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14 mars 2026

MARX, 143 ANS PLUS TARD

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Karl Marx s’est éteint il y a 143 ans. Depuis, le monde a poursuivi sa trajectoire tourmentée, avec son lot d’événements inédits et de grands bouleversements. 

Deux guerres mondiales, des révolutions et des contre-révolutions, le fascisme et le stalinisme, la Shoah et le Goulag, Hiroshima et Nagasaki, d’innombrables conflits "locaux" et "régionaux", des conquêtes sociales et sociétales, la remise en cause de ces conquêtes sociales et sociétales, des avancées technologiques et des progrès scientifiques parfois menaçants, l’automobile et l’aviation, le cinéma et la télévision, la course à l’espace et l’irruption massive du numérique, l’art et sa commercialisation, le sport de masse et le sport business, des changements éthiques et leurs répercussions, des crises financières et des pandémies… Et aujourd’hui, la catastrophe écologique qui menace toutes les espèces vivantes de la planète, en ce y compris l’espèce humaine. Et à nouveau des guerres, des génocides, des massacres. Et à nouveau une résurgence des fascismes ! Et toujours l’ombre inquiétante du recours aux armes nucléaires... 

Que peut-il donc rester de Karl Marx, de son action et de son œuvre ? 

D’abord, un engagement révolutionnaire pour transformer la société, au-delà des interprétations de celle-ci. Toute sa vie, Marx a lutté —avec d’autres, à commencer par son ami Engels— pour l’émancipation humaine, une émancipation s’appuyant sur l’émancipation du plus grand nombre, le prolétariat. Marx fut ainsi profondément impliqué dans les combats de son temps : du "libéralisme de gauche" au communisme, de la "Gauche hégélienne" à la Ligue des Communistes, de la "Société universelle des communistes révolutionnaires" à l'Association Internationale des Travailleurs, des Révolutions de 1848 à la Commune de Paris. Marx (et Engels) s'est (se sont) engagé(s) durant plus de 40 ans pour essayer de commencer à changer le monde. Concrètement. Car Marx refusait de "faire bouillir les marmites de l'histoire" et il n'épousait pas la démarche d' "utopistes" s'acharnant à dessiner les contours d'une société future idéale, principalement à partir de leur imagination, même si cette dernière était féconde. 

Ensuite, un immense travail intellectuel pour comprendre et analyser le mode de production dominant de son époque —et de la nôtre !—, le mode de production capitaliste. Un travail de titan qu’il n’a pu mener à son terme, étant sujet à de fréquents problèmes de santé et à des difficultés matérielles régulières. Néanmoins, il nous a laissé son opus magnum, Das Kapital, et d’innombrables écrits, notes et travaux préparatoires ou périphériques. Des contributions qui restent précieuses en 2026 pour notre effort de compréhension du chaos du monde actuel et nos tentatives de bousculer la puissance de la bourgeoise au pouvoir. 

Bien sûr, le capitalisme a évolué au cours des deux derniers siècles, notamment sous la pression des luttes des classes qui ont permis d'arracher d'importantes conquêtes sociales et politiques. Il est dès lors devenu de plus en plus complexe et il a perfectionné ses méthodes pour consolider son hégémonie idéologique/culturelle. Mais pour autant, il n'est pas parvenu à surmonter ses contradictions et ses turbulences, il ne s’est pas débarrassé de ses caractéristiques essentielles : 

• Le capitalisme demeure un système de production marchande généralisée. 

• Le capitalisme demeure un système basé sur la propriété privée des principaux moyens de production et d’échange. Les grandes structures économiques n'appartiennent pas à la collectivité et ne sont pas contrôlées par la majorité. Elles sont toujours concentrées dans les mains d'une minorité de possédants. La "séparation des producteurs d'avec les moyens de production" reste tenace. 

• Le capitalisme demeure un système qui a pour seul véritable "mobile social" l'argent. La course aux profits, la priorité à la rentabilité financière, la rémunération maximale du capital, constituent son dogme intangible. Au prix du maintien de l'étau de l'exploitation, du pillage de la nature, du renouvellement de mécanismes structurels alimentant de gigantesques et multiformes inégalités. 

