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08 juillet 2026

MELENCHON 2027 (10)

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Anticapitalistes et antifascistes.
En campagne pour battre l’extrême droite par nos luttes et dans les urnes, pour la victoire de notre camp social !

 

Afin de définir sa position pour les présidentielles 2027, une Conférence nationale du NPA-l’Anticapitaliste s’est réunie le 27 juin 2026. Elle a réuni ses délégué·e·s, représentant les militantes et militants du NPA-l’Anticapitaliste qui ont débattu et voté dans les assemblées générales réunies dans le courant du mois du juin.

Un système à bout de souffle

Le système capitaliste menace l’existence de l’humanité tout entière. Ce système est le premier responsable de la crise climatique. Les capitalistes exigent toujours plus de reculs sociaux, toujours plus de perfusions d’argent public pour redresser leurs profits. Ils poussent maintenant à l’expansion sans fin des dépenses militaires et à la multiplication des guerres impérialistes contre les peuples.

Les dirigeant·e·s à leurs services, tout particulièrement Emmanuel Macron, sont discréditéEs et leurs politiques sont massivement rejetées par les travailleur·e·s et les jeunesses. Mais d’autres, plus dangereux encore, se proposent de les remplacer. Avec le soutien de pans entiers du patronat, l’extrême droite, les organisations néo-fascistes, progressent partout sur la planète. C’est l’expression politique de la radicalisation de la bourgeoisie. Lorsqu’elle parvient au pouvoir, non seulement l’extrême droite persécute les immigré·e·s, les personnes racisées, les LGBTI+, non seulement elle s’attaque aux droits des femmes, aux libertés d’organisation et d’expression, mais elle amplifie également l’offensive contre l’ensemble des travailleur·e·s et de leurs organisations au seul profit du capital. 

En France, le macronisme est en échec, et la droite a des difficultés à se recomposer. Elle cherche à le faire en se rapprochant de plus en plus des thèses de l’extrême droite. Une polarisation croissante entre le RN et la gauche antilibérale traduit les contradictions explosives qui sont latentes dans la société.

De nombreuses luttes s’opposent frontalement aux classes dominantes et à leurs politiques : luttes écologistes contre les grands projets nuisibles et imposés, luttes féministes, antiracistes, LGBTI+, contre les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes et aux enfants, luttes des quartiers populaires, luttes des travailleur-euses pour défendre nos retraites, l’assurance chômage, la santé, la Sécurité sociale... Mais elles peinent à obtenir des victoires face à un pouvoir plus déterminé que jamais à préserver ses intérêts.

Le danger de l’extrême droite

Pour les militantes et militants du NPA-l’Anticapitaliste, l’élection présidentielle de 2027 et les législatives qui suivront ont une importance majeure, puisque pour la première fois le Rassemblement national est en capacité de l’emporter. La situation est d’autant plus grave que la constitution antidémocratique de la 5e République offre d’innombrables possibilités au Président pour imposer un pouvoir autoritaire.

Après s’être dotée, grâce aux médias contrôlés par les milliardaires d’extrême droite, des moyens d’imposer son hégémonie dans la société, après avoir acquis de nombreux sièges à l’Assemblée nationale et dans les municipalités, l’extrême droite fascisante de Bardella et Le Pen pourrait ainsi mettre la main sur l’appareil d'État et acquérir le contrôle de la police, de l’armée et des institutions judiciaires. Il s’agit là d’un péril majeur pour les exploitéEs et les oppriméEs, pour le monde du travail et pour les raciséEs, les femmes, les personnes LGBTI+ et les minorités de genre dont l’extrême droite est le pire ennemi. C’est aussi l’assurance de poursuivre et aggraver la course au basculement climatique. Toutefois, nous savons depuis la victoire électorale du NFP que le pire n’est jamais sûr et qu’il est possible de battre et de faire reculer l’extrême droite et ses idées mortifères.

