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14 septembre 2014

Ce n'est qu'un début...

Les organisations syndicales ont enfin décidé de lancer un « avertissement » à la prochaine coalition des droites. Elles organiseront, en front commun, un meeting national sur la Place de la Monnaie, à Bruxelles, le mardi 23 septembre.

Les dirigeants syndicaux sortent ainsi de leur léthargie estivale et nous évitons par la même occasion une « minute de silence » ! Que demander de plus ?

Il ne faut toutefois pas se réjouir trop vite. La route reste encore longue pour mettre en œuvre une riposte d’envergure, à la hauteur de l’offensive « austéritaire » en préparation.

Cette première « action »  est une action « calibrée » : 5.000 personnes sont attendues et nous pouvons être certains que les appareils, qui ont beaucoup d’expérience en la matière,  manoeuvreront pour que ce quota ne soit pas dépassé.

Pas question de retrouver vingt ou trente mille manifestants dans la rue pour saluer l’arrivée de l’automne et marquer un premier coup face au futur gouvernement Michel Ier ( ?) ! Pas question de lancer une dynamique qui pourrait devenir ensuite incontrôlable…

Il appartiendra surtout aux militants de travailler en partant « d’en bas » pour sensibiliser largement et préparer activement les indispensables combats de demain.

Ce n’est qu’un début…

 

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20 août 2014

Un tourbillon de milliards

 

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Depuis plus de trente ans, nous avons toujours droit à la même ritournelle lors de la formation des gouvernements : il va falloir faire des efforts supplémentaires ! Lisez : la population va devoir faire des efforts supplémentaires !! Supplémentaires, car les milliards € annoncés viendront s’ajouter aux milliards € pompés dans la poche des travailleurs par les gouvernements précédents !!!

Ainsi, la future coalition « fédérale » devrait « économiser » 17,3 milliards € (en attendant des ajustements à la hausse lors des prochains « contrôles budgétaires » ?) pour satisfaire aux exigences de l’UE (ratification des différents « traités européens », oblige !).

Or, le gouvernement Di Rupo a revendiqué fièrement les sacrifices infligés au plus grand nombre pour une ardoise de 22 milliards € !

euro.jpgSoit un total de 39,3 milliards € sur deux « législatures ». Au minimum…

Des chiffres vertigineux. Et le vertige serait d’autant plus étourdissant si l’on s'évertuait à comptabiliser toutes les mesures d’austérité décrétées depuis le premier gouvernement Martens-Gol, par exemple (en 1981) !

Remarquez que nous ne parlons même pas  des politiques socialement régressives impulsées à d’autres niveaux de pouvoir, des communes et provinces aux communautés et régions (aujourd’hui, il est question de  8 milliards € pour la Communauté flamande et de 4 milliards € pour la Wallonie et Bruxelles, d’ici 2019) !

Il faudra décidément un jour établir de manière très précise l’ampleur de l’appauvrissement des citoyens et l’ampleur du transfert massif de leurs revenus vers ceux du  capital, durant toute cette  période néfaste !

Il est à noter que ce matraquage permanent de l’austérité n’a pas permis de se dégager de la « crise », de résoudre le cancer du chômage de masse, de résorber la pauvreté  ou de réduire les inégalités.

Que du contraire !

Mais pourquoi les défenseurs du capitalisme renonceraient-ils à une politique aussi favorable à la classe dominante ?

Aucun changement véritable d'orientation n’est à attendre du personnel politique en charge de la préservation des intérêts de « ceux d’en haut ».

Ce sera donc à « ceux d’en bas » de tout mettre en œuvre pour l’imposer…

 

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16:23 Publié dans Politique | Lien permanent |  Facebook | |

19 août 2014

"Gouvernement des gauches" !

avenir.jpgC’est entendu. Les politiques d’austérité vont se poursuivre et s’amplifier, et la résistance contre celles-ci devra continuer et être plus efficiente.

D’expérience, les militants savent qu’il ne suffit pas de se promener de la gare du nord vers la gare du midi, quelques jours avant la fête de Noël,  pour contester avec succès des trains de mesures « austéritaires » !

Reste que ces évidences n’épuisent pas le débat et n’apportent pas une réponse à la difficile problématique de l’ « alternative ».

Il ne suffit pas de mettre en échec un programme libéral, il faut aussi pouvoir défendre ses propres revendications et imposer ses propres solutions de rechange ! Et puis surtout, au-delà d’un catalogue d’exigences fortes, se pose la question du « débouché politique » : quelle autre majorité pourrait mettre en œuvre une autre politique ?

