06 juin 2020
Déconfinement des confinés, épisode 20

∇
Le tête-à-tête amical de Robert Verteneuil avec George-Louis Bouchez pourrait coûter au premier son mandat, selon certains échos.
Nous en saurons plus lundi, paraît-il.
Wait and see…
Il est toutefois clair que ce n'est pas en pactisant avec le MR que la FGTB fera avancer ses revendications !
Un parti qui, par ailleurs, n'a jamais caché son hostilité antisyndicale et qui, avec la "Suédoise", s'est attaqué au droit de grève en imposant un système de "service minimum", notamment à la SNCB !
De plus, le Sieur Bouchez fait partie de ces libéraux qui réclament que l'on impose la "personnalité juridique" aux organisations syndicales, afin de pouvoir les sanctionner financièrement en cas d’actions combatives et ainsi les museler un peu plus !
Le "dérapage" de Verteneuil est donc inacceptable même s'il n'est sans doute pas le seul membre de l'appareil ouvert à des compromissions douteuses.
Mais en réalité, ce qui est en cause, et ce qui doit être prioritairement "éjecté", c'est la ligne de la "concertation sociale" pratiquée depuis des décennies, et qui a désarmé les syndicalistes face à l'offensive austéritaire ininterrompue menée par les différents gouvernements gagnés à la croisade néo-libérale !
Et il est douteux qu’un simple changement de casting modifie vraiment cette donne stratégique…

Réouverture des frontières : le ministre des affaires étrangères regrette l’inexistence d’une coordination européenne efficace et se plaint d’une "forme de concurrence touristique" entre pays !
Philippe Goffin, membre du MR, semble ainsi découvrir la réalité du capitalisme, qui s’appuie précisément sur la concurrence et la compétition dans la course aux profits contre des rivaux toujours trop nombreux !
Bienvenue dans le "monde du marché libre"…

Le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, Antonio Guterres, a demandé ce vendredi à la communauté internationale de changer de cap et de prendre la nature en compte dans ses décisions, afin de "forger un avenir vert" après la pandémie du nouveau Coronavirus.
Bien.
Mais pour atteindre ce but, il faut sortir de l'économie capitaliste de l’extraction fossile qui n'a qu'un seul mobile : l'accumulation maximale de profits ! Et par conséquent, il va falloir affronter les multinationales qui prospèrent grâce à l'exploitation des êtres humains et grâce au pillage des ressources de la terre. Et il faudra également affronter tous les gouvernants qui sont à leur service !
Ce n'est pas gagné !
Une déclaration de l'ONU, de bonnes résolutions ou des pétitions ne suffiront pas pour changer les rapports de force qui sont indispensables à un véritable "changement de cap".
Il faudra surtout de puissantes mobilisations sociales et citoyennes au niveau mondial...
∇

_____
"Nous vivons le temps de la lenteur révolutionnaire"
(Dyonis MASCOLO)

12:02 Publié dans Infos - Communiqués, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |
Facebook | |
04 juin 2020
Déconfinement des confinés, épisode 19
Robert Verteneuil et George-Louis Bouchez appellent ensemble à négocier
"un nouveau pacte social" !
Mais que va faire Verteneuil dans cette aventure ? Et qu'en pensent les instances et surtout les militantes et les militants de la FGTB ?
Evidemment, la surprise n'est pas totale. Le président de la FGTB est aussi membre du PS, et le 1er mai il s'est affiché spectaculairement avec Paul Magnette et Jean-Pascal Labille, ancien ministre représentant maintenant Solidaris !
Et Il n'aura échappé à personne, même les distraits, que le PS entretient une longue tradition de collaboration avec la droite libérale et gouverne aujourd'hui avec le MR à la Région wallonne et à la Fédération Wallonie-Bruxelles ! Mais de là à envisager un "pacte social" avec Bouchez !
Après la vague du Coronavirus, nous allons subir la vague de la crise sociale dans un contexte de conflagration économique et financière. Le patronat est déjà à l'offensive et exige de nouvelles baisses d'impôts en sa faveur, des sacrifices salariaux supplémentaires et une flexibilité accrue ! Les partis de la défunte "Suédoise", dirigée par Charles Michel, ont largement démontré leur toxicité, qui a notamment coûté très cher aux services publics, à la Sécu et au secteur des soins de santé qui ont dû affronter la tourmente du Covid-19 dans de très mauvaises conditions !
Dès lors, qu'espère "négocier" le dirigeant syndical "socialiste", le poids des chaînes ?
Toute la stratégie de la "concertation" a été un échec au cours des dernières décennies, qui ont vu déferler sans retenue sur la population un tsunami de mesures austéritaires !
Il est urgent de changer de cap et de prendre appui sur les mobilisations sociales pour imposer une alternative qui réponde réellement aux enjeux politiques, économiques, sociaux et environnementaux de notre époque !
Ce n’est pas en se mettant à table avec le vibrion montois que les syndicats obtiendront un véritable refinancement de la Sécu… Ni le retour de l’âge légal de la retraite à 65 ans, ni la pension minimale à 1.500 €/net, ni le salaire minimum à 14 € net/heure, ni une revalorisation des allocations sociales, ni une réduction généralisée du temps de travail, ni un impôt sur la fortune, ni la justice fiscale, ni la suppression des avantages fiscaux aux entreprises, ni un réel refinancement des services publics, ni la fin de la traque des victimes du chômage et la suppression du statut inique de "cohabitant" !
_____
"C’est une guerre déclarée entre les Patriciens et les Plébéiens, entre les pays nantis et les pays exploités, entre les riches et les pauvres. Le but de la révolution étant de ramener au but de la société dont on s’est écarté : le bonheur commun"
(Gracchus BABEUF)