Un front unique antifasciste

Réussir cet objectif n’est possible que si nous parvenons à réunir, le plus largement et le plus démocratiquement possible, l’ensemble du mouvement ouvrier et en particulier la gauche de rupture. Nous devons construire un front antifasciste capable de mobiliser les classes populaires afin de mettre en échec la marche du Rassemblement national sur l’Élysée. C’est pourquoi le NPA-l’Anticapitaliste appelle dès maintenant l’ensemble des militantes et des militants du mouvement social et syndical, de la gauche, des révolutionnaires et des écologistes à se mobiliser et à constituer, partout où c’est possible, des fronts d’action antifascistes, des comités contre l’extrême droite dans l’unité la plus large. Ces cadres de résistances seront indispensables quel que soit le résultat des prochaines élections. À ce titre, il faut ancrer cette politique dans la durée.

Construire la résistance à l’extrême droite est une préoccupation largement partagée dans des cadres locaux, des comités contre l’extrême droite, des secteurs intellectuels (CRACS), artistiques (« Dégager Bolloré », cinémas indépendants), des médias indépendants. Mais aussi par des secteurs militants dont nous sommes partie prenante : féministes, antiracistes, en défense des droits des personnes LGBTI+, écologistes, militant·e·s contre les grands projets nuisibles et imposés, et bien sûr les militant·e·s des organisations syndicales. Toustes partagent l’inquiétude du danger de l'extrême droite et œuvrent à des regroupements, comme celui du 13 juin initié par ATTAC, Copernic et Solidaires, pour une campagne antifasciste du mouvement social. Les militant·e·s du NPA-l’Anticapitaliste participent pleinement à un certain nombre de ces cadres qui seront nécessaires pendant et après les échéances électorales. Nous sommes convaincuEs  que c’est aussi sur ce terrain électoral que doit se mener la lutte contre l’extrême droite.

Le NPA-l’Anticapitaliste mènera une campagne en propre avec des meetings, des réunions publiques, du matériel, pour porter la nécessité de ce front unique antifasciste.

Une candidature de rassemblement pour répondre à l’urgence sociale et écologique

Le NPA-l’Anticapitaliste n’a pas d’intérêts distincts de ceux de notre camp social : dans la situation politique actuelle, l’heure est à l’unité et non à la division pour porter un programme de rupture avec le libéralisme. Dans ce contexte, le NPA-l’Anticapitaliste ne présente pas de candidature à l’élection présidentielle, participe à la construction d’un front antifasciste large et œuvre à une candidature de rassemblement de la gauche de rupture.

En regrettant l’absence actuelle de dynamique de front social et politique large, comme cela avait pu s’amorcer au moment du NFP, le NPA-l’Anticapitaliste fait le constat qu’à l’heure actuelle, la candidature de Jean-Luc Mélenchon est la mieux à même de rassembler les votes des classes populaires pour permettre à la gauche d’affronter l’extrême droite dans les urnes. 

Nous agirons ces prochains mois pour la réussite de cette campagne. Nous engageons des discussions pour trouver un accord avec LFI et l’ensemble des organisations et courants de la gauche de rupture souhaitant s’inscrire dans la campagne Mélenchon. Un tel accord doit donner des garanties à l’ensemble des forces pour qu’elles y trouvent leur place. La FI propose de mettre en place un comité politique et la constitution de comités de campagne à partir de ses groupes d’action. Tout en conservant son indépendance politique et organisationnelle, le NPA-l’Anticapitaliste propose de construire avec l’ensemble des forces parties prenantes à cette campagne, des cadres d’actions et de décisions collectives et démocratiques, et ce, à l’échelon local comme national. Nous agissons pour que ce processus intègre l’ensemble des forces qui avaient constitué un front social, politique et unitaire en 2024, notamment les organisations du mouvement social et syndical, ainsi que les forces et militantEs révolutionnaires. Ces éléments sont essentiels dans la construction d’une dynamique militante et rassembleuse capable de barrer la route au Rassemblement national et de porter un espoir de changement pour des millions de personnes. La campagne doit permettre de mettre en mouvement notre camp social, de faire le lien entre les secteurs combatifs, de faire converger nos revendications pour s’affronter aux classes dominantes et faire face au danger de l'extrême droite sur le terrain comme dans les élections.

À l’issue des discussions qu’il mènera prochainement avec LFI et les organisations et courants de la gauche de rupture, le NPA-l’Anticapitaliste décidera des formes de son engagement dans la campagne et des modalités de son soutien à cette candidature. 

Unitaires, internationalistes et révolutionnaires

Le NPA-l’Anticapitaliste s’engage pleinement, dans la rue comme dans les urnes, dans la lutte antifasciste qui va s’ouvrir avec la campagne présidentielle.

