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30 mai 2023

"BOUQUINAGE" - 254

 

"Il est fondamentalement faux d'opposer la culture bourgeoise et l'art bourgeois à la culture prolétarienne, à l'art prolétarien. Ces derniers n'existeront en fait jamais, parce que le régime prolétarien est temporaire et transitoire. La signification historique et la grandeur morale de la révolution prolétarienne résident dans le fait que celle-ci pose les fondations d'une culture qui ne sera pas une culture de classe mais la première culture vraiment humaine.

Notre politique en art, pendant la période de transition, peut et doit être d'aider les différents groupes et écoles artistiques venus de la révolution à saisir correctement le sens historique de l'époque, et, après les avoir placés devant le critère catégorique : pour ou contre la révolution, de leur accorder une liberté totale d'autodétermination dans le domaine de l'art.

Pour le moment, la révolution ne se reflète dans l'art que de manière partielle, quand l'artiste cesse de la regarder comme une catastrophe extérieure, et dans la mesure où la confrérie des artistes et poètes, anciens et nouveaux, devient une partie du tissu vivant de la révolution, apprend à voir celle-ci non du dehors mais de l'intérieur.

Le tourbillon social ne s'apaisera pas de sitôt. Nous avons devant nous des décennies de lutte en Europe et en Amérique. Non seulement les hommes et les femmes de notre génération, mais aussi ceux de la génération à venir, seront les participants, les héros et les victimes de cette lutte. L'art de notre époque sera entièrement placé sous le signe de la révolution.

Cet art a besoin d'une nouvelle conscience. Il est par-dessus tout incompatible avec le mysticisme, que celui-ci soit franc ou qu'il se déguise en romantisme, la révolution ayant pour point de départ l'idée centrale que l'homme collectif doit devenir le seul maître, et que les limites de sa puissance sont seulement déterminées par sa connaissance des forces naturelles et sa capacité de les utiliser. Cet art nouveau est incompatible avec le pessimisme, avec le scepticisme, avec toutes les autres formes d'affaissement spirituel. Il est réaliste, actif, collectiviste de façon vitale, et empli d'une confiance illimitée en l'avenir."

 

 

 

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19 mai 2023

"BOUQUINAGE" - 243

"Le lendemain matin, j'achetai le Hindmere and District Courier au kiosque à journaux de la gare. C'était là, comme je m'y attendais ; en quatrième colonne, à la une, sous le titre UN “ANGE GARDIEN" SAUVE DEUX ENFANTS. Les guillemets entourant “ange gardien” pour bien montrer que le journaliste conservait une prudente réserve me firent redouter le pire, mais mes inquiétudes s'apaisèrent considérablement au fil de ma lecture. Les journaux régionaux se payent rarement la tête des habitants du cru  — par prudence peut-être —, sauf de certaines personnalités comiques qui ne demandent que ça. Il fallait reconnaître que l'article était bon et objectif, malgré les doutes évidents du reporter. On y devinait aussi par endroits un zeste de franche perplexité, comme si l'auteur avait décidé de passer au crible de la gentillesse la preuve indéniable qu'on se trouvait en l'occurrence aux limites de la folie, et que, par conséquent, il doutait des implications de la preuve en question. Le fameux ange gardien n'apparaissait pratiquement que dans le titre ; le compte rendu donnait l'impression générale qu'il était arrivé à Matthew quelque chose de surprenant, lorsqu'il était tombé à l'eau, mais que personne ne savait trop quoi. N'empêche qu'il s'était courageusement porté au secours de Polly."

 

 

 

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17 mai 2023

"BOUQUINAGE" - 241

 

" Vous connaissez tous ma devise ? Elle est la même que celle des Kennedy : “ne jamais se laisser abattre !” "

 

 

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16 mai 2023

"BOUQUINAGE" - 240

"Il hésita entre le ‘’Tabac du Matin’’ et le self-service situé au rez-de-chaussée de l’Humanité. On pouvait y prendre un café, l’emporter à une table sur un plateau et tout en dégustant le liquide brûlant, s’amuser à reconnaître au passage les grandes signatures du journal, les plus illustres figures du Parti Communiste. Thorez, Duclos, même Aragon venaient ici se restaurer entre deux réunions ou attendre que leur article arrive au marbre."

 

 

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15 mai 2023

"BOUQUINAGE" - 239

"C’était un univers gris et instable, imprécis, composé de courbes changeantes et d’orbites sans cesse déformées. Puis certaines lignes se précisèrent. Des lignes droites. Et, des nuées grises, émergèrent des zones mieux définies, plus sombres ou plus claires. Les lignes séparèrent les zones. C’était un échiquier."

 

 

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14 mai 2023

"BOUQUINAGE" - 238

"C’était le temps et non plus l’homme qui effaçait maintenant la croisée des chemins."

 

 

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13 mai 2023

"BOUQUINAGE" - 237

"Les dieux s'inclinent parfois devant les offenses des humains armés de pouvoirs volés, mais l'heure du châtiment vient toujours..."

 

 

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11 mai 2023

"BOUQUINAGE" - 235

"Un Pnume fit son entrée par une ouverture qui ne se trouvait pas dans le champ de vision de Reith. Les Pnumekin n'y prêtèrent pas attention — ils ne le regardèrent même pas. Le Terrien examina la créature étrangement articulée : c'était le premier Pnume qu'il voyait si l'on exceptait celui qu'il avait fugitivement entr'apercu dans les ténèbres des oubliettes de Pera. Il avait la stature d'un homme et, en dépit de sa volumineuse houppelande noire, il donnait une impression de sveltesse, de fragilité même. Ses orbites disparaissaient dans l'ombre de sa capuche. Son visage, qui avait la découpe et la teinte d'un crâne de cheval, était sans expression ; un ensemble compliqué d'organes de broyage et de mastication entourait une bouche presque invisible. Ses jambes étaient articulées à l'inverse de la jambe humaine et il avançait comme un homme qui recule. Ses pieds nus et étroits étaient mouchetés de marbrures noires et rouges. Ses trois orteils incurvés tapotaient le sol. Comme on pianote avec ses doigts quand on est nerveux..."

 

 

 

 

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