11:55 Publié dans Blog, Infos - Communiqués, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |
Facebook | |
01 mai 2020
Ier MAI

"C'est dans le regard sur le passé, pas dans le regard vers l'avenir que la lutte pour la libération puise ses forces"
(Herbert Marcuse)

"La limitation du temps de travail, plus précisément la journée de huit heures et le principe des trois huit -huit heures de travail, huit heures de loisir, huit heures de sommeil- sont à l'origine de la démonstration du Ier Mai sous sa forme nationale d'abord, puis sous sa forme internationale."
(Maurice Dommanget)

"Que le 1er Mai de cette année soit pour nous la fête de l'insurrection populaire"
(Lénine, avril 1905)

09:20 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |
Facebook | |
25 avril 2020
Un "déconfinement" productiviste et consumériste !
Le ‘’conseil national de sécurité’’ regroupant les présidents des différents Exécutifs du royaume a donc décidé de franchir le Rubicon du ‘’déconfinement’’. Certes d’une foulée hésitante, selon un calendrier de reprise(s) échelonné et en n’excluant pas un retour au point de départ en cas de catastrophe sanitaire aggravée !
Mais pourquoi cette accélération du tempo et pourquoi l’abandon d’un principe de précaution élémentaire, alors que la situation n’a pas véritablement évolué depuis les premières mesures adoptées le 12 mars ? Car nous sommes toujours au cœur de la propagation du Covid-19 et nous venons de dépasser le cap des 6.500 décès ! Car dans les hôpitaux la situation reste difficile pour les soignants et les soignés ! Car dans les ‘’maisons de repos/de soins’’ la catastrophe demeure le quotidien des pensionnaires et du personnel qui les encadre ! Car le gouvernement est toujours incapable de garantir un nombre de tests de dépistage suffisant ! Car il y a pénurie persistante de masques et par conséquent impossibilité d’en fournir à toute la population !
Il ne faut pas chercher midi à quatorze heures : les décideurs changent de cap parce que la pression des milieux patronaux et du secteur des commerces est de plus en plus grande. Tout le monde doit retourner au turbin pour relancer la machine à profits et tout le monde doit reprendre le chemin des temples de la consommation pour relancer la vente de marchandises loin d’être toujours indispensables !
Et pour favoriser ce retour à la ‘’normale’’ productiviste et consumériste, il est nécessaire d’ouvrir à nouveau les portes des établissements scolaires, afin que les enfants/jeunes ne constituent pas un obstacle au retour généralisé des parents salariés dans les entreprises !
Tout le ‘’reste’’ -la possibilité de renouer le contact physique avec ses proches, la culture, les sports collectifs, les voyages ou les festivals d’été, et même un "déconfinement" de l’Horeca !- est repoussé à plus tard, parfois même à beaucoup plus tard, et sans garantie aucune !
Ce scénario, qui minimise les avis des ‘’experts’’ pourtant choisis par la coalition fédérale et qui privilégie la rentabilité économique, est aussi une indication pour le ‘’monde de l’après’’ que préparent les actuels gouvernants : il s’agira du même monde, voire même d’un monde plus repoussant encore ! Car la crise économique, financière et sociale -qui prolongera cette crise sanitaire !- servira d’alibi aux possédants et à leurs servants politiques pour intensifier les politiques ‘’austéritaires’’ et ‘’climaticides’’ mises en œuvre depuis des décennies, déjà !
Il n’y a et il n’y aura donc rien à attendre de ce gouvernement des droites ultra-minoritaire (38 sièges sur 150 à la Chambre !), ni demain des partis qui le soutiennent et qui lui ont accordé, sans le moindre état d’âme, des ‘’pouvoirs spéciaux’’ pour concrétiser une gestion très ‘’libérale’’ des conséquences de la pandémie du Coronavirus !

