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15 mars 2026

En librairie dès le 3 avril

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14 mars 2026

MARX, 143 ANS PLUS TARD

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Karl Marx s’est éteint il y a 143 ans. Depuis, le monde a poursuivi sa trajectoire tourmentée, avec son lot d’événements inédits et de grands bouleversements. 

Deux guerres mondiales, des révolutions et des contre-révolutions, le fascisme et le stalinisme, la Shoah et le Goulag, Hiroshima et Nagasaki, d’innombrables conflits "locaux" et "régionaux", des conquêtes sociales et sociétales, la remise en cause de ces conquêtes sociales et sociétales, des avancées technologiques et des progrès scientifiques parfois menaçants, l’automobile et l’aviation, le cinéma et la télévision, la course à l’espace et l’irruption massive du numérique, l’art et sa commercialisation, le sport de masse et le sport business, des changements éthiques et leurs répercussions, des crises financières et des pandémies… Et aujourd’hui, la catastrophe écologique qui menace toutes les espèces vivantes de la planète, en ce y compris l’espèce humaine. Et à nouveau des guerres, des génocides, des massacres. Et à nouveau une résurgence des fascismes ! Et toujours l’ombre inquiétante du recours aux armes nucléaires... 

Que peut-il donc rester de Karl Marx, de son action et de son œuvre ? 

D’abord, un engagement révolutionnaire pour transformer la société, au-delà des interprétations de celle-ci. Toute sa vie, Marx a lutté —avec d’autres, à commencer par son ami Engels— pour l’émancipation humaine, une émancipation s’appuyant sur l’émancipation du plus grand nombre, le prolétariat. Marx fut ainsi profondément impliqué dans les combats de son temps : du "libéralisme de gauche" au communisme, de la "Gauche hégélienne" à la Ligue des Communistes, de la "Société universelle des communistes révolutionnaires" à l'Association Internationale des Travailleurs, des Révolutions de 1848 à la Commune de Paris. Marx (et Engels) s'est (se sont) engagé(s) durant plus de 40 ans pour essayer de commencer à changer le monde. Concrètement. Car Marx refusait de "faire bouillir les marmites de l'histoire" et il n'épousait pas la démarche d' "utopistes" s'acharnant à dessiner les contours d'une société future idéale, principalement à partir de leur imagination, même si cette dernière était féconde. 

Ensuite, un immense travail intellectuel pour comprendre et analyser le mode de production dominant de son époque —et de la nôtre !—, le mode de production capitaliste. Un travail de titan qu’il n’a pu mener à son terme, étant sujet à de fréquents problèmes de santé et à des difficultés matérielles régulières. Néanmoins, il nous a laissé son opus magnum, Das Kapital, et d’innombrables écrits, notes et travaux préparatoires ou périphériques. Des contributions qui restent précieuses en 2026 pour notre effort de compréhension du chaos du monde actuel et nos tentatives de bousculer la puissance de la bourgeoise au pouvoir. 

Bien sûr, le capitalisme a évolué au cours des deux derniers siècles, notamment sous la pression des luttes des classes qui ont permis d'arracher d'importantes conquêtes sociales et politiques. Il est dès lors devenu de plus en plus complexe et il a perfectionné ses méthodes pour consolider son hégémonie idéologique/culturelle. Mais pour autant, il n'est pas parvenu à surmonter ses contradictions et ses turbulences, il ne s’est pas débarrassé de ses caractéristiques essentielles : 

• Le capitalisme demeure un système de production marchande généralisée. 

• Le capitalisme demeure un système basé sur la propriété privée des principaux moyens de production et d’échange. Les grandes structures économiques n'appartiennent pas à la collectivité et ne sont pas contrôlées par la majorité. Elles sont toujours concentrées dans les mains d'une minorité de possédants. La "séparation des producteurs d'avec les moyens de production" reste tenace. 

• Le capitalisme demeure un système qui a pour seul véritable "mobile social" l'argent. La course aux profits, la priorité à la rentabilité financière, la rémunération maximale du capital, constituent son dogme intangible. Au prix du maintien de l'étau de l'exploitation, du pillage de la nature, du renouvellement de mécanismes structurels alimentant de gigantesques et multiformes inégalités. 

• Le capitalisme demeure un système obsédé par la compétitivité, où la concurrence reste l'Alpha et l’Oméga de son développement. Ainsi encouragée, la lutte de tous contre tous favorise les comportements égoïstes au détriment de la solidarité et des coopérations entre les êtres humains. 

• Le capitalisme demeure un système où rien n'est jamais acquis définitivement et où toutes les conquêtes historiques peuvent être remises en question à n'importe quel moment, en fonction d'une conjoncture et de rapports de force dégradés. 

C'est dire si les travaux de Marx, ses intuitions et ses indications, représentent encore maintenant un point d'appui et des éléments de réflexion utiles dans la difficile recherche de solutions de rechange au marasme capitaliste. C’est dire si sa méthode d'analyse des rapports sociaux constitue toujours un fil conducteur précieux pour celles et ceux qui veulent "renverser la table". 

L'héritage de Marx, c'est l'héritage d'une pensée critique et révolutionnaire, pleine de vitalité, mobilisée pour rompre avec la domination bourgeoise et transformer radicalement la société, ouvrir un chemin à l'abolition du salariat et à l'émancipation humaine, assurer l’harmonie des êtres humains entre eux et avec la nature. 

Des défis immenses, totalement inaccessibles répètent beaucoup au nom du "réalisme" et du maintien du statu quo.

"Il serait certes fort commode de faire l'histoire universelle si on n'engageait la lutte qu'à condition d'avoir des chances infailliblement favorables", ironisait Marx. Et, évoquant la Commune de Paris, de souligner l’alternative : "accepter le combat, ou succomber sans combat".

