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19 mai 2023

"BOUQUINAGE" - 243

"Le lendemain matin, j'achetai le Hindmere and District Courier au kiosque à journaux de la gare. C'était là, comme je m'y attendais ; en quatrième colonne, à la une, sous le titre UN “ANGE GARDIEN" SAUVE DEUX ENFANTS. Les guillemets entourant “ange gardien” pour bien montrer que le journaliste conservait une prudente réserve me firent redouter le pire, mais mes inquiétudes s'apaisèrent considérablement au fil de ma lecture. Les journaux régionaux se payent rarement la tête des habitants du cru  — par prudence peut-être —, sauf de certaines personnalités comiques qui ne demandent que ça. Il fallait reconnaître que l'article était bon et objectif, malgré les doutes évidents du reporter. On y devinait aussi par endroits un zeste de franche perplexité, comme si l'auteur avait décidé de passer au crible de la gentillesse la preuve indéniable qu'on se trouvait en l'occurrence aux limites de la folie, et que, par conséquent, il doutait des implications de la preuve en question. Le fameux ange gardien n'apparaissait pratiquement que dans le titre ; le compte rendu donnait l'impression générale qu'il était arrivé à Matthew quelque chose de surprenant, lorsqu'il était tombé à l'eau, mais que personne ne savait trop quoi. N'empêche qu'il s'était courageusement porté au secours de Polly."

 

 

 

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17 mai 2023

"BOUQUINAGE" - 241

 

" Vous connaissez tous ma devise ? Elle est la même que celle des Kennedy : “ne jamais se laisser abattre !” "

 

 

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16 mai 2023

"BOUQUINAGE" - 240

"Il hésita entre le ‘’Tabac du Matin’’ et le self-service situé au rez-de-chaussée de l’Humanité. On pouvait y prendre un café, l’emporter à une table sur un plateau et tout en dégustant le liquide brûlant, s’amuser à reconnaître au passage les grandes signatures du journal, les plus illustres figures du Parti Communiste. Thorez, Duclos, même Aragon venaient ici se restaurer entre deux réunions ou attendre que leur article arrive au marbre."

 

 

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15 mai 2023

"BOUQUINAGE" - 239

"C’était un univers gris et instable, imprécis, composé de courbes changeantes et d’orbites sans cesse déformées. Puis certaines lignes se précisèrent. Des lignes droites. Et, des nuées grises, émergèrent des zones mieux définies, plus sombres ou plus claires. Les lignes séparèrent les zones. C’était un échiquier."

 

 

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14 mai 2023

"BOUQUINAGE" - 238

"C’était le temps et non plus l’homme qui effaçait maintenant la croisée des chemins."

 

 

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13 mai 2023

"BOUQUINAGE" - 237

"Les dieux s'inclinent parfois devant les offenses des humains armés de pouvoirs volés, mais l'heure du châtiment vient toujours..."

 

 

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11 mai 2023

"BOUQUINAGE" - 235

"Un Pnume fit son entrée par une ouverture qui ne se trouvait pas dans le champ de vision de Reith. Les Pnumekin n'y prêtèrent pas attention — ils ne le regardèrent même pas. Le Terrien examina la créature étrangement articulée : c'était le premier Pnume qu'il voyait si l'on exceptait celui qu'il avait fugitivement entr'apercu dans les ténèbres des oubliettes de Pera. Il avait la stature d'un homme et, en dépit de sa volumineuse houppelande noire, il donnait une impression de sveltesse, de fragilité même. Ses orbites disparaissaient dans l'ombre de sa capuche. Son visage, qui avait la découpe et la teinte d'un crâne de cheval, était sans expression ; un ensemble compliqué d'organes de broyage et de mastication entourait une bouche presque invisible. Ses jambes étaient articulées à l'inverse de la jambe humaine et il avançait comme un homme qui recule. Ses pieds nus et étroits étaient mouchetés de marbrures noires et rouges. Ses trois orteils incurvés tapotaient le sol. Comme on pianote avec ses doigts quand on est nerveux..."

 

 

 

 

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09 mai 2023

"BOUQUINAGE" - 233

"Le Dr Freud fit lentement le tour de son bureau et posa une main petite et douce sur l’épaule de mon ami.

– Je peux mettre fin à cette contrainte  -du moins pour un moment. Asseyez-vous, je vous prie.

Il indiqua le fauteuil que Holmes venait de quitter et s’assit sur le bord du bureau. Holmes obéit sans dire un mot et attendit, l’air infiniment malheureux et désespéré.

– Connaissez-vous quoi que ce soit à la pratique de l’hypnotisme ? demanda Freud.

– J’en ai quelques notions, répondit Holmes d’un ton las. Avez-vous l’intention de me faire aboyer comme un chien ou marcher à quatre pattes ?

– Si vous acceptez de coopérer, dit Freud, si vous voulez bien me faire confiance, je peux atténuer cet irrésistible besoin pendant un certain temps. La prochaine fois qu’il se fera sentir, je vous hypnotiserai à nouveau. De cette façon, nous réduirons artificiellement votre toxicomanie jusqu’à ce que la chimie de votre organisme parachève l’opération.

Il parlait lentement, en s’efforçant d’atteindre et d’apaiser la vague de panique qui montait en Holmes.

Celui-ci l’observa un long moment lorsqu’il eut fini de parler puis, haussant brusquement ses épaules voûtées, il acquiesça, tout en feignant l’indifférence.

Le Dr Freud, me sembla-t-il, réprima un soupir, puis il s’approcha de la fenêtre en saillie et ferma les rideaux, plongeant ainsi la pièce dans la pénombre. Il se retourna alors vers Holmes qui n’avait pas sourcillé, et déclara, en attirant une chaise et en s’asseyant en face de lui :

– Maintenant je veux que vous vous redressiez et que vous ne quittiez pas ceci des yeux.

– Tout en parlant, il avait sorti de la poche de son gilet la chaîne de montre que j’avais aperçue plus tôt, et il se mit à la balancer lentement d’avant en arrière."

 

 

 

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