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23 mai 2019

La campagne en folie (13)

 

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Ainsi, le PTB n'a pas participé au «débat des présidents» organisé par la RTBF ce mercredi 22 mai ! Au motif que cette soirée était uniquement réservée aux «présidents» de chaque formation, à l'exclusion de tout autre de leurs représentants... Or, Peter Mertens était déjà l'invité de la VRT pour une confrontation avec Maggie De Block et il était impossible qu'il se dédouble ! Et comme les solutions de rechange proposées -Benjamin Pestieau ou Raoul Hedebouw- ont été rejetées, pas de parti de la gauche radicale à l'antenne !

Quelques esprits chagrins ont rétorqué qu'Ecolo aussi ne dispose pas de «président», ce qui ne l'a pas empêché d'être présent sur le plateau . Sauf que les écologistes, eux, ont... deux présidents, ou plus exactement deux «co-présidents» ! Mais bon sang c'est bien sûr, il eût donc suffi au PTB de disposer du même organigramme et le compte était bon. Pas de chance pour lui toutefois, aucun «co-président» dûment identifié : uniquement un «président» et un... «vice-président» ! Comme le dirait Benoît Poelvoorde : «tu saisis la nuance» ?

Finalement, le grand perdant dans cette histoire un tantinet surréaliste est le «service public», englué dans une curieuse réglementation «sémantique». Pour sa part, l'absent (forcé) a échappé à une médiocre discussion...

Maintenant, si le PTB ne s'obstinait pas à se vouloir «unitariste» dans un «Etat fédéral» et était structuré en deux partis distincts avec leurs propres «directions», cette exclusion (sous ce prétexte fallacieux, en tout cas) n'aurait pu être décrétée ! Mais ceci est un autre débat...

 

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Waterloo morne plaine. Elections morne campagne.

Ces dernières semaines d'avant le 26 mai ont été politiquement désolantes.

Comment s'étonner de l'absence d'engouement populaire face à des partis qui défendent fondamentalement les mêmes programmes ?

Certes, il existe des accents propres à chaque liste et les différentes formations ont leurs spécificités, à l'image des personnalités qu'elles mettent en avant. Mais le positionnement général est le même : pas de remise en cause du capitalisme ; pas de rupture proposée avec l'Union européenne et ses traités régressifs ; pas d'autre voie qu'une fatale austérité, simplement déclinée de différentes manières ; et surtout, tous sont disposés à gouverner les uns avec les autres, au delà d' «exclusives» de façade... pré-électorales !

 

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Bien sûr, les exceptions qui mettent la règle à l'épreuve existent, comme le PTB en Belgique ou les Insoumis en France. Mais les uns et les autres ont beaucoup de difficultés à se faire entendre, dans les médias dominants, et doivent souvent résister à un féroce bashing.

Dimanche, mettons en échec le système en utilisant nos bulletins de vote pour exprimer clairement le choix de la rupture avec l'ordre dominant et ses complices...

 

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calimero.jpgCharles Michel ne ferme pas la porte à la N-VA : «Ceux qui expriment des exclusives sont hypocrites», répète-t-il partout dans la presse.

Il y a cinq ans, son discours était très différent ! Que s'est-il donc passé durant ce laps de temps ? Ah oui, le MR a gouverné avec... la NVA, en dépit de ses promesses pré-électorales tonitruantes, et avant le couac de fin de législature.

Avec à la clé un bilan anti-social et anti-démocratique effarant !

Sans doute doute rêve-t-il de remettre le couvert pour faire plaisir aux puissants qu'il sert avec tant de docilité...

 

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Le 26 mai :

combattre l’hégémonie libérale.

Le point de vue d'Hugues Le Paige

 

HLP.jpg« Parce que je ne peux pas faire confiance à un PS qui promet monts et réformes sans avoir été capable, à aucun moment, d’affirmer une rupture avec ses trente années de social-libéralisme. Parce que je ne veux pas céder à cette éternelle injonction culpabilisante du « sans nous ce serait pire » alors que « le pire », ils en ont fixé les prémisses.

Parce que si je reconnais volontiers le rôle historique d’Ecolo et que je me réjouis du succès que pourront rencontrer les candidats de gauche sur ses listes, je ne peux faire crédit au parti vert, très hétérogène, sur un point fondamental : une réelle transition écologique ne pourra se faire dans le cadre du capitalisme, sauf à se réaliser au détriment des plus faibles déjà victimes de toutes les inégalités.

Parce que précisément, le PTB est la seule formation résolument anti-capitaliste. Et que si le vote PTB est tellement utile à toute la gauche, c’est d’abord en raison des valeurs qu’il exprime sans concession. Au premier rang de celles-ci, l’ÉGALITÉ, sans laquelle il n’y a pas de combat de gauche digne de ce nom. Une forte représentation de la gauche radicale dans les assemblées, c’est une condition indispensable pour combattre l’hégémonie libérale qui traverse les frontières des partis traditionnels et qui, demain, conditionnera peu ou prou toutes les coalitions possibles. Voilà pourquoi à tous ceux qui partagent ces valeurs d’égalité, à quelques heures du scrutin et quelles que soient les divergences que l’on peut avoir avec lui, je veux réaffirmer la nécessité d’un choix sans équivoque : celui du vote en faveur du PTB.»

 

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La Gauche anticapitaliste, membre de la Quatrième Internationale (trotskyste), appelle à voter PTB, non sans se montrer extrêmement critique vis-à-vis de ce parti. Voici sa déclaration :



« Dimanche 26 mai, le paysage politique de la Belgique et du Parlement européen sera profondément redessiné. La longue période de campagne électorale, démarrée avec les communales d’octobre dernier, touchera à sa fin. Pour la majorité sociale de ce pays, le 26 mai sera l’heure de confirmer dans les urnes le message que les mouvements sociaux, au premier rang desquels le mouvement syndical, n’ont pas réussi à imposer depuis 2014.

Jetons un rapide coup d’œil dans le rétroviseur : les années passées sous le gouvernement Michel, avant sa chute lamentable en décembre 2018, ont été marquées par de nombreux reculs, par des ruptures importantes et, plus récemment, par de vraies lueurs d’espoir. En termes de reculs sociaux, sans être complets, rappelons entre autres la non-indexation des salaires et l’imposition d’un gel des salaires pour les années à venir, le recul de l’âge de la pension à 67 ans, les milliards de coupes sombres dans le budget de la santé, reversés sous formes de cadeaux aux patrons avec 2 milliards de nouvelles réductions de cotisations à la Sécurité sociale, la loi Peeters qui a favorisé l’explosion du nombre d’emplois précaires et autres «mini-jobs», les restrictions de l’allocation de garantie de revenu qui ont frappé durement les femmes, le «service minimum» pour affaiblir le droit de grève à la SNCB, etc. Évidemment, aucune de ces mesures n’a pour but réel d’arriver à un «budget en équilibre» ou à l’accès à un emploi de qualité pour tou.te.s. Ce programme de démolition a par contre tout à voir avec l’envie de gaver toujours plus les détenteurs des capitaux de ce pays, actionnaires et grands patrons, et de garantir un profit élevé aux grandes entreprises d’un capitalisme qui cherche un nouveau souffle.

Les éléments de continuité et de rupture se mélangent lorsque l’on compare le gouvernement Michel-De Wever au gouvernement Di Rupo qui l’avait précédé. Tous les paramètres se sont aggravés sous la direction libérale-nationaliste, mais la tripartite pilotée par le PS avait déjà bien entamé le sale boulot, que ce soit en matière de gel des salaires, de coupes budgétaires dans les services publics, de chasse aux chômeur.se.s et de précarisation des jeunes avec la suppression des allocations d’insertion après trois années, entre autres. Di Rupo a ouvert la voie à Michel et De Wever. En fin de compte, la continuation des politiques néolibérales et autoritaires nous amène petit à petit à des seuils et à des points de basculement vers une société et un régime politique de plus en plus brutaux sur une Terre invivable.