• Le capitalisme demeure un système obsédé par la compétitivité, où la concurrence reste l'Alpha et l’Oméga de son développement. Ainsi encouragée, la lutte de tous contre tous favorise les comportements égoïstes au détriment de la solidarité et des coopérations entre les êtres humains. 

• Le capitalisme demeure un système où rien n'est jamais acquis définitivement et où toutes les conquêtes historiques peuvent être remises en question à n'importe quel moment, en fonction d'une conjoncture et de rapports de force dégradés. 

C'est dire si les travaux de Marx, ses intuitions et ses indications, représentent encore maintenant un point d'appui et des éléments de réflexion utiles dans la difficile recherche de solutions de rechange au marasme capitaliste. C’est dire si sa méthode d'analyse des rapports sociaux constitue toujours un fil conducteur précieux pour celles et ceux qui veulent "renverser la table". 

L'héritage de Marx, c'est l'héritage d'une pensée critique et révolutionnaire, pleine de vitalité, mobilisée pour rompre avec la domination bourgeoise et transformer radicalement la société, ouvrir un chemin à l'abolition du salariat et à l'émancipation humaine, assurer l’harmonie des êtres humains entre eux et avec la nature. 

Des défis immenses, totalement inaccessibles répètent beaucoup au nom du "réalisme" et du maintien du statu quo.

"Il serait certes fort commode de faire l'histoire universelle si on n'engageait la lutte qu'à condition d'avoir des chances infailliblement favorables", ironisait Marx. Et, évoquant la Commune de Paris, de souligner l’alternative : "accepter le combat, ou succomber sans combat".

L’avenir —imprévisible !— sera ce que nous en ferons, collectivement.

 

 

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21 janvier 2026

LÉNINE 1870-1924

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Décès de Lénine le 21 janvier 1924, il y a 102 ans.
 
 
 
"L'histoire en général, et plus particulièrement l'histoire des révolutions, est toujours plus riche de contenu, plus variée, plus multiforme, plus vivante, "plus ingénieuse" que ne le pensent les meilleurs partis, les avant-gardes les plus conscientes des classes les plus avancées. Et cela se conçoit, puisque les meilleures avant-gardes expriment la conscience, la volonté, la passion, l'imagination de dizaines de milliers d'hommes, tandis que la révolution est — en des moments d'exaltation et de tension particulières de toutes les facultés humaines — l'œuvre de la conscience, de la volonté, de la passion, de l'imagination de dizaines de millions d'hommes aiguillonnés par la plus âpre lutte des classes."
 
 
 

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04 décembre 2025

RELEVER LE DÉFI DES DROITES

De par son attitude et de par ses sorties tonitruantes, Georges-Louis Bouchez suscite une indignation quotidienne sur les réseaux sociaux. D'aucuns considèrent même que ses excès comportementaux relèvent plus de la psychiatrie que d'une démarche rationnelle et que ses "bouffonneries" sont irrecevables pour un homme politique qui se prétend responsable.

C'est une erreur. Bouchez (à l'instar des droites et de leurs porte-parole partout dans le monde aujourd'hui) sait ce qu'il fait et où il va ; il a parfaitement bien compris que nous vivons dans une société conflictuelle, et que le premier de ces conflits dans le capitalisme demeure la lutte des classes. Lui, il assume cette réalité et il va au combat (en premier lieu idéologique), sans complexe.

Et la "gauche" ? Ben, la gauche, en tout cas la gauche "traditionnelle", est toujours aussi timorée. Les responsables syndicaux courent après une "concertation sociale" devenue complètement chimérique ; le PS (ne parlons même pas des écologistes), n'a finalement d'autre but que de revenir au pouvoir pour gouverner... avec cette même droite qu'il vitupère aujourd'hui.