Dans cette séquence politique et sociale, le NPA-l’Anticapitaliste continuera à faire entendre sa voix unitaire et révolutionnaire, son internationalisme pour l’autodétermination des peuples et ses aspirations à la démocratie la plus large. Nous continuerons à construire avec d’autres les luttes sociales, antiracistes, féministes, écologistes, internationalistes et contre toutes les oppressions. 

Le programme porté par le NPA-L’Anticapitaliste s’inscrit dans le Manifeste pour une révolution écosocialiste de la IVe internationale. Nous porterons dans les débats programmatiques nos revendications pour un programme de rupture anticapitaliste, notamment : 

  • face à la crise économique, la réquisition des banques, la réduction du temps de travail et l'annulation des dettes publiques ; l’interdiction des licenciements et l’augmentation massive des salaires, le partage des richesses, le 100% sécu, la retraite à 60 ans, le développement et la gratuité des services publics à la hauteur face à la crise, pour un droit au logement digne effectif pour toutes et tous, etc. ; 
  • face à la crise écologique, les transports publics gratuits, l’expropriation des multinationales, la sortie des énergies fossiles et l’arrêt du nucléaire, une décroissance écosocialiste pour sauver la planète et le vivant, car seule une socialisation de la production et de la reproduction sociale décidée par tous et toutes permettra d’éviter la catastrophe ;
  • face à la crise démocratique, la suppression de la fonction présidentielle et la fin de la 5e République avec une assemblée constituante appuyée sur les mobilisations, contre les attaques liberticides et racistes ; pour l’égalité des droits, pour la liberté de circulation et d’installation et la régularisation des sans-papiers, contre les discriminations et l’islamophobie d’État ; pour l’autonomie de la jeunesse ; pour l’émancipation des femmes et des minorités de genre ;
  • face à l’impérialisme et au colonialisme : pour une politique antimilitariste ; pour le droit à l'autodétermination des peuples et pour des solidarités internationalistes, de la Palestine à l’Ukraine, de l’Iran au Venezuela ; pour la décolonisation, à commencer par la Kanaky, et pour l’accession effective à l’indépendance de tous les peuples qui le revendiquent comme les peuples corse et basque.

Sur cette orientation, le NPA-l’Anticapitaliste organisera dès la rentrée une campagne dynamique, avec son matériel (livret programmatique, tracts, affiches, vidéos…) et une série de réunions publiques.

L’Université d’été du NPA-l’Anticapitaliste du 23 au 26 août sera un premier temps fort de débats avec les forces sociales et politiques disposées à construire un front antifasciste large articulé à la bataille présidentielle et législative. 

La victoire de l'extrême droite et de la droite n’est pas inéluctable ! Mobilisons-nous pour redonner l’espoir à notre camp social pour s’affronter aux classes dominantes et à leurs politiques mortifères !

Paris, le 28 juin 2026

 

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17 juin 2026

LA COUPE DU MONDE DE FOOTBALL, REINE DE L’ALIÉNATION IDÉOLOGIQUE.

 

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Le football n’est pas seulement le sport le plus pratiqué et le plus apprécié dans le monde. Il est aussi une formidable machine à fric, avec un chiffre d’affaires global dépassant les 400 milliards d’euros par an. Avec une déferlante publicitaire permanente. Avec le paiement de droits télévisés de retransmission vertigineux. Avec ses grands clubs "valorisés" en bourse et parfois… très endettés. Avec des propriétaires et des actionnaires issus du monde de la finance et de l’entreprise ; avant-hier Berlusconi à Milan ou Tapie à Marseille ; aujourd’hui des investisseurs qataris au Paris Saint-Germain. Avec des joueurs qui gagnent des sommes pharaoniques, à rendre jaloux les patrons les mieux rémunérés des plus imposantes boîtes. Avec son milieu interlope, ses conseillers juridiques, ses managers et autres "agents de joueurs", qui manœuvrent de manière opaque dans les coulisses. Avec des matchs truqués et de dangereuses maffias des paris. Avec son dopage, comme dans tous les sports (il n’y a pas que le cyclisme !). Avec ses coupes du monde achetées et ses coupes d’Europe fort lucratives.
 