Pourtant, rien n’est écrit d’avance : ceux d’en haut ne maîtrisent ni le désordre capitaliste, ni les mobilisations populaires. Ces cinq dernières années avaient démarré en trombe avec la création de Hart Boven Hard et le plan d’actions syndical crescendo à l’automne 2014, aboutissant à des manifestations et grèves massivement suivies qui avaient mis à mal la coalition «kamikaze». La trêve a été déclarée par les sommets syndicaux au moment où le mouvement était au plus haut et sans avoir rien obtenu, dans le but de maintenir la place des directions syndicales dans un système de concertation sociale cliniquement mort et d’éviter la chute du gouvernement. Cette trêve et les zigzags syndicaux des années suivantes ont laissé des traces durables. La période des attentats de Paris et Bruxelles a aussi été instrumentalisée par la coalition des droites pour faire un saut en avant dans le tout sécuritaire et le racisme d’Etat : l’introduction de la déchéance de nationalité sans aucune opposition au Parlement (pas même du PTB ou d’Ecolo), le «lockdown» de Bruxelles pendant quatre jours en 2015, la présence longtemps massive de l’armée dans les rues, etc. Du retour de l’enfermement d’enfants en centres fermés, appliqué autrefois sous le gouvernement libéral-socialiste entre 2004 et 2008 jusqu’à la mort de la petite Mawda, sous les balles de la police belge, « inhumanité » est le mot qui résume le mieux le bilan de la politique migratoire raciste et meurtrière de la Belgique et de l’Union européenne.

Quand la N-VA a débranché la prise du gouvernement Michel l’hiver dernier, nous étions nombreux.se.s à craindre le pire, dans un contexte de re-mobilisation massive de l’extrême-droite dans la rue et de montée européenne globale de ces courants, des USA au Brésil en passant par la France ou encore l’Italie. Mais là encore les luttes sociales ont pu déjouer les plans de De Wever et co. et nous démontrer à nouveau que le pire n’est jamais certain. Le retour de notre force s’est manifesté à travers un mouvement de masse historique de la jeunesse avec les grèves pour le climat depuis janvier, renforcées par des manifestations énormes et des actions de désobéissance civile. Le mouvement féministe a également connu un renouveau inédit depuis près de vingt ans, avec un 8 mars mémorable fait de manifestation et d’actions de grève multiformes, impulsées par une dynamique d’auto-organisation collective et plurielle autour du Collecti.e.f 8 maars. À quelques jours des élections, la campagne reste marquée par les thématiques sociale et écologique, les libéraux et la N-VA ne sont pas sur leur terrain de jeu favori…Espérons que la toute récente polémique islamophobe, sur la liberté de culte et le prétendu « communautarisme », montée en épingle par la droite et les grands médias, ne change pas la donne.

Les élections de 2018 avaient déjà montré une forte poussée des Verts et du PTB, ainsi que du Vlaams Belang en Flandre. La perte d’influence et la baisse continue des scores des trois familles politiques qui ont historiquement dominé l’État belge (chrétiens-démocrates, libéraux, sociaux-démocrates) se confirment encore un peu plus chaque jour. Les crises multiples provoquées par le capitalisme, l’incapacité des partis traditionnels à offrir autre chose à la population que la lente dégradation de nos conditions de vie et la concentration des richesses dans les mains d’une infime minorité bourgeoise, l’atomisation et la perte de sens de notre époque néolibérale…tout cela favorise l’éclatement, l’instabilité et la polarisation politiques à long terme.

Les mouvements sociaux ont mis sur la table des enjeux de société fondamentaux, notamment la simple nécessité d’assurer un futur vivable sur Terre, à l’approche de ces triples élections qui devraient favoriser un débat de fond, sans chipoter sur telle ou telle compétence de tel ou tel niveau de pouvoir…pourtant la campagne électorale ne passionne pas. Si les élections ne changent pas, en tant que telles, nos vies, elles constituent un moment incontournable du rapport de forces politique et influencent l’état d’esprit de l’écrasante majorité de la population, et donc la dynamique des luttes sociales. Il s’agit donc d’utiliser notre bulletin de vote sans illusion sur le Parlement ni sur l’abstention, qui ne sont finalement que deux façons d’accorder une importance démesurée au (non-)vote. Enfin, n’oublions pas qu’un million de non-belges (dont 150000 personnes sans-papiers), ainsi que des dizaines de milliers de jeunes qui ont entre 16 et 18 ans, n’ont même pas le droit de voter aux élections régionales, fédérales et (dans certains cas) européennes. Cela fait plus d’un.e électeur/trice sur huit en Belgique, et près de la moitié de l’électorat bruxellois !

Cela va sans dire mais ça va mieux en le disant : la toute première priorité de ces élections est d’infliger une gifle la plus monumentale possible aux droites. La porosité entre certains courants du MR et de la N-VA avec les néofascistes en costume-cravate du Vlaams Belang, du PP ou de la liste Destexhe, combinée avec les manifestations d’extrême-droite de l’hiver dernier, doivent nous maintenir en état d’alerte. Après cinq années d’asphyxie, nous n’avons aucun intérêt à défendre la politique du pire. La question se pose bien sûr de façon bien plus aigüe en Flandre où les droites combinées totalisent toujours plus de 70% des voix. Au centre-droit, le Cdh est déjà prêt à aller à la soupe pour sauver une coalition MR-N-VA bis et le CD&V est plus que jamais un parti pro-patronal, tout comme Défi.

Que faire alors du PS, du SP.a, d’Ecolo et Groen ? Il y a des nuances entre ces formations, mais toutes se caractérisent par la volonté de gérer loyalement l’État capitaliste et néolibéral, dans le cadre d’une économie laissée dans les mains des grands groupes privés et d’un cadre défini par la zone euro et les traités d’austérité européens. Non seulement ces formations refusent donc d’envisager l’affrontement et la rupture nette avec la cage de fer capitaliste et néolibérale, mais en plus le bilan de leurs participations aux gouvernements précédents sont extrêmement mauvais pour les classes populaires et pour la planète. Alors bien sûr, nous connaissons des membres sincères de ces formations qui tentent d’aller à contre-courant. Certain.e.s même s’auto-définissent comme « anticapitalistes » ou « éco-socialistes » (le PS ose tout, c’est même à ça qu’on le reconnaît).

Le problème est que l’anticapitalisme ou l’éco-socialisme ne sont pas des étiquettes vides de sens, ni des mots magiques, dont il suffirait de se réclamer pour parvenir à quoi que ce soit qui approche un changement de société. Ce sont des engagements qui impliquent des options stratégiques basées sur la lutte des classes, la mobilisation massive et radicale par en-bas de toutes celles et ceux qui ont un intérêt à changer ce monde, l’auto-organisation populaire et l’expropriation de la classe capitaliste qui détruit nos vies. L’anticapitalisme comme point de départ et l’écosocialisme comme point de mire, cela signifie remettre en cause catégoriquement les règles du jeu de l’État et de l’économie capitalistes. Cela signifie tenter de construire un outil politique qui vise à prendre au sérieux l’ambition de transformer radicalement la société par un processus de rupture révolutionnaire. Il n’existe pas de stratégie «bisounours» pour les anticapitalistes. Les tentatives de réformer le système de l’intérieur en excluant toute option radicale et toute mesure d’auto-défense du processus se sont soldées par la tragédie du Chili d’Allende en 1973 et par la dégénérescence néolibérale-autoritaire de Tsipras-Syriza en Grèce en 2015. L’anticapitalisme et l’écosocialisme conséquents sont incompatibles avec les axes programmatiques des sociaux-démocrates et des Verts, faits de baisse de cotisations patronales à la sécurité sociale, de maintien de la propriété privée du secteur financier et énergétique, ainsi qu’avec leurs bilans et pratiques de gestionnaires loyaux en coalition avec des partis de droite. Les candidat.e.s sincères dans leur utilisation de ces notions feront rapidement face à des choix décisifs, puisque tout indique que ces formations seront amenées à gouverner à l’un ou l’autre niveau de pouvoir. En ce qui nous concerne, nous appelons à la défiance et à l’indépendance totale des mouvements sociaux et syndicaux vis-à-vis de ces familles politiques et à refuser toute trêve ou état de grâce si d’aventure elles rejoignent des coalitions gouvernementales.

