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14 octobre 2026

MELENCHON 2027 (12)

 

ON CONTINUE ! 

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Tout pouvoir redoute les révoltes

de la jeunesse.

 

Interview de Jean-Luc Mélenchon  publiée pour le groupe Centre Presse le 9 octobre 2026.

 

 

Quelle tonalité souhaitez-vous donner au meeting de Clermont-Ferrand ? 

Disons qu’elle m’est imposée par les circonstances. Je vais y présenter ma vision des événements dans lesquels nous sommes plongés avec la révolte générale de la jeunesse et la jonction de ce mouvement avec le syndicalisme salarié. Je n’imagine pas cette campagne présidentielle comme le simple énoncé d’un programme, mais surtout comme un choix des principes de vie en société. Cette méthode nous a déjà permis d’acquérir une capacité de rassemblement qui surprend les commentateurs. Dans les analyses fournies à propos de notre succès, on parle de qui nous sommes, comment nous agissons, comment nous faisons campagne, nos capacités techniques à faire campagne… Beaucoup voient bien que nous sommes toute une équipe, au contraire de tous nos concurrents. Mais ce n’est pas ça la leçon essentielle de nos succès. Elle est ailleurs, dans la réponse à la question : dans quel état d’esprit est le peuple français. Que se passe-t-il dans la société dont nous sommes l’écho ? Aussi bien quand des jeunes acclament les députés Insoumis qui viennent les voir dans leur faculté ou leur lycée, ce qui est sans précédent. Ou quand des milliers de personnes viennent à une de nos réunions. Il existe une exaspération à l’égard du pouvoir macroniste. Il a fait naître un sentiment de malaise général devant sa manière de représenter la France. Et aussi sa façon de piétiner des valeurs fondamentales qui animent notre pays, comme le goût pour une société d’entraide, le goût de la solidarité, le dégoût pour l’arrogance de l’extrême richesse.

Au début, ce meeting était prévu dans une série de meetings thématiques. Et il est devenu, un peu par la force des choses, un meeting d’affirmation des principes fondateurs de cette France là. 

Vous parlez d’exaspération mais vous savez que cette exaspération peut aussi s’exprimer dans un vote RN.

En effet, l’exaspération va aussi vers le Rassemblement national. Mais moins qu’on le dit. Et je fais partie des gens qui ne croient pas à l’évaluation qui est donnée de son influence ni à l’écart qui nous sépare de Madame Le Pen. Déjà la dernière fois, sur les mêmes bases, avec le même écart annoncé par les sondeurs, à un point près, nous l’éliminions du deuxième tour. Oui, il y a une compétition et il faut l’assumer. Mais il n’est pas question de faire une campagne seulement pour effrayer. Ou de renoncer à toute idée qui pourrait ici ou là déplaire à telle ou telle catégorie sociale. Je crois que c’est le contraire. C’est par la fidélité à la radicalité, qui est propre au peuple français, que l’on peut battre Madame Le Pen. Les Français vont voir en quoi ce qu’elle propose, ce n’est rien d’autre qu’un alignement sur la fraction la plus dure du capital financier en France. Elle vient de le montrer avec son projet budgétaire. Il faut évidemment que le peuple français en prenne conscience, c’est cela l’enjeu. Je ne crois pas qu’il soit raciste, xénophobe ni qu’il aime l’autoritarisme. Il faut nous battre pour notre vision de la société en tant que société d’entraide et non société de discriminations basée sur la fragmentation religieuse, culturelle, de couleur de peau et toutes ces choses qui divisent et nous affaiblissent. D’ailleurs une nouvelle France est là, tellement ouverte et disponible pour le « tous ensemble ». 

Le Premier ministre vous accuse de chercher à “bordéliser” le pays et d’instrumentaliser le mouvement lycéen et étudiant. 

C’est tellement politicien ! Et tellement banal ! Chaque fois qu’il y a eu une révolte d’ensemble de la jeunesse le pouvoir crie au complot. Tout pouvoir redoute les révoltes de la jeunesse. Et comme il ne peut pas reconnaître ses erreurs, ses manques, sa vision du destin qu’il réserve aux jeunes, alors il lui faut inventer des complots. Tout ça est ridicule. D’abord on ne voit pas comment créer du désordre pourrait nous favoriser électoralement ! On connaît assez notre pays pour le savoir ! Ensuite, personne n’est capable d’organiser une action de cette ampleur. D’une manière générale, quand la société se met en mouvement c’est parce qu’elle a des raisons de le faire et c’est donc sur ces raisons qu’il faut s’interroger.

Aujourd’hui c’est une crise politique globale. Et nous sommes la seule force politique déployée sur le terrain qui va au contact de la jeunesse, qui discute, qui soutient et qui se met en protection contre la sauvagerie policière. Donc oui, LFI bénéficie de beaucoup de sympathie. Et puis il y a un fait : les revendications que présentent les jeunes gens sont dans notre programme depuis… 2017 ! Nous savons depuis longtemps ce qui ne va pas. Le gouvernement est tellement dans le déni qu’il n’a rien vu venir. Et quand c’est arrivé, il n’a rien fait pendant plus de 10 jours. Il espérait que le mouvement s’étoufferait tout seul, que la violence policière ferait tellement peur que tout le monde rentrerait dans les rangs. Rien de tout ça ne s’est passé. Et maintenant avec ses atermoiements et son absence, le pouvoir a réussi quelque chose qu’on ne pouvait imaginer : créer lui-même la conjonction des deux calendriers : celui du mouvement de la jeunesse avec ses revendications et celui de la discussion budgétaire à l’Assemblée nationale. Ils ont donc créé toutes les conditions d’une crise politique globale. Car dans ce contexte, qui va refuser de voter avec nous la censure de ce gouvernement ? 

