27 février 2023
Ukraine : mettre fin à l'agression !
Un an après l’agression russe contre l’Ukraine, une fraction du "mouvement de solidarité" peine à dénoncer clairement cette violation territoriale d’un Etat souverain au mépris des règles internationales, se résigne au fait accompli et évite maintenant d’exiger le retrait immédiat de l’armée russe, exclut d’opérer une nette distinction entre occupants et occupés !
Principalement au nom d’un noble but : la paix.
Mais qui n’est pas favorable à la paix et qui n’est pas opposé aux guerres, à part évidemment les marchands de canons et les mercenaires qui vivent des conflits armés ?
Proclamer une position pacifique de principe (consensuelle) est certes louable mais n’épuise pas la question, et ne justifie aucunement le refus de procéder à une "analyse concrète d’une situation concrète".
S’abstenir de condamner sans ambiguïté l’agression de la Russie de Poutine, au motif que les agissements de l’autocrate du Kremlin sont exploités par l’Otan et les Etats-Unis, illustre l’impasse du "campisme" (le monde est divisé en camps et il faut choisir le sien, envers et contre tout) ou d’un "pacifisme abstrait".
Si l’on devait suivre certains "raisonneurs géopolitiques" actuels, on pourrait étrangement revisiter l’histoire des guerres et des conflits. Ainsi, en 1936, en Espagne, il n’eût pas fallu fournir des armes (ce qui d'ailleurs n'a pas vraiment été réalisé, hélas !) ni apporter son appui au peuple espagnol, mais les nations auraient dû s'activer pour organiser une "conférence de paix" avec… le putschiste Franco ! Ainsi, en 1939-1940, devant l'invasion de nombreux pays par l'Allemagne nazie, il n’eût pas fallu organiser la résistance mais essayer de trouver une "solution pacifique" avec… Hitler, afin de ne pas "faire le jeu" des impérialismes britannique ou US !
Ce type de positionnement, politiquement intenable, ignore au passage le droit des peuples à l’autodétermination, et par conséquent le droit de ceux-ci à l’autodéfense face à un ou plusieurs agresseurs !
Pour en revenir au cas présent, il doit exister beaucoup de distraits : rappelons que ce sont les troupes russes qui ont franchi la frontière ukrainienne pour marcher sur Kiev, ce ne sont pas les troupes ukrainiennes qui ont franchi la frontière russe pour marcher sur Moscou !
Et il est incontestable que sans armes le peuple ukrainien ne pourrait tenir tête à l'une des principales puissances militaires du monde et ne pourrait éviter à terme le démembrement du pays !
Par ailleurs, ce serait une vaine illusion de penser que Poutine pourrait soudainement retirer son armée parce qu'on le lui demande aimablement, ou à l'issue d'une hypothétique et gentille "négociation" (sur quoi d'ailleurs ?).
Enfin, dans cette situation mortifère pour eux, pourquoi les Ukrainiens devraient-ils être regardants et sélectionner les pays qui leur procurent un armement indispensable ? Dans certaines circonstances, il faut pouvoir conclure de nécessaires accords de survie ! En 1917-1918, les Bolchéviks de Lénine ont été contraints de ratifier une paix infamante avec l'Allemagne impériale pour gagner un peu de temps et d'espace, et les communistes chinois n'ont pas hésité à pactiser avec les nationalistes de Tchang Kaï-Chek pour lutter contre l'impérialisme japonais ! Et qui reprochera au peuple vietnamien ou au peuple cubain d’avoir pu bénéficier d’un (relatif) soutien du totalitarisme soviétique face à l’ingérence musclée des Etats-Unis ?
Aujourd'hui, l'ennemi principal du peuple ukrainien est l'occupant russe, qui bombarde, tue, massacre, déporte et viole sans aucun complexe. Aujourd’hui, l’urgence est d’arrêter les massacres en exigeant le retour des militaires russes chez eux.
Il serait donc pour le moins indécent de continuer à alimenter la fiction d'une guerre inopinée et de renvoyer dos à dos les "belligérants", de manière "équilibrée" (sic).
Il n’y a(ura) pas de "paix" possible sans un retrait préalable des troupes russes de l’Ukraine !
NB : d’aucuns lèvent les bras au ciel en expliquant qu’un Zélensky ne vaut guère mieux que son homologue russe. Comme s’il s’agissait de soutenir un individu, fut-ce un chef d’État, ou un gouvernement, et non un peuple qui doit survivre sous les bombes ! De la même manière, condamner le régime de l’ancien agent du KGB Vladimir Poutine et son expansionnisme, ne signifie pas combattre le peuple russe. En Russie aussi, il existe une opposition —socialiste notamment— qui revendique la fin de l’invasion et de l’occupation de l’Ukraine. Elle est d'ailleurs la première à subir la politique répressive de la nomenklatura au pouvoir, et elle mérite elle aussi tout notre soutien !
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Quelle solidarité avec le peuple ukrainien ?
La position du "front commun"des organisations syndicales françaises est autrement plus claire et mieux structurée que la position (des dirigeants) de "nos" syndicats...

