26 septembre 2026
BOUQUINS - BOUQUINAGE [7]
"Une fois abolies l'armée permanente et la police, instruments du pouvoir matériel de l'ancien gouvernement, la Commune se donna pour tâche de briser l'outil spirituel de l'oppression, le pouvoir des prêtres ; elle décréta la dissolution et l'expropriation de toutes les Églises dans la mesure où elles constituaient des corps possédants. Les prêtres furent renvoyés à la calme retraite de la vie privée, pour y vivre des aumônes des fidèles, à l'instar de leurs prédécesseurs, les apôtres. La totalité des établissements d'instruction furent ouverts au peuple gratuitement, et en même temps débarrassés de toute ingérence de l’Église et de l’État."
Karl Marx, La Guerre Civile en France, 1871.

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25 septembre 2026
BOUQUINS - BOUQUINAGE [6]
"Jamais, dans l’histoire du monde, la société ne s’est trouvée emportée dans un flux aussi terrible qu’à l’heure actuelle (…). La presse quotidienne, c’est l’escamotage quotidien."
Jack London, Le Talon de Fer, 1908.

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24 septembre 2026
BOUQUINS - BOUQUINAGE [5]
"La théorisation marxienne de l’État, restée en chantier, se révèle avant tout une pensée en refonte permanente autour de ce qui constitue sa matrice : les institutions étatiques doivent, à travers leurs variantes concrètes, fournir la forme politique de l'organisation économique et sociale du capitalisme. Si ce dernier s'est depuis lors transformé, ses métamorphoses visent à assurer la perpétuation de ses caractéristiques essentielles : l'exploitation du travail et de la nature en vue de permettre une accumulation permanente et de surmonter au moins provisoirement ses crises récurrentes, d'ampleur croissante.
Pour Marx, une forme n'est ni une apparence ni une enveloppe extérieure, elle est ce qui permet à un contenu d'exister et d'agir. Ni simple instrument, ni instance neutre, l’État est pour lui la forme politique que prennent les rapports sociaux capitalistes de production et d'échange, engendrant des contradictions qui interdisent tout équilibre durable.
(...)
L’État est donc pour Marx tout autre chose qu'une superstructure posée sur une base, même s'il a eu recours à cette image, par la suite répétée et durcie en doctrine. A ses yeux, l’État est une construction dynamique, relativement autonome mais toujours ancrée dans les rapports sociaux de production tels qu'ils existent à un moment donné. De ce fait, il est lui-même traversé par les contradictions qu'il a vocation à gérer à l'avantage des classes dominantes : il refaçonne et reformule la lutte des classes dans sa propre grammaire institutionnelle qui, à la fois, les exprime et les matérialise."
Isabelle Garo, Conquérir l’État ?
"Le premier principe de l’État refondé devra être la souveraineté populaire permanente. La révolution citoyenne part d'une insoumission contre la perte de contrôle sur la vie quotidienne et collective. Elle se nourrit d'une prise de conscience de l'origine politique de cette situation.
(...)
C'est elle qu'il faut décliner à toutes les échelles. Pour mieux le dire : il n'y a pas de peuple s'il n'est souverain. La souveraineté du peuple n'est pas une qualité du nouvel État, mais bien sa condition. Pour cela, le peuple doit pouvoir intervenir à tout moment dans les débats et les prises de décisions qui s'y tiennent."
Jean-Luc Mélenchon, Postface.
Isabelle Garo (Coordination), L’État et la révolution citoyenne, 2026.

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23 septembre 2026
BOUQUINS - BOUQUINAGE [4]
"L'homme est à la fois un être solitaire et un être social.
(...)
Les êtres humains ne sont pas condamnés, en raison de leur constitution biologique, à s’anéantir les uns les autres ni à être à la merci d'un destin cruel qu'ils se seraient eux-mêmes infligé."
Albert Einstein, Pourquoi le socialisme ?, 1949.

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22 septembre 2026
BOUQUINS - BOUQUINAGE [3]


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21 septembre 2026
BOUQUINS - BOUQUINAGE [2]
"La littérature au dessus des «querelles idéologiques» ? La littérature sans politique ? Que chacun assume ses responsabilités. Nous sommes en état de légitime défense.
Il faut rompre avec un enchantement surfait. L'art n'est pas extérieur au monde. Il contribue à le faire. (...) Mettre le roman au combat, le sortir de la nombrilisation, stade suprême de la privatisation de l'individu, ce fut je crois mon intention de départ, mon point initial de colère. On criera peut-être au retour de la «littérature engagée», sans trop savoir d'ailleurs si l’engagement littéraire n'est pas une condition même de l'écriture pour qui veut parler de ce qui se passe dans le monde. Ce qui est sûr, excusez du mot, c'est que la littérature est toujours «langagée». Je ne dirais pas avec Barthes que la langue est fasciste, mais que le langage qui façonne l'imaginaire est politique."
Christian Laval, Pestilence, 2026.