Et puis, ce qui reste l’alpha et l’oméga des institutions sportives, la "compétition", parfaitement en phase avec l’ADN du capitalisme. Il doit y avoir des gagnants et il doit y avoir des perdants, les seconds toujours plus nombreux que les premiers ! Place à la lutte de chaque équipe contre ses concurrentes implacables. Place à la volonté de dominer les rivaux. Place à la course éperdue à la victoire et aux succès censés en appeler d’autres. Place à la convoitise des titres et des championnats. Place aux performances et aux records. Place à la gloire et à la reconnaissance.
 
Et, derrière cette lutte permanente pour atteindre le Graal "sportif", d’immenses intérêts financiers ou politiques, une propagande nationale et nationaliste, une instrumentalisation de puissants symboles.
 
Ah, cette ritournelle concernant l’équipe nationale qui serait le dernier "ciment" de la Belgique. Avec Philippe le Premier, Dame Mathilde, le Manneken-Pis, les gaufres et les frites au pickles. Non, peut-être ?
 
Et puis, le football mobilise des bataillons de supporters qui sont aussi des… bataillons d’électeurs ! On se souvient de Jacques Chirac remettant la coupe Jules Rimet à Zinédine Zidane et à ses équipiers tricolores, en 1998, histoire d’entretenir sa "popularité". On se souvient d'Emmanuel Macron, 20 ans plus tard, aux côtés de... Poutine, ravi (et pour cause) des prouesses des "Bleus" et des "bénéfices" qu'il en retirerait.
 
Et la gauche n’est jamais en reste d’un cocorico, souvent opportuniste. Les présidents des partis dits progressistes clament à longueur de journée leur passion immodérée pour le ballon rond, et sur les "réseaux sociaux", le président du PTB n’est pas le dernier à s’extasier devant les victoires "belges", quelle que soit par ailleurs la compétition sportive à la une ! Diable (rouge ou pas) une voix est une voix, même enrouée à force de crier sur des gradins, et il doit être probablement payant sur le plan électoral de s’aligner sur la passion du plus grand nombre !
 
OK, nous disent des contradicteurs agacés, mais cette "passion" n’empêche en rien de s’engager ou de prendre pleinement conscience des contradictions et turpitudes du mode de production capitaliste dans lequel nous vivons ! Un supporter peut être un militant, à moins que ce ne soit le contraire.
 
Le football serait donc un simple exutoire, un moyen d’évasion parmi d’autres, une distraction parfaitement anodine, mais surtout pas un obstacle supplémentaire à la lutte consciente pour changer le monde.
 
Comment peut-on banaliser ainsi ce puissant mécanisme d’aliénation ? Comment peut-on traiter avec légèreté ce qui constitue "le pain et les jeux" des temps modernes, avec ses nouveaux gladiateurs, ses spectateurs avides de sensations fortes, ses empereurs bienveillants ? Qu’ils soient chefs d’État, capitaines d’industrie, milliardaires ou géants de la finance !
 
Les "grands" événements sportifs occupent une place de choix dans la société marchande du spectacle. Dans le capitalisme réellement existant, le sport professionnel n’a rien d’un folklore innocent ou d’un divertissement futile. Il est une véritable machine de guerre idéologique, un levier destiné à consolider les "valeurs" du capital, un élément du dispositif cherchant à coloniser l’imaginaire collectif pour pérenniser la domination ("symbolique") du peuple, au plus grand profit (dans tous les sens du terme) des possédants.
 
Quant à la fable de l'apolitisme du sport professionnel martelée sur tous les tons, elle a définitivement volé en éclats lorsque le président de la FIFA a remis un "prix de la paix" à... Donald Trump !
 
Et, dans ce contexte, le matraquage médiatique ininterrompu ne relève pas d’une programmation fortuite. Ainsi, la RTBF diffuse toutes les rencontres de la coupe du monde, sans exception. Des centaines d’heures de retransmission en direct qui assurément vont "booster" l’audimat et garantir de plantureuses rentrées publicitaires. Un temps d'antenne énorme qui vient d'ailleurs s'ajouter à de multiples autres "événements sportifs" largement relayés dans nos médias : grands prix de formule 1, tournois de tennis, Tour de France, etc.
 
On se prend ici à rêver d’un "service public" qui consacrerait ces centaines (milliers ?) d’heures d’émissions aux catastrophes écologiques ou aux inégalités sociales, par exemple.
 