Nous accusons le gouvernement d’utiliser la  violence « sans retenue » selon le mot du Ministre de l’Intérieur. La Terre entière diffuse des images de ce policier qui tire à bout portant sur un jeune, de cet autre qui maintient quelqu’un la tête sous l’eau. Ce ne sont pas seulement les Gilets jaunes qui ont été mutilés, éborgnés, envoyés par milliers dans les tribunaux et condamnés à des peines de prison ferme : ce sont des milliers de jeunes qui ont été violentés, interpellés et mis en garde à vue. C’est déjà plus que lors de Mai 68. C’est d’une violence absolument démesurée. Je regrette que le système d’information en continu banalise tout cela, comme si c’était dans l’ordre des choses. À la place des revendications des jeunes, des plateaux de télé discutent des images de poubelles qui brûlent !

Vous voyez des ressemblances avec Mai 68 ? 

Ce n’est jamais comparable. Mai 68 intervient dans une période d’expansion économique. Ça change tout. Un élan existait là où l’on voit aujourd’hui une déprime générale. Et politiquement il y a un facteur absolument nouveau : ce sont les lycéens et les étudiants ensemble dans l’action, soutenus dès le départ par les confédérations syndicales et tous les syndicats de l’enseignement. Cette conjonction totale n’a jamais existé avant. Ce point de départ est plus large, plus profond et plus rassembleur que celui de Mai 68. Dans le Mai 68 des étudiants, il y avait toute une série de revendications de caractère libertaire touchant le mode de vie. Aujourd’hui, il y a un malaise existentiel immense et les revendications se concentrent sur des aspects très concrets. « Parcoursup » surplombe tout. Il pourrit la vision de l’avenir des jeunes. Là est la racine de leur révolte et de leur déprime. Comme en 1968, c’est vrai, vous avez un pouvoir avec un Président qui ne sait plus quoi faire. Mais la gestion de la police était totalement maîtrisée. Cela n’avait rien à voir avec celle d’aujourd’hui, avec sa violence, sa brutalité et son arrogance.

Comment pratiquer la conflictualité que vous avez théorisée tout en espérant rassembler et élargir votre socle électoral, qui agrège peu de retraités ou d’agriculteurs par exemple ?

Un débat sans conflictualité, mais qu’est-ce que ça peut bien être? Le mot conflictualité a été surchargé parce que Monsieur Bayrou en a donné une description brutale qui correspond à l’idée que se fait la démocratie chrétienne en France de la politique. C’est-à-dire un exercice complètement aseptisé, où les dominants font baisser le ton aux dominés. Là on ne traite jamais aucun sujet en allant jusqu’au bout : il faut que tout soit vrai « en même temps ». Je ne suis pas étonné qu’Emmanuel Macron ait été soutenu par Monsieur Bayrou, qui l’a fait gagner. Précisons le mot conflictualité. Je l’entends au sens philosophique, c’est-à-dire celui donné au VIe siècle avant notre ère par le philosophe Héraclite qui disait « le conflit est le père du futur”, c’est-à-dire que la réalité est toujours contradictoire et qu’elle est à la fin le résultat de ces contradictions. Renoncer au clivage quand on est de gauche signifie renoncer à la pensée de gauche elle-même, qui est une pensée d’émancipation, c’est-à-dire de lutte contre les dominations et donc de leur dénonciation.

C’est intrinsèquement lié au programme de la gauche, à sa vision sur le monde. Certains répètent des vieux concepts complotistes : c’est LFI qui organise les révoltes de la jeunesse, c’est LFI qui met du conflit partout. Comme si ce n’était pas la vie qui mettait le conflit partout ! Comment régler les conflits ? Avec des mesures qui permettent radicalement de régler le conflit. Je pense que c’est précisément parce que nous tranchons les questions et parce que nous appelons à les affronter que nous sommes populaires. Personne n’a l’air de se demander comment le candidat le plus âgé est le personnage favori des plus jeunes, ni pourquoi tant de gens de tous milieux sont de notre avis. Les français n’aiment pas tant que cela ce qui est flou et mou. Nous sommes carrés comme beaucoup d’entre eux !

Vous parlez des retraités. La campagne ne fait commencer, donc je me sens assez libre de mes mouvements et je pense qu’il n’y a pas d’autre façon de convaincre que d’entreprendre. Ce qui me paraît le plus fascinant dans ma situation actuelle, ce n’est pas notre succès, c’est la disparition de la droite. Il n’y a plus de droite en France. Il reste quoi ? Un « extrême centre » plutôt collé aux principes d’action et aux grandes idées de l’extrême droite sur la discrimination sociale, le culte de l’argent, et l’indifférence à la pauvreté ou à la vie chère. 