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16 février 2023
"BOUQUINAGE" - 151
"Il arrive que des auteurs écrivent des livres à foison, mais qu'arrivés à l'âge de la maturité où les idées se sédimentent ils ne fassent que remettre sur le métier le même livre camouflé derrière des variations plus ou moins stériles. Gorz n'a pas été de ceux-là. Profond dans ses investigations, il n'a pas été moins disponible pour continûment réviser ses idées, explorer de nouveaux territoires intellectuels, découvrir de nouveaux candidats à l'insoumission, avec pour immuable objectif de faire jaillir du réel des propositions censées donner libre carrière à l'utopie concrète. Ce à quoi André Gorz a obstinément travaillé, c'est à imaginer “une société non capitaliste et non marchande porteuse de liberté et qui fasse rêver.” [Lettre à Denis Clerc, 19 mai 1983] Le chemin a été long et sinueux."

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14 février 2023
"BOUQUINAGE" - 149
"Avec les catastrophes climatiques qui ne font que commencer et la raréfaction des ressources naturelles, le monde peut, plus vite que l'on ne le croit, basculer dans des guerres sans fin et des régimes fascistes qui y répondront par l'accaparement, au profit de quelques uns, du peu qu'il reste et par la mise au pas de la majorité de la population. L'urgence démocratique est consubstantielle à l'urgence sociale et écologique."

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10 février 2023
"BOUQUINAGE" - 145
"Une étrange folie possède les classes ouvrières des nations où règne la civilisation capitaliste. Cette folie traîne à sa suite des misères individuelles et sociales qui, depuis des siècles, torturent la triste humanité. Cette folie est l'amour du travail, la passion moribonde du travail, poussée jusqu'à l'épuisement des forces vitales de l'individu et de sa progéniture. Au lieu de réagir contre cette aberration mentale, les prêtres, les économistes, les moralistes, ont sacro-sanctifié le travail. Hommes aveugles et bornés, ils ont voulu être plus sages que leur Dieu; hommes faibles et méprisables, ils ont voulu réhabiliter ce que leur Dieu avait maudit. Moi, qui ne professe d'être chrétien, économe et moral, j'en appelle de leur jugement à celui de leur Dieu; des prédications de leur morale religieuse, économique, libre penseuse, aux épouvantables conséquences du travail dans la société capitaliste."

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09 février 2023
"BOUQUINAGE" - 144
"Une fois abolies l'armée permanente et la police, instruments du pouvoir matériel de l'ancien gouvernement, la Commune se donna pour tâche de briser l'outil spirituel de l'oppression, le pouvoir des prêtres ; elle décréta la dissolution et l'expropriation de toutes les Églises dans la mesure où elles constituaient des corps possédants. Les prêtres furent renvoyés à la calme retraite de la vie privée, pour y vivre des aumônes des fidèles, à l'instar de leurs prédécesseurs, les apôtres. La totalité des établissements d'instruction furent ouverts au peuple gratuitement, et en même temps débarrassés de toute ingérence de l’Église et de l’État."

