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26 mai 2023

"BOUQUINAGE" - 250

 

"J'ai participé deux fois à la conquête du pouvoir, en 1981 et en 1998. Chaque fois, une énorme vague populaire nous avait portés. Mais, une fois au pouvoir, on n'a jamais rien fait de cette énergie populaire. On lui demande de rentrer à la maison pendant que l'on fait le changement par le sommet. Si bien que toute dynamique se refroidit, et l'adversaire reprend la main. Quand on veut faire des politiques de changement par le sommet sans se préoccuper de l'intervention populaire, on referme la trappe sur soi. Voilà la vraie leçon. Voilà à quoi répond la théorie de la révolution citoyenne que je porte."

 

 

 

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25 mai 2023

"BOUQUINAGE" - 249

"Il ne faut chercher dans Marx ni des vérités actuelles, ni un cadre, ni des critères établis, mais un mouvement, une investigation sur le possible et l'impossible. C'est en le prenant pour savoir établi qu'on a fait du “marxisme” une idéologie."

 

 

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24 mai 2023

"BOUQUINAGE" - 248

 

 

"D'une guerre européenne peut jaillir la révolu­tion, et les classes dirigeantes feront bien d'y songer ; mais il en peut sortir aussi, pour une longue période, des crises de contre-révolution, de réaction furieuse, de nationalisme exaspéré, de dictature étouffante, de militarisme monstrueux, une longue chaîne de violences rétrogrades et de haines basses, de repré­sailles et de servitudes, Et nous, nous ne voulons pas jouer à ce jeu de hasard barbare, nous ne vou­lons pas exposer, sur ce coup de dé sanglant, la certi­tude d'émancipation progressive des prolétaires, la certitude de juste autonomie que réserve à tous les peuples, à tous les fragments de peuples, au-dessus des partages et des démembrements, la pleine victoire de la démocratie socialiste européenne.

C'est pourquoi, nous socialistes français, sans qu'aucune personne humaine puisse nous accuser d'abaisser le droit, nous répudions à fond, aujour­d'hui et à jamais, et quelles que puissent être les conjectures de la fortune changeante, toute pensée de revanche militaire contre l'Allemagne, toute guerre de revanche. Car cette guerre irait contre la démo­cratie, elle irait contre le prolétariat, elle irait donc contre le droit des nations, qui ne sera pleinement garanti que par le prolétariat et la démocratie. Aujourd'hui, la paix de l'Europe est nécessaire au progrès humain : et la paix, la paix assurée, la paix durable, la paix confiante entre l'Allemagne et la France, qui a beaucoup fait en Europe pour le mouvement de la démocratie et l'éveil de la classe ouvrière, ne peut pas être à contresens de leur développement."

 

 

 

 

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23 mai 2023

"BOUQUINAGE" - 247

 

"L'expérience de 1848-49 a donc conduit Marx et Engels, dans cette année de “bilan” que fut 1850, à formuler plusieurs propositions importantes :

— tout d'abord, la nécessité de la dictature du prolétariat dans la phase de transition vers la société communiste ;

— ensuite, la nécessité -étroitement liée à la première- de “rendre permanente” la révolution jusqu'à ce que le prolétariat international ait associé, concentré entre ses mains les principales forces productives mondiales ;

— enfin, la nécessité -pour assurer cette “permanence”- que le prolétariat se constitue en parti indépendant, avec sa politique propre, et qu'il adopte une tactique permettant de créer et de renforcer son pouvoir face à celui de la bourgeoisie libérale et de la petite bourgeoisie démocrate, jusqu'à déplacer cette dernière et instaurer sa domination de classe."

 

 

 

 

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22 mai 2023

"BOUQUINAGE" - 246

"Son œuvre ouverte, hors mesure, creuse au plus profond dans l'esprit d'une époque. Critique en mouvement d'un système dynamique, Le Capital, en dépit de ses multiples remaniements de son plan, était inachevable. Non parce que la vie de son auteur fut trop brève, mais parce que c'était une vie humaine, et parce que l'objet de sa critique, en perpétuel mouvement, l'entraînait toujours plus loin.

Pléiadisé, Marx, bénéficie désormais d'une reconnaissance académique qui s'efforce de l'enfermer dans les limites temporelles de son siècle : un formidable penseur, certes, mais daté et démodé, bon pour les archives et les musées. Un économiste amateur, un philosophe digne de figurer dans la grande fresque de l'odyssée de l'Esprit, un historien admissible au programme d'agrégation, un pionnier de la sociologie ? Un peu de tout cela. Marx en miettes, en somme, inoffensif. Un intellectuel respectable s'il n'avait eu la fâcheuse idée de se mêler de politique. C'est pourtant ce qui fait de lui une figure nouvelle d'intellectuel, qui sut mener de front dans les années 1860 la rédaction du Capital et l'organisation matérielle, jusqu'au collage des timbres, de la Première Internationale. C'est pourquoi, écrit Jacques Derrida, “il n'y a pas d'avenir sans Marx”. Pour, contre, avec, mais pas “sans”. Et quand les néolibéraux, scotchés à Hobbes, à Locke, à Tocqueville le traitent de ringard du XIXè siècle, le spectre sourit dans sa barbe.

