! Et les autres partis de droite, le CD&V et l’Open Vld, ne sont pas spécialement des partis nostalgiques de la ‘’Belgique de papa’’ ! Tout le monde se souvient encore d’Alexandre De Croo ‘’débranchant la prise’’ sur la question de BHV, qui entraînera ensuite la séquence des 541 jours de négociations pour la formation d’un gouvernement !

5°) ‘’La scission des partis a créé la division du pays, pas le contraire’’. Totalement inexact ! La ‘’question nationale’’ (et la naissance du ‘’mouvement flamand’’ qui a mené un combat légitime, notamment sur la ‘’question linguistique’’) est aussi vieille que la Belgique ! Les tensions ‘’communautaires’’ et trajectoires politiques divergentes entre le Nord et le Sud précèdent l’éclatement des partis et en sont d’ailleurs largement la cause. La ‘’question royale’’, les événements liés à la ‘’grève du siècle (60-61)’’, les conflits concernant l'instauration d'une ''frontière linguistique'' ou le ''Wallen Buiten'' de Leuven -pour ne pas remonter au-delà de la seconde guerre mondiale- ont éclaté alors que les trois grandes familles politiques (socialistes, libéraux, sociaux chrétiens) étaient structurées dans des partis ‘’unitaires’’ !

 

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6°) Se plaindre parce que le PTB n’est pas invité par le roi, clé de voûte d’une dynastie archaïque et parfaitement antidémocratique (qui, soit dit en passant, coûte bien plus aux citoyen(ne)s que les ‘’salaires des ministres’’ !), est pour le moins curieux. Le PTB ferait mieux de faire entendre sa voix pour dénoncer avec force le caractère illégitime de la monarchie et affirmer une perspective républicaine ! Il ne suffit pas de se réclamer de Julien Lahaut…

7°) Une "diminution du nombre de ministres" ne résoudrait rien, car ces ministres (moins nombreux) seraient membres des mêmes partis qui impulsent les mêmes politiques austéritaires et qui escamotent la gravité de la ‘’crise du réchauffement climatique’’. Les mesures antisociales des 5 dernières années (et toutes celles qui ont précédé !) ont été prises par un seul gouvernement -le gouvernement fédéral- avec des ministres disposant des attributions nécessaires. Il n’y a pas eu besoin de ‘’concertation’’ avec les entités fédérées (et d’accord avec leurs ‘’nombreux ministres’’ !) pour décréter un saut d’index, retarder l’âge légal de la retraite à 67 ans, augmenter le taux de TVA de l’électricité de 6 à 21 % ou bloquer les augmentations salariales ! Dès lors, essayer de faire croire à la population qu’il s’agit d’une question clé qui pourrait résoudre ses difficultés relève du registre démagogique !

8°) Il n’existe pas ‘’deux démocraties en Belgique’’ ? Il existe, à tout le moins, deux configurations politiques très différentes : le centre de gravité se situe très à droite en Flandre et plus à gauche en Wallonie ! Les résultats des élections qui se succèdent depuis des décennies sont irréfutables à cet égard ! Aujourd’hui, au Parlement flamand, droite et extrême-droite représentent les quatre groupes les plus importants de l’hémicycle et rassemblent 93 députés sur 124 ! Alors qu’en Wallonie PS, ECOLO et PTB sont majoritaires (45 sièges sur 75 !). Tous les discours ‘’généralistes’’ sur ‘’les Flamands qui veulent la même chose que les Francophones’’ ne peuvent occulter cette réalité ! Plutôt que de se cacher derrière un ‘’belgicanisme’’ obstiné, le PTB devrait prendre en compte l’intérêt stratégique de concrétiser le ‘’droit démocratique des peuples à l’autodétermination’’. Une Wallonie autonome constituerait un ‘’maillon’’ plus faible (du point de vue du capital), car il y existe un meilleur rapport de forces pour la mise en oeuvre de politiques progressistes et pour avancer dans un processus de rupture avec le capitalisme ! Même si évidemment cela ne sera pas simple, comme toute l’histoire des luttes anticapitalistes le démontre…

Il est, par conséquent, dommage que le PTB s'abandonne à de telles prises de positions hasardeuses (?), alors qu’il mène tant de justes combats, notamment concernant les questions socio-économiques ou sociétales, sur lesquelles ses parlementaires font vraiment un bon boulot.

 

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Mais sans doute pense-t-il que ce positionnement rencontre une aspiration populaire existante et ne peut donc que renforcer sa ‘’popularité’’ et ses futurs résultats électoraux (d’où l’appel à de nouvelles élections !) ?

A court terme, il a probablement raison. A court terme…

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20 février 2020

Orwell, 1903-1950 (IV)

 

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ORWELL

DANS

LE

TEXTE (3)

 

 

 

 

[George Orwell, Dans la dèche à Paris et à Londres, 10/18, Paris, 2010]

 

J’habitais à l’enseigne de l’hôtel des Trois Moineaux : imaginez une sorte de taupinière sombre et délabrée, abritant, sur cinq étages, quarante chambres délimitées par des cloisons de bois (p.8)

Le sujet de ce livre, c’est la misère, et c’est dans ce quartier lépreux que j’en ai pour la première fois fais l’expérience  -d’abord comme une leçon de choses dispensée par des individus menant des vies plus impossibles les unes que les autres, puis comme trame vécue de ma propre existence (p.13)

Je devais à présent subsister avec six francs par jour -entreprise en soi assez ardue pour ne guère laisser le temps de penser à autre chose. C’est à ce moment-là que je commençai à comprendre ce que signifie vraiment la pauvreté. Car six francs par jour, si ce n’est pas à proprement parler la misère, ce n’en est pas loin. Avec six francs par jour, on peut encore subsister à Paris, à condition de savoir s’y prendre. Mais l’affaire n’est pas de tout repos (p.23)