03:16 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |
Facebook | |
23 avril 2020
Après la pandémie du Coronavirus ?

Il y a un an, la campagne électorale entrait dans sa phase officielle. Les partis s’agitaient pour présenter leurs programmes et énumérer leurs promesses dans l’espoir de séduire d’importantes fractions de l’électorat.
Un bon mois plus tard, le dimanche 26 mai 2019, tombait le verdict des urnes.
Succès du PTB-PvDA, d’Ecolo-Groen et du Vlaams Belang ; recul généralisé des partis traditionnels ; lourde sanction des différents Exécutifs, et
particulièrement de la coalition fédérale en crise depuis décembre 2018 : moins 22 sièges pour les quatre partis qui formèrent la ‘’Suédoise’’ durant plus de quatre ans !
L’éclatement du paysage politique, l'asymétrie de la représentation entre la Flandre et la Wallonie, le nouveau krach des ‘’grandes familles politiques historiques’’ annonçaient de difficiles négociations pour la formation d’un nouveau gouvernement fédéral.
Et, en effet, si la constitution de gouvernements communautaires et régionaux fut relativement rapide, le blocage était -et demeure !- total au sommet de la pyramide institutionnelle !
Au-delà de l’arithmétique parlementaire, l’obstacle majeur est le type de programme à mettre en oeuvre par une future ‘’majorité’’ : poursuivre dans la voie néo-libérale austéritaire et climaticide -priorité absolue de la N-VA et des partis libéraux !- ou infléchir cette orientation, comme le souhaitent le PS et Ecolo qui veulent pouvoir ‘’vendre’’ quelques ‘’avancées’’ à leurs bases respectives…
A ‘’gauche’’, des revendications portées de longue date par le mouvement syndical, les mouvements sociaux et le PTB, mais également, si l’on accorde du crédit aux programmes électoraux, par les ‘’socialistes’’ et les ‘’verts’’, avaient émergé : un retour de l’âge légal de la retraite à 65 ans, une taxation des fortunes, la pension à 1500 € net, une augmentation du salaire minimum à 14 € de l’heure, une diminution du taux de la TVA sur l’électricité, un refinancement de la Sécu et des services publics, la suppression du statut de ‘’cohabitant’’ pour lutter contre l’exclusion et la pauvreté. Et puis tout un volet concernant la lutte contre le ‘’réchauffement climatique’’, avec des mesures comme la relance des transports collectifs et leur ‘’gratuité’’…
Bref, un ensemble de propositions inacceptables pour les droites, N-VA et MR en tête, même si celles-ci ne sont pourtant pas véritablement ‘’révolutionnaires’’.
Nous en étions donc, depuis des mois, dans les échanges d’exclusives, les petites phrases assassines répercutées dans la presse et les marchandages en coulisses, lorsque la pandémie du Coronavirus est venue bousculer ce laborieux processus de formation d’une coalition fédérale… ‘’de législature’’ !
Le gouvernement minoritaire (depuis plus de 500 jours !) a profité de ce momentum pour demander -et obtenir !- des ‘’pouvoirs spéciaux’’ et la ‘’confiance’’ de tous les groupes parlementaires, à l’exception des élus du PTB-PvDA et du VB !