L’avenir —imprévisible !— sera ce que nous en ferons, collectivement.

 

 

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12 février 2026

POLARS EN BARRE [THE END - CLAP DE FIN - ?]

 

 

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11 février 2026

POLARS EN BARRE [199]

 

"Dans le roman policier contemporain, particulièrement riche de sève noire, tout est unifié par la dimension tragique, que ce soit sous une forme explicite ou sur le mode mineur.

L’univers où l’action se déroule et les personnages se débattent n’est pas un monde criminel mais un monde en flammes. Il ne reflète pas le destin chaotique de l’espèce humaine, mais la folie des hommes.

Dans la vraie vie, on meurt de malbouffe, de stress, de cancer ou d’accident. Dans le roman policier, on meurt d’autrui. La maladie ou les accidents n’existent pas, ou à peine. Toutes les blessures et toutes les morts découlent directement de l’activité humaine dévoyée. La malveillance des hommes, ou dans le cas des victimes, leur faiblesse ou leur aveuglement, occupent tout le territoire du malheur."

 

Luc Dellisse

 

 

 

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10 février 2026

POLARS EN BARRE [198]

"J’étais presque accroupi. Je me retournai — je vis un homme — et me trouvai plus ou moins abrité par une poubelle qu’avec frénésie je soulevai et poussai de toutes mes forces contre lui, contre cet homme qui franchissait d’un bond les trois pas le séparant de moi. Une arête du couvercle l’atteignit au bas du visage — le choc fut très violent — il poussa un cri, bras écartés comme s’il embrassait la poubelle. Il allait reprendre ses esprits, me tirer dessus de nouveau, me dis-je… — non, je ne dis rien, je ne réfléchis pas, la poubelle s’écroulant sur le côté je me ruai et portai à l’homme un coup de mon genou droit entre ses jambes tout en m’emparant de son arme, son corps entier s’était amolli et je la lui arrachai sans peine.

Je m’aperçus qu’il portait des gants.

Il tomba à genoux. Il geignait. Je me reculai et l’ajustai, le doigt sur la détente."

 

René Belletto

 

 

 

 

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09 février 2026

POLARS EN BARRE [197]

"Ce jour-là, je me fis la réflexion que Holmes et moi formions une sorte de couple. Il était l’inspirateur excentrique, j’étais l’assistant zélé qui rangeait ses affaires et contait ses exploits, la nourrice, le confident. Sans moi, le détective était une âme en peine, un génie sans lampe pour en rehausser l’éclat. Sans lui, je me sentais médiocre et inintéressant. Même du temps de ma vie conjugale avec Mary, je passais rarement plus de deux semaines sans éprouver le furieux besoin d’aller à Baker Street pour voir ce que faisait Holmes, s’il allait bien, s’il ne prenait pas de cocaïne, s’il n’avait pas encore rendu Mrs Hudson malade d’angoisse avec ses essais de chimie et ses tirs au pistolet en chambre.

Mon épouse l’avait bien senti quand, certains soirs, elle me voyait pensif, distrait et lui répondant par monosyllabes. Elle me proposait alors d’aller prendre des nouvelles de M. Sherlock Holmes. Je ne contestais même pas pour la forme sa suggestion ; j’attrapais mon manteau, mon chapeau et mes gants et je filais comme le vent jusqu’à la rue chère à mon cœur. Il en allait de même pour le détective. Il m’ouvrait parfois avec une mine faussement ennuyée, mais dans ses yeux gris je voyais bien la joie de me revoir et parfois la lueur prometteuse d’une nouvelle enquête. Notre amitié avait la chaleur discrète d’un jour radieux de janvier. Elle réchauffait les cœurs de ceux qui voyaient au-delà des apparences. Une seule personne au monde l’avait compris : Mrs Hudson."

 

Christine Muller

 

 

 

 

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08 février 2026

POLARS EN BARRE [196]

"Au fond, c’est peut-être ça un mythe : un personnage dont le talent dépasse celui de son créateur, un être qui a davantage d’ampleur dans l’imaginaire collectif que dans celui de son géniteur, une figure que des écrivains successifs vont s’approprier dans l’espoir d’être celui qui saura enfin se hisser à son niveau.

Un personnage qui fait naître un auteur, et non l’inverse."

 

Jean-Marcel Erre

 

 

 

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07 février 2026

POLARS EN BARRE [195]

"Ils étaient donc tranquillement assis tous les deux près du feu, M. Sherlock Holmes et le docteur Watson. Le détective, en robe de chambre, regardait en l’air ou au loin, je ne sais pas où. Il avait les mains jointes, un peu comme s’il priait, et il parlait lentement :

― Prêt pour une nouvelle aventure, Wiggins ?

Ce n’était même pas la peine de répondre, il me connaissait ! D’ailleurs, il n’a pas attendu pour continuer :

― Vous n’avez peut-être pas entendu parler de Violet Juniper ? C’est une danseuse de cabaret assez connue. Elle a passé quelques mois à Paris, où elle a dansé aux Folies-Bergère.

Je ne sais pas comment s’y prend M. Sherlock Holmes, mais tout ce qu’il touche se transforme en roman. Le nom, déjà, Violet Juniper… Les Folies-Bergère… J’en oubliais de boire mon thé.

― La pauvre petite a été étranglée.

Les romans, avec M. Sherlock Holmes sont plutôt du genre noir. Mais, moi qui avais vécu depuis le mois d’août dans la terreur que Jack l’Éventreur ne vienne assassiner maman pendant la nuit, je n’étais pas à ça près !"

 

Béatrice Nicodème

 

 

 

 

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