Or, nous n'avons pas besoin d'une alternance mièvre qui reste dans les clous austéritaires, nous avons besoin d'une véritable alternative, qui ne peut être que radicale, offensive et décomplexée. Il ne s'agit plus d'essayer de rafistoler le système et d'ajouter l'une ou l'autre rustine sur ses chancres, il s'agit de transformer la société en profondeur. Et cela passe par un programme et une stratégie politiques qui redonnent un souffle mobilisateur et émancipateur, en perdition de nos jours, en cette époque de droitisation et d'extrême-droitisation du champ politique, et de déchaînement de toutes les forces réactionnaires au service de la bourgeoisie.

 

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28 novembre 2025

Friedrich Engels 1820 - 2025

Friedrich Engels est né il y a 205 ans à Barmen, dans un milieu piétiste et bourgeois −son père était propriétaire d’une usine de textile−, dans cette Rhénanie-Westphalie qui avait déjà vu naître Karl Marx en 1818. (1)

Friedrich Engels-Karl Marx, Karl Marx-Friedrich Engels, deux figures majeures de l’histoire du "mouvement ouvrier", indissociables même si d’aucuns s’acharnent à les dissocier, en minorant l’apport d’Engels ou en le rendant responsable des avatars du "marxisme" !

Durant près de 40 ans, c’est ensemble qu’ils s’engagèrent dans l’action révolutionnaire et c’est de concert qu’ils menèrent un travail théorique décisif.

 

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De la révolution européenne de 1848 à la Commune de Paris, de la Ligue des Communistes au Parti social-démocrate allemand en passant par l’Association Internationale des Travailleurs, leur étroite collaboration fut constante.

C’est à quatre mains qu’ils écrivirent des œuvres majeures et sans Engels, pas de Capital. Non seulement parce que son aide matérielle fut cruciale, mais surtout parce que leurs discussions concernant le domaine économique furent fac simi kapital.jpgpermanentes, Marx n’hésitant jamais à demander des explications concrètes à son camarade familiarisé avec les pratiques des affaires et de l’industrie, grâce à sa position au sein de l’entreprise familiale. (2)

Et puis, Engels avait montré la voie dès 1843-1844 en rédigeant son "Esquisse d’une critique de l’économie politique" (3) que Marx qualifia de "géniale" dans un célèbre bilan d'étape. (4)

Car Engels fut souvent un précurseur et son ami n’avait aucune difficulté à en convenir : "tu sais que 1. tout vient tard chez moi et 2. que je marche toujours sur tes traces". (5)

Ainsi c’est Engels qui découvrit et analysa très tôt la situation des classes laborieuses en cette époque de "révolution industrielle", c’est lui qui initia une première critique de l’économie politique de la classe dominante, c’est lui qui prit d’abord en considération les travaux des principaux "socialistes" qui les précédèrent, c’est lui qui se rallia le premier au "communisme", c’est lui qui accorda un grand intérêt aux "sciences exactes"

Mais Engels fut plus qu’un partenaire intellectuel et militant, il fut un véritable ami qui se sacrifia pour aider financièrement Marx et sa famille, souvent dans la dèche. C’est pourquoi il accepta de travailler pour son industriel de père, ce qui lui coûtait beaucoup. (6)

Ce fut aussi Engels qui aida Marx à faire face à certaines turpitudes privées, notamment en assumant sa paternité adultérine ! (7)

Bon vivant, personnalité truculente, appréciant la gent féminine, capable de boire énormément, polyglotte, curieux de tout, "expert" en questions militaires (8) Engels était un homme aux multiples ressources, doté d'une force de travail peu commune.

Ainsi, après la mort de Marx, c’est lui qui travailla obstinément  pour éditer les tomes 2 et 3 du Capital, et il joua un rôle considérable de "passeur" au sein de la social-démocratie allemande et de la nouvelle internationale fondée en 1889.