Après élimination logique des options social-libérales ou écolo-libérales, la principale voix de gauche anti-austérité ce 26 mai s’exprimera par un bulletin de vote pour le PTB. C’est la raison pour laquelle la plupart d’entre nous voteront pour des candidat.e.s sur les listes du PTB. Cependant, il y a des choses à dire sur l’évolution du PTB depuis 2014.

Le bilan des interventions de Raoul Hedebouw et de Marco Van Hees au Parlement est positif, en termes d’encouragement à une série de luttes syndicales et contre l’austérité, ou encore récemment en soutien aux jeunes en lutte pour le climat. Le PTB a réussi à s’implanter dans les quartiers populaires des grandes villes et dans les grandes entreprises. Le PTB capte aussi des votes protestataires dont les enquêtes indiquent qu’en son absence ils iraient à l’extrême-droite. Ce sont des atouts précieux. Mais d’un autre côté, nous sommes forcés de constater des signaux problématiques provenant de ce parti. D’une part, le PTB a liquidé l’expérience de la Gauche d’ouverture au lendemain des élections de 2014, mise sur pied par la FGTB de Charleroi et par la CNE. La leçon est claire : il ne manifeste aucune envie de construire une gauche radicale plurielle et diverse. Aucune envie non plus de secouer le « modèle belge » dans lequel les appareils bureaucratiques des syndicats corsètent l’action du monde du travail en se concertant avec leurs « amis politiques » et le patronat. Le PTB voudrait-il remplacer le PS dans ce rôle ?

Le PTB s’est ainsi refermé sur lui-même et sur son auto-construction comme seule et unique priorité. Cela se manifeste notamment par le manque de candidat.e.s d’ouverture sur ses listes, en comparaison avec 2014, ou avec Ecolo qui réussit, par un tour de passe-passe bien joué, à placer quelques activistes sur ses listes. D’autre part, le PTB a également refusé d’accueillir des candidat.e.s d’ouverture de la Gauche anticapitaliste sur ses listes, en Belgique francophone ainsi qu’en Flandre orientale. Le PTB maintient aussi un fonctionnement à direction « top-down » et autoritaire, refusant tout débat pluraliste ouvert ou structuré. Tant que le parti progresse en termes de membres et d’électeur/trices, les chiffres semblent donner raison à cette structure, malgré des départs. Pourtant, il n’y a pas meilleure garantie d’oxygène et d’apprentissage collectif, pour notre camp social, que la démocratie la plus large.

Avec le grand succès viennent les grandes questions et les grandes responsabilités : le PTB a beaucoup grandi et dispose d’un programme de gauche fouillé mais qui évacue lui aussi des questions centrales. On n’y trouve pas l’expropriation des banques ni du secteur énergétique (demander « UNE banque publique » et « UN secteur public de l’énergie », ce n’est pas la même chose qu’exproprier le capital). On n’y trouve pas non plus la suppression des productions nuisibles ou inutiles. Pas de révocabilité des élu.e.s, pas de suppression des 16 milliards de cadeaux accordés aux patrons sous forme de réductions de cotisations sociales, pas de nationalisation du secteur pharmaceutique, pas d’élargissement du droit de vote et d’éligibilité, pas de décentralisation, pas d’assemblée constituante ni de république, pas de liberté de circulation et d’installation…Autant de mesures qui font partie de notre programme de transition anticapitaliste.

Plus inquiétant : le PTB cultive une ambiguïté par rapport aux traités européens et à l’euro. Il évoque bien un droit à la désobéissance aux règles européennes mais ne dit rien de ce qui serait nécessaire au cas où l’UE souhaiterait briser un gouvernement anti-austérité. En plus, le PTB tente régulièrement de coller à l’opinion qu’il considère comme dominante dans son électorat, sur des questions qui ont trait à l’autorité et à la répression : son abstention sur la déchéance de nationalité, son soutien à des mesures «antiterroristes» et aux moyens policiers en général, l’exclusion de Christian Panier suite à son accueil de Michèle Martin, la condamnation de Tanguy Fourez suite à son altercation avec un commissaire de police, l’absence de revendication telle que le désarmement de la police, ou le peu d’attention accordée par les porte-parole du PTB sur les questions féministes et antiracistes par exemple…tous ces éléments indiquent un malaise dans le PTB sur ces questions. Enfin, le PTB n’a pas rompu avec sa complaisance avec des régimes dictatoriaux, criminels, voire coupables de crimes contre l’humanité, tels que la Syrie des Assad, la Russie de Poutine ou le Nicaragua de Daniel Ortega. A cet égard, il est pour nous indéfendable que le PTB ait choisi Marc Botenga comme tête de liste francophone aux élections européennes, alors qu’il a longtemps été la plume du PTB dans des articles justifiant les actions de ces régimes ou reprenant quasiment au mot près leur propagande de guerre, et Nabil Boukili comme deuxième effectif à la Chambre à Bruxelles, lui qui a participé à un voyage de soutien au régime syrien en 2012.

Finalement, nous savons parfaitement que le programme social anti-austérité du PTB reste inacceptable pour la classe capitaliste, plus combatif et cohérent que le programme du PS et des Verts, et qu’il comprend une série de mesures très positives, comme la réduction collective du temps de travail, la taxe des millionnaires, le retour de la pension à 65 ans, l’interdiction des licenciements collectifs pour des entreprises qui font des bénéfices, l’audit de la dette publique, la sortie du nucléaire et de l’OTAN, etc. Pour toutes ces raisons, nous appelons donc à choisir le 26 mai des candidat.e.s du PTB impliqué.e.s actif.ve.s dans le développement des mouvements sociaux, pour garantir la présence d’une opposition de gauche forte dans les assemblées. Quelques petites listes indépendantes de gauche se présentent en Belgique francophone, mais elles ne constituent pas une alternative politique solide. À Anvers, nous soutenons évidemment notre camarade Peter Veltmans qui se présente comme candidat d’ouverture et 6ème suppléant sur la liste du PVDA où il y défend notre programme et notre approche exposée ici. Il est particulièrement important que la gauche radicale perce aussi en Flandre pour ouvrir un espace et donner de la force à tou.te.s celles et ceux qui luttent au Nord du pays.

Le 26 mai, nous ne serons pas indifférents aux résultats : mettons-nous dans les meilleures conditions pour les nombreuses batailles à venir, pour dépasser les contradictions des organisations réformistes et pour reprendre confiance dans notre force. Les coalitions gouvernementales à venir, même si elles incluent le PS et Ecolo, seront extrêmement corsetées dans une Belgique capitaliste, encadrée en plus par l’euro et les traités européens. Nous appuyons le refus du PTB d’intégrer des coalitions qui ne remettent pas en cause le cadre austéritaire. Mais il est sûr et certain que ni des hypothétiques coalitions PS-Ecolo, ni «renforcer le PTB» dans les assemblées ne sera suffisant pour obtenir un changement de cap radical dans notre société. Or c’est bien l’enjeu politique, titanesque, de la période : élaborer une force collective puissante, par en-bas, de mouvements sociaux convergents, pour transformer le monde de fond en comble et empêcher le pire d’advenir. Construire une alternative de gauche conséquente requiert impérativement d’ancrer la recomposition du champ politique dans la recomposition des mouvements sociaux, afin que les bases militantes – et pas les appareils- donnent le ton, à partir de leur action de terrain. C’est dans cette voie-là que la FGTB de Charleroi et la CNE s’étaient engagées en 2014. La Gauche d’Ouverture était un pas dans cette direction, le PTB a commis une erreur majeure en y mettant fin, et l’avenir montrera qu’il n’y a pas d’autre chemin.