Le vrai sujet, c’est maintenant que le néolibéralisme est mort à l’échelle internationale. Monsieur Trump y a mis un terme avec ses droits de douane. Mais quelle est la vision de rechange ? Il n’y en a plus, aucune, nulle part. Ma vision, on la connaît  : le partage, la société de l’entraide, le rééquipement général de la France. Pour les autres, c’est « on part plus tard à la retraite et les coupes dans les budgets publics ». Ce n‘est pas une vision du monde, c’est un exercice comptable cruel et mesquin. 

Pour beaucoup de ménages, faire ses courses, chauffer, se déplacer… Le quotidien devient de plus en plus compliqué à assumer. Quelles mesures concrètes contre la vie chère proposez-vous ? 

Dans ce pays, il existe un état d’urgence pour les libertés publiques lorsque le pouvoir estime que les manifestations vont trop loin. Mais quand une masse de la population représentée par 11 millions de personnes passe en dessous du seuil de pauvreté tel qu’il est défini, quand il y a un million de personnes de plus à l’aide alimentaire, il n’est pas prévu de devoir agir d’urgence. La première chose à faire, c’est de reconnaître l’état d’urgence sociale et, à partir de là, sous autorisation du Parlement, de prendre des mesures immédiatement, en annulant tous les délais d’exécution qui, le reste du temps (à titre légitime), existent.

Lesquels ?

Par exemple bloquer les prix. Le gel des loyers, le gel du prix des carburants, de l’électricité et du gaz. La convocation extraordinaire de négociations obligatoires pour pouvoir rétablir un ajustement entre les paies et le niveau du coût de la vie, le blocage des marges. Voilà des mesures très concrètes pour redonner de la respiration à la population alors que nous sommes entrés en récession et que, l’année prochaine, la situation va s’aggraver. De telles mesures sont urgentes car les gens sont en train de s’enfoncer dans la misère. 

Votre programme économique n’est pas sans inquiéter certains milieux quant à la hausse des dépenses publiques générées dans un contexte d’endettement.

Il y a deux manières de voir la politique économique. Je rappelle qu’en 2022 on m’accusait de vouloir faire 100 milliards d’euros de dette. Ils ont fait 1 200 milliards de dette ! Ces gens ont échoué lamentablement et maintenant ils viennent encore donner des leçons. Ma politique, c’est celle de la demande, celle des besoins humains à satisfaire. Mon plan, c’est la relance écologique et sociale. La relance remettra l’activité de notre pays en mouvement et remplira les poches des gens et des caisses de l’État. Leur politique est la même depuis des années. Dès qu’on donne un sou à quelqu’un, ils disent « ah ça va coûter »… Le prix du bonheur est toujours excessif pour les dominants. Et le prix du malheur est toujours une fatalité sans importance pour eux. Exemple : ils veulent baisser les dépenses de santé, mais pas un, dans ces milieux bien inspirés, ne propose d’abaisser le nombre des malades en réglant les conditions écologiques sources de maladies et en développant la prévention. Pas un seul de ces « économistes » n’intègre la population comme une réalité humaine, ayant des problèmes d’êtres humains. Donc je ne les prends pas au sérieux. Ces gens sont définitivement dépassés. Ils ont ruiné le pays pour enrichir une poignée de milliardaires.

Votre pronostic pour la primaire sociale-démocrate ? 

Je ne m’en mêle pas, par principe. C’est un courant politique en état d’asphyxie, qui s’est montré incapable de se renouveler. Les personnes qui sont dans cette primaire sont des personnes de qualité, certains un peu vulgaires bien sûr, mais de qualité. Mais comment des gens aussi compétents peuvent-ils être aussi faibles quant aux propositions et aux idées ? Ils vivent dans un monde social qui n’existe plus. Le compromis social à la forme sociale-démocrate est terminé parce que le monde de l’entreprise a totalement changé. La finance ne négocie pas. En revanche, ma méthode du compromis social avec la planification et le système des aides qui viennent en recevant des contreparties pour la société permet à la société de faire prévaloir ses exigences écologiques sociales. Mais il faut accepter l’idée du retour de l’État. Ne pas simplement croire que le mécanisme spontané du marché va remettre notre économie d’aplomb. Parce qu’il ne le fera pas. Il détruira davantage. Les sociaux-démocrates continuent de croire que le marché est le meilleur régulateur de l’activité humaine. Ils se vouent à l’impuissance et à la compromission dans le cadre des grandes coalitions à l’allemande.

Quelle est votre vision de ce que doit être un Président, que ce soit sur la scène intérieure ou internationale ?

Je ne vous ferai pas l’offense de citer la Constitution. Jusqu’à ce qu’on passe à la 6e République, elle sera respectée. Quant à la scène internationale, je pense être bien préparé à comprendre ce qu’il s’y passe puisque cela fait des décennies que je suis son actualité avec intérêt. C’est l’une des passions de ma propre vie intellectuelle. J’appliquerai une méthode inspirée de ce que faisaient le général de Gaulle ou le président Mitterrand : notre souveraineté avant tout. Certes, nous sommes dans une autre disposition du monde, mais j’appliquerai un principe gaulliste : parler avec tout le monde. Quels que soient les gouvernements – toujours temporaires – on n’oublie jamais que l’on parle à des nations et à des peuples. Ma politique est le non-alignement et le primat du droit international. Je m’y tiendrai et nous en finirons avec la politique macroniste titubante et illisible du deux poids, deux mesures et parfois du silence devant l’inadmissible comme pour Gaza.