Pourtant, j’étais loin d’être aussi malheureux que je l’aurais cru. Car, lorsque vous vous trouvez dans la misère, vous faites une découverte qui éclipse presque toutes les autres. Vous avez découvert l’ennui, les petites complications mesquines, les affres de la faim, mais vous avez en même temps fait une découverte capitale : savoir que la misère a la vertu de rejeter le futur dans le néant (p.28)

Nous vécûmes plusieurs jours au régime de pain sec, puis je passai deux jour et demi sans manger. Ce n’est pas drôle. Il y a des gens qui font des cures de jeûne de trois semaines et plus, et qui vous assurent qu’à partir du quatrième jour la sensation est positivement délicieuse. Je n’en sais rien, n’étant jamais allé au-delà du troisième jour. Il faut croire que l’on voit la chose différemment quand on se plie de propos délibéré à cette discipline après avoir largement mangé à sa faim avant (p.51)

La faim réduit un être à un état où il n’a plus de cerveau, plus de colonne vertébrale. L’impression de sortir d’une grippe carabinée, de s’être mué en méduse flasque, avec de l’eau tiède qui circule dans les veines au lieu de sang. L’inertie, l’inertie absolue, voilà le principal souvenir que je garde de la faim (p.52)

A cinq heures moins le quart nous reprenions le chemin de l’hôtel. Comme il n’y avait pas de clients à servir avant six heures et demie, nous en profitions pour faire l’argenterie, nettoyer les cafetières et autres ustensiles. Ensuite, c’était le grand branle-bas du dîner. Il me faudrait la plume d’un Zola pour donner une idée de ce qu’était ce moment. En gros, toute l’affaire se résumait comme suit : cent à deux cents personnes réclamaient, chacune en même temps, cinq à six plats différents que devaient leur préparer et servir cinquante à soixante autres personnes. Quiconque a tant soit peut l’expérience de la restauration comprendra ce que cela représente (p.87)

Faire la vaisselle est un travail parfaitement odieux -pas vraiment pénible, certes, mais assommant et stupide au-delà de toute expression. On frémit à l’idée que des êtres humains puissent passer des dizaines d’années de leur vie à ne rien faire d’autre. La femme que je remplaçais avait bien la soixantaine et elle restait rivée à son bac à vaisselle treize heures par jour, six jours par semaine, toute l’année durant. Et en plus, elle servait de souffre-douleur aux garçons (p.93)

Le vol était partout, et malheur à celui qui laissait traîner de l’argent dans la poche de son veston ; il pouvait d’avance en faire son deuil (p.98)

Voilà quelle était la vie d’un plongeur, une vie qui, tout compte fait, ne me paraissait pas alors si mauvaise. Je ne me sentais même pas pauvre, étant donné qu’après avoir payé ma chambre et mis de côté l’argent du tabac, du métro et des repas du dimanche, il me restait quatre francs par jour à dépenser en boisson  -et quatre francs, c’était pour moi la fortune (p.123)

… rien ne peut être plus simple que la vie d’un plongeur. Il vit au rythme des heures de travail et des heures de sommeil. Il n’a pas le temps de penser : pour lui, le monde extérieur pourrait aussi bien ne pas exister (p.123)

Le travail de l’hôtel m’enseigna la véritable valeur du sommeil, de même que la faim m’avait enseigné la véritable valeur de la nourriture. Le sommeil avait cessé d’être un simple besoin physique : c’était une volupté, une débauche allant infiniment au-delà du repos nécessaire (p.124)

Il faut, je crois, commencer par souligner que le plongeur est un des esclaves du monde moderne. Loin de moi l’idée de faire verser des larmes sur son sort, car il vit matériellement beaucoup mieux que bien des travailleurs manuels. Mais pour ce qui est de la liberté, il n’en a pas plus qu’un esclave qu’on peut vendre et acheter. Le travail qu’il effectue est servile et sans art. On ne le paie que juste ce qu’il faut pour le maintenir en vie. Ses seuls congés, il les connaît lorsqu’on le flanque à la porte (p.158)

Et on continue à lui imposer ce travail parce que règne confusément chez les riches le sentiment que, s’il avait quelques moments à lui, cet esclave pourrait se révéler dangereux. Et les gens instruits, qui devraient prendre son parti, laissent faire sans broncher parce qu’ils ne connaissent rien de cet homme, et par conséquent en ont peur. Je cite ici le plongeur parce que c’est un cas que j’ai pu examiner de près. Mais on pourrait en dire autant pour une infinité de travailleurs de tous métiers (p.165)

L’Angleterre est un pays fort agréable, à condition de ne pas être pauvre (p.173)

Habillé en clochard, il est très difficile, tout au moins au début, de ne pas éprouver le sentiment d’une déchéance. C’est le même genre de honte, irrationnelle mais très réelle, qui vous prend, je suppose, quand vous passez votre première nuit en prison (p.177)

J’eus, grâce à Bozo, un certain nombre d’aperçus sur la manière dont la mendicité s’organise à Londres. Ce n’est pas aussi simple qu’on pourrait le croire. Il y a un certain nombre de subdivisions entre catégories, et, socialement parlant, une délimitation franche entre ceux qui se bornent à tendre la main et ceux qui essaient de donner quelque chose en échange de l’argent. Les gains réalisés par ce moyen sont eux aussi très variables (p.231)

Il est regrettable que quelqu’un capable de véritablement traiter le sujet ne s’attache pas à tenir un jour le répertoire de l’argot et des jurons londoniens, en enregistrant précisément les changements qui se produisent. Cela aiderait à comprendre comment et pourquoi un mot naît, vit et meurt (p.244)

L’homme, à qui l’on fait la charité, nourrit, quasi invariablement, une haine féroce à l’égard de son bienfaiteur  -c’est une constante de la nature humaine (p.252)