Nous appelons donc les militant.e.s des syndicats, des luttes féministes, antiracistes, LGBTQI+ et écologiques, à tirer la conclusion qui s’impose : il est urgent de s’organiser collectivement, en toute indépendance de notre classe vis-à-vis des institutions et des entreprises, ainsi que des bureaucraties traditionnelles (syndicales et associatives). Il est nécessaire aujourd’hui de construire un pôle anticapitaliste, démocratique et internationaliste. Si nous ne prenons pas cette tâche au sérieux, ni les postures de pureté et d’auto-affirmation identitaire, ni le repli dogmatique, ni la casse minoritaire, ni le seul activisme au coup par coup ne pourront compenser le vide politique. La Gauche anticapitaliste participe sincèrement et respectueusement à cet effort : nos membres jouent un rôle actif dans les luttes féministes, antiracistes, syndical et écologiques. Si vous vous reconnaissez dans cette orientation, n’attendez pas pour nous soutenir, nous rejoindre et militer activement à nos côtés. Pour mettre en action ce travail de fond, prenons exemple sur les luttes climatiques, syndicales, féministes et antifascistes en œuvrant à la construction de fronts sociaux larges, combatifs et en élaborant des pratiques démocratiques, ouvertes et inclusives. Posons les bases de convergences et d’appuis mutuels des différentes luttes, pour frapper fort ensemble et faire basculer le rapport de forces. Nous écrirons bientôt les nouveaux chapitres de l’histoire des luttes pour l’émancipation.»

 

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22 mai 2019

La campagne en folie (12)

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Travailleurs détachés :

face au dumping social, osons la rupture !

 

Tribune publiée dans l'hebdo Marianne (20/05/2019)

Marina Mesure (La France Insoumise/France), Marc Botenga (PTB/Belgique), David Wagner (Dei Lenk/GD Luxembourg) et Fabio de Masi (Die Linke/Allemagne).

 

"Le marché unique de l'Union européenne repose aussi sur le dumping social. Pour dynamiser le capitalisme contemporain, plutôt que d'imposer des salaires et normes élevés, la priorité absolue donnée à la libre circulation des services porte à une mise en concurrence généralisée remplaçant des emplois bien payés par des emplois moins bien payés. L’objectif est de faire jouer les énormes différences salariales entre l’Ouest et l’Est pour accroître la concurrence et la productivité. Cette concurrence, gravée dans le marbre des traités, engrange une spirale vers le bas du niveau des salaires, dans un retour inédit vers le XIXe siècle. Un instrument joue un rôle essentiel à cet égard : le travail détaché.

Le dumping social est entre autres le corollaire de la libre circulation des services. Conformément aux traités, les entreprises ont le droit de prester des "services" dans un autre État membre. Pour ce faire, ils peuvent y envoyer temporairement leurs propres travailleurs. C’est ce que l’on appelle le détachement.

Le travail détaché consiste à déplacer temporairement un travailleur de son lieu habituel de travail. Une entreprise bulgare ou une agence d’intérim slovaque peuvent ainsi détacher des maçons, plombiers ou carreleurs bulgares en Belgique ou en France pour une mission temporaire. Sans salaire égal pour un travail égal, les salaires locaux sont mis sous pression. Le dumping social passe aujourd’hui notamment par des différences de salaire brut : les cotisations sociales sont versées dans le pays où est signé le contrat le contrat de travail, plutôt que dans le pays d'exercice du salarié. Le plus souvent les salariés sont détachés de pays dans lesquels ils ne résident pas. Il est donc courant qu’un travailleur roumain soit détaché depuis la Slovénie ou Malte pour venir travailler en France ou en Belgique. Dans ce cas, les travailleurs n’ont aucun regard sur les cotisations sociales payées.

Autant dire que l'arnaque est double. D'un côté, les cotisations sociales sont versées dans un pays de l'Union où elles sont plus faibles que dans le pays d'exercice. A travail égal, les détachés reçoivent un salaire inférieur à leurs collègues, sur la même chaîne de production ou dans le même établissement. De l'autre, les détachés ne touchent même pas la contrepartie de leurs droits. Lorsque le contrat est rédigé dans une langue inconnue et que les droits sont ouverts dans un pays où l'on n'a jamais mis les pieds, il est évident qu'aucune pension de retraite ou d'assurance-maladie ne sera réclamée. Au final, les systèmes de sécurité sociale sont saignés à blanc et les contribuables sont ponctionnés pour alimenter un dumping généralisé. Les taux de profit sont assurés par nos impôts. Pour le plus grand bonheur des pays à bas salaires ? Même pas ! Pour demeurer "compétitive", la Roumanie a supprimé l'année dernière la part patronale des cotisations sociales, diminuant les salaires nets de 11%. Toutes celles et tous ceux qui travaillent ou paient des impôts perdent à ce petit jeu, partout sur le continent.

Le travail détaché est une forme d'emploi extrêmement récente. Suite à l’introduction de la libre circulation des services, elle a été construite au niveau européen à partir de 1996 puis a pris une ampleur immense à la fin des années 2010. De quelques milliers, nous sommes passés à des centaines de milliers de travailleurs détachés en France et en Belgique. Du côté français, le nombre de travailleurs détachés a dépassé la barre symbolique du million en 2017, avec une augmentation spectaculaire de 46% par rapport à l'année précédente. En Belgique, la proportion est encore plus impressionnante, puisque 500 000 travailleurs détachés y exercent. Un tiers des salariés de la construction en Belgique sont des travailleurs détachés ! Au milieu de ces flux de dumping, la nationalité ne joue plus aucun rôle. De nombreux détachés sont des ressortissants du pays concerné ! La 5ème nationalité des travailleurs détachés en France est...française ! Ils ont signé un contrat dans un pays tiers pour travailler, sans verser de cotisations sociales, dans leur pays de résidence... Non content d'attirer les capitaux à blanchir ou à dissimuler, le Luxembourg est aussi, par exemple, une plaque tournante de contrats de détachement intérimaires pour salariés français ou belges.

Face à cette situation alarmante, les syndicats se mobilisent depuis un quart de siècle. Les eurodéputés des partis traditionnels ont-ils de leur côté été à la hauteur, soucieux de protéger les travailleurs du continent ? Pas du tout. En mai 2018, une révision largement insuffisante a été proposée au Parlement européen. En plus d’une avancée en matière de conventions collectives du travail, le "progrès" le plus en vue a été la limitation de la durée du détachement à 18 mois... alors que la durée du détachement ordinaire est de 103 jours en Europe! Les cotisations sociales seront toujours payées dans le pays d’origine. La majorité des élus se sont assurés d'exclure le transport routier de toute réglementation. La nouvelle lex spécialis pour le transport routier est truffée d’’exceptions. Les routiers n’auront quasi jamais droit au même salaire que leurs collègues.

Ne lâchons rien. En 2019, élisons des eurodéputés de combat qui ne lâcheront rien, qui seront avec les travailleurs dans leur lutte. Un règlement est en cours de discussion, le Règlement 883 de coordination des systèmes de sécurité sociale. Deux articles de ce règlement autorisent les employeurs à payer les cotisations dans le pays d'origine du contrat (articles 12 et 13). Nous nous battrons sans répit pour balayer ces articles et en finir avec l'édifice du dumping social européen. D’autant que ces articles ne sont pas conformes au droit international. La France et la Belgique ont notamment ratifié la convention n°97 modifiée de l’Organisation internationale du Travail sur les travailleurs migrants. Depuis, cette convention est toujours en vigueur puisqu’elle n’a jamais été dénoncée. Elle lève toute ambiguïté sur les pratiques de discrimination car son article 6 dispose que l’État s'engage à appliquer une égalité de traitement entre les travailleurs migrants/détachés et les travailleurs locaux notamment sur les prestations de sécurité sociale, "à savoir les dispositions légales relatives aux accidents du travail, aux maladies professionnelles, à la maternité, à la maladie, à la vieillesse et au décès, au chômage et aux charges de famille, ainsi qu'à tout autre risque qui, conformément à la législation nationale, est couvert par un système de sécurité sociale". Cela implique donc que le travailleur détaché devrait pouvoir bénéficier des prestations de sécurité sociale de l’État d’accueil, ce qui rentre en opposition avec l’interprétation actuelle des règlements 883/2004 et 987/2009.