Engels succomba d’un cancer le 5 août 1895, laissant un vide immense dans le mouvement d’émancipation des travailleurs. (9)

 

 

Notes

 

  • (1) Pour une biographie détaillée, je renvoie à la bibliographie proposée ci-dessous.
  • (2) Voir : Marx-Engels, Lettres sur "Le Capital", Éditions Sociales, Paris, 1964. Marx reconnut explicitement sa dette dans sa lettre du 16 août 1867 : "Voilà donc ce volume terminé. Si cela a été possible, c’est à toi et à toi seul que je le dois ! Sans ton dévouement pour moi, il m’aurait été impossible d’effectuer les travaux énormes nécessaires pour ces trois volumes." Marx-Engels, Correspondance – Tome IX, Éditions Sociales, Paris, 1982, page 9.
  • (3) Friedrich Engels, Esquisse d’une critique de l’économie politique in Ecrits de jeunesse – volume 2, Les Éditions Sociales/GEME, Paris, 2018, pages 83-112.
  • (4) Karl Marx, Contribution à la critique de l’économie politique (Préface de 1859), Éditions du Progrès, Moscou, 1975, page 6.
  • (5) Lettre de Marx à Engels le 4 juillet 1864, in Marx-Engels, Correspondance - Tome VII, Éditions Sociales, Paris, 1979, page 248.
  • (6) Très vite, confronté à cette sombre perspective, il s’agaçait : "… mais j’en ai eu déjà par-dessus la tête avant même d’avoir commencé à travailler ; le commerce est trop affreux (…) et ce qui est particulièrement affreux, c’est d’être non seulement un bourgeois, mais un fabricant ; un bourgeois qui intervient activement contre le prolétariat. (…) On doit pouvoir, tout en étant communiste, être, quant à sa situation extérieure, un bourgeois et un négociant, si toutefois on n’écrit pas ; mais faire de la propagande communiste en grand et en même temps du commerce et de l’industrie, ça ne va pas. J’en ai assez ; à Pâques, je m’en vais." Lettre à Marx du 20 janvier 1845, in Marx-Engels, Correspondance – Tome I, Éditions Sociales, Paris, 1971, pages 357-358. Face aux difficultés matérielles des deux amis, en exil en Angleterre suite à la déferlante contre-révolutionnaire sur le continent, Engels reprit son travail d’associé au sein de l’entreprise familiale, en 1850. Et ce, pour une durée de 20 ans !
  • (7) Le 23 juin 1851, Hélène Demuth  −bonne de la famille−  donna naissance à un fils, Henry Frederick (Freddy) Demuth, qu’Engels reconnut pour sauver le mariage de Marx !
  • (8) D’où le surnom de  "Général" affublé à Engels par Marx et ses proches…
  • (9) Dans sa notice nécrologique, Lénine souligna qu’"après son ami Karl Marx (mort en 1883), Engels fut le savant et l’éducateur le plus remarquable du prolétariat contemporain dans le monde civilisé tout entier". Lénine, Œuvres Choisies – Tome 1, Éditions du Progrès, Moscou, 1977, page 50.

 

 

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BIBLIOGRAPHIE

 

 

  1. Œuvres d’Engels

 

Écrits de jeunesse [volume 1], Les Éditions Sociales/GEME, Paris, 2015  

Écrits de jeunesse [volume 2], Les Éditions Sociales/GEME, Paris, 2018 

La situation de la classe laborieuse en Angleterre, Éditions Sociales, Paris, 1975 

Les principes du communisme, Les Éditions Sociales, Paris, 2020

Anti-Dühring, Éditions Sociales, Paris, 1973 

Dialectique de la nature, Éditions Sociales, Paris, 1975 

L'origine de la famille, de la propriété privée et de l’État, Éditions Sociales, Paris, 1972 

La guerre des paysans en Allemagne, Éditions Sociales, Paris, 1974  

La question du logement, Éditions Sociales, Paris, 1969

 

 

A paraître

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  1. Œuvres de Marx et Engels

 

Annales franco-allemandes, Les Éditions Sociales/GEME, Paris, 2020 

La Sainte Famille, Éditions Sociales, Paris, 1972 

L'idéologie allemande, Éditions Sociales, Paris, 1976 

Le Manifeste du Parti Communiste, Éditions Sociales, Paris, 1971 

La Nouvelle Gazette Rhénane [3 volumes], Éditions Sociales, Paris, 1969-1971 

Lettres sur "Le Capital", Éditions Sociales, Paris, 1964

Sur la religion [textes choisis], Éditions Sociales, Paris, 1972 

Sur la littérature et l'art [textes choisis], Éditions Sociales, Paris, 1954 

Correspondance [12 tomes - Novembre 1835-Octobre 1874], Éditions Sociales, Paris, 1971-1989  