Je tiens toutefois à souligner deux ou trois choses que m’a définitivement enseignées mon expérience de la pauvreté. Jamais plus je ne considérerai tous les chemineaux comme des vauriens et des poivrons, jamais plus je ne m’attendrai à ce qu’un mendiant me témoigne sa gratitude lorsque je lui aurai glissé une pièce, jamais plus je ne m’étonnerai que les chômeurs manquent d’énergie. Jamais plus je ne verserai la moindre obole à L’Armée du Salut, ni ne mettrai mes habits en gage, ni ne refuserai un prospectus qu’on me tend, ni ne m’attablerai en salivant par avance dans un grand restaurant. Ceci pour commencer (p.290)

 

 

 

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18 février 2020

26 mai, les jours d'après (XXIV)

 

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Il faudrait clarifier la situation concernant le Vlaams Belang (VB), qui pourrait, si l’on en croit d’aucuns, être ‘’le grand vainqueur de prochaines élections’’ à cause de ceci ou de cela, de celui-ci ou de celui-là...

Rappelons aux distraits que le VB a déjà gagné les élections, le 26 mai !

Or le gouvernement sortant était un gouvernement très ‘’flamand’’ (3 des 4 partis, dont la N-VA !), avec une Wallonie sous-représentée (un seul parti, le MR !), et sans le PS ou les écologistes ou le PTB ou que sais-je encore !

Bref, venir dire aujourd'hui que le VB pourrait rafler la mise grâce à Magnette, ou encore parce que les partis flamands de la prochaine coalition pourraient être minoritaires en Flandre, ou en l'absence d'accord sur le confédéralisme ou... ou..., est donc de l'approximation pure et simple ! Le VB n'a pas eu besoin de tout cela pour gagner 15 sièges au Parlement fédéral lors du dernier scrutin !

Comment cela a-t-il été possible ? Il n'y a pas d'explication unilatérale concernant le renforcement du VB, mais on peut pointer différents facteurs : ce parti progresse et continuera à progresser parce que les partis traditionnels lassent de plus en plus ! Mais aussi parce qu'il est un parti nationaliste très identitaire, parce qu'il est un parti raciste/xénophobe (qui instrumentalise la question des migrations), et parce qu'il est un parti sécuritaire. Or, ces différents éléments ‘’parlent’’ (hélas) à des fractions importantes de l'électorat du nord du pays, et pratiquer la politique de l'autruche ne changera pas cette réalité ! De plus, le VB a été suffisamment habile pour glisser quelques revendications ‘’sociales’’ dans son programme, afin de brouiller son image de parti d'extrême-droite ultra-libéral. Enfin, il a renouvelé ses porte-parole pour laisser la place à des figures plus jeunes et plus attractives, qui ont su utiliser comme des ‘’pro’’ le net pour ratisser large !

Ce n’est donc pas en se lamentant sur la séquence politicienne actuelle, ce n'est pas en se livrant à des petits jeux et calculs mesquins ou en essayant de mettre en place des ‘’plans com’’ imaginatifs, que l'on arrêtera l'ascension du VB !

Pour le mettre en difficulté, rien de doit lui être concédé (non, il ne ‘’pose pas de bonnes questions en y apportant de mauvaises réponses’’ !).  Et il est indispensable de développer une politique réellement alternative qui rencontre les besoins du plus grand nombre et qui apporte des solutions de rechange aux enjeux et aux défis qui inquiètent les citoyen(ne)s !

 

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Devant le blocage actuel, certaines voix se font entendre pour que l’on forme un ‘’gouvernement provisoire’’ qui établirait un ‘’budget d’urgence’’.

C’est bien joli mais la question fondamentale -et systématiquement escamotée !- demeure : pour quelle politique et, dans le cas présent, pour quel budget ?

Un budget avec de nouvelles ‘’économies’’ dans les soins de santé et un saut d'index ?  Ou un budget qui, par exemple, mettrait enfin à contribution les fortunes et établirait une imposition décente pour les grandes entreprises ?

Bref, qu’on le veuille ou non, il faudra dégager une majorité parlementaire pour trancher, et par conséquent il faudra également passer par une... ‘’négociation’’ !

In fine, il n'y aura pas de solution durable à la ‘’crise de régime’’ larvée qui caractérise ‘’l'Etat Belgique’’ depuis des décennies sans remettre le dossier ‘’institutionnel’’ sur la table !

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14 février 2020

26 mai, les jours d'après (XXIII)

 

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Apparemment, Paul Magnette préfère de nouvelles élections plutôt que de s’associer avec Bart de Wever…

Ecarter la N-VA, bien évidemment !

Reste que former des "gouvernements de coalition" avec les autres droites est tout aussi périlleux !

Rappelons que le PS a gouverné 27 années consécutives avec les libéraux et/ou les sociaux-chrétiens (peu importe l'étiquette -changeante- qui est la leur !) et rappelons qu'il a surtout accepté durant cette période de mener des politiques libérales !

On se souvient des privatisations d'entreprises publiques, du corsetage des salaires (loi de 1996), du traficotage du système d'indexation ("l'index-santé"), du "plan global" et du "pacte des générations", de mesures contre les chômeurs, des avantages accordés aux multinationales ("intérêts notionnels"), etc.

Et avec le PS au pouvoir, y compris avec un premier ministre "socialiste", pas de mise en oeuvre d'une lutte sérieuse contre la fraude fiscale des puissants, ni aucune politique digne de ce nom contre le "réchauffement climatique" !

Bref, un retour aux urnes, pourquoi pas ?

Mais en souhaitant que les électrices et les électeurs n'oublient rien de ce qui s'est passé ces dernières décennies et votent en toute connaissance de cause !

 

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Georges-Louis Bouchez ne partage pas l’avis du président du PS.  Selon ses dires, tout doit être fait pour éviter un retour aux urnes et garantir la stabilité du pays. Par conséquent, pas question d’exclusives !