Si dans une Europe des inégalités et de la concurrence, le travail détaché est un problème en tant que tel, une seule solution : soumettre la libre circulation des services à la garantie d’un salaire égal à travail égal et refuser toute discrimination entre salariés selon le pays de signature du contrat. Le droit européen est en contradiction avec le droit international et nous démontrons cette architecture de dumping brique par brique au parlement européen et dans les luttes. C’est notre engagement et celui que nous porterons au Parlement Européen."

 

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Contre l'Europe du «green washing»

Pour une écologie populaire

 

 

Tribune publiée dans Libération (19/05/2019) et signée par :

Manon Aubry, Leïla Chaibi, Marina Mesure et Sergio Coronado (candidats aux européennes pour la liste La France Insoumise) ; Jean-Luc Mélenchon, Mathilde Panot, Adrien Quatennens, Loïc Prud’homme (députés La France Insoumise)

 

"L’Union européenne ne s’intéresse pas aux questions écologiques. Elle est guidée par un seul principe : assurer avec énergie l’accumulation d’argent pour les plus riches dans le libre marché. Or, ce sont eux qui polluent le plus. Plus de 70% des émissions de CO2 proviennent en effet des cent plus grandes multinationales. Et, toujours, les premières victimes sont les plus pauvres.

Alors que la sixième extinction des espèces est commencée, les répétiteurs de l’idéologie archaïque de l’UE s’arc-boutent sur ce principe. C’est un problème politique majeur. Une espèce sur huit est menacée de disparition à court terme. Nous, les êtres humains, sommes aussi sous le coup de cette menace. Le rapport publié ces jours-ci par l’IPBES est clair : il appelle à un «changement transformateur».

Aucune opération de green washing ne pourra venir à bout de cette réalité incontournable : les coupables sont ceux qui soutiennent le statu quo en matière énergétique, l’agriculture intensive qui détruit le vivant, le libre-échange qui détruit nos milieux de vie et les pesticides qui nous rendent malades. L’Union européenne est un soutien de poids à ces maux.

Au regard de cette réalité, nous sommes surpris de voir certains «écologistes» prétendre que l’Union européenne dans sa forme actuelle est la solution au problème, alors que les traités empêchent pourtant d’investir massivement dans la transition et d’engager la planification écologique. S’opposer aux règles absurdes imposant l’austérité budgétaire et la compétition de tous contre tous est dans leur esprit une faute politique inexcusable. Nous considérons qu’une telle approche relève d’un green washing de nature à tromper les citoyens. A l’occasion des élections européennes du 26 mai, au vu de la gravité des enjeux, nous le disons clairement aux citoyens français : il faut changer d’écologistes.

L’écologie populaire que nous proposons est fondée sur un double constat : d’une part, il faut changer les modes de production et de consommation si nous voulons survivre et cesser de détruire tout ce qui nous entoure ; d’autre part, ce changement est inconcevable dans le cadre, sacralisé par les traités européens, du capitalisme financiarisé.

Un grand plan de rénovation thermique des logements, 100% de production d’énergies renouvelables à horizon 2050, l’investissement massif dans le ferroutage, la construction de nouvelles lignes de train, la réorientation générale de notre modèle agricole : rien de tout cela n’est compatible avec ces règles. La règle des 3% de déficit n’est pas seule en cause. C’est également le saint principe de la concurrence libre et non faussée qu’il faut briser, sans quoi aucun avantage compétitif ne pourra être donné aux productions locales, aucune remise en cause du libre-échange ne sera possible, pas plus que l’interdiction des affichages publicitaires si coûteux en énergie.

Pour pouvoir se déplacer dans de bonnes conditions, avoir accès de droit et de fait à tout ce qui rend la vie possible, il faut sortir de la logique du tout marché instauré par la libre concurrence.

Si nous souhaitons une Union européenne qui établisse l’importance de la puissance publique pour organiser l’adaptation et l’atténuation du désastre écologique, il faut rompre avec ces traités. Il faut rompre avec la logique qui les anime, celle de l’accumulation sans fin et de la cupidité à tout prix. Pour lutter contre ce qui est en train de nous tuer et préparer, en France et en Europe, un changement nécessaire et juste, pour que la règle verte remplace enfin la règle d’or, nous appelons à voter ce 26 mai pour une écologie populaire, représentée par liste de La France Insoumise menée par Manon Aubry."

 

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18 mai 2019

AVEC LA FRANCE INSOUMISE, MAINTENANT LE PEUPLE !

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La France connaît une mobilisation sociale sans précédent : voilà 27 semaines que le mouvement des Gilets Jaunes occupe de devant de la scène des luttes en organisant des actions et manifestations dans tout le pays, semaine après semaine !

GJ butte M.jpgTout avait démarré en novembre 2018 sur la question du prix des carburants, lourdement taxés. Très rapidement, d'autres exigences sociales et démocratiques sont venues s'ajouter au refus d'une taxation «carbone» accrue qui pénalise celles et ceux qui n'ont d'autre choix que le recours à la voiture.

De l'augmentation du SMIC à une fiscalité plus juste, du rétablissement de l'impôt sur la fortune à la lutte contre la fuite des capitaux, de la volonté de reprendre en main sa destinée au Referendum d'Initiative Citoyenne (RIC), ces revendications traduisent une forte contestation de la politique euro-libérale mise en oeuvre avec beaucoup de zèle par Emmanuel Macron.

Deux ans après son élection, celui-ci est déjà le président le plus impopulaire de toute la Vème République. Il paie ainsi le prix de sa surdité obstinée vis-à-vis des demandes portées par la mobilisation populaire, de son incompréhension de la «crise de laprésident flashball.jpg représentation politique» et de son autoritarisme, caractérisé entre autre par une répression féroce des actions menées par les Gilets Jaunes et leurs soutiens.

La République En Marche (LREM) n'a donc pas tardé à mettre bas le masque. Ce mouvement, que la presse de l'oligarchie financière et les faiseurs d'opinion stipendiés présentaient comme l'ultime rempart face à Le Pen, se positionne très à droite. Avec le Rassemblement National (RN) et Les Républicains (LR), il est un pilier du camp des défenseurs des intérêts du capital et un soutien actif à la construction européenne dirigée contre les peuples.

Face à ce bloc puissant, la «vieille gauche», celle du PS et du PCF, est en difficulté depuis de longues années. En cause, son incapacité à vraiment changer la société lorsqu'elle gouvernait, son obstination à reprendre les mêmes recettes que celles préconisées par la droite, son alignement sur les directives et traités de l'Union européenne, sa tambouille politicienne au fil des échéances électorales avec des accords d'appareils de plus en plus illisibles, et finalement son absence de réel projet alternatif novateur.

LFI green.jpgPour sa part, Europe Ecologie Les Verts (EELV) convainc difficilement. Sa confusion idéologique et son inaptitude à distinguer sa droite et sa gauche, la défection permanente de ses figures de proue préférant se fondre dans la «Macronie» plutôt que de s'activer pour un projet autonome stimulant, sa soumission au «marché», brouillent en permanence son identité et mettent en doute sa crédibilité.

Il reste La France Insoumise (LFI) que diverses «enquêtes d'opinion» désignent comme la principale force d'opposition progressiste à la monarchie présidentielle. Il est vrai que ses parlementaires, pourtant peu nombreux, sont constamment à l'offensive pour relayer les luttes et porter les aspirations qui viennent «d'en bas» ! Et il est surtout remarquable qu'elle dispose depuis l'élection présidentielle d'un programme LAEC.jpgclair, L'Avenir En Commun (LAEC), qui vertèbre son militantisme et ses multiples combats.

Certes, l'offensive ininterrompue anti-FI de la «presse mainstream», les campagnes de dénigrement répétées des «éditocrates», l'arbitraire d'une justice instrumentalisée pour déconsidérer le mouvement, une identité politique parfois interrogée par quelques défections militantes largement médiatisées, constituent autant d'obstacles dans la longue marche de cette opposition radicale.

Mais le principal handicap dans cette élection européenne demeure le taux d'abstention annoncé, une interpellante tradition hexagonale qui touche particulièrement la jeunesse et les classes populaires ! La désertion attendue de cet électorat est une donnée négative pour un mouvement comme La France Insoumise.

votez.pngPourtant, la seule option consistante, pour celles et ceux qui aspirent à de véritables solutions de rechange aux politiques régressives dictées par la Commission européenne, est assurément La France Insoumise, d'ailleurs la seule qui a rapidement pris au sérieux cette élection : programme électoral et liste ont en effet été débattu et décidé dès 2018 !