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20 septembre 2026
UN APPEL

Parce qu’aucune démocratie n’est à l’abri du recul. Parce qu’aucun pays n’est immunisé contre l’habitude du pire.
Face à la montée de l’extrême droite, restons debout
Partout en Europe, les digues cèdent et l’Europe bascule à nouveau sur son versant obscur. Aujourd’hui, en Italie et en République tchèque, des gouvernements d’extrême-droite sont au pouvoir. En Finlande, en Suède et en Slovaquie, ces forces participent aux coalitions. Aux Pays-Bas, en Allemagne, en France, en Pologne, en Espagne ou au Portugal, leurs partis s’imposent dans l’espace public, réécrivent l’imaginaire collectif et pourraient se retrouver bientôt au pouvoir.
ET CHEZ NOUS ?
En Belgique, on se rassure souvent trop facilement : le cordon sanitaire qui sépare la démocratie de ses ennemis résiste tant bien que mal. Mais au nord comme au sud du pays, un phénomène plus sournois se répand : les idées et les réflexes de l’extrême droite infiltrent de plus en plus la parole politique, médiatique et sociale.
Un danger se dessine : celui d’une évolution lente et progressive des idées, des langages et des postures. Ce n’est plus la conquête frontale, c’est la banalisation : celle des mots, des peurs, des amalgames. Il ne s’agit plus seulement de discours marginaux, mais d’un glissement idéologique qui se normalise à petits pas, au sein des familles politiques traditionnelles et de l’opinion publique.
À force de reprendre les thèmes, les peurs et les provocations que l’extrême droite affectionne — stigmatisation des plus vulnérables, suspicion envers les étrangers, relativisation des droits humains, dénigrement du travail journalistique, fascination pour les hommes forts —, cette dérive s’installe dans le silence : un glissement fait de provocations et de mots piégés qui redessinent peu à peu notre cadre mental.
Nous refusons cette contamination démocratique.
C’est pourquoi nous lançons un appel à la création d’une plateforme de vigilance démocratique : un espace libre, pluraliste et indépendant, rassemblant citoyennes et citoyens, journalistes, chercheuses et chercheurs, artistes, enseignantes et enseignants, syndicalistes et acteurs de la société civile, déterminés à agir comme sentinelles.
Nous voulons
- Observer et alerter sur les tentatives de normalisation de l’extrême droite et de ses thèmes.
- Dénoncer les déclarations, actions ou politiques qui portent atteinte aux principes démocratiques fondamentaux.
- Soutenir les médias, les chercheuses et chercheurs et les voix libres qui subissent la pression ou le discrédit.
- Mobiliser, dans chaque ville et chaque espace public, et raviver la conscience citoyenne afin que la mémoire, l’intelligence collective et la dignité humaine restent au cœur de notre volonté.
Nous le devons à notre histoire, à ceux qui ont lutté avant nous contre le fascisme et la haine, et à celles et ceux qui, aujourd’hui encore, croient à une Belgique ouverte, solidaire et libre.
Parce que la démocratie meurt souvent non de coups de force, mais d’habitudes consenties. Parce qu’il n’est pas trop tard pour agir, mais trop tard pour attendre.
Qui sommes-nous ?
Quelques personnalités indépendantes issues d’horizons et de sensibilités diverses : audiovisuel, culture, juridique, associatif.
Nous n’avons pas la volonté de créer une association supplémentaire. Et nous saluons la mobilisation des organisations qui se battent déjà au quotidien pour préserver la démocratie en Belgique. Nous nous voyons comme des lanceurs d’alerte, des catalyseurs qui visent à amplifier les actions du vaste réseau de personnalités, d’associations et d’ONG qui défendent l’État de droit et nos libertés fondamentales.
Nous voulons toucher le public et redonner espoir à tous ceux que la dégradation de nos libertés inquiète et révolte. Nous voulons permettre à tous de peser concrètement et collectivement sur les actes qui portent atteinte à notre démocratie, et nous savons que nous pouvons y arriver.
Comment agir ?
Face à l’état de sidération qui affecte beaucoup de démocrates, nous entendons agir en tant qu’autorité morale indépendante et pluraliste — pas seulement pour réfuter ou dénoncer les élans liberticides à l’œuvre, mais aussi pour les déconstruire et porter un discours alternatif rassembleur, fondé sur les aspirations démocratiques.
Nos actions prendront toutes les formes utiles : campagnes publiques, interpellation des responsables, soutien d’actions en justice, pétitions, rassemblements, manifestations, conférences, forums — comme nous l’avons fait lors de la lecture, par une cinquantaine de journalistes de tous horizons, des noms des 212 journalistes tués à Gaza, ou de la lecture publique, par près de 200 acteurs culturels, des noms de plus de 9 000 enfants parmi les plus de 19 000 tués à Gaza.
Nous appelons toutes celles et ceux qui refusent le repli, la haine et la peur à nous rejoindre. Pour défendre la liberté, la solidarité, et l’idée même d’un humanisme partagé.
POUR SIGNER →
https://futurs.be/l-appel/
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BOUQUINS - BOUQUINAGE [1]


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