Ah ça, tout le monde a pu vérifier que le MR n'avait aucun souci à gouverner avec la N-VA et que GLB est un proche de Francken ! Et tout le monde sait  -il ne s'en est d'ailleurs pas caché !- que ce Rastignac libéral aurait voulu continuer avec la "Suédoise" !

Malheureusement pour lui, et heureusement pour nous, l'électorat en a décidé autrement !

Reste que la volonté du MR est claire : poursuivre la même politique libérale de destruction de la Sécu et des services publics, de blocage des salaires et de cadeaux (entre amis) au patronat, de taxation des plus faibles au profit des plus forts, d'attentisme face à la fraude fiscale et à la fuite des capitaux, d'inertie totale devant le réchauffement climatique !

Dès lors, oui, redonnons la parole au peuple pour... sanctionner plus lourdement ces droites qui veulent toujours nous faire payer la facture de leurs choix anti-sociaux et anti-écologiques !

 

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De son côté, De Wever accuse le PS de pousser à un nouveau scrutin pour affaiblir son parti !

Tiens, tiens...

Bart craint un nouveau verdict de l'électorat ? Il doute de sa stratégie ? A moins d’un sursaut de lucidité :  il comprend que de plus en plus de personnes en ont assez de cette tambouille et veulent surtout un changement de politique !

Il faut dire que le 26 mai a été l'occasion d'une rude piqûre de rappel à cet égard ; la N-VA préfère sans doute ne pas revivre une triste soirée électorale (pour elle) ! 

 

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13 février 2020

France : Une "Assemblée populaire" contre la réforme des retraites

 

Plus de 200 personnalités appellent à « une assemblée populaire » contre la réforme des retraites, le 17 février, alors que commence l’examen du projet à l’Assemblée nationale. Des journées d’action et de grèves sont également prévues le 20 février et le 8 mars. Voici leur appel.

Représentant.es de luttes, responsables associatifs et politiques, personnalités du monde artistique, sportif et intellectuel, nous nous soulevons ensemble contre le projet de retraites du gouvernement. Son système par points, limitant les dépenses de retraites et prenant en compte l’entièreté de la carrière, augmentera les inégalités, retardera l’âge pour bénéficier d’une retraite à taux plein et consacrera l’appauvrissement des retraité.es.

Le projet du gouvernement est fortement critiqué de toutes parts, y compris par le Conseil d’État. Face à lui s’est construite une mobilisation historique par sa force et sa durée. Une majorité de la population aspire à un autre système de retraites, qui soit juste, équitable et qui permette de faire de la retraite un nouvel âge de la vie. Cela serait tout à fait finançable comme de nombreuses études l’ont montré. Face à un gouvernement qui reste sourd aux aspirations populaires et face aux violences policières qui se multiplient, nous nous engageons dans la construction d’un comité national de soutien aux mobilisations et dans des initiatives locales. Certains d’entre nous ont déjà signé plusieurs appels allant dans le même sens.

Nous appelons à participer aux grèves et à leur soutien notamment financier, ainsi qu’aux différentes initiatives de l’intersyndicale. Nous soutenons des mobilisations qui prennent des formes inédites, diverses, ancrées localement et dessinant des convergences qui seront essentielles pour faire face à l’urgence sociale, écologique et démocratique. Les assemblées générales se multiplient dans les lieux de travail et de vie, tout comme les luttes contre la destruction des services publics. Ensemble, elles nourrissent les mobilisations contre le projet de retraites du gouvernement et plus encore, contre la politique d’Emmanuel Macron et son monde, marquée par l’ultralibéralisme et l’autoritarisme.

Nous construirons déjà une assemblée populaire contre la réforme, le 17 février, jour d’ouverture de l’examen du projet à l’Assemblée nationale à proximité de celle-ci. Nous participerons à la nouvelle journée de convergence de grèves et de manifestations le 20 février, ainsi que le 8 mars à la journée de lutte pour les droits des femmes, puisque celles-ci sont parmi les grandes perdantes du projet de retraites. Nous participerons à bien d’autres initiatives, nous en proposerons en accord avec les organisations syndicales et les secteurs en lutte, pour le retrait d’un projet qui participe à la destruction des droits sociaux et pour l’élaboration d’un vrai projet progressiste.

 

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Les premier.es signataires /

Comité national de soutien aux luttes :

 