L’hypothèse  -ou la perspective-   d’un « gouvernement des gauches » mérite  d’être revitalisée.

Deux conditions (au moins) devront être réunies pour concrétiser un tel objectif : une puissante mobilisation sociale et une modification du rapport des forces au sein même du « mouvement ouvrier ».  Clairement, la « gauche de gauche » devra dépasser la « gauche d’accommodement » pour devenir « hégémonique » et gagner le « leadership » !

Vaste et ardu chantier, on en conviendra, qui exigera du temps et de l’énergie.

Ajoutons une « complexité » supplémentaire : la Belgique est un « Etat fédéral possédant des traits confédéraux » (1). Dès lors,  la « gauche » ne peut plus définir une ligne politique en ignorant cette réalité « institutionnelle ».

Continuer à raisonner comme si nous vivions toujours à l’époque de la « Belgique de papa » serait une faute.

En ce XXIème siècle, toute recherche d’une alternative,  -ici et maintenant-  doit à l’évidence prendre en considération les spécificités de cet Etat.

Or, les rapports de forces au Nord et au Sud du pays divergent et imposeront de plus en plus une modulation des stratégies et des réponses politiques, entité fédérée par entité fédérée.

Les différents partis, même les plus « belgicains », ont d’ailleurs de facto  intégrés cette donne. Ainsi, lors des élections du 25 mai, les principales formations politiques ont déposé des listes dans les différentes entités pour tenter d’obtenir des élus dans les différentes assemblées parlementaires. Même le PTB, qui se présente comme le dernier « parti unitaire belge » ! Et il a eu grandement raison d’agir de la sorte, puisqu’il a obtenu des députés en Wallonie et à Bruxelles, en plus de ses deux élus  au parlement fédéral !

Il faut maintenant être prêt à tirer toutes les conséquences d’une situation originale, et envisager de matérialiser des alternatives là où les maillons de la classe dominante sont les plus faibles (ou les moins consistants), sans attendre que les « conditions » soient réunies partout de manière uniforme, au risque… de devoir patienter très longtemps encore !

J’y reviendrai…

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(1)   Voir l’excellent dossier du CRISP à ce sujet : Etienne ARCQ, Vincent DE COOREBYTER, Cédric ISTASSE, Fédéralisme et confédéralisme, décembre 2012.

20:43 Publié dans Politique | Lien permanent |  Facebook | |

08 août 2014

Massacre à la tronçonneuse ("nationale-libérale") !

tronçonneuse.jpgLes négociations pour la formation d’un gouvernement fédéral se poursuivent… dans la discrétion.

Toutefois, des informations concernant les projets de la future coalition, 100 % à droite, filtrent régulièrement dans la presse.

Chaque jour apporte ainsi son lot de supputations illustrant le véritable catalogue d’horreurs en cours d’élaboration.

Sont notamment évoqués :

·         Un saut d’index !

·         Des privatisations d’entreprises publiques !

·         L’instauration d’un service minimum à la SNCB !

·         Des économies drastiques dans la fonction publique !

·         Des augmentations des taux de TVA !

·         Une hausse de la fiscalité « verte » !

·         Une diminution de la norme de croissance du budget des soins de santé !

·         Une réduction des « charges patronales » (les cotisations sociales qui financent la Sécu) !

·         Une « activation » renforcée des chômeurs !

·         La création de « flexijobs » !

·         Le retour à la semaine des 40 heures !

·         L’allongement des carrières !

·         La relance du nucléaire !

·        

Certes, à ce stade, rien n’est officiel, et le programme du prochain gouvernement Peeters 1er ( ?) ne reprendra pas nécessairement l’ensemble de ces mesures profondément régressives.

 Mais il est certain qu’il sera très fâcheux pour celles et ceux qui subissent déjà la crise et l’austérité depuis des décennies !

La « rupture », réclamée bruyamment par des « leaders d’opinion » auto-proclamés, sera bien au rendez-vous, avec ce prévisible et terrible coup de barre à tribord.

Il n’est pas fortuit, dans ces conditions, qu’il ne soit nullement question de suppression des intérêts notionnels, d’impôt sur la fortune, de lutte résolue contre la fraude  fiscale ou de réduction généralisée du temps de travail !