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29 janvier 2023
"BOUQUINAGE" - 133
"Succès d'édition immédiats, la trilogie de J.R.R. Tolkien mais aussi les romans de C.S. Lewis exercent une influence considérable dès leur sortie, notamment sur la génération contestataire des années 1960. La publication du Seigneur des anneaux correspond au moment où la plupart des pays occidentaux assistent, sous les effets conjugués de l'exode rural, de la mécanisation massive de l'agriculture et du remembrement, à la disparition des sociétés paysannes. Advenue en seulement quelques décennies, cette rupture fondamentale avec des structures sociales qui existaient depuis un millénaire crée un sentiment de vide qui pousse à la production d’œuvres célébrant les communautés rurales traditionnelles. Les historiens s'intéressent ainsi à ce “monde que nous avons perdu” pour reprendre le titre de l'ouvrage de Peter Laslett consacré à la paysannerie anglaise paru en 1965. En France et en Belgique, des bandes dessinées comme Les Schtroumpfs (1958) et Astérix (1959), deux œuvres que l'on peut inscrire dans la fantasy, publiées seulement quelques années après Le seigneur des anneaux, répondent également aux angoisses provoquées par l'urbanisation, l'artificialisation et l'industrialisation en mettant en scène des petites sociétés villageoises et magiques vivant au milieu d'une forêt. Celles-ci tentent de survivre face à un monde globalisant ou terrifiant, incarné soit par les humains dans l’œuvre de Peyo, soit par les Romains dans celle de Goscinny et Uderzo. Dans Le domaine des dieux (1971), le village gaulois où vivent Astérix et Obélix, nouveaux Wolfings, est par exemple confronté à un entrepreneur romain qui souhaite remplacer la forêt alentour par un complexe hôtelier et touristique. Ce récit fait écho aux premiers projets de centres commerciaux dans la campagne proche de Paris, comme Parly 2 ouvert en 1969 à côté de Versailles. La ville modèle pensée par l'architecte Anglaigus n'a en fait que pour but de détruire le mode de vie communautaire et solidaire des villageois en les transformant en petits entrepreneurs, vendeurs de souvenirs pour des touristes venus de la Cité éternelle. Au même moment, Le Hobbit puis Le seigneur des anneaux sont traduits et publiés en France, respectivement en 1969 et 1972-1973."

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21 janvier 2023
"BOUQUINAGE" - 125
"Qui dit fortune dit droit de polluer. Les 10 % des plus riches à l'échelle de la planète sont responsables de la moitié des émissions totales de gaz à effet de serre. La symétrie entre richesse et émissions est presque parfaite. Cette “élite de la pollution” pollue 4 fois plus que la moitié la plus pauvre de l'humanité.
L'injustice de cet “apartheid planétaire” est double : les riches polluent et les pauvres subissent. Le pêcheur somalien qui voit son poisson se raréfier et le niveau de la mer monter n'a probablement jamais pris l'avion ; il n'a participé ni au réchauffement dont il a hérité, ni à la surpêche. Pourtant, il en paiera pleinement le prix, et parmi les premiers. Ce sont les populations les plus vulnérables, à commencer par celles des pays les plus pauvres qui boivent l'eau polluée, respirent des fumées toxiques, vivent près des décharges, souffrent des inondations et des canicules, etc. La notion d'Anthropocène masque de profondes inégalités : même si nous sommes tous de la même espèce, nous ne sommes égaux ni en termes de responsabilité ni en dangers encourus face aux catastrophes écologiques d'aujourd'hui et de demain.
Disons-le clairement : l'effondrement écologique n'est pas une crise, c'est un tabassage. Le dérèglement climatique est une “violence lente” et diffuse, une usure qui s'exerce progressivement et hors de vue, aujourd'hui principalement contre les populations les plus paupérisées, mais qui va peu à peu remonter l'échelle sociale. Cette situation n'a rien à voir avec une supposée nature humaine, elle est plutôt le symptôme d'une organisation sociale spécifique, étroitement liée à une certaine vision politique du monde.
(...)
La cause première du déraillement écologique n'est pas l'humanité mais bien le capitalisme, l'hégémonie de l'économique sur tout le reste, et la poursuite effrénée de la croissance.
(...)
L'économiste Serge Latouche reprend dans ses écrits la terminologie de Hannah Arendt et parle de “banalité économique du mal” : un système qui orchestre le massacre du vivant tout en diluant les culpabilités de ceux qui en sont responsables.
(...)
Cette violence est un phénomène émergent, une sorte de désordre spontané que personne n'a directement anticipé et qu'entretiennent jusqu'à l'absurde nos comportements sociaux les plus anodins. Il faut rembourser un prêt, payer une facture, satisfaire les actionnaires, faire du chiffre ; nous sommes otages d'un système qui prédétermine en partie des comportements qui seraient autrement jugés immoraux.
(...)
Le problème n'est pas l'existence de l'économie en soi (toute société a toujours organisé d'une manière ou d'une autre ses activités productives), mais bien les règles que nous lui donnons aujourd'hui ainsi que l'objectif central qui l'anime: la croissance."

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