  1. 1. Paul Alliès (politiste, université de Montpellier)
    2. Eric Alliez (philosophe, Paris 8)
    3. Paul Ariès (politiste, directeur de l’observatoire international de la gratuité)
    4. Antoine Artous (revue Contre Temps)
    5. Ariane Ascaride (actrice)
    6. Éliane Assassi (présidente du groupe CRC au Sénat)
    7. Jean-Christophe Attias (universitaire)
    8. Manon Aubry (eurodéputée LFI)
    9. Marie Auffray-Seguette (sociologue, université de Nantes)
    10. Clémentine Autain (députée LFI)
    11. Lorenzo Barrault-Stella (sociologue, CNRS)
    12. Francine Bavay (ECVF)
    13. Esther Benbassa (sénatrice écologiste de Paris)
    14. Rémi Bénos (géographe, université Champollion Albi / GEODE CNRS)
    15. Ugo Bernalicis (député LFI)
    16. Eric Berr (économiste, université de Bordeaux)
    17. Olivier Besancenot (porte-parole du NPA)
    18. Jacques Bidet (philosophe, Paris Nanterre)
    19. Pascal Binet (professeur de Sciences Économiques et Sociales)
    20. Hervé Bismuth (littérature française, université de Bourgogne)
    21. Marianne Blanchard (sociologue, université Toulouse Le Mirail)
    22. Philippe Blanchet (socio-linguiste, Rennes 2)
    23. Pascal Boissel (psychiatre)
    24. Etienne Boisserie (historien, INALCO)
    25. Manuel Bompard (eurodéputé LFI)
    26. Camille Bondon (artiste)
    27. Laurent Bonelli (sociologue, Paris Nanterre)
    28. Sylvain Bordiec (sociologue, université de Bordeaux)
    29. Nicole Borvo Cohen-Séat (sénatrice honoraire)
    30. Ariane Bosshard (designer graphique)
    31. Yannick Bosc (historien universitaire)
    32. Taha Bouhafs (journaliste)
    33. Marie Bouazzi (ancienne présidente de Français du monde - ADFE – Tunisie)
    34. Paul Bouffartigue (sociologue, CNRS)
    35. Marie-Pierre Boursier (communiste et écologiste)
    36. Philippe Boursier (professeur de sciences économiques et sociales)
    37. Ian Brossat (adjoint au maire de Paris, porte-parole du PCF)
    38. Marie-George Buffet (députée PCF)
    39. Dominique Cabrera (réalisatrice)
    40. Claude Calame (historien, EHESS)
    41. Alice Canabate (vice-présidente de la Fondation de l’écologie politique)
    42. Luc Carvounas (député PS)
    43. Jacques Casamarta (Ensemble ! Corse, animateur de l’association Per à Pace, pour la Paix) 
    44. Jean-Noël Castorio (historien, université du Havre)
    45. Laurence Cathala (artiste et enseignante)
    46. Manuel Cervera-Marzal (sociologue, EHESS)
    47. Sébastien Chauvin (sociologue, université de Lausanne)
    48. Gérard Chaouat (directeur recherches émérite CNRS)
    49. Bernard Charlot (sciences de l’éducation, Paris 8)
    50. André Chassaigne (président du groupe GDR à l’Assemblée Nationale)
    51. Sergio Coronado (ancien député écologiste)
    52. Robert Crémieux (ancien président du MNCP)
    53. Isabelle Cridlig (photographe, plasticienne)
    54. Hervé Christofol (sciences de l’ingénieur, université d’Angers)
    55. Michèle Cohen-Halimi (professeure de philosophie Paris 8)
    56. Patrice Cohen-Séat (président honoraire d’Espaces-Marx)
    57. Eric Coquerel (député LFI)
    58. Alexis Corbière (député LFI)
    59. Sergio Coronado (ancien député écologiste)
    60. Alain Coulombel (porte-parole d’EELV)
    61. Patrick Coulon (journaliste)
    62. Annick Coupé (secrétaire générale d’Attac)
    63. Pierre Cours-Salies (sociologue, Paris 8)
    64. Thomas Coutrot (économiste, DARES)
    65. Bruno Cousin (sociologue, Sciences Po)
    66. Nathalie Coutinet (économiste, Paris 13)
    67. Alexis Cukier (philosophe, université de Poitiers)
    68. Cécile Cukierman (sénatrice et porte-parole du PCF)
    69. François Cusset (historien, université Paris Nanterre)
    70. Pierre Dardot (philosophe)
    71. Françoise Davisse (auteure réalisatrice)
    72. Laurence De Cock (historienne)
    73. Anne De Haro (juriste, Gauche démocratique et sociale)
    74. Christian Delarue (vice-président Indecosa 35)
    75. Frédéric Delarue (historien, USVQ)
    76. Mathias Delori (sociologue, CNRS)
    77. Christian de Montlibert (sociologue, université de Strasbourg)
    78. Claire Desmitt (sciences de l’éducation, université de Lille)
    79. Pierre Dhareville (député PCF)
    80. Vikash Dhorasoo (footballeur international)
    81. Vincent Dubois (sociologue, université de Strasbourg)
    82. Patrick Dubreuil (médecin généraliste)
    83. Jean-Numa Ducange (historien)
    84. Michel Duffour (ancien Secrétaire d’Etat)
    85. Claire Dujardin (avocate)
    86. Marie-Anne Dujarier (sociologue, université Paris Denis Diderot)
    87. Laurence Ellena (sociologue, université de Poitiers)
    88. Didier Epsztajn (animateur du blog entre les lignes entre les mots)
    89. Jean-Baptiste Eyraud (militant du DAL)
    90. Guillaume Faburel (professeur d’urbanisme, Lyon 2)
    91. Patrick Farbiaz (co-fondateur de PEPS)
    92. Didier Fassin (sociologue)
    93. Eric Fassin (sociologue, université Paris 8)
    94. Elsa Faucillon (députée PCF)
    95. Anaïs Feuillette (documentariste)
    96. Caroline Fiat (députée LFI)
    97. Gérard Filoche (porte-parole de la Gauche démocratique et sociale)
    98. Agnès Fine (anthropologue, EHESS)
    99. Bernard Fischer (employé de sécurité sociale)
    100. Marianne Fischman (professeure de sciences économiques et sociales)
    101. David Flacher (économiste, Paris 13)
    102. Bastien François (président de la Fondation de l’écologie politique)
    103. Bernard Friot (sociologue, Paris Nanterre)
    104. Bruno Gaccio (auteur)
    105. Jean Gadrey (économiste, université de Lille)
    106. Khaled Gaiji (président des Amis de la Terre)
    107. Afriano Garcia (sociologue, EHESS)
    108. Julie Garnier (oratrice LFI)
    109. Isabelle Garo (professeure de philosophe)
    110. Franck Gaudichaud (politiste, Université Toulouse Jean Jaurès)
    111. Florence Gauthier (historienne universitaire)
    112. Frédérick Genevée (responsable de musée)
    113. Susan George (présidente d’honneur d’Atta)
    114. Christakis Georgiou (politiste, université de Genève)
    115. Julie Gervais (politiste, Paris 1 Panthéon-Sorbonne)
    116. François Gèze (éditeur)
    117. Pascale Gillot (philosophe, université de Tours)
    118. Roland Gori (psychanalyste et président de l’Appel des appels)
    119. Camille Gourdeau (anthropologue, université Paris Diderot)
    120. Fabien Granjon (sociologue, Paris 8)
    121. Pierre-François Grond (professeur d’histoire-géographie)
    122. Ozgur Gun (économiste, université de Reims)
    123. Ingrid Hayes (historienne)
    124. Jean-Marie Harribey (économiste, université de Bordeaux)
    125. Anaïs Henneguelle (économiste, Rennes 2)
    126. Thomas Hippler (historien, université de Caen)
    127. Etienne Hubert (historien, EHESS)
    128. Michel Husson (économiste)
    129. Anne Isla, Economiste (Université de Toulouse)
    130. Pierre Jacquemain (Regards)
    131. Sophie Jallais (économiste, Paris 1)
    132. Chantal Jaquet (philosophe, Paris 1 Panthéon Sorbonne)
    133. Arthur Jatteau (économiste, université de Lille)
    134. Gisèle Jean (professeure de sciences économiques et sociales)
    135. Vanessa Jérome (politiste, CESSP)
    136. Samy Johsua (sciences de l’éducation, université Aix Marseille)
    137. Anne Jollet (historienne, coordinatricce de la rédaction des Cahiers de l’histoire)