L’inertie des responsables politiques face à la crise naissante du Covid-19, l’incapacité à mettre rapidement en œuvre une ‘’campagne de dépistage’’ à grande échelle, la pénurie de matériel pour les personnels soignants et les hôpitaux (masques, tenues de protection, respirateurs…) victimes des ‘’coupes budgétaires’’ à répétition des dernières années, ont imposé aux gouvernants l’option du ’’confinement’’, à l’instar d’autres pays européens.
Avec de nombreuses conséquences pour les citoyens mais aussi pour ‘’l’activité économique’’, qui a subi tantôt un coup d’arrêt tantôt un sérieux ralentissement, provoquant ainsi une ‘’crise économique et financière’’ de grande ampleur !
Une confrontation de classe est désormais inéluctable !
Les droites vont s’appuyer sur cette prochaine ‘’récession’’ pour exiger des sacrifices supplémentaires à la population. Non seulement, elles ne voudront plus entendre parler des revendications populaires légitimes avancées avant la pandémie, mais elles voudront imposer un tour de vis antisocial supplémentaire : diminutions de salaires, remise en question du système d’indexation, nouvelles économies dans le secteur du chômage, augmentation de la fiscalité ‘’indirecte’’, etc.
Même la Sécu et le secteur des soins de santé, qui ont pourtant démontré
toute leur importance ‘’vitale’’, ne seront pas à l’abri d’une cure d’austérité renouvelée !
Quant à l’indispensable lutte contre le ‘’réchauffement climatique’’ et la ‘’crise écologique’’, elle pourrait passer directement à la trappe des priorités de la ‘’production marchande’’ et de l’urgence à garantir une reprise de ‘’l’accumulation des profits’’ après ce séisme sanitaire !
Et il ne faut pas se raconter d’histoires, la ‘’gauche de gouvernement’’ (PS et Ecolo) se résignera à ce scénario et se contentera d’essayer de ‘’limiter les dégâts’’ pour les ‘’plus faibles’’ !
Dans ce conflit imminent, ce seront les rapports de force qui seront décisifs pour faire pencher la balance dans le sens de la ‘’justice sociale et climatique’’, ou dans le sens d’une ‘’injustice sociale et climatique’’ consolidée !

C’est dire si le mouvement syndical, les mouvements sociaux, les mouvements écologistes n’auront guère le temps de tergiverser pour éviter de terribles chocs rétrogrades pour le plus grand nombre et pour la planète !
Ce n’est pas à celles et à ceux ‘’d’en bas’’ de continuer à payer la facture des errements et des soubresauts du capitalisme, ni à subir toujours plus les ‘’dommages collatéraux’’ de la destruction des écosystèmes !
Des alternatives existent et l’argent pour les financer aussi !
Des centaines de milliards € fuient chaque année dans des ‘’paradis fiscaux’’. Des centaines de milliards € sont consacrés à des productions et des dépenses inutiles et nocives : matériel de guerre, publicité, centrales nucléaires, grosses bagnoles… Sans oublier le ‘’grand déménagement du monde’’ permanent et sa lourde ‘’empreinte écologique’’, qui contribuent à dévaster la planète et à alourdir ainsi le coût financier du désastre en cours…
Le moment d’une bifurcation majeure est venu : soit la continuité du capitalisme forcément productiviste et prédateur, soit un changement de cap radical passant par une transformation décisive du mode de production, de consommation et d’échange actuel !
A l’évidence, puissants et possédants ne resteront pas passifs devant cet
enjeu. Ils peuvent s’appuyer sur leur ‘’appareil d’Etat’’ pour conserver leurs privilèges et ils disposent d’importants instruments coercitifs pour réprimer toute contestation !
Mais les exploités/opprimés disposent de l’atout du nombre qui leur assure potentiellement une force imposante, pour autant qu’ils se mettent en mouvement et en action de manière ‘’auto-organisée’’ !
Aujourd’hui, plus que jamais, le défi est de contribuer solidairement à ‘’construire un peuple révolutionnaire’’ qui bouleversera le vieil ordre des choses…

Chacun pour soi ou tous ensemble ! Despotisme de l’égoïsme néo-libéral ou association libre des producteurs ! Capitalisme ou collectivisme éco-socialiste !
16:23 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |
Facebook | |
18 avril 2020
Neutralité ?
"L'Etat capitaliste a toujours pour mission de rassembler en haut et disperser en bas"
Nicos POULANTZAS