 

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 NPA

 

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07 octobre 2026

MELENCHON 2027 (11)

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Hallucinant. Face à la menace fasciste, face au parti de la haine fondé par des nostalgiques du IIIè Reich, il ne devrait y avoir aucune hésitation ; pas une seule heure, pas une seule minute, pas une seule seconde, pas un seul dixième de seconde. Il faut battre politiquement le RN et l'empêcher de s'installer au pouvoir pour mettre en œuvre ses politiques nauséabondes, point à la ligne.

Il n'y a donc pas de mots devant l'attitude de ces gens qui se disent "progressistes" ou "humanistes", mais qui annoncent tranquillement qu'ils "hésitent" (!), et qu'ils pourraient le cas échéant voter pour la "bête immonde".

Au motif, par exemple et pour ce qui concerne le sieur Geluck et ses amis de la "gauche" parisienne, que Mélenchon leur "donne des boutons" (sic). Cela en dit long sur notre époque de décomposition systémique et de débâcle intellectuelle du petit monde médiatique des faiseurs d'opinion... 

 

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Rappelons qu'une élection est une occasion de poser un choix citoyen clair, de voter pour un programme et un projet politiques déterminés. Il ne s'agit pas d'un concours de beauté ou d'un hit-parade, ni de prendre une décision (qui impactera tout un peuple) "au doigt mouillé". Il s'agit de prendre ses responsabilités, en toute connaissance de cause !
 
Pour s'informer, si ce n'est déjà fait : ⬇️
 
 

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13:25 Publié dans Blog, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

20 septembre 2026

UN APPEL

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Parce qu’aucune démocratie n’est à l’abri du recul. Parce qu’aucun pays n’est immunisé contre l’habitude du pire.

Face à la montée de l’extrême droite, restons debout

Partout en Europe, les digues cèdent et l’Europe bascule à nouveau sur son versant obscur. Aujourd’hui, en Italie et en République tchèque, des gouvernements d’extrême-droite sont au pouvoir. En Finlande, en Suède et en Slovaquie, ces forces participent aux coalitions. Aux Pays-Bas, en Allemagne, en France, en Pologne, en Espagne ou au Portugal, leurs partis s’imposent dans l’espace public, réécrivent l’imaginaire collectif et pourraient se retrouver bientôt au pouvoir.

ET CHEZ NOUS ?

En Belgique, on se rassure souvent trop facilement : le cordon sanitaire qui sépare la démocratie de ses ennemis résiste tant bien que mal. Mais au nord comme au sud du pays, un phénomène plus sournois se répand : les idées et les réflexes de l’extrême droite infiltrent de plus en plus la parole politique, médiatique et sociale.

Un danger se dessine : celui d’une évolution lente et progressive des idées, des langages et des postures. Ce n’est plus la conquête frontale, c’est la banalisation : celle des mots, des peurs, des amalgames. Il ne s’agit plus seulement de discours marginaux, mais d’un glissement idéologique qui se normalise à petits pas, au sein des familles politiques traditionnelles et de l’opinion publique.

À force de reprendre les thèmes, les peurs et les provocations que l’extrême droite affectionne — stigmatisation des plus vulnérables, suspicion envers les étrangers, relativisation des droits humains, dénigrement du travail journalistique, fascination pour les hommes forts —, cette dérive s’installe dans le silence : un glissement fait de provocations et de mots piégés qui redessinent peu à peu notre cadre mental.

Nous refusons cette contamination démocratique.

C’est pourquoi nous lançons un appel à la création d’une plateforme de vigilance démocratique : un espace libre, pluraliste et indépendant, rassemblant citoyennes et citoyens, journalistes, chercheuses et chercheurs, artistes, enseignantes et enseignants, syndicalistes et acteurs de la société civile, déterminés à agir comme sentinelles.

Nous voulons

 

  • Observer et alerter sur les tentatives de normalisation de l’extrême droite et de ses thèmes.
  • Dénoncer les déclarations, actions ou politiques qui portent atteinte aux principes démocratiques fondamentaux.
  • Soutenir les médias, les chercheuses et chercheurs et les voix libres qui subissent la pression ou le discrédit.
  • Mobiliser, dans chaque ville et chaque espace public, et raviver la conscience citoyenne afin que la mémoire, l’intelligence collective et la dignité humaine restent au cœur de notre volonté.

Nous le devons à notre histoire, à ceux qui ont lutté avant nous contre le fascisme et la haine, et à celles et ceux qui, aujourd’hui encore, croient à une Belgique ouverte, solidaire et libre.

Parce que la démocratie meurt souvent non de coups de force, mais d’habitudes consenties. Parce qu’il n’est pas trop tard pour agir, mais trop tard pour attendre.

Qui sommes-nous ?

Quelques personnalités indépendantes issues d’horizons et de sensibilités diverses : audiovisuel, culture, juridique, associatif.

Nous n’avons pas la volonté de créer une association supplémentaire. Et nous saluons la mobilisation des organisations qui se battent déjà au quotidien pour préserver la démocratie en Belgique. Nous nous voyons comme des lanceurs d’alerte, des catalyseurs qui visent à amplifier les actions du vaste réseau de personnalités, d’associations et d’ONG qui défendent l’État de droit et nos libertés fondamentales.