Correspondance [tome 13  1875-1880], Les Éditions Sociales/GEME, Paris, 2020

 

 

  1. Biographies/essais

 

BRUHAT Jean, Marx-Engels, UGE-10/18, Paris, 1971 

CLAUDIN Fernando, Marx, Engels et la révolution de 1848, Maspero, Paris, 1980  

[Collectif], Souvenirs sur Marx et Engels, Éditions du Progrès, Moscou, 1982  

COLLIN Denis, Friedrich Engels, philosophe et savant, Bréal, Paris, 2020 

CORNU Auguste, Karl Marx et Friedrich Engels, PUF, Paris, Tome 1, 1955 ; Tome 2, 1958 ; Tome 3, 1962 ; Tome 4, 1970  

DELBRACIO Mireille et LABICA Georges (dir), Friedrich Engels, savant et révolutionnaire, PUF, Paris, 1997 

GULLI Florian et QUETIER Jean, Découvrir Engels, Les Éditions Sociales, Paris, 2020 

HUNT Tristram, Engels, le gentleman révolutionnaire, Flammarion, Paris, 2009 

RIAZANOV David, Marx et Engels, Anthropos, Paris, 1974  

ROSDOLSKY Roman, Friedrich Engels et les peuples "sans histoire". La question nationale dans la révolution de 1848, Syllepse [Paris], Page Deux [Lausanne], M Éditeur [Montréal], 2018 

TEXIER Jacques, Révolution et démocratie chez Marx et Engels, PUF, Paris, 1998

 

 

24 novembre 2025

Arizona, austérité... Et maintenant ?

Celles et ceux qui pensaient que le gouvernement Arizona allait chuter, victime de dissensions internes et effrayé par la mobilisation syndicale, en sont pour leurs frais. En dégageant un accord budgétaire au moment même où démarrent d’importantes actions en front commun CSC-FGTB-CGSLB  -quel symbole !-, le gang De Wever confirme qu’il maintient le cap de la rage austéritaire ! Aux mesures arrêtées précédemment et aujourd’hui confirmées, viennent maintenant s’ajouter des dispositions anti-sociales supplémentaires, à commencer par une nouvelle manipulation de notre système d’indexation qui en a pourtant déjà connu plus d’une depuis 50 ans ! Le signal est clair : les cinq partis de la majorité, parmi lesquels une formation politique qui se prétend "socialiste", assument la confrontation avec le monde des travailleurs, des allocataires et de leurs représentants. Le défi est grand : la réussite attendue des grèves planifiées cette semaine ne suffira pas ; en décembre, la mobilisation sociale devra être maintenue et amplifiée encore pour renverser la coalition toxique au pouvoir….

 

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11 septembre 2025

Chili, 11 septembre 1973 - 11 septembre 2025, 52 ans. Ni oubli ni pardon.

 
 

 

 

 

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"Je n'ai pas l'étoffe d'un apôtre, ni celle d'un messie. Je n'ai pas une vocation de martyr. Je suis un combattant social et j'accomplis une tâche, la tâche que le peuple m'a confiée."
 
Salvador Allende

20 août 2025

Léon Trotsky, 1879-1940

Screenshot 2025-08-20 at 18-27-07 Alain Van Praet - BLOG Rechercher - léon trotsky.pngIl y a 85 ans, sur l'ordre de Staline, fut assassiné un révolutionnaire russe réfugié au Mexique : Léon Trotsky.
 
Protagoniste majeur de la Révolution d’Octobre de 1917 et fondateur de l’Armée Rouge, ce nom est probablement largement oublié aujourd'hui.
 
Parce qu'il est évident que la planète a subi de profonds bouleversements depuis 1940 − et notamment la disparition de l’URSS qu’il avait contribué à édifier avec ses camarades du Parti Bolchévik !
 