10:39 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |
Facebook | |
27 mars 2020
La pathologie capitaliste
Pandémie du Covid-19.
Des millions de contaminés et des dizaines de milliers de morts, sans doute beaucoup plus prochainement !
Un virus qui n’a pas été pris au sérieux dès sa propagation et qui est aujourd’hui actif sur l’ensemble de la planète.
L'impréparation des Etats. Des secteurs publics et hospitaliers qui manquent de moyens, lourdement pénalisés par des politiques austéritaires et ‘’d’assainissement des finances publiques’’ généralisées, sacralisées par l’Union Européenne et ailleurs dans le monde au nom du respect d’une même bible ‘’(néo-)libérale’’ !
Avec aujourd’hui des conséquences terriblement concrètes, dramatiques : une pénurie de lits d’hôpitaux, une pénurie d’installations de soins intensifs, une pénurie de respirateurs, une pénurie de masques, une pénurie de réactifs et un nombre largement insuffisant de tests !
Et un personnel des soins de santé sous-payé, déconsidéré et en nombre insuffisant. Un personnel qui paie l’addition d’années de discrédit, de mépris, de coupes budgétaires sévères et de ‘’rationalisations structurelles’’ à répétition. Un personnel au bord de l’épuisement qui, néanmoins, affronte courageusement l’épreuve.
Dans ces conditions, le bilan humain s’alourdira encore dans les prochaines semaines.
Bien sûr, la faute des responsables politiques -chefs d’Etats et gouvernements- est lourde. Ils ont ‘’merdé’’ ! Il faut le dire et il faut le répéter. Et il est exclu d’oublier leur comportement, de leur accorder maintenant la moindre confiance, de leur remettre le moindre ‘’chèque en blanc’’…
Mais cela n’épuise pas la question. Car cette caste politique est tout entière dévouée aux intérêts des puissants, d’une oligarchie financière internationale, d’une classe bourgeoise toujours dirigeante ! Il y a longtemps que ces hommes et ces femmes, qui font une carrière ministérielle, ont adhéré aux fins et aux moyens capitalistes. Il y a longtemps qu’ils ont intériorisé la doctrine de la ‘’concurrence libre et non faussée’’. Il y a longtemps qu’ils considèrent les êtres humains comme une ‘’variable d’ajustement’’ du processus d’‘’accumulation du capital’’ !
Pour ce monde ‘’d’en haut’’, seul le profit est aujourd’hui tabou et l’appât de gains illimités réservés à une minorité privilégiée ne saurait être remis fondamentalement en question ! D’ailleurs, les principaux instruments idéologiques et répressifs sont d’ores et déjà mobilisés pour neutraliser toute contestation ! Car les possédants savent que l’un des enseignements de cette crise, qui annonce déjà une dépression économique et financière de grande ampleur, risque d’être l’exigence renforcée d’un changement de société radical !
D’autant que nous sommes entrés dans une autre impasse que d’aucuns essaient d’invisibiliser ou de nier : le désastre écologique, avec l’emblématique ‘’crise du réchauffement climatique’’ !
Au vu de la gestion calamiteuse de l’actuelle pandémie et de l’impéritie de nos gouvernants, on peut anticiper sans peine les cataclysmes qui attendent l’espèce humaine demain, si l’on ne se débarrasse pas de ce ‘’mode de production et d’échange’’ mortifère, si l’on ne met pas un terme aux choix des dominants et aux orientations mises en œuvre dans les différents pays pour les satisfaire…
Le capitalisme n’est pas la solution mais le problème, et pour résoudre un problème il faut s’en débarrasser !
Il n’y a plus de temps à perdre !

12:34 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |
Facebook | |
26 mars 2020
Orwell, 1903-1950 (VI)