Nous voulons toucher le public et redonner espoir à tous ceux que la dégradation de nos libertés inquiète et révolte. Nous voulons permettre à tous de peser concrètement et collectivement sur les actes qui portent atteinte à notre démocratie, et nous savons que nous pouvons y arriver.

Comment agir ?

Face à l’état de sidération qui affecte beaucoup de démocrates, nous entendons agir en tant qu’autorité morale indépendante et pluraliste — pas seulement pour réfuter ou dénoncer les élans liberticides à l’œuvre, mais aussi pour les déconstruire et porter un discours alternatif rassembleur, fondé sur les aspirations démocratiques.

Nos actions prendront toutes les formes utiles : campagnes publiques, interpellation des responsables, soutien d’actions en justice, pétitions, rassemblements, manifestations, conférences, forums — comme nous l’avons fait lors de la lecture, par une cinquantaine de journalistes de tous horizons, des noms des 212 journalistes tués à Gaza, ou de la lecture publique, par près de 200 acteurs culturels, des noms de plus de 9 000 enfants parmi les plus de 19 000 tués à Gaza.

Nous appelons toutes celles et ceux qui refusent le repli, la haine et la peur à nous rejoindre. Pour défendre la liberté, la solidarité, et l’idée même d’un humanisme partagé.

 

POUR SIGNER →

https://futurs.be/l-appel/

14:50 Publié dans Blog, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | |

20 juillet 2026

Ernest Mandel, 1923- (20 juillet) 1995

Ernest Mandel nous a quittés il y a 31 ans, victime d’une crise cardiaque.


Il était une figure majeure des "marxismes" du "court" et tumultueux XXème siècle.


Un militant, un internationaliste, un théoricien, certes. 


Mais aussi un homme profondément jovial qui avait la camaraderie chevillée au corps, un humaniste révolutionnaire qui se situait dans la tradition des "Lumières", un volontariste que ne rebutait pas les innombrables obstacles dressés par les tenants de l'ordre du Capital ! 


Un indécrottable "optimiste" ont souvent ajouté avec ironie et condescendance les sceptiques professionnels.


Oui, Ernest était convaincu que l'"émancipation humaine" était un combat de longue haleine qui finirait par aboutir. Oui, il considérait le "socialisme/communisme" comme la seule issue rationnelle à la barbarie de notre époque capitaliste. Oui, il était persuadé que cette "utopie concrète" se matérialiserait à l'avenir. Oui, il avait pleinement confiance dans les mouvements de masse et leurs capacités d'auto-organisation.


Bien sûr, la réalité lui a donné tort jusqu'ici. Bien sûr, l'actuelle "catastrophe écologique" assombrit encore un peu plus le futur des espèces vivantes, parmi lesquelles la nôtre ! Bien sûr, le rouleau compresseur du capitalisme globalisé et ″internetisé″, la droitisation et l’extrême-droitisation des champs politiques, la dégradation des rapports de forces au détriment des peuples, n’annoncent absolument rien de bon !


Le monde semble ″bien″ parti pour mal finir.


Mais à moins de se résigner et de se réfugier dans l’individualisme, l’insoumission et la lutte restent la seule voie. Même si les modes d'action et les objectifs doivent être ajustés en tirant les enseignements du passé, en intégrant les spécificités du "capitalisme financier globalisé", en assimilant lucidement les répercussions d'une société "numérisée" de contrôle social généralisé, en appréhendant pleinement le renforcement des États et leur fascisation...


¡Hasta la Victoria Siempre!

 

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08 juillet 2026

MELENCHON 2027 (10)

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Anticapitalistes et antifascistes.
En campagne pour battre l’extrême droite par nos luttes et dans les urnes, pour la victoire de notre camp social !

 

Afin de définir sa position pour les présidentielles 2027, une Conférence nationale du NPA-l’Anticapitaliste s’est réunie le 27 juin 2026. Elle a réuni ses délégué·e·s, représentant les militantes et militants du NPA-l’Anticapitaliste qui ont débattu et voté dans les assemblées générales réunies dans le courant du mois du juin.

Un système à bout de souffle

Le système capitaliste menace l’existence de l’humanité tout entière. Ce système est le premier responsable de la crise climatique. Les capitalistes exigent toujours plus de reculs sociaux, toujours plus de perfusions d’argent public pour redresser leurs profits. Ils poussent maintenant à l’expansion sans fin des dépenses militaires et à la multiplication des guerres impérialistes contre les peuples.

Les dirigeant·e·s à leurs services, tout particulièrement Emmanuel Macron, sont discréditéEs et leurs politiques sont massivement rejetées par les travailleur·e·s et les jeunesses. Mais d’autres, plus dangereux encore, se proposent de les remplacer. Avec le soutien de pans entiers du patronat, l’extrême droite, les organisations néo-fascistes, progressent partout sur la planète. C’est l’expression politique de la radicalisation de la bourgeoisie. Lorsqu’elle parvient au pouvoir, non seulement l’extrême droite persécute les immigré·e·s, les personnes racisées, les LGBTI+, non seulement elle s’attaque aux droits des femmes, aux libertés d’organisation et d’expression, mais elle amplifie également l’offensive contre l’ensemble des travailleur·e·s et de leurs organisations au seul profit du capital. 