    138. Sébastien Jumel (député PCF)
    139. Pierre-André Juven (sociologue, CNRS)
    140. Sam Karmann (acteur)
    141. Razmig Keucheyan (sociologue, université de Bordeaux)
    142. Pierre Khalfa (économiste, Fondation Copernic)
    143. Pierre Labat (artiste)
    144. Jean-Paul Labro (artiste et vidéaste)
    145. Bastien Lachaud (député LFI)
    146. Thomas Lacoste (cinéaste)
    147. Jean Lafont (militant écologiste, PEPS)
    148. Rose-Marie Lagrave (sociologue, EHESS)
    149. Véronique Lamy (porte-parole du PCOF)
    150. Dany Lang (économiste, Paris 13)
    151. Mathilde Larrère (historienne)
    152. Michel Larive (député LFI)
    153. Marie-Amélie Lauzanne (sociologue, CESSP)
    154. Christian Laval (sociologue)
    155. Christian Lazzeri (philosophe, Paris Nanterre)
    156. Yvan Le bolloc’h (acteur et musicien)
    157. Frédéric Lebaron (sociologue, ENS Paris Saclay)
    158. Catherine Leclercq (sociologue, université de Poitiers)
    159. Olivier Lecour Grandmaison (historien, université Paris Saclay)
    160. Rémi Lefebvre (politiste, université de Lille)
    161. Patrick Lehingue (politiste, université de Picardie)
    162. Sandrine Lévêque (politiste, université Lyon 2)
    163. Patrick Le Moal (inspecteur du travail retraité)
    164. Amélie Le Renard (sociologue CNRS)
    165. Jacques Lerichomme (ancien Conseiller Régional PACA)
    166. Jean Lesne (microbiologiste, Ecole des Hautes Etudes de Santé Publique)
    167. Elise Lowy (animatrice de la revue Ecorev)
    168. Michaël Löwy (sociologue, CNRS)
    169. Corinne Luxembourg (géographe, ENSA Paris-La Villette)
    170. Christian Mahieu (revue Les Utopiques)
    171. Pascal Maillard, (universitaire)
    172. Catherine Malabou (philosophe, ENS Fontenay)
    173. Jean-Pierre Martin (psychiatre)
    174. Christiane Marty (ingénieure, Fondation Copernic)
    175. Gustave Massiah (économiste altermondialiste)
    176. Frédérique Matonti (politiste, Paris 1 Panthéon Sorbonne)
    177. Gérard Mauger (sociologue, CNRS)
    178. Odile Maurin (activiste / handicap)
    179. Caroline Mecary (avocate)
    180. Jean-Luc Mélenchon (président du groupe LFI à l’Assemblée Nationale)
    181. Denis Merklen (sociologue, Sorbonne Nouvelle-Paris 3)
    182. Daniel Mermet (journaliste)
    183. Olivier Michel (professeur d’informatique, université Paris Est)
    184. Catherine Mills (économiste, Paris 1)
    185. Benoit Monange (directeur de la Fondation de l’écologie politique)
    186. Claire Monod (coordinatrice nationale de Génération.s)
    187. Warren Montag (professeur d’anglais et de littérature comparée, Occidental College Los Angeles)
    188. Cynthia Montier (artiste et autrice)
    189. Bénédicte Monville (conseillère régionale écologiste)
    190. Robi Morder (professeur honoraire en philosophie)
    191. Gérard Mordillat (écrivain)
    192. Arnaud Muyssen (médecin addictologue, CHU de Lille)
    193. Philippe Nabonnand (directeur des archives Henri-Poincaré)
    194. Olivier Neveux (professeur d’études théâtrales, ENS Lyon)
    195. Danièle Obono (députée LFI)
    196. Marc Ollivier (astrophysicien, CNRS)
    197. Elise Palomares (socio-anthropologue, université de Rouen)
    198. Mathilde Panot (députée, vice-présidente du groupe LFI à l’Assemblée Nationale)
    199. Xavier Papaïs (philosophe)
    200. Willy Pelletier (coordinateur général de la Fondation Copernic)
    201. Anne-Sophie Pelletier (eurodéputée LFI)
    202. Jean-François Pellissier (porte-parole d’Ensemble !)
    203. Irène Pereira (philosophe, IRESMO)
    204. Evelyne Perrin (présidente de Stop Précarité)
    205. Ana Perrin-Heredia (sociologue, CNRS)
    206. Christian Pierrel (porte-parole PCOF)
    207. Ernest Pignon Ernest (artiste plasticien)
    208. Roland Pfefferkorn (sociologue, université de Strasbourg)
    209. Dominique Plihon (économiste, Paris 13)
    210. Edmond Préteceille (sociologue, Science Po)
    211. Michel Pinçon (sociologue, CNRS)
    212. Monique Pinçon-Charlot (sociologue, CNRS)
    213. Sophie Pochic (sociologue, CNRS)
    214. Christopher Pollmann (professeur de droit public, université de Lorraine)
    215. Jocelyne Porcher (sociologue, INRA)
    216. Raphael Porteilla (politiste, université de Bourgogne)
    217. Paul Poulain (Emancipation Collective)
    218. Marie-Pierre Pouly (sociologue, université de Limoges)
    219. Christine Poupin (porte-parole du NPA)
    220. Philippe Poutou (porte-parole du NPA)
    221. Raphaël Pradeau (porte-parole d’Attac)
    222. Loïc Prud’homme (député LFI)
    223. Jean Puyade (professeur d’espagnol-retraité)
    224. Adrien Quatennens (député LFI)
    225. Yves Quintal (directeur d’école)
    226. Guillaume Quintin (secrétaire national du PG)
    227. Luc Quinton (artiste plasticien)
    228. Cécile Rabot (sociologue, université Paris Nanterre)
    229. Thierry Ramadier (psychologue, CNRS)
    230. Jean-Hugues Ratenon (député LFI)
    231. Patrick Rayou (sciences de l’éducation, Paris 8)
    232. Emmanuel Renault (philosophe, Paris Nanterre)
    233. Jacques Rigaudiat (économiste)
    234. Jean-Yves Rochex (psychologue, Paris 8)
    235. Fabien Roussel (député et secrétaire national du PCF)
    236. Régis Roussillon (professeur de sciences économiques et sociales)
    237. Sabine Rubin (députée LFI)
    238. François Ruffin (député LFI)
    239. Arnaud Saint-Martin (sociologue, CNRS)
    240. Perrine Saint-Martin (designeuse et enseignante)
    241. Catherine Samary (économiste, Paris Dauphine)
    242. Eros Sana (directeur de publication à Bastamag)
    243. Patricia Sander (géographe, université de Strasbourg)
    244. Gisèle Sapiro (sociologue, EHESS)
    245. Georges Sarda (professeur d’espagnol-retraité)
    246. Christina Semblano (conseillère municipale Gentilly)
    247. Patrick Silberstein (médecin, éditeur)
    248. Patrick Simon (démographe, INED)
    249. Maud Simonet (sociologue CNRS)
    250. Danielle Simonnet (conseillère de Paris)
    251. Francis Sitel (revue Contre Temps)
    252. Eric Soriano (sociologue, université de Montpellier)
    253. Marc Soriano (philosophe)
    254. Alfred Spira (épidémiologiste, académie de médecine)
    255. Alessandro Stella (historien, EHESS)
    256. Philippe Tancelin (philosophe, Paris 8)
    257. Bénédicte Taurine (députée LFI)
    258. Jacques Testart (biologiste)
    259. Julien Théry (historien, Lyon 2)
    260. Martin Thibault (sociologue, université de Limoges)
    261. Bruno Tinel (économiste, Paris 1 Panthéon Sorbonne)
    262. Christian Topalov (sociologue, EHESS)
    263. Josette Trat (sociologue, Paris 8)
    264. Aurélie Trouvé (porte-parole d’Attac)
    265. Eric Toussaint (CADTM)
    266. Eric Valentin (philosophe, université de Picardie)
    267. Patrick Vassort (sociologue, université de Caen)
    268. Mélanie Vay (politiste, CESSP)
    269. Maud Vergnol et Sébastien Crépel (co-directrice.eur.s de la rédaction de l’Humanité)
    270. Marie-Pierre Vieu-Martin (éditrice)
    271. Sylvie Vilter (économiste, université de Versailles Saint-Quentin)
    272. Christophe Voilliot (politiste, Paris Nanterre)
    273. Louis Weber (éditeur)
    274. Karel Yon, (sociologue, CNRS/Université Paris Nanterre)
    275. Michèle Zémor (vice-présidente agglomération Plaine Commune)
    276. Elisabeth Zucker (sociologue, EHESS)