ORWELL
DANS
LE
TEXTE (5)
[George Orwell, Ecrits politiques (1928-1949), Agone, Marseille, 2009]
Dans toute compétition, il y a forcément un gagnant et un perdant. (…) Voilà, en deux mots, la source de tout le mal (p.8)
… dans les quartiers riches la police ne tolère généralement aucune mendicité, même déguisée. D’où il résulte que les mendiants de Londres vivent surtout des pauvres (p.27)
… il est facile de prévoir que, tôt ou tard, les Birmans, comme il arrive dans tous les pays surpeuplés, se verront dépossédés de leurs terres, réduits à l’état de semi-esclaves au service du capitalisme et auront, par surcroît, à souffrir du chômage. Ils découvriront alors ce dont ils se doutent à peine à l’heure actuelle, à savoir que tout ce qui constitue la richesse de leur pays -les puits de pétrole, les mines, la mouture du riz, sa vente et son exportation- est entre les mains britanniques (p.45-46)
Pour commencer, cela devrait ouvrir les yeux du monde extérieur à ce qui est déjà évident pour de nombreux observateurs en Espagne : que le gouvernement actuel a davantage de points de ressemblance que de différences avec le fascisme. (Ce qui ne signifie pas qu’il faille abandonner la lutte contre le fascisme bien plus cru de Franco et d’Hitler. J’ai moi-même commencé à comprendre dès le mois de mai la tendance fasciste du gouvernement, mais je désirais retourner au front, et c’est d’ailleurs ce que j’ai fait.) Deuxièmement, l’élimination du POUM annonce l’attaque imminente contre les anarchistes. Ce sont eux les véritables ennemis que craignent les communistes, bien plus que le POUM numériquement insignifiant (p.61)
La guerre civile n’était pas seulement une guerre mais aussi une révolution. (…) Depuis lors, et surtout depuis décembre de l’année dernière, le véritable combat du gouvernement espagnol a été d’écraser la révolution et de tout remettre dans l’état où il était auparavant. Ils ont plus ou moins réussi à le faire et ont maintenant installé un terrible règne de terreur dirigé contre quiconque est soupçonné de réelles sympathies révolutionnaires (p.64)
J’ai eu la chance de pouvoir sortir d’Espagne mais beaucoup de mes amis et connaissances sont toujours en prison et je crains fort que certains d’entre eux risquent d’être abattus, non pour une infraction quelconque mais pour s’être opposé au parti communiste (…) ce que j’ai vu là-bas m’a tellement secoué que j’écris et que j’en parle à tout le monde. Naturellement, je suis en train d’écrire un livre sur ce sujet (p.65)
Entre-temps, il semble presque impossible de faire imprimer quoi que ce soit à ce sujet (p.68)
Lorsque la révolution a éclaté, les travailleurs, dans beaucoup de régions d’Espagne, ont établi les prémices d’un gouvernement du peuple : ils ont saisi des terres et des usines, ont mis en place des comités locaux, etc. Le gouvernement, qui est en grande partie contrôlé par le parti communiste, a réussi à défaire une grande partie de tout ça, d’abord en demandant aux travailleurs de ne pas compromettre la guerre et, plus tard, quand il s’est senti plus fort, par la force (p.71)
Ce qui en ressort -c’est en tout cas ainsi que je le vois- c’est que le fascisme n’a pas de contraire réel excepté le socialisme. On ne peut pas se battre contre le fascisme au nom de la ‘’démocratie’’ parce que ce nous appelons démocratie, dans un pays capitaliste, ne peut exister que tant que les choses vont bien ; dans les moments de difficulté, elle se transforme immédiatement en fascisme. La seule chose qui peut empêcher cela est pour les travailleurs de garder le pouvoir entre leurs propres mains (p.72)
En conséquence, la seule existence du gouvernement de Front populaire suffisait à soulever le problème le plus compliqué de notre époque : comment effectuer des changements fondamentaux par des méthodes démocratiques (p.78)
Le rôle du journaliste est agréablement stimulant : il doit écrire des articles de propagande. Etrangement, il est possible qu’il se trompe. Nous ne savons pas encore à quoi ressemble un bombardement aérien à grande échelle, et la prochaine guerre risque d’être fort désagréable, même pour les journalistes. Mais ces gens-là, qui sont nés dans l’intelligentsia aisée et sentent dans leurs os qu’ils appartiennent à une classe privilégiée, ne sont pas vraiment capables de prévoir ce genre de choses. La guerre a lieu sur le papier et ils sont donc capables de décider que telle ou telle guerre est ‘’nécessaire’’ sans ressentir plus de danger personnel qu’en déplaçant une pièce d’échecs (p.93)
Car le développement le plus sinistre des vingt dernières années a été la propagation du racisme jusque sur le territoire européen lui-même (p.102)
Le véritable problème se joue entre le socialisme démocratique et une forme de société de caste rationalisée. La première solution a plus de chance de réussir si les pays occidentaux, où les idées démocratiques sont profondément gravées dans l’esprit des gens ordinaires, ne sont pas privés de toute influence (p.104)