En France, le macronisme est en échec, et la droite a des difficultés à se recomposer. Elle cherche à le faire en se rapprochant de plus en plus des thèses de l’extrême droite. Une polarisation croissante entre le RN et la gauche antilibérale traduit les contradictions explosives qui sont latentes dans la société.

De nombreuses luttes s’opposent frontalement aux classes dominantes et à leurs politiques : luttes écologistes contre les grands projets nuisibles et imposés, luttes féministes, antiracistes, LGBTI+, contre les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes et aux enfants, luttes des quartiers populaires, luttes des travailleur-euses pour défendre nos retraites, l’assurance chômage, la santé, la Sécurité sociale... Mais elles peinent à obtenir des victoires face à un pouvoir plus déterminé que jamais à préserver ses intérêts.

Le danger de l’extrême droite

Pour les militantes et militants du NPA-l’Anticapitaliste, l’élection présidentielle de 2027 et les législatives qui suivront ont une importance majeure, puisque pour la première fois le Rassemblement national est en capacité de l’emporter. La situation est d’autant plus grave que la constitution antidémocratique de la 5e République offre d’innombrables possibilités au Président pour imposer un pouvoir autoritaire.

Après s’être dotée, grâce aux médias contrôlés par les milliardaires d’extrême droite, des moyens d’imposer son hégémonie dans la société, après avoir acquis de nombreux sièges à l’Assemblée nationale et dans les municipalités, l’extrême droite fascisante de Bardella et Le Pen pourrait ainsi mettre la main sur l’appareil d'État et acquérir le contrôle de la police, de l’armée et des institutions judiciaires. Il s’agit là d’un péril majeur pour les exploitéEs et les oppriméEs, pour le monde du travail et pour les raciséEs, les femmes, les personnes LGBTI+ et les minorités de genre dont l’extrême droite est le pire ennemi. C’est aussi l’assurance de poursuivre et aggraver la course au basculement climatique. Toutefois, nous savons depuis la victoire électorale du NFP que le pire n’est jamais sûr et qu’il est possible de battre et de faire reculer l’extrême droite et ses idées mortifères.

Un front unique antifasciste

Réussir cet objectif n’est possible que si nous parvenons à réunir, le plus largement et le plus démocratiquement possible, l’ensemble du mouvement ouvrier et en particulier la gauche de rupture. Nous devons construire un front antifasciste capable de mobiliser les classes populaires afin de mettre en échec la marche du Rassemblement national sur l’Élysée. C’est pourquoi le NPA-l’Anticapitaliste appelle dès maintenant l’ensemble des militantes et des militants du mouvement social et syndical, de la gauche, des révolutionnaires et des écologistes à se mobiliser et à constituer, partout où c’est possible, des fronts d’action antifascistes, des comités contre l’extrême droite dans l’unité la plus large. Ces cadres de résistances seront indispensables quel que soit le résultat des prochaines élections. À ce titre, il faut ancrer cette politique dans la durée.

Construire la résistance à l’extrême droite est une préoccupation largement partagée dans des cadres locaux, des comités contre l’extrême droite, des secteurs intellectuels (CRACS), artistiques (« Dégager Bolloré », cinémas indépendants), des médias indépendants. Mais aussi par des secteurs militants dont nous sommes partie prenante : féministes, antiracistes, en défense des droits des personnes LGBTI+, écologistes, militant·e·s contre les grands projets nuisibles et imposés, et bien sûr les militant·e·s des organisations syndicales. Toustes partagent l’inquiétude du danger de l'extrême droite et œuvrent à des regroupements, comme celui du 13 juin initié par ATTAC, Copernic et Solidaires, pour une campagne antifasciste du mouvement social. Les militant·e·s du NPA-l’Anticapitaliste participent pleinement à un certain nombre de ces cadres qui seront nécessaires pendant et après les échéances électorales. Nous sommes convaincuEs  que c’est aussi sur ce terrain électoral que doit se mener la lutte contre l’extrême droite.

Le NPA-l’Anticapitaliste mènera une campagne en propre avec des meetings, des réunions publiques, du matériel, pour porter la nécessité de ce front unique antifasciste.

Une candidature de rassemblement pour répondre à l’urgence sociale et écologique

Le NPA-l’Anticapitaliste n’a pas d’intérêts distincts de ceux de notre camp social : dans la situation politique actuelle, l’heure est à l’unité et non à la division pour porter un programme de rupture avec le libéralisme. Dans ce contexte, le NPA-l’Anticapitaliste ne présente pas de candidature à l’élection présidentielle, participe à la construction d’un front antifasciste large et œuvre à une candidature de rassemblement de la gauche de rupture.

En regrettant l’absence actuelle de dynamique de front social et politique large, comme cela avait pu s’amorcer au moment du NFP, le NPA-l’Anticapitaliste fait le constat qu’à l’heure actuelle, la candidature de Jean-Luc Mélenchon est la mieux à même de rassembler les votes des classes populaires pour permettre à la gauche d’affronter l’extrême droite dans les urnes. 