Mais pas question évidemment de donner trop de matière à réflexion critique aux téléspectateurs et de sacrifier au passage le veau d’or footballistique (sportif) !
 
Circulez, cet été, il n’y a(ura) rien à voir, rien d’autre que du foot ou (bientôt) du cyclisme...
 

08 juin 2026

MELENCHON 2027 (9)


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05 juin 2026

MELENCHON 2027 (8)

 

En route vers les 300.000 parrainages populaires !

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26 mai 2026

MELENCHON 2027 (7)

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14 mai 2026

MELENCHON 2027 (6)

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LA TRIBUNE DIMANCHE — Emmanuel Macron a prévenu son homologue iranien qu’il n’y aurait aucune levée des sanctions contre Téhéran tant que le détroit d’Ormuz resterait bloqué. Partagez-vous la position du chef de l’État?

JEAN-LUC MÉLENCHON — Non. Elle est inadmissible, même quand on combat comme moi les régimes théocratiques. Car l’Iran est en état de légitime défense : elle est agressée par deux pays, les États-Unis et Israël, agissant en dehors de tout mandat international. Ce n’est pas l’Iran qui bloque le détroit d’Ormuz mais la marine militaire des USA. Dans ces conditions, une telle menace du président français revient à légitimer le point de vue de Trump et de Netanyahu. 90% des pays du monde le refusent.

Que feriez-vous en tant que président de la République ?

Je me battrais pour le retrait des États-Unis et d’Israël. Je proposerais de former un front du refus, notamment avec l’Espagne, et d’y rassembler les nations opposées à cette guerre. Dans cette affaire, chacun défend ses intérêts. Celui des Français, c’est le respect du droit international. Sinon, la loi du plus fort l’emporte. Or nous ne sommes pas les plus forts !

Quitte à se tourner vers la Russie ou la Chine ?

Non, il faut agir avec précaution. En Europe, nous bataillons pour que les Russes se retirent d’Ukraine, on ne va donc pas les absoudre à un moment comme celui-ci. Quant à la Chine, on perdrait notre temps : elle n’interviendra pas. Il ne faut pas donner le sentiment qu’on remplace une hégémonie mondiale par une autre. Là où les Français peuvent encore être efficaces, c’est en suspendant les accords commerciaux de l’Union européenne avec Israël, et en interdisant aux États-Unis d’utiliser nos bases aériennes pour aller au Proche-Orient. Les Saoudiens déjà s’y sont mis. La seule chose qui peut stopper Trump et Netanyahou, c’est de ne pas trouver dans le monde les renforts nécessaires pour terminer leur opération.

Patrick Pouyanné a mis en garde l’État en disant que TotalEnergies ne pourrait maintenir le plafonnement de ses prix à la pompe si son entreprise était davantage taxée. Que lui dites-vous ?

Que ce n’est pas sur ce ton-là qu’on s’adresse à son pays qui appelle à l’aide. Je ne sais pas s’il mesure l’immoralité de son comportement. Imaginez qu’un médecin français dise « si vous augmentez mes impôts, je ne soignerai plus mes malades » ! Le salaire des gens est volé à la pompe! M. Pouyanné, et d’autres grandes entreprises, a une forme d’arrogance qui est un signe des temps. L’urgence, c’est le blocage des prix des carburants. Mais plus généralement, la grande leçon du moment est qu’il faut sortir au plus vite de la civilisation du pétrole dont les USA sont le centre au péril de toute l’humanité.

À un moment où les grandes puissances sont de plus en plus menaçantes, à quoi ça rime de s’opposer à la Loi de programmation militaire (LPM) ?

Cette loi peut nous permettre de remporter la bataille d’Alésia mais pas la guerre moderne. Lors des précédentes LPM, nous avons montré les limites de la stratégie de la dissuasion. Les guerres d’aujourd’hui dépendent de la maîtrise des câbles et des satellites. Le président Macron a récemment eu un éclair et a dit « la guerre de demain commencera dans l’espace ». J’étais content de l’entendre reprendre notre vision. La LPM ne le fait pas. En effet, la guerre n’est plus celle des chars et des fantassins mais celle des drones des missiles balistiques et des systèmes de communication. Il faut donc se concentrer sur notre excellence dans le domaine spatial et numérique.