Béatrice Delvaux, éditorialiste en chef du journal « Le Soir »,  pourra tranquillement chanter les louanges de Reagan-De Wever et de Thatcher-Michel.

Il nous appartiendra de venir gâcher le bonheur de cette droite décomplexée.

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06 août 2014

Revirements

nva.JPGLa perspective d’une coalition des droites se précise de jour en jour, à la satisfaction des principaux organes de presse.

Pensez donc, à en croire les « éditorialistes », ce pays a grandement besoin de remises en cause  « des tabous » (syndicaux, notamment) et de « profondes  réformes », un défi que seul un gouvernement de « centre-droit » (sic) peut relever.

Désormais, les exclusives d’hier sont oubliées. Les quotidiens francophones alignaient  les articles hostiles à la NVA, ce parti « nationaliste » qui rêve de la disparition de la Belgique. Que cela ne tienne. Aujourd’hui, Bart de Wever et ses amis sont les bienvenus, car ils représentent un passage obligé pour éliminer la « gauche conservatrice», c’est-à-dire le PS, qui n’a pourtant pas démérité dans son action en faveur des puissants !

Une ingratitude assortie d’une argumentation acrobatique : finalement, contraindre la NVA à prendre ses responsabilités au niveau fédéral constituerait une plus-value pour le Royaume. En mouillant ce parti, celui-ci serait contraint de mettre une sourdine à ses revendications institutionnelles.

D’ailleurs, la NVA a promis à ses futurs partenaires qu’elle entendait bien donner la priorité aux dossiers socio-économiques, et qu’elle s’abstiendrait de remettre le « communautaire » sur le tapis dans les cinq prochaines années !  Et puis, dans les derniers jours de la campagne électorale, son président avait affirmé avec force  -et en français !- : « ayez confiance ! ». Bref,  ce qu’il a perdu en kilogrammes a été gagné en maturité. A écouter certains, Bart de Wever serait donc maintenant sur la bonne voie pour gagner son statut d’ « homme d’Etat »…

Dont acte.

Naturellement, les contes de fées – comme les promesses électorales- ne valent que pour ceux qui y croient, et les contorsions de Charles Michel, du MR, du journal « Le Soir » ou de « La Libre Belgique », n’étonnent plus personne depuis longtemps.

Néanmoins, les divers justificatifs avancés laissent parfois songeurs.

1.       Les indispensables réformes structurelles à mettre en œuvre d’urgence. A l’évidence, c’est l’obsession première de tout ce beau monde. Rien ne doit être oublié : pensions, soins de santé, Sécu, services publics, fiscalité, salaires,…, tout doit être broyé à la moulinette néo-libérale ! Ce serait la condition obligée d’une restauration de la « compétitivité de notre économie » et du « retour de la croissance ». Le discours est connu, tant il est martelé dans toutes les enceintes de l’ordre capitaliste, et ses tenants ont donc le mérite de la continuité, à défaut de l'atout de la perspicacité. Car l’austérité est le problème, pas la solution ; et la crise n’en finit pas de finir depuis 40 ans, malgré l’application têtue de remèdes austéritaires…

2.      Le caractère asymétrique de la coalition, minoritaire en Wallonie. Ce ne serait pas une difficulté, étant donné que le précédent gouvernement était déjà minoritaire en Flandre. Sauf qu’il  manquait seulement un siège et que les trois formations représentant les trois familles traditionnelles étaient de la partie. Aujourd’hui, un seul des sept partis francophones disposant d’une représentation parlementaire sera embarqué : le MR, qui dispose de 20 élus sur les 63 dévolus en Fédération Wallonie-Bruxelles ! Ce n’est pas un hasard si la concept de « coalition kamikaze » a eu la cote, avant d’être supplanté par une douce « coalition suédoise ». Un glissement sémantique, révélateur du soutien peu discret apporté aux formateurs Peeters-Michel, par l’establishment médiatique…

3.      Le caractère adulte du modèle fédéral belge. Il est ainsi soudainement secondaire de réunir une majorité dans les différents groupes linguistiques, aucune communauté n’étant dorénavant menacée. C’est peut être passer rapidement sur une réalité : le caractère symétrique du gouvernement flamand et du gouvernement fédéral, aile néerlandophone ; dans les deux exécutifs, se retrouveront ainsi NVA, CD&V et Open-VLD. Tandis que du côté francophone, le solitaire et minoritaire  MR est partout dans l’opposition ! Croire que cela ne génèrera pas des tensions et des contradictions relève pour le moins d’un franc optimisme.