Par ailleurs, La France Insoumise s'est activée à dépasser un cadre franco-français trop étroit. Car une convergence des forces qui portent une alternative radicale à l'Union européenne du «tout au marché» et de la «concurrence libre et non faussée» est indispensable, et  La France Insoumise a très vite joué un rôle majeur dans la constitution d'une alliance internationale : Maintenant Le Peuple !

Celle-ci regroupe actuellement, à ses côtés, Podemos (Etat espagnol), le Bloco (Portugal), Enhedslisten (Danemark), Vasemmisto (Finlande) et Vansterpartiet (Suède).

Les parlementaires de ces mouvements/partis siégeront ensemble au Parlement européen. Et ils ont également pour objectif d'élargir cette union dès le lendemain du 26 mai...

 

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En France, dans un paysage représentatif éclaté (33 listes en présence !), face à l'extrême-marché et face à l'extrême-droite, face à LREM et face au RN, face à un duo où chacun joue sa partition pour défendre les intérêts de l'oligarchie financière, bref «contre le système et son assurance», La France Insoumise défend un programme et un projet politiques cohérents pour sortir des traités contraignants et de l'austérité budgétaire obligée, et elle propose des perspectives ambitieuses pour dépasser l'inaction européenne devant la catastrophe écologique en devenir.

FI crime humanité.jpgCombiner la lutte contre le réchauffement climatique et la lutte contre les inégalités économiques et sociales est au coeur de L'Avenir En Commun et de la plate-forme programmatique pour les européennes.

Seule une écologie populaire permettra de gagner l'appui du plus grand nombre, condition incontournable pour relever avec succès un défi crucial pour le futur des espèces vivantes de la planète Terre.

Les parlementaires de La France Insoumise et de Maintenant Le Peuple seront des parlementaires de combat qui demain «mettront le feu» au Parlement européen comme les députés insoumis «agitent» aujourd'hui l'Assemblée nationale ! Ils se battront pied à pied contre le dumping social et fiscal, contre les traités de libre échange profitables aux multinationales et qui organisent le grand déménagement du monde, contre la militarisation renforcée source de guerre et contre la subordination confirmée de l'Union européenne à l'Otan, contre la dictature des banques et de la finance, et contre les traités liberticides qui imposent la seule voie du néo-libéralisme !

 

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La France Insoumise est pour le respect de la souveraineté des peuples, la consolidation des droits et libertés démocratiques, le renforcement des pouvoirs du Parlement européen, la planification écologique, le développement des services publics et des systèmes de protection sociale, le dégagement de véritables moyens pour lutter contre l'évasion fiscale, la coopération internationale, la promotion de l'égalité et de l'émancipation, l'affirmation de la laïcité, la protection des migrants.

 

[pour le programme complet, L'AVENIR EN COMMUN EN EUROPE AUSSI, voir : https://lafranceinsoumise.fr/actualites/elections-europee... ]

 

Dès lors, il n'y a pas à hésiter : dans la patrie des droits humains de plus en plus menacés, le vote conséquent de «la liberté, de l'égalité et de la fraternité» est celui de La France Insoumise !

 

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CLIP DE CAMPAGNE

(Version longue)

 


 

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06 mai 2019

La campagne en folie (11)

 

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Charles Michel ne revendique plus le poste de premier ministre ! Sa priorité est maintenant la «constitution d'une majorité politique»... Traduction : sa priorité est que le MR reste au pouvoir. A n'importe quel prix. Même avec un premier ministre issu de la N-VA, un poste que désormais ce parti réclame.

Petite inquiétude toutefois pour le fils de Louis : il n'est pas certain que le corps électoral souhaite la reconduction d'une coalition des droites ! Réponse dans moins de trois semaines. Et d'ici cette échéance, gageons que les libéraux sortiront de leur sac à malices de nouvelles promesses électorales mirobolantes et des dénonciations tonitruantes du «tsunami fiscal porté par les partis de gauche» !

 

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Les responsables d'Ecolo se répandent actuellement dans la presse pour mettre en avant trois de leurs priorités : un crédit d'impôt pour les salariés qui gagnent moins de 2500 €/mois, des prêts à un taux d'intérêt de zéro %  pour la rénovation des maisons et une réduction de la TVA sur les produits bio !

Des centaines de milliers de personnes sont privées d'emploi, 15 % de la population vit sous le seuil de pauvreté et celles et ceux qui sont juste au dessus de ce seuil connaissent aussi des fins de mois compliquées, la TVA sur des biens de première nécessité comme l'électricité est à 21 %, les indispensables services publics connaissent une inquiétante panne d'investissements, de plus en plus de personnes sont surendettées et la vie est difficile pour beaucoup, mais les écologistes préfèrent mettre l'accent sur des mesures libéralo-compatibles !

Il faut dire ce qui est, sans tourner autour du pot de marmelade de la campagne électorale, et sans euphémisation du discours : Ecolo n'a pas de véritables mesures alternatives à proposer parce qu'Ecolo place son action dans le cadre du capitalisme ! Et parce qu'il s'accommode parfaitement de ce système, il n'a(ura) aucune difficulté à s'accommoder d'alliances post-électorales avec la droite (tout comme le PS, par ailleurs...).

Car ce qui est le plus préoccupant, finalement, au delà de telle ou telle mesure à contre sens défendue aujourd'hui, c'est que demain il pourrait s'asseoir autour d'une table de négociation, qui avec le MR, qui avec le Cdh, qui avec l'Open-VLD, qui avec le CD&V. Et peut-être pire encore, malgré ses dénégations à la Charles Michel (la... N-VA !) !

Impensable ? Avec qui gouverne-t-il la capitale de la Wallonie (Namur), pour ne prendre qu'un exemple...

 

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Le 26 mai, ce sont aussi les élections européennes. En Belgique, et partout dans l'UE.

FI manon.jpgEn France, 33 listes ont été officialisées ! Et le tirage au sort a attribué le numéro 1 à... La France Insoumise ! Peut-être un signe. Néanmoins, ce sera extrêmement difficile. Car le grand vainqueur de ce scrutin chez nos voisins d'Outre Quiévrain sera probablement... le parti de l'abstention !

La faiblesse de la participation à ce type d'élection organisée dans l'Hexagone est, en effet, traditionnelle. Et la crise de la représentation politique, notamment illustrée par le mouvement des Gilets Jaunes, risque d'aggraver encore cette tendance lourde.

Ce qui n'est pas une bonne nouvelle pour des mouvements et partis réputés «à gauche» car c'est généralement l'électorat populaire qui rechigne à se déplacer, alors que la droite mobilise mieux ses partisans.

On pourrait donc se retrouver avec le RN et LREM au coude-à-coude, entre 20 et 25 % des votes exprimés ! Un paradoxe, au moment où Macron est le plus impopulaire des présidents de la Vème République après deux ans de règne !

Il reste trois petites semaines aux «Insoumis» pour tenter d'inverser ce cours des choses.

Les infos sur leur campagne, c'est par ici :

 

https://lafranceinsoumise.fr/

 

 

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02 mai 2019

La campagne en folie (10)

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Le propre d'une campagne électorale est la surenchère de promesses par les différents partis politiques qui sollicitent les suffrages de l'électorat. En particulier ceux qui exercent des «responsabilités» depuis très longtemps et qui annoncent sans aucun complexe qu'ils feront mieux demain ce qu'ils n'ont jamais réalisé depuis des décennies !

La droite ne détient pas le monopole de cette funeste tradition. Le PS la concurrence sur ce terrain avec beaucoup d'aplomb.

Ainsi, il prétend défendre aujourd'hui un programme marqué «à gauche», annonce qu'il imposera (enfin !) un impôt sur la fortune, qu'il relèvera le salaire minimum à 14 € de l'heure (une revendication de la FGTB), qu'il fera redescendre le taux de la TVA sur l'électricité à 6 % (au lieu de 21 % ! ), qu'il n'acceptera plus des pensions inférieures à 1.500 €/net et qu'il rétablira l'âge légal de la retraite à 65 ans !