Cette période de l’histoire humaine paraît maintenant bien lointaine en ce 21ème siècle "numérisé", confronté entre autre à une catastrophe écologique de grande ampleur qui menace directement les espèces vivantes.
 
Les figures majeures de cette génération combattante − comme Rosa Luxemburg (également assassinée, en 1919), Lénine (disparu en 1924) ou Antonio Gramsci (mort en 1937, suite à son long emprisonnement dans les geôles du fasciste Mussolini) − appartiennent pour beaucoup à une époque définitivement révolue, intéressant au mieux de vieux passionnés d’archéologie politique.
 
Certes, leur œuvre et leur action sont datées, et leurs écrits ont depuis longtemps pris place dans des bibliothèques militantes un tantinet poussiéreuses.
 
On pourrait bien sûr discuter longuement de cette perception, ou palabrer sans fin concernant l’apport réel et l’(éventuelle) actualité de ces irréductibles personnalités d'hier.
 
Mais l’essentiel est ailleurs.
 
Car notre monde  — dominé par un capitalisme financier globalisé qui perpétue exploitation et oppression, favorise les guerres avec leur cortège de crimes, génère inlassablement de profondes injustices sociales et menace directement notre survie —, reste un monde profondément intolérable.
 
Plus que jamais, il ne s’agit donc pas seulement de l’interpréter mais de tout mettre en œuvre pour le bouleverser.
 
Et c'est finalement le meilleur "hommage" que l'on puisse rendre à toutes celles et à tous ceux (parmi lesquels le théoricien de la "révolution permanente") qui, depuis des siècles, ont lutté de toutes leurs forces pour enfin concrétiser une émancipation humaine généralisée...
 
 

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Trotsky, Lénine, Kamenev

18 mars 2025

UKRAINE : STOP OU ENCORE ?

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En 2022, c’est l’armée russe qui a franchi la frontière ukrainienne pour marcher sur Kiev, ce n’est pas l’armée ukrainienne qui a franchi la frontière russe pour marcher sur Moscou. Cette agression contre un État voisin souverain est une violation du droit international et elle est dans tous les cas inacceptable.
 
Une fois que l’on a dit et répété ce qui devrait être une évidence pour toutes et tous, la question n'a pas pour autant été épuisée. Car une fois la guerre déclenchée, que fait-on ? On table sur une hypothétique victoire de l’un des protagonistes et on patiente jusqu’au dénouement final ? On attend (confortablement à l'abri) qu’elle se termine par épuisement généralisé des uns et des autres ou faute de combattants ? Ou l’on s’active pour chercher une issue au conflit par la voie diplomatique afin d’éviter des millions de victimes supplémentaires ?
 
Actuellement, c’est toujours le scénario de la confrontation armée qui prédomine. Les combats durent déjà depuis plus de trois ans, les morts et les blessés s’accumulent, les destructions d’infrastructures civiles aussi, et des négociations entre les acteurs directement concernés -Ukraine et Russie- n'ont toujours pas été véritablement engagées.
 
Et face aux agissements erratiques du nouvel occupant de la Maison Blanche, l’Europe se retrouve le dos au mur. Car pendant trois ans, elle s’est abstenue de prendre des initiatives de paix convaincantes, se contentant de gesticulations et de bavardages récupérés par des chaînes d’info en continu pour alimenter de pseudo-débats quotidiens. Tout en multipliant prioritairement des sanctions économiques contre la Russie et en fournissant armes et argent au gouvernement de Kiev. Entendons-nous bien : pas pour sauver le peuple ukrainien, mais pour préserver les intérêts des classes dominantes. Principalement pour empêcher l’Ukraine —et ses nombreuses richesses !— de réintégrer contrainte et forcée l’empire russe.
 
Aujourd’hui en grande difficulté, l’UE a choisi une fuite en avant militariste : renforcer ses dépenses d’armement au motif officiel de se prémunir d’une agression de la Russie sans dépendre du bon vouloir de Washington.
 