Nous agirons ces prochains mois pour la réussite de cette campagne. Nous engageons des discussions pour trouver un accord avec LFI et l’ensemble des organisations et courants de la gauche de rupture souhaitant s’inscrire dans la campagne Mélenchon. Un tel accord doit donner des garanties à l’ensemble des forces pour qu’elles y trouvent leur place. La FI propose de mettre en place un comité politique et la constitution de comités de campagne à partir de ses groupes d’action. Tout en conservant son indépendance politique et organisationnelle, le NPA-l’Anticapitaliste propose de construire avec l’ensemble des forces parties prenantes à cette campagne, des cadres d’actions et de décisions collectives et démocratiques, et ce, à l’échelon local comme national. Nous agissons pour que ce processus intègre l’ensemble des forces qui avaient constitué un front social, politique et unitaire en 2024, notamment les organisations du mouvement social et syndical, ainsi que les forces et militantEs révolutionnaires. Ces éléments sont essentiels dans la construction d’une dynamique militante et rassembleuse capable de barrer la route au Rassemblement national et de porter un espoir de changement pour des millions de personnes. La campagne doit permettre de mettre en mouvement notre camp social, de faire le lien entre les secteurs combatifs, de faire converger nos revendications pour s’affronter aux classes dominantes et faire face au danger de l'extrême droite sur le terrain comme dans les élections.

À l’issue des discussions qu’il mènera prochainement avec LFI et les organisations et courants de la gauche de rupture, le NPA-l’Anticapitaliste décidera des formes de son engagement dans la campagne et des modalités de son soutien à cette candidature. 

Unitaires, internationalistes et révolutionnaires

Le NPA-l’Anticapitaliste s’engage pleinement, dans la rue comme dans les urnes, dans la lutte antifasciste qui va s’ouvrir avec la campagne présidentielle.

Dans cette séquence politique et sociale, le NPA-l’Anticapitaliste continuera à faire entendre sa voix unitaire et révolutionnaire, son internationalisme pour l’autodétermination des peuples et ses aspirations à la démocratie la plus large. Nous continuerons à construire avec d’autres les luttes sociales, antiracistes, féministes, écologistes, internationalistes et contre toutes les oppressions. 

Le programme porté par le NPA-L’Anticapitaliste s’inscrit dans le Manifeste pour une révolution écosocialiste de la IVe internationale. Nous porterons dans les débats programmatiques nos revendications pour un programme de rupture anticapitaliste, notamment : 

  • face à la crise économique, la réquisition des banques, la réduction du temps de travail et l'annulation des dettes publiques ; l’interdiction des licenciements et l’augmentation massive des salaires, le partage des richesses, le 100% sécu, la retraite à 60 ans, le développement et la gratuité des services publics à la hauteur face à la crise, pour un droit au logement digne effectif pour toutes et tous, etc. ; 
  • face à la crise écologique, les transports publics gratuits, l’expropriation des multinationales, la sortie des énergies fossiles et l’arrêt du nucléaire, une décroissance écosocialiste pour sauver la planète et le vivant, car seule une socialisation de la production et de la reproduction sociale décidée par tous et toutes permettra d’éviter la catastrophe ;
  • face à la crise démocratique, la suppression de la fonction présidentielle et la fin de la 5e République avec une assemblée constituante appuyée sur les mobilisations, contre les attaques liberticides et racistes ; pour l’égalité des droits, pour la liberté de circulation et d’installation et la régularisation des sans-papiers, contre les discriminations et l’islamophobie d’État ; pour l’autonomie de la jeunesse ; pour l’émancipation des femmes et des minorités de genre ;
  • face à l’impérialisme et au colonialisme : pour une politique antimilitariste ; pour le droit à l'autodétermination des peuples et pour des solidarités internationalistes, de la Palestine à l’Ukraine, de l’Iran au Venezuela ; pour la décolonisation, à commencer par la Kanaky, et pour l’accession effective à l’indépendance de tous les peuples qui le revendiquent comme les peuples corse et basque.

Sur cette orientation, le NPA-l’Anticapitaliste organisera dès la rentrée une campagne dynamique, avec son matériel (livret programmatique, tracts, affiches, vidéos…) et une série de réunions publiques.

L’Université d’été du NPA-l’Anticapitaliste du 23 au 26 août sera un premier temps fort de débats avec les forces sociales et politiques disposées à construire un front antifasciste large articulé à la bataille présidentielle et législative. 

La victoire de l'extrême droite et de la droite n’est pas inéluctable ! Mobilisons-nous pour redonner l’espoir à notre camp social pour s’affronter aux classes dominantes et à leurs politiques mortifères !

Paris, le 28 juin 2026

 

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17 juin 2026

LA COUPE DU MONDE DE FOOTBALL, REINE DE L’ALIÉNATION IDÉOLOGIQUE.

 

Screenshot 2026-06-17 at 10-14-15 BqMrTgMIUAAc4b_.jpg (Image JPEG 532 × 622 pixels).pngQuino

 
 
 
Le football n’est pas seulement le sport le plus pratiqué et le plus apprécié dans le monde. Il est aussi une formidable machine à fric, avec un chiffre d’affaires global dépassant les 400 milliards d’euros par an. Avec une déferlante publicitaire permanente. Avec le paiement de droits télévisés de retransmission vertigineux. Avec ses grands clubs "valorisés" en bourse et parfois… très endettés. Avec des propriétaires et des actionnaires issus du monde de la finance et de l’entreprise ; avant-hier Berlusconi à Milan ou Tapie à Marseille ; aujourd’hui des investisseurs qataris au Paris Saint-Germain. Avec des joueurs qui gagnent des sommes pharaoniques, à rendre jaloux les patrons les mieux rémunérés des plus imposantes boîtes. Avec son milieu interlope, ses conseillers juridiques, ses managers et autres "agents de joueurs", qui manœuvrent de manière opaque dans les coulisses. Avec des matchs truqués et de dangereuses maffias des paris. Avec son dopage, comme dans tous les sports (il n’y a pas que le cyclisme !). Avec ses coupes du monde achetées et ses coupes d’Europe fort lucratives.
 