L'actualité de Marx, c'est celle du capital lui-même. Car, s'il fut un formidable penseur de son époque, s'il a pensé avec son temps, il a aussi pensé contre et au-delà de son temps de manière intempestive. Son corps-à-corps, théorique et pratique, avec son ennemi irréductible, la puissance impersonnelle du capital, le porte jusqu'à notre présent. Son inactualité d'hier fait son actualité d'aujourd'hui."

 

 

 

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21 mai 2023

"BOUQUINAGE" - 245

"Marx fut un penseur du possible autant que du nécessaire. Pour lui, la nécessité d'une prochaine, voire imminente, révolution sociale, qui serait la dernière grande révolution historique, ne faisait qu'un avec sa possibilité. Il crut que la possibilité réelle d'un dépassement définitif de toute société de classes se présentait, dès le milieu du dix-neuvième siècle, avec l'apparition et le développement rapide de la classe sociale qui le réaliserait : la classe ouvrière ou prolétariat. Il pensa que cette révolution, “possible” et “nécessaire” à la fois, consisterait dans l'abolition de toute exploitation de l'homme par l'homme et de tout asservissement politique, grâce à la disparition de la propriété privée des moyens de production. Il affirma que cette révolution conduirait à l'instauration, puis à l'épanouissement, d'un “règne de la liberté”. Il en résulte que la pensée marxienne de la nécessité historique était, en même temps, une pensée de la possibilité historique."

 

 

 

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20 mai 2023

"BOUQUINAGE" - 244

"Les hommes font leur propre histoire, mais ils ne la font pas arbitrairement, dans les conditions choisies par eux, mais dans des conditions directement données et héritées du passé.

La tradition de toutes les générations mortes pèse d'un poids très lourd sur le cerveau des vivants. Et même quand ils semblent occupés à se transformer, eux et les choses, à créer quelque chose de tout à fait nouveau, c'est précisément à ces époques de crise révolutionnaire qu'ils évoquent craintivement les esprits du passé, qu'ils leur empruntent leurs noms, leurs mots d'ordre, leurs costumes, pour apparaître sur la nouvelle scène de l'histoire sous ce déguisement respectable et avec ce langage emprunté.

C'est ainsi que Luther prit le masque de l'apôtre Paul, que la Révolution de 1789 à 1814 se drapa successivement dans le costume de la République romaine, puis dans celui de l'Empire romain, et que la révolution de 1848 ne sut rien faire de mieux que de parodier tantôt 1789, tantôt la tradition révolutionnaire de 1793 à 1795. C'est ainsi que le débutant qui apprend une nouvelle langue la retraduit toujours en pensée dans sa langue maternelle, mais il ne réussit à s'assimiler l'esprit de cette nouvelle langue et à s'en servir librement que lorsqu'il arrive à la manier sans se rappeler sa langue maternelle, et qu'il parvient même à oublier complètement cette dernière."

 

 

 

 

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19 mai 2023

"BOUQUINAGE" - 243

"Le lendemain matin, j'achetai le Hindmere and District Courier au kiosque à journaux de la gare. C'était là, comme je m'y attendais ; en quatrième colonne, à la une, sous le titre UN “ANGE GARDIEN" SAUVE DEUX ENFANTS. Les guillemets entourant “ange gardien” pour bien montrer que le journaliste conservait une prudente réserve me firent redouter le pire, mais mes inquiétudes s'apaisèrent considérablement au fil de ma lecture. Les journaux régionaux se payent rarement la tête des habitants du cru  — par prudence peut-être —, sauf de certaines personnalités comiques qui ne demandent que ça. Il fallait reconnaître que l'article était bon et objectif, malgré les doutes évidents du reporter. On y devinait aussi par endroits un zeste de franche perplexité, comme si l'auteur avait décidé de passer au crible de la gentillesse la preuve indéniable qu'on se trouvait en l'occurrence aux limites de la folie, et que, par conséquent, il doutait des implications de la preuve en question. Le fameux ange gardien n'apparaissait pratiquement que dans le titre ; le compte rendu donnait l'impression générale qu'il était arrivé à Matthew quelque chose de surprenant, lorsqu'il était tombé à l'eau, mais que personne ne savait trop quoi. N'empêche qu'il s'était courageusement porté au secours de Polly."

 

 

 

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