Mais problème : l'histoire démontre que lui aussi n'aligne jamais ses actes sur ses paroles ! Pourquoi cela changerait-il donc demain ?

Rappel. Au cours des 40 années dernières années, le PS a participé  -au niveau fédéral seul-  à 18 gouvernements (sur 25 !), tous de coalition avec divers partis de droite ! Il est resté «au pouvoir» de manière ininterrompue de 1988 à 2014, soit près de 26 ans !

Durant tout ce temps, de très nombreuses «contre-réformes», destinées à démanteler bon nombre d’acquis et de conquis du «mouvement ouvrier», ont fermement été mises en chantier : «Plan global», manipulation du système d’indexation des salaires («Index-santé»), loi sur la compétitivité de 1996 (visant à établir une norme salariale préventive), «Pacte des générations», privatisations, traque des chômeurs, expulsions de réfugiés, ratification des traités libéraux européens… Rien que du lourd, du très lourd !

Avec à la clé un bilan (anti-)social (et anti-)humain édifiant : maintien d'un chômage de masse (vieille tumeur capitaliste), inégalités et pauvreté persistantes, prolifération d'exclusions de toute nature, aggravation dramatique de l’état de notre environnement.

Par contre, la Belgique est devenue un paradis fiscal pour les riches, les grandes entreprises ne paient pratiquement plus aucun impôt, la fuite des capitaux et la fraude fiscale ont atteint des records, et les «intérêts notionnels» furent même applaudis par le capital international dans les travées de Davos.

Certes, le gouvernement des droites (N-VA/MR), a aggravé sans hésitation cette situation. Mais finalement, il a suffi pour Charles Michel de continuer à creuser un sillon déjà tracé en bonne entente avec son ex-partenaire, devenu adversaire le temps d'une législature !

Ce bilan peu sexy n’empêche cependant pas le PS de continuer à vitupérer toutes celles et tous ceux qui le critiquent, au nom du progrès social et de la défense des plus belles conquêtes des générations précédentes, qui ont tant lutté pour gagner un peu de bien-être pour le plus grand nombre !

Culotté... Mais où il y a de la gêne, il n'y a pas de plaisir...

A quelques semaines du 26 mai, ne perdons donc pas de vue cette réalité : le PS n'a pas seulement affaibli la gauche pendant toute une période historique, il l'a discréditée !


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PTB HLP.jpgA l'initiative du journaliste Hugues Le Paige, plusieurs «personnalités», parmi lesquelles Carine Russo, recommandent un vote PTB, considéré comme «le vote utile pour toute la gauche».

Leur appel a été publié ce mardi 30 avril dans le quotidien « La Meuse ». Le voici :

«Depuis la Deuxième Guerre mondiale, jamais le pays n’aura été gouverné par une droite aussi radicale et arrogante. Une droite ultralibérale au service déclaré du patronat qui a combattu les chômeurs, s’en est prise aux droits sociaux et aux services publics, a mené une politique indigne sur la question migratoire et a refusé d’adopter les mesures d’urgence pour faire face à la menace climatique et à la dégradation écologique. Ce bilan résume à lui seul l’enjeu des scrutins du 26 mai prochain.PTB CR.jpg

Il est nécessaire à la fois de barrer la route à la droite libérale et d’empêcher que, comme dans le passé, des coalitions hétéroclites finissent par appliquer l’essentiel de son programme. Il faut s’opposer aux traités européens – acceptés par tous les autres partis- qui imposent les politiques d’austérité. L’enjeu est de modifier les rapports de force et dessiner les contours d’une alternative politique basée sur l’exigence sociale et l’urgence écologique. Sur ce dernier chapitre, il est essentiel que la gauche radicale défende une transition écologique qui se réalise dans la justice sociale.

Ces derniers mois, des femmes et des hommes de plus en plus nombreux, ici et ailleurs en Europe, ont manifesté avec force et par des voies diverses la nécessité de cette alternative. Les mots « égalité » et « justice » sont revenus au centre du débat politique. Avec l’action des Gilets Jaunes, la solidarité a pris un nouveau visage. Le front commun syndical a pleinement réussi la grève générale. Les femmes mènent un combat exemplaire pour leurs droits et pour une société enfin plus digne. Les jeunes dénoncent avec une vigueur sans pareil le système qui nous a conduits au désastre écologique. Ces mobilisations manifestent une forte volonté de changement que nous devons aussi traduire dans les urnes.

Nous, citoyen.ne.s, organisé.e.s ou non, militant.es associatifs, syndicaux, politiques, enseignants, intellectuels, artistes et créateurs.trices sommes convaincus que seul.e.s des élu. e. s nombreux/ses de la gauche radicale peuvent porter ce combat et ces exigences. C’est pourquoi nous appelons à voter en faveur des candidat.e.s du PTB aux différents scrutins du 26 mai prochain. Nous ne partageons pas tous les points du programme du PTB, mais dans le contexte actuel, seul un vote PTB nous apparaît comme le vote utile à toute la gauche. Nous partageons la volonté de la FGTB wallonne de voir se constituer une majorité progressiste si elle s’avère possible. Mais force est de constater que le PS nous a habitués à mener des campagnes électorales à gauche et à appliquer ensuite des politiques sociale-libérales. Tandis qu’Ecolo semble ne plus vouloir se situer sur cet axe gauche/droite. Et de toute manière, rien ne sera possible sans un pôle de gauche radical renforcé.

L’arrivée d’élu.e.s PTB en 2014 a été bénéfique pour l’ensemble de la gauche. Dans les institutions, ils/elles ont joué un rôle important : relais des luttes sociales et écologiques, critique sévère de la politique gouvernementale, propositions alternatives et pressions sur la gauche traditionnelle qui doit désormais rendre des comptes. Les avancées spectaculaires du PTB lors des dernières élections communales doivent confirmer ce rôle au plan local. Certes, nous aurions souhaité que cela se traduise par des participations à des majorités communales. Mais sans épiloguer sur les responsabilités des uns et des autres, force est de constater que les temps n’étaient pas encore venus.

Les élections du 26 mai doivent donner plus de force à la gauche radicale. C’est vital pour la construction d’une force politique autonome, c’est vital pour la gauche dans son ensemble qui y puisera plus de vigueur, c’est aussi vital pour la démocratie que d’offrir une alternative à ceux qui, rebutés par les dérives de la politique politicienne, se réfugient dans l’abstention et le rejet de tout projet collectif.

Les enjeux sont multiples au niveau fédéral et régional, mais aussi européen où chaque élu .e de la gauche radicale sera un barrage supplémentaire à l’offensive des forces nationalistes, ultralibérales et d’extrême droite. Ce choix nous semble crucial à un moment où jamais, depuis le XIXe siècle, le capitalisme n’a été aussi prédateur et où la multiplication des crises sociales, économiques, écologiques et politiques menace nos espérances démocratiques et l’existence même des générations futures».

 

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01 mai 2019

Le 26 mai, je vote PTB !

 

austérité.jpgDepuis la fin de la période d'expansion économique de l'après guerre, au milieu des années 70 du siècle dernier, l'austérité et la régression sociale sont devenues le quotidien des peuples.

Depuis la victoire de Ronald Reagan aux Etats-Unis et l'arrivée au pouvoir de Margaret Thatcher en Grande Bretagne, avec le déferlement de la vague «néo-libérale» au tournant des années 80, l'offensive du capital contre le travail n'a cessé de s'amplifier.

La Belgique n'y a pas échappé. Depuis 40 ans, tous les gouvernements qui se sont succédé, tous les niveaux de pouvoir, toutes les majorités -quelles que soient leur composition-, ont repris en long et en large les mêmes recettes austères : blocage des revenus du plus grand nombre au nom de la course à la «compétitivité» ; déséquilibre organisé du système fiscal ; flexibilité sans cesse accrue du travail ; déréglementation et privatisations ; désagrégation des protections sociales; inertie coupable face aux restructurations d'entreprises massives et à la transformation de l'emploi en «variable d'ajustement»...