 

06 février 2020

26 mai, les jours d'après (XXII)

 

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La Libre Belgique rapporte que le déficit budgétaire va approcher les 2,4 % du PIB en 2020, soit 12 milliards €, ce qui représente 3,3 milliards € de plus qu’en 2019 !

Ainsi, des décennies de politiques austéritaires  -justifiées par la nécessité "d'assainir les finances publiques"-  ont pour seul résultat une situation financière qui ne s'améliore jamais !

Pour rappel, il y a peu, ces 12 milliards € de déficit budgétaire avaient été annoncés à l'horizon 2024. Boum badaboum, ce sera donc déjà pour... cette année !

En cause, notamment : les cadeaux fiscaux récurrents accordés aux grandes entreprises, le mécanisme des "intérêts notionnels", l'absence de résultats dans la lutte contre la fraude fiscale et la fuite des capitaux (des dizaines de milliards € chaque année !), une fiscalité qui épargne les grosses fortunes, des dépenses superflues en matière militaire, etc.

Il est donc temps de changer de politique et il est dès lors temps de parler du fond programmatique, plutôt que de spéculer à longueur de journée sur les formules qui permettraient la formation d'un gouvernement fédéral !

Pas d'illusions, cependant : il est très probable que la prochaine coalition prenne à nouveau des mesures d'austérité qui accroîtront encore les inégalités et la pauvreté. Et elle ne se donnera pas les moyens de lutter réellement contre le "réchauffement climatique" !

Les mouvements sociaux et le mouvement syndical sont prévenus. Il n'y a par conséquent aucune raison de relâcher la pression, au contraire !