Le foyer d’hantavirus détecté sur un navire de croisière a réveillé nos souvenirs de la pandémie de Covid-19. La France est-elle préparée à ce que vous appelez les « maladies écologiques » ?

La santé humaine est gravement percutée par le réchauffement climatique, l’effondrement de la biodiversité et par la mondialisation des circulations qui facilite les contaminations. Ce foyer d’hantavirus le prouve. Mais il y en aura d’autres. Nous avons atteint le stade où le saccage de la planète se retourne contre nous. Quand un couple sur quatre a des problèmes d’infertilité par exemple, la cote d’alerte est franchie. Nous allons donc créer dans notre programme un secteur « défi santé ». La France était naguère très puissante dans le domaine des médicaments. Il faut reconstituer un pôle public. Notre recherche médicale demeure l’une des meilleures du monde. Nous pouvons vaincre les maladies écologiques.

Vous défendez toujours la retraite à 60 ans. Comment la financer alors que notre taux de natalité décroche de façon vertigineuse ?

D’abord, il n’y a pas d’alternative à la retraite par répartition. De grands esprits pensent que la capitalisation va les libérer de la structure démographique du pays : ils se trompent. Il reste alors deux solutions : soit celle des réactionnaires, qui consiste à faire travailler les gens toujours plus longtemps soit la nôtre, qui consiste à partager la richesse privatisée et augmenter la population active. Ici, il y a deux voies : le recours à l’immigration et la reprise de la natalité. Or on voit bien qu’on ne peut pas ordonner aux gens d’avoir des enfants, ni penser que leur verser des chèques suffira. De même s’agissant d’immigration on ne peut traiter les gens comme s’ils étaient des pions à notre disposition. Je le dis parce que c’est trop souvent à cela que se limite les scénarios envisagés un peu partout dans le monde. Mais en France, on nage en plein délire racialiste et ce débat est bloqué.

Vous disiez vouloir être remplacé, et vous êtes encore candidat. N’avez-vous pas trouvé de successeur à la hauteur?

Mais j’ai été remplacé ! A la tête du mouvement, par Manuel Bompard, à la tête du groupe à l’Assemblée, par Mathilde Panot et à l’Institut La Boétie par Clémence Guetté. Sur la question de la candidature, nous en avons discuté entre nous. Nos relations sont simples, amicales. Il n’y a pas de compétitions de personnes contrairement à tous les autres partis. Dans le contexte de guerre, de changement climatique et de crise sociale, nous pensons que les Français confieront la barre à la personne la plus expérimentée. Par conséquent, nous avons considéré que j’étais le mieux préparé. Mon expérience m’a fait servir dans des mandats locaux, de parlementaire européen et national, et comme ministre. J’ai vécu la fin de la France coloniale, la fin de l’URSS, la fin de la social-démocratie, à laquelle j’ai d’ailleurs contribué… C’est beaucoup d’expérience. Enfin, je m’en sens capable. C’est l’heure des caractères.

Vous aurez 75 ans au moment de l’élection présidentielle, ce qui fera sans doute de vous le candidat le plus âgé. Est-ce un handicap ? Accepteriez-vous de vous soumettre à des examens de santé pendant votre mandat ?

Je commence par vous rassurer : je vais parfaitement bien. Je n’ai aucune maladie, d’aucune sorte, et depuis toujours. Je n’ai aucun inconvénient à me soumettre à ces examens. Je devine le désespoir que cela va répandre chez mes adversaires. J’ajoute que je suis le seul à offrir une garantie : le référendum révocatoire des élus à tous les niveaux. Si les Français observent qu’il y a un problème, ils auront la possibilité de me révoquer.

Nombreux, y compris à gauche, vous reprochent d’entretenir l’antisémitisme. Que répondez-vous à ces critiques, et pensez-vous qu’elles fragilisent désormais vos chances ?