4.      Le caractère indispensable du MR. Ce parti constituerait une garantie en béton car il pourrait « retirer la prise » à tout moment, en cas de problème majeur ou de menaces avérées envers les francophones. C’est oublier que dans une majorité qui pourra compter sur 85 sièges pour un total de 150, ses quatre composantes seront « indispensables ». Même le retrait du plus petit partenaire,  l’Open-VLD (14 députés), entraînerait la chute du gouvernement ! Ils se tiendront tous par la barbichette et ce sont les rapports de force internes à l’équipe gouvernementale qui trancheront. Comme toujours…

5.      La bouffée d’oxygène du changement. Enfin ! Sauf que trois partis de la future majorité occupent le pouvoir fédéral depuis un bon bout de temps déjà. Reste évidemment le déboulé de la NVA pour supplanter les PS-SPA. De là à parler d’air frais s’agissant de cette formation nationaliste de la droite extrême…

 

formateurs.jpg

 

Toute cette gymnastique verbale prêterait à sourire s’il n’y avait derrière un projet et un programme politiques qui seront extrêmement douloureux pour la population.

D’autant que la consolidation d’une orientation fédérale particulièrement austère sera combinée à d’autres choix tout aussi rigoureux qui seront mis en oeuvre dans les communautés et les régions.

La prochaine législature sera assurément pénible pour les travailleurs et les citoyens, qui devront relever le gant par les luttes, ou... s’incliner !

A tout le moins, une période complexe, tendue et potentiellement explosive  -de par l’interférence prévisible de la question nationale (1)-  nous attend.

 

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(1)   Voir mon précédent billet, « Périls ».

 

21:59 Publié dans Politique | Lien permanent |  Facebook | |

26 juillet 2014

Périls

BDW-CM.jpg1.       La Belgique est un Etat fédéral. Chaque entité fédérée dispose ou disposera prochainement de son propre gouvernement. Les majorités respectives des communautés et régions seront asymétriques. Mais il existe (objectivement) une convergence : la mise en œuvre de politiques d’austérité, qui seront douloureuses pour la population et qui frapperont durement les salariés, les chômeurs, les malades ou les services publics.

2.      Les  « jeux » politiciens post-électoraux ne doivent pas occulter une réalité : les pires « ennemis » aujourd’hui étaient les meilleurs « amis » hier.  Socialistes et libéraux s’épient maintenant comme chiens et chats, mais ils gouvernaient ensemble il y a peu. Ils sont d’ailleurs encore associés à différents niveaux de pouvoir, comme les provinces ou les communes ! Et il est évidemment loin  d’être exclu qu’ils se retrouvent à l’avenir !

3.      Pour autant, il faut éviter de sombrer dans les analyses caricaturales. Un gouvernement NVA-MR n’est pas un gouvernement PS-CDH. La manière d’imposer des mesures austéritaires et l’ampleur de celles-ci ne seront pas identiques. L’histoire de ces partis, les liens  qu’ils entretiennent  avec le mouvement syndical ou le tissu associatif, ne sont pas les mêmes. Ainsi, la position des uns et des autres  vis-à-vis de la concertation sociale, et du « modèle belge » qui en découle, varie.  Lorsque l’accord gouvernemental de la coalition kamikaze sera connu, nous pourrons mesurer ce qui les distingue. Il serait donc inopportun de banaliser ce qui se joue actuellement.

4.      Il va sans dire qu’un gouvernement orienté à «droite toute »  répond aux attentes d’un patronat demandeur de politiques ultra-libérales. Même si les dominants auraient préféré y associer également le CDH, afin d'élargir l’assise de la future équipe gouvernementale au cœur d’une Wallonie frondeuse. Mais il était assurément trop compliqué de marier le parti francophone le plus attaché à la Belgique avec un parti nationaliste qui milite pour la disparition de celle-ci !  D’autant que le PS a habilement manœuvré en faveur de la constitution rapide d’exécutifs à Bruxelles et en Région wallonne, histoire de contrarier les manigances de Michel, Reynders et consorts...

5.      La question nationale risque de connaitre un regain d’explosivité. Croire qu’un gouvernement avec une forte présence de la NVA  (hégémonique en Flandre), mais ultra-minoritaire au sud du pays, va garantir la paix institutionnelle pendant 5 ans, est une