 

#####

 

Informateur, Paul Magnette avait abandonné quelques revendications fortes exprimées par son parti, comme le retour de l'âge légal de la retraite à 65 ans ! Aujourd'hui, en réclamant (justement) un audit sur le Tax-shift de la coalition sortante, le président du PS durcit le ton et montre démonstrativement ses muscles. Pas de doute, nous sommes entrés en campagne électorale. Mais naturellement tout le monde fait semblant de chercher une formule pour sortir de cette crise, car personne ne veut porter le chapeau de cet embrouillamini !

En attendant, on continue d’esquiver les questions de fond :

1°) Quelle politique économique, sociale, environnementale dans les prochaines années ? Néo-libéralisme, stop ou encore ?

2°) Dans quel cadre politico-institutionnel mettre en oeuvre ces politiques et dans quel cadre politico-institutionnel pourrait-on concrétiser une alternative ? Bref, quelle réponse donner aux "problèmes communautaires" selon une terminologie journalistique euphémisante ? Revenir à une "Belgique de papa", c'est-à-dire à un "unitarisme" classique ? Maintenir le statu quo actuel ? Approfondir le long processus de "fédéralisation" engagé depuis 1/2 siècle ? Ou opter enfin pour une solution "radicale" (qui prend les problèmes à la racine) et s'orienter vers la séparation Flandre/Wallonie ?

Ce qui est certain, dans la configuration présente : la "gauche wallonne", la "gauche syndicale", les "progressistes" -qui disposent ici et maintenant d'un bien meilleur rapport de forces- ont les mains liées dans le cadre d'un Etat belge (même "fédéralisé") dominé par une Flandre où la droite et l'extrême-droite sont largement majoritaires ! Ils se voient donc privés d'une possibilité de déployer une orientation politique différente de celle mise en oeuvre depuis des décennies dans le contexte de "l'Etat Belgique" !

André Renard avait, en son temps, posé l'équation du "fédéralisme et des réformes de structure". Il est temps d'aller plus loin, beaucoup plus loin...

 

 

 

 

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26 mai, les jours d'après (XXI)

 

coccinelle-mondes-gotlib-musee-judaisme-exposition.jpg

 

 

L’organisation Youth for Climate programme ce vendredi 7 février une nouvelle grève, avec pour thème cette fois-ci la protection des océans. Rendez-vous est fixé à 13h30 devant la gare centrale de Bruxelles.

Réaction du ministre flamand de l’Education, Ben Weyts (N-VA) : il ne souhaite plus que les écoliers flamands descendent à l’avenir dans les rues pour réclamer plus d’actions du politique contre le réchauffement climatique et les conséquences de la crise écologique !

 ‘’Brosser des cours pour le climat, c’est brosser et l’on ne peut fermer les yeux là-dessus’’, a commenté le ministre nationaliste dans une réponse à une question parlementaire écrite du député de son parti, Koen Daniëls (on n'est jamais si bien servi que par les siens !).

‘’En tant que ministre de l’Education, je veux décourager les écoliers de s’absenter de l’école de manière non-autorisée’’, a insisté le sieur Weyts.  ‘’On ne peut pas d’un côté déplorer la baisse de qualité de l’enseignement et ensuite encourager la pratique de l’école buissonnière. Il doit être clair que les mêmes règles s’appliquent à tous en toutes circonstances, et indépendamment de tout motif politique ou autre’’

Décidément, la différence entre la N-VA et le VB devient aussi mince que du papier à cigarettes. Voici donc venu le temps des croisades contre... les mobilisations d'une jeunesse attentive au drame qui se joue !

Ensuite, n'en doutons pas, ces individus s'en prendront à tous les mouvements sociaux et au mouvement syndical. Ils n'ont d'ailleurs pas attendu pour embrayer la vitesse supérieure à cet égard.

Le but de "l'école" ne doit pas être le formatage des cerveaux ni la construction d'une armée de petits robots destinés à devenir des rouages d'une société productiviste et consumériste. L'école doit favoriser l'ouverture de l'esprit, éveiller le sens critique, former à la citoyenneté active. Et les grèves pour le climat, dans le cadre général du combat des jeunes contre le réchauffement climatique, représentent précisément un "exercice pratique" indispensable.

Rappelons que ce qui est en jeu ici n'a rien d'anodin : il s'agit de l'héritage qui sera imposé aux générations futures. Question vitale dans le sens premier du terme, car avant la fin de ce siècle, c'est la survie même de l'espèce humaine qui se jouera !

 

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GlaxoSmithKline a annoncé, lors d'un conseil d'entreprise extraordinaire, un plan de restructuration qui menace 720 emplois en Belgique. En outre, des centaines de contrats temporaires ne seront pas renouvelés. Au total, près de 1.000 travailleurs risquent d'être concernés !

Ah, ces multinationales !

Elles sont choyées par les gouvernements ; elles font des profits pharamineux ; elles rémunèrent somptueusement les actionnaires ; elles ne paient quasi aucun impôt et... elles restructurent et licencient sans vergogne !

Il y a d'ailleurs gros à parier que ce plan présenté par GSK ne soit pas le dernier, car l'expérience démontre que ces pratiques socialement destructives des entreprises transnationales sont de véritables (et tristes) sagas, avec des "épisodes" qui se succèdent et se répètent dans le temps !

 Une fois de plus, donc, ce sont les salarié(e)s qui sont convié(e)s à payer la note de ces turbulences qui n'ont d'autre but que l'augmentation du taux de profit ! Le capitalisme réellement existant se fiche complètement des êtres humains, qu'il noie dans "les eaux glacées du calcul égoïste" (Marx) !

Mais peut-être le prochain (?) gouvernement fédéral prendra-t-il l’initiative de proposer une loi interdisant les licenciements dans les entreprises qui réalisent des bénéfices ?

Le PTB, lui, a décidé de ne pas attendre : il réintroduira une proposition de loi en ce sens à la Chambre !

Qui la soutiendra ?

Wait and see...

 

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