Je ne réponds pas à ceux qui m’insultent ! J’ai passé ma vie à combattre le racisme, sous toutes ses formes. Je suis visé par ce type d’attaques depuis que je défends les Palestiniens, ce bien avant le 7 octobre. Je suis horrifié par les bombardements sur des gens enfermés dans un endroit dont ils ne peuvent sortir. Certains médias et certaines organisations ont cherché à me discréditer politiquement. Mais ces accusations ont aussi suscité un mouvement de soutien chez des personnes qui les jugent excessives et infondées. Je vois là une mécanique classique déjà utilisée contre de grandes figures de gauche comme Léon Blum, Jean Jaurès ou François Mitterrand. Il n’y a pas un leader de gauche qui n’a pas été insulté de la sorte.

Lors de vos trois dernières candidatures, il existait encore un front républicain contre Marine Le Pen. Désormais, ils sont de plus en plus nombreux, au centre et à droite, à dire “ni RN, ni LFI”. Comment vivez- vous ce phénomène politique nouveau ?

Seuls mes adversaires mettent un signe égal entre le RN et LFI. Pour ma part, je dis depuis 2012 : cela se terminera entre l’extrême droite et nous. Depuis des années, la société française a été émiettée, fracassée par les politiques libérales et leurs conséquences. Dès lors, le pays se radicalise entre deux choix : « chacun pour soi » ou « tous ensemble ». Nous proposons « tous ensemble » autour d’un programme de rupture que j’incarne. Je sais que la solution à nos malheurs est de rompre avec le système et tous ceux qui en souffre l’entendent bien. Cela ne réduit donc pas mes chances, au contraire, ça les augmente.

Tous les sondages vous donnent pourtant largement perdant face au RN au second tour…

Dois je rappeler qu’en 2022 Le Pen devait être à vingt points de moi. Comme aujourd’hui Bardella. Pour finir ce fut à peine un point ! Ces sondages n’ont aucune valeur. Ceux qui s’en réclament sont incapables de se qualifier pour le second tour. Mais en répétant ça, ils font déjà la campagne de Jordan Bardella. Pour ma part, je crois à l’intelligence des Français. Ils se demanderont ce qui est le mieux pour leur pays. Ce qui en garantit l’unité, l’équilibre, la projection sur l’avenir. Les classes moyennes instruites peuvent aujourd’hui hésiter mais, dans les moments décisifs pour le pays, elles se décident toujours d’après des principes fondamentaux qui dépassent largement les clivages politiques. Le ralliement du RN aux politiques néolibérales va beaucoup m’aider.

A quoi ressemblerait votre gouvernement?

Il y aura évidemment des Insoumis. Et par la force des choses, ceux qui nous auront rejoints ou aidés, et des personnalités de ce qu’on appelle la société civile — scientifiques, littéraires. Mais attention, nous serons implacables sur le respect de la parole donnée.

Mais vous vous êtes fâchés avec tout le monde à gauche…

Je veux être clair sur un point : ce n’est pas moi qui suis fâché avec eux, ce sont eux qui sont anti-mélenchonistes du matin au soir. Ce sont eux qui ont comme seul programme d’être anti-LFI. Ce n’est pas moi qui suis anti-écolo ou anti- communiste. Qui les a fait élire? En 2022, ce sont les Insoumis qui ont proposé de faire la Nupes alors que le PS était à 1,7%. Nous avons créé des candidatures uniques dans chaque circonscription, ce qui était sans précédent dans l’histoire de la gauche. Et nous avons recommencé en 2024 avec le Nouveau Front populaire. On me le reproche parfois !

Vous proposez un accord législatif aux écologistes et aux communistes. Les deux formations n’ont pourtant pas l’intention de vous soutenir…

Il faut un peu de patience. Chez les écologistes, certains disent déjà que, si la primaire ne fonctionne pas, ils seraient prêts à négocier un “accord honorable” avec les uns ou les autres. Nous sommes prêts à nouer cet accord. Du côté des communistes, leur congrès du mois de juillet éclaircira les choses. Aucun texte présenté ne dit explicitement qu’il faut un accord avec LFI, mais on y parle d’un “pôle de la radicalité”. Ça n’existe pas sans nous. Il faut néanmoins respecter les discussions internes et attendre que les situations se décantent. Notre objectif n’est pas d’absorber d’autres forces. Il est mieux qu’elles existent par elles-mêmes et qu’elles puissent convaincre dans leurs milieux. Un bon usage de Mélenchon vaut mieux que le suicide anti LFI.

 

 

 

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13 mai 2026

MELENCHON 2027 (5)

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11 mai 2026

MELENCHON 2027 (4)

 

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