 
 
 

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Et le miracle s’accomplit sous nos yeux. Alors qu’il n’y avait pas d’argent pour financer la justice climatique et la justice sociale, la Commission européenne annonce un plan d’investissements militaires de… 800 milliards €, répartis sur les quatre prochaines années ! Et pour atteindre ce but, les sacro-saintes règles budgétaires européennes seront mises entre parenthèses.
 
Joli tour de passe-passe.
 
Sauf que l’argument d’une menace russe imminente, rabâché quotidiennement par ces politiciens prestidigitateurs, et relayé complaisamment par les principaux médias, est problématique.
 
Voilà en effet plus de trois ans que Poutine a déclenché son "opération spéciale"... qui devait durer 72 heures (!), et voilà plus de trois ans que ses troupes sont enlisées sur le territoire ukrainien. Et depuis trois ans, sur les plateaux de télévision, des "experts" et des "journalistes" accommodants n'ont cessé d’ironiser sur les tares rédhibitoires de cette armée, sur son équipement déclassé, sur ses choix stratégiques obsolètes, sur le moral "dans les chaussettes" des soldats russes, sur les impasses de l’oligarchie poutinienne, etc.
 
Et soudainement, cette même Russie et cette même armée d'une autre époque seraient maintenant sur le point de s'abattre sur les contrées "démocratiques" occidentales ? L’ Europe ainsi menacée est pourtant déjà bien équipée. Contrairement à ce que d'aucuns essaient de nous faire croire, elle dépense déjà beaucoup d’argent pour sa "défense" (des centaines de milliards €, chaque année !) , et elle dispose par ailleurs d'armes nucléaires !
 
Quel attrape-nigauds propagandiste que ces discours maintenant matraqués 24h/24 ! Les gouvernants et les faiseurs d’opinion qui répandent sans rire leur "supercherie narrative" n'ont d'autre but que de nous manipuler en jouant sur nos peurs. Il s'agit de nous convaincre —guerre imminente par eux annoncée— qu'il faut investir massivement dans les industries liées à l'armement (les marchands de canons se frottent déjà les mains et le capital —toujours à la recherche de profits juteux nouveaux— exulte). Il s'agit de nous persuader que cette forte réorientation économique nécessitera de la part de la collectivité de nouveaux sacrifices (qui viendront s’ajouter à la déferlante des politiques austéritaires du dernier demi-siècle !).
 
D’aucuns n’hésitent d’ailleurs pas à convoquer pour la circonstance Churchill et son discours sur "le sang et les larmes", pas moins !
 
Oyez, oyez bonne gens, préparez-vous donc à travailler encore plus longtemps pour des salaires au rabais et des pensions de misère. Quant aux indispensables investissements massifs pour un abandon du modèle productiviste destructeur de la planète et pour une bifurcation écologique radicale, ce sera sans doute pour le XXIIè siècle, lorsqu’il sera définitivement trop tard !
 
Il est urgent de se mobiliser pour établir des contre-feux aux folles dérives des Merkel, Merz, Macron, Meloni, De Wever-Francken et tutti quanti. Il est grand temps de nous émanciper de tous les impérialismes (US, russe, chinois et européen) qui n’ont que faire du bien-être des peuples. Ne laissons pas les va-t-en guerre répandre leurs discours virils sans réagir. Ne les laissons pas gagner une nouvelle bataille "culturelle" et coloniser un peu plus nos cerveaux. Ne les laissons pas tranquillement nous entraîner vers l’abîme.
 
Nous n’avons pas besoin d’une "économie de guerre" nous avons besoin d’une économie de paix, qui assure la sécurité de la planète confrontée aux conséquences de la catastrophe écologique et qui assure la sécurité de toutes et tous, pas au niveau militaire (nos pays sont submergés par des armements de toute nature, y compris et surtout par des armes de "destruction massive") mais au niveau social, environnemental et démocratique.
 
Cela passera par une alternative de paix négociée par la Russie et l’Ukraine, dans le respect du droit international. Pas par un arrangement sournois entre Trump et Poutine pour mettre la main sur les ressources de l’Ukraine, en ignorant les intérêts du peuple agressé.
 
Compliqué ? Sans aucun doute. Mais il n'existe pas de raccourcis possibles...
 
 
 

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