Et puis, ce qui reste l’alpha et l’oméga des institutions sportives, la "compétition", parfaitement en phase avec l’ADN du capitalisme. Il doit y avoir des gagnants et il doit y avoir des perdants, les seconds toujours plus nombreux que les premiers ! Place à la lutte de chaque équipe contre ses concurrentes implacables. Place à la volonté de dominer les rivaux. Place à la course éperdue à la victoire et aux succès censés en appeler d’autres. Place à la convoitise des titres et des championnats. Place aux performances et aux records. Place à la gloire et à la reconnaissance.
 
Et, derrière cette lutte permanente pour atteindre le Graal "sportif", d’immenses intérêts financiers ou politiques, une propagande nationale et nationaliste, une instrumentalisation de puissants symboles.
 
Ah, cette ritournelle concernant l’équipe nationale qui serait le dernier "ciment" de la Belgique. Avec Philippe le Premier, Dame Mathilde, le Manneken-Pis, les gaufres et les frites au pickles. Non, peut-être ?
 
Et puis, le football mobilise des bataillons de supporters qui sont aussi des… bataillons d’électeurs ! On se souvient de Jacques Chirac remettant la coupe Jules Rimet à Zinédine Zidane et à ses équipiers tricolores, en 1998, histoire d’entretenir sa "popularité". On se souvient d'Emmanuel Macron, 20 ans plus tard, aux côtés de... Poutine, ravi (et pour cause) des prouesses des "Bleus" et des "bénéfices" qu'il en retirerait.
 
Et la gauche n’est jamais en reste d’un cocorico, souvent opportuniste. Les présidents des partis dits progressistes clament à longueur de journée leur passion immodérée pour le ballon rond, et sur les "réseaux sociaux", le président du PTB n’est pas le dernier à s’extasier devant les victoires "belges", quelle que soit par ailleurs la compétition sportive à la une ! Diable (rouge ou pas) une voix est une voix, même enrouée à force de crier sur des gradins, et il doit être probablement payant sur le plan électoral de s’aligner sur la passion du plus grand nombre !
 
OK, nous disent des contradicteurs agacés, mais cette "passion" n’empêche en rien de s’engager ou de prendre pleinement conscience des contradictions et turpitudes du mode de production capitaliste dans lequel nous vivons ! Un supporter peut être un militant, à moins que ce ne soit le contraire.
 
Le football serait donc un simple exutoire, un moyen d’évasion parmi d’autres, une distraction parfaitement anodine, mais surtout pas un obstacle supplémentaire à la lutte consciente pour changer le monde.
 
Comment peut-on banaliser ainsi ce puissant mécanisme d’aliénation ? Comment peut-on traiter avec légèreté ce qui constitue "le pain et les jeux" des temps modernes, avec ses nouveaux gladiateurs, ses spectateurs avides de sensations fortes, ses empereurs bienveillants ? Qu’ils soient chefs d’État, capitaines d’industrie, milliardaires ou géants de la finance !
 
Les "grands" événements sportifs occupent une place de choix dans la société marchande du spectacle. Dans le capitalisme réellement existant, le sport professionnel n’a rien d’un folklore innocent ou d’un divertissement futile. Il est une véritable machine de guerre idéologique, un levier destiné à consolider les "valeurs" du capital, un élément du dispositif cherchant à coloniser l’imaginaire collectif pour pérenniser la domination ("symbolique") du peuple, au plus grand profit (dans tous les sens du terme) des possédants.
 
Quant à la fable de l'apolitisme du sport professionnel martelée sur tous les tons, elle a définitivement volé en éclats lorsque le président de la FIFA a remis un "prix de la paix" à... Donald Trump !
 
Et, dans ce contexte, le matraquage médiatique ininterrompu ne relève pas d’une programmation fortuite. Ainsi, la RTBF diffuse toutes les rencontres de la coupe du monde, sans exception. Des centaines d’heures de retransmission en direct qui assurément vont "booster" l’audimat et garantir de plantureuses rentrées publicitaires. Un temps d'antenne énorme qui vient d'ailleurs s'ajouter à de multiples autres "événements sportifs" largement relayés dans nos médias : grands prix de formule 1, tournois de tennis, Tour de France, etc.
 
On se prend ici à rêver d’un "service public" qui consacrerait ces centaines (milliers ?) d’heures d’émissions aux catastrophes écologiques ou aux inégalités sociales, par exemple.
 
Mais pas question évidemment de donner trop de matière à réflexion critique aux téléspectateurs et de sacrifier au passage le veau d’or footballistique (sportif) !
 
Circulez, cet été, il n’y a(ura) rien à voir, rien d’autre que du foot ou (bientôt) du cyclisme...
 

08 juin 2026

MELENCHON 2027 (9)


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05 juin 2026

MELENCHON 2027 (8)

 

En route vers les 300.000 parrainages populaires !

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