01 janvier 2026
POLARS EN BARRE [158]
"Je n’avais pas eu besoin d’expliquer l’accident -si l’on peut dire ! Plusieurs versions circulaient déjà, plus belles que celle que j’aurais pu inventer. Je n’avais pas à jouer l’homme démoralisé et accablé. On m’assura que je l’étais.
Une délégation de citoyens m’apporta des vêtements de deuil le mardi après-midi. Rufe Waters, le shérif, Web Clay, le juge d’instruction, et deux membres de la Chambre de Commerce m’emmenèrent au dépôt mortuaire en conduite intérieure. Rufe et Web m’entraînèrent dans la chapelle pour contempler le cercueil -mais pas l’intérieur- puis ils me firent sortir immédiatement.
La plus grande partie du service se déroula sans moi, parce qu’on m’avait trouvé trop touché et que l’on m’avait installé dans la petite salle de repos. On me fit avaler deux verres d’alcool pour me remettre, et on m’allongea sur le divan. Une fois le service terminé, on vint me chercher."
Jim Thompson

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31 décembre 2025
✊

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POLARS EN BARRE [157]

♦♦♦
"Pourquoi ? Ça empêche pas les soldats de dormir. Ils assassinent et ils reçoivent des médailles pour le faire. Les bonnes gens du Kansas veulent m'assassiner, et il y a certainement un bourreau qui sera content d'obtenir le boulot. C'est facile de tuer, beaucoup plus facile que de passer un mauvais chèque. Souviens-toi : je n'ai connu les Clutter que durant une heure peut-être. Si je les avais réellement connus, j'imagine que je ressentirais autre chose. J'pense pas que je pourrais vivre avec moi-même. Mais la façon dont ça s'est passé, c'était comme casser des pipes dans un stand de tir."
Truman Capote

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30 décembre 2025
POLARS EN BARRE [156]
"La mort, c'est mon truc. C'est grâce à elle que je gagne ma vie. Que je bâtis ma réputation professionnelle. Je la traite avec la passion et la précision d'un entrepreneur de pompes funèbres, grave et compatissant quand je suis en présence des personnes en deuil, artisan habile quand je suis seul avec elle. J'ai toujours pensé que, pour s'occuper de la mort, le secret était de la tenir à distance. C'est la règle. Ne jamais la laisser vous souffler dans la figure.
Hélas, cette règle, la même, ne m'a pas protégé. Quand les deux inspecteurs sont venus me chercher et m'ont parlé de Sean, une sorte de paralysie glacée m'a aussitôt envahi."
Michael Connelly

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29 décembre 2025
POLARS EN BARRE [155]
Dans la rue, il commençait à crachiner. Deux cavaliers pressèrent le trot de leurs chevaux et dépassèrent une Ford bringuebalante. Executor ouvrit la porte de la Packard blindée et aida le journaliste à s’asseoir.
− Ça commence à bien faire. Il nous faut de l’action.
− La veuve m’a juré qu’elle et ses amis n’y étaient pour rien.
− Qui alors ?
− Pas la moindre idée. Mais tu as raison. Ça suffit comme ça.
− Personne ne proteste de son innocence tant qu’une accusation n’a pas été lancée. Personne ne donne de réponses si on ne lui pose pas de questions.
− Tu as raison. Il faudrait commencer par là.
− Hier, on a tiré sur le poète et on a failli le tuer. Mettons la pression et voyons si l’Ombre sort de l’obscurité et se montre, dit l’Executor en démarrant.
− L’Ombre ? Quelle Ombre ?
− L’ennemi. C’est comme ça que le poète l’appelle. Quant à notre club de joueurs de dominos, il lui a trouvé un nom encore plus lyrique : l’Ombre de l’ombre.
− Pas mal du tout. On pourrait l’embaucher au journal."
Paco Ignacio Taibo II

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28 décembre 2025
POLARS EN BARRE [154]
"Il resta étendu là jusqu’à ce qu’il fût certain que la cour fût vide. Il pensa à l’amour de sa vie et imagina qu’elle était avec lui, la tête reposant sur sa poitrine, lui disant combien elle aimait les sonnets qu’il composait pour elle.
Il se remit enfin debout. C’était dur de marcher ; chaque pas lui déchirait de douleur les entrailles jusqu’à la poitrine. Il se tâta le visage ; ce dernier était couvert de quelque chose de sec qui ne pouvait être que du sang. De la manche, il se frotta le visage avec furie jusqu’à ce que le sang frais coulât des écorchures sur une peau douce. Il se sentit mieux du coup, et le fait qu’il n’ait pas pleuré le fit se sentir encore mieux."
James Ellroy

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27 décembre 2025
POLARS EN BARRE [153]
"− Siggie Reuhr est probablement capable de bien des choses, mais d’un meurtre, ça, non. Comment a-t-il été descendu, le type ?
− A coup de hache.
− Alors, il y a eu du sang ?
− Je pense bien !
− Alors vous pouvez rayer Siggie de votre liste. Le poison, je ne dis pas. Mais une hache ! Du sang ! C’est tout juste si Siggie ne tournait pas de l’œil s’il lui arrivait de se couper le doigt sur la tranche d’un grand livre. La vue du sang le rendait malade. Non, inspecteur, si votre type s’est fait descendre à coup de hache, croyez-moi, ce n’est pas du côté de Siggie qu’il faut chercher."
Ed McBain

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26 décembre 2025
POLARS EN BARRE [152]
"Il hésita entre le “Tabac du Matin’’ et le self-service situé au rez-de-chaussée de l’Humanité. On pouvait y prendre un café, l’emporter à une table sur un plateau et tout en dégustant le liquide brûlant, s’amuser à reconnaître au passage les grandes signatures du journal, les plus illustres figures du Parti Communiste. Thorez, Duclos, même Aragon venaient ici se restaurer entre deux réunions ou attendre que leur article arrive au marbre."
Didier Daeninckx

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