Une fois la guerre commencée, la neutralité n’existe plus. Toutes les activités sont des activités de guerre. Qu’on le veuille ou non, on est obligé d’aider soit son propre camp soit celui de l’ennemi (p.105)
… une importante découverte psychologique faite par les nazis -ou en tout cas qu’ils ont appliquée : qu’on peut sans danger prêcher des politiques contradictoires aussi longtemps qu’on dit aux gens ce qu’ils ont envie d’entendre (p.113)
Nous ne pouvons pas battre Hitler sans passer par la révolution ni consolider notre révolution sans battre Hitler (p.124-125)
Les Etats totalitaires peuvent faire de grandes choses, mais il y a une chose qu’ils ne peuvent pas faire : ils ne peuvent pas donner un fusil à l’ouvrier d’usine et lui dire de le rapporter chez lui pour le mettre dans sa chambre à coucher. Ce fusil accroché au mur de l’appartement de l’ouvrier ou dans la maison du paysan est le symbole de la démocratie. Notre tâche est de vérifier qu’il est toujours là (p.144)
L’expérience montre que les êtres humains peuvent supporter énormément de choses tant qu’ils ont l’impression d’être traités avec justice (p.155)
Pour le dire crûment, le choix est entre le socialisme et la défaite. Nous devons aller de l’avant, ou périr (p.171)
Ce que l’Angleterre n’a jamais eu, c’est un parti socialiste qui soit sérieux et qui tienne compte des réalités contemporaines. (…) En conséquence, le peu de sentiment révolutionnaire qui existait à gauche s’est dispersé dans différentes impasses, dont la plus importante était le parti communiste. Dès le début, le communisme a été une cause perdue en Europe occidentale, et les partis communistes des divers pays ont rapidement dégénéré pour n’être que des agences publicitaires du régime russe (p.172)
Lorsque le véritable mouvement socialiste anglais apparaîtra (…) il traversera toutes les divisions existantes entre les partis. Il sera à la fois révolutionnaire et démocratique (p.173)
Tous les socialistes, et je dirais même quelle que soit leur tendance, sont persuadés que le destin et donc le véritable bonheur de l’homme se trouve dans une société de communisme pur, c’est-à-dire une société où tous les êtres humains sont plus ou moins égaux, où personne n’a le pouvoir d’opprimer quiconque, où les motifs économiques ont cessé d’agir, où les hommes sont mus par l’amour et la curiosité et non par la cupidité et la terreur. Tel est notre destin et il est impossible d’y échapper ; mais comment l’atteindre, et dans combien de temps ? Cela dépend de nous. Le socialisme -la propriété centralisée des moyens de production, plus la démocratie politique- est l’étape nécessaire menant au communisme, exactement comme le capitalisme était l’étape nécessaire après le féodalisme (p.176-177)
Le capitalisme, lui, ne laisse aucune place aux relations humaines ; la seule loi qu’il connaît est l’accumulation incessante des bénéfices (p.177)
On peut définir le nazisme comme un collectivisme oligarchique (p.181)
Les croyances humaines ne sont pas si crûment dépendantes des circonstances matérielles qu’elles puissent changer d’un jour à l’autre, ou même d’une année à l’autre. Un professeur de science naufragé sur une île déserte sera peut-être réduit à la condition d’un sauvage, mais il ne deviendra pas un sauvage. Il ne se mettra pas à croire, par exemple, que le Soleil tourne autour de la Terre. Lorsque notre révolution sera accomplie, notre structure sociale et économique sera totalement différente, mais nous conserverons un bon nombre de façons de penser et de nous comporter que nous avons acquises à une période antérieure. Les nations n’effacent pas si facilement leur passé (p.183-184)
Et au moment où j’écris, j’ignore ce que nous pouvons faire, politiquement, sinon diffuser aussi largement que possible les trois idées suivantes : 1. le progrès de l’humanité peut être bloqué pendant des siècles si nous ne parvenons pas à éliminer Hitler, ce qui signifie que la Grande-Bretagne doit gagner la guerre ; 2. la guerre ne peut pas être gagnée à moins de faire quelques pas en direction du socialisme ; 3. aucune révolution n’a de chance de réussir en Angleterre si elle ne tient pas compte du passé de l’Angleterre (p.185)
Si aucun homme n’est jamais motivé que par des intérêts de classe, pourquoi chaque homme prétend-il toujours qu’il est motivé par autre chose ? Apparemment parce que les êtres humains ne peuvent agir pleinement que lorsqu’ils pensent qu’ils n’agissent pas pour des raisons économiques. Mais ceci devrait suffire en soi-même à suggérer qu’il faudrait prendre au sérieux les motivations ‘’superstructurelles’’ (p.219)
Soit nous vivons tous dans un monde honnête, soit personne n’y vit (p.222)
En pratique, on ne parvient jamais à la société parfaite, et le terrorisme employé dans ce but n’engendre rien d’autre qu’un besoin de terrorisme sans cesse renouvelé (p.248)
Les révolutions doivent se faire, il ne peut pas y avoir de progrès moral sans changements économiques drastiques, et pourtant le révolutionnaire s’active pour rien s’il perd contact avec la décence ordinaire humaine. D’une façon ou d’une autre, il nous faut résoudre le dilemme de la fin et des moyens (p.253)
Un socialiste n’est pas obligé de croire que la société humaine peut réellement devenir parfaite, mais la très grande majorité des socialistes croit vraiment qu’elle pourrait être bien meilleure qu’elle ne l’est à présent, et que la plupart des maux dont les hommes sont responsables proviennent des effets pervers de l’injustice et de l’inégalité. Le fondement du socialisme est l’humanisme. (…) Il ne fait aucun doute que la pensée orthodoxe socialiste, qu’elle soit réformiste ou révolutionnaire, a perdu une partie des qualités messianiques qu’elle possédait il y a trente ans (p.255)
En ce moment, l’utopisme a du mal à se transformer en un mouvement politique bien défini. Partout, les masses cherchent la sécurité plus qu’elles ne veulent l’égalité, et elles n’ont pas compris l’importance, pour elles, de la liberté de parole et de la presse (p.257)
(…) nous pouvons être certains que, d’ici peu, trois pays, peut être davantage, posséderont le moyen de se réduire mutuellement en poussière. Pas plus de quelques centaines de ces bombes, lancées sur les grandes villes et sur les grandes régions industrielles, suffiraient à nous faire revenir à des conditions de sauvagerie primitive (p.278)
Seuls parmi les grands pays du monde, les Etats-Unis n’ont pas souffert trop gravement de la guerre -en fait, ils sont devenus bien plus puissants à cause d’elle (p.287)
Le monde sera divisé en trois camps et, finalement, en deux camps, car la Grande-Bretagne, qui n’est pas assez puissante pour rester seule, finira par s’intégrer au système américain (p.288)
L’époque où le monde pouvait consister en un patchwork de petits Etats réellement indépendants est terminée (p.289)
La majorité des gens ne sait pas ce que le socialisme veut dire, bien que l’opinion publique soit prête à des mesures essentiellement socialistes telles que la nationalisation des mines, des chemins de fer, des services publics et de la terre. Toutefois, il est peu probable qu’il existe un désir très répandu d’une égalité sociale complète. (…) Le parti travailliste, dans l’esprit de l’homme ordinaire, ne signifie pas républicanisme, et encore moins le drapeau rouge, les barricades et le règne de la terreur : il signifie le plein-emploi, la distribution gratuite de lait dans les écoles, trente shillings par semaine pour les retraités et, en général, la justice pour les travailleurs (p.297)
La spécificité remarquable de la presse britannique dans son ensemble est son extrême concentration ; il y a relativement peu de journaux et ils appartiennent pour la plupart à un tout petit cercle de personnes (p.329)
Votre question sur la Ferme des animaux. Bien sûr j’ai conçu ce livre en premier lieu comme une satire sur la révolution russe. Mais, dans mon esprit, il avait une application plus large dans la mesure où je voulais montrer que cette sorte de révolution (une révolution violente menée comme une conspiration par des gens qui n’ont pas conscience d’être affamés de pouvoir) ne peut conduire qu’à un changement de maîtres. La morale, selon moi, est que les révolutions n’engendrent une amélioration radicale que si les masses sont vigilantes et savent comment virer leurs chefs dès que ceux-ci ont fait leur boulot. Le tournant du récit, c’est le moment où les cochons gardent pour eux le lait et les pommes (Kronstadt). Si les autres animaux avaient eu alors la bonne idée d’y mettre le holà, tout se serait bien passé. Si les gens croient que je défends le statu quo, c’est, je pense, parce qu’ils sont devenus pessimistes et qu’ils admettent à l’avance que la seule alternative est entre la dictature et le laisser-faire. Dans le cas des trotskistes s’ajoute une complication particulière : ils se sentent responsables de ce qui s’est passé en URSS jusqu’en 1926 environ, et ils doivent faire l’hypothèse qu’une dégénérescence soudaine a eu lieu à partir de cette date (p.347)
Mon roman récent, 1984, n’a pas été conçu comme une attaque contre le socialisme ou contre le parti travailliste britannique (dont je suis un sympathisant) mais comme une dénonciation des perversions auxquelles une économie centralisée peut être sujette et qui ont déjà été partiellement réalisées dans le communisme et le fascisme. Je ne crois pas que le type de société que je décris arrivera nécessairement, mais je crois (compte tenu, bien entendu, du fait que ce livre est une satire) que quelque chose qui y ressemble pourrait arriver. Je crois également que les idées totalitaires ont partout pris racine dans les esprits des intellectuels, et j’ai essayé de pousser ces idées jusqu’à leurs conséquences logiques. L’action du livre se déroule en Grande Bretagne, pour souligner que les peuples de langue anglaise ne sont pas par nature meilleurs que les autres, et que le totalitarisme, s’il n’est pas combattu, pourrait triompher partout (p.358)

22:20 Publié dans Littérature, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |
Facebook | |

