Avec les mêmes conséquences directes : déstructuration du tissu économique, chômage de masse, croissance des inégalités, pauvreté persistante.

Avec les mêmes dégâts collatéraux, en termes de recul des libertés démocratiques et de perte de souveraineté populaire.

Et sans la moindre remise en cause de notre modèle de production et d'échange, dévastateur pour nos écosystèmes, et menaçant pour l'avenir des êtres vivants de notre planète !

Tous les partis traditionnels portent une lourde responsabilité dans cette inquiétante trajectoire sur les plans social et environnemental. Les trois familles historiques, bien sûr : «socialistes», «chrétiennes» et «libérales». Mais aussi les «écologistes», rapidement fascinés par l'exercice du pouvoir et régulièrement en phase avec leurs adversaires/partenaires, qui ont métamorphosé l'«autre manière de faire la politique» en une autre manière de s'accommoder du capitalisme et de la doxa (néo-)libérale !

Il n'est pas fortuit que tous sont acquis à la construction d'une Union européenne où «la concurrence est libre et non faussée». Ils n'ont d'ailleurs pas contesté les «traités» qui figent dans le marbre étoilé les orientations libérales. Maintenant encore, aucune de ces formations ne revendique la sortie de ces traités qui constituent pourtant un obstacle à la mise en œuvre de toute réelle politique alternative !

A moins d'un mois de la triple élection du 26 mai se pose donc à nouveau, et avec acuité, la question du choix d'une voie radicalement différente.

Bref, l'audace ou l'enlisement !

Les grandes mobilisations de la jeunesse «contre le réchauffement climatique» ont popularisé la notion d'«urgence». Le temps presse, en effet ! Une rupture est nécessaire, un changement de cap est indispensable : en faveur d'une autre PG climat.jpgpolitique économique et sociale, en faveur d'une autre politique sociétale, en faveur d'une autre politique environnementale, en faveur d'autres choix démocratiques.

Inutile de tourner autour du chaudron électoral : c'est impensable avec les mêmes partis dans le cadre des mêmes configurations politiques ; c'est illusoire avec les mêmes combinaisons politiciennes «droite/gauche-gauche/droite» et la même vieille «politique de collaboration de classe» ; c'est irréaliste en continuant à respecter religieusement le capitalisme !

Dès lors, que faire dans 26 jours ?

Pour ce qui me concerne, il est exclu que je vote pour le PS ou Ecolo qui, dès le lendemain de l'élection, en fonction des résultats, n'hésiteront pas à discuter, avec des représentants de la droite, la constitution de majorités aux différents niveaux de pouvoir...

Il reste donc le PTB !

Certes, je reste critique vis-à-vis du parti de Raoul Hedebouw, un parti pour lequel je n'ai pas de connivence idéologique particulière, lui qui est issu d'une tradition maoïste qui n'est pas la mienne, et lui qui reste parfois ambigu concernant l'histoire du XXème siècle. Néanmoins, il a évolué et on ne peut amalgamer la formation qui était dirigée hier par le stalinien revendiqué Ludo Martens et la formation présidée aujourd'hui par Peter Mertens.

Certes, le fonctionnement de ce parti est toujours caractérisé par une certaine opacité, et les quelques dérapages récents en matière de casting interpellent, même si des «erreurs de jeunesse» sont inévitables à ce niveau et à ce stade.

Certes, ce parti s'accroche au «belgicanisme», sous-estime l'existence d'une «question nationale» et ignore le principe fondamentalement démocratique du «droit des peuples à disposer d'eux-mêmes».

Certes, ce parti demeure focalisé sur sa seule construction et ne recule pas devant des manœuvres pour le moins discutables. En 2014, une «Gauche d'Ouverture» (GO), rassemblant des militant(e)s de différents horizons, avait activement soutenu la campagne du PTB -plus, elle y avait été associée !-, contribuant notamment à l'élection d'un député dans le Hainaut. Mais au lendemain du scrutin, les amis de Marco Van Hees ont vite tourné la page et cette initiative -qui aurait pu connaître des développements intéressants!- est restée sans suite. Toutefois, il faut être juste : de son côté, la GO -trop hétéroclite ?- fut incapable de s'organiser pour pérenniser son existence, facilitant ainsi sa propre disparition !

Certes, ses alliances au niveau international restent déterminées par la «priorité aux communistes». Ainsi, le PTB aurait pu se rapprocher plus nettement de la France Insoumise qui, avec Podemos (Espagne), le Bloco (Portugal) et trois formations de la gauche radicale nordique, a construit le mouvement européen « Maintenant le peuple ». Une indécision que je regrette et qui n'est sans doute pas étrangère à sa proximité affichée avec le PCF.

 

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Mais ces réserves ne doivent pas cacher ce qui différencie le PTB d'avec la «gauche» engluée dans la gestion des intérêts du capital.

Le PTB continue à se positionner sur le terrain de l'anticapitalisme. Un exemple : dans le débat sur la «crise du réchauffement climatique », il est le seul (1) à expliquer que la perspective d'un «capitalisme vert» est un leurre et qu'une rupture avec ce système est indispensable. Ce qui a aussi des conséquences concrètes immédiates : ainsi, le PTB n'oppose pas le social et l'environnemental, et il refuse -entre autre- toute « taxation verte » (les fameuses « taxes carbone » et autres « écotaxes ») qui pénaliserait injustement la population, préconisant à juste titre de faire payer les véritables responsables, en premier lieu les multinationales et les grandes entreprises...

Il faut d'ailleurs souligner que le programme du PTB est un programme très consistant, sur le plan qualitatif et... quantitatif (une «brique» de près de 250 pages !). Je ne partage pas nécessairement toutes les analyses et toutes les mesures énumérées dans ce long document, mais j'ai finalement très peu de divergences sur l'essentiel.

PTB RH.jpgLe PTB est un parti combatif, présent dans toutes les luttes, et ses députés sont de précieux relais de celles-ci dans les enceintes parlementaires. Par ailleurs, durant toute la législature, et souvent seuls contre tous, ils ont combattu pied à pied la politique gouvernementale dans ses différents aspects, et ils ont fait entendre pendant 5 ans une voix radicalement discordante dans les institutions.

Enfin, sur la problématique européenne, à mes yeux décisive, le PTB est également le seul à se montrer tranchant et à annoncer clairement la couleur : il faut briser les traités d'austérité européens !

Un dernier point. La FGTB souhaite un «rassemblement des gauches», probablement difficile à matérialiser au niveau fédéral mais sans doute possible en Wallonie. En théorie tout au moins. Car dans la pratique, l'absurde posture du «ni... ni...» d'Ecolo, les exclusives répétées de sa direction (2), la frilosité du PS concernant un tel débouché, les incompatibilités programmatiques des uns et des autres, rendent peu vraisemblable la concrétisation de ce scénario !

Il sera difficile d'avancer dans cette voie sans une modification du rapport des forces et sans une gauche radicale qui devienne incontournable !

Une raison supplémentaire de voter massivement pour le PTB. Une multiplication par 4 ou par 5 du nombre de ses députés représenterait déjà un pas en avant appréciable dans cette longue marche.

Dès lors, sans hésitation, le 26 mai, je voterai PTB !

 

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  1.  Lorsque j'écris qu'il est «le seul», je parle uniquement des partis politiques qui disposent d'une force de frappe et d'une représentativité large, y compris au niveau parlementaire. Je ne parle pas des petits groupes d'extrême-gauche qui revendiquent un plus grand « révolutionnarisme » mais qui pèsent très peu dans la vie politique à cause de leur réalité marginale. On peut le regretter, mais c'est un fait !

  2.  Jean-Marc Nollet a répété que cela n'irait pas, ni avec la N-VA, ni avec le PTB. Et de fanfaronner, lors d'un débat avec... Bart De Wever: «je suis vacciné contre le communisme» ! Voir : https://www.lecho.be/dossiers/elections-2019/les-13-phrases-a-retenir-du-debat-de-wever-nollet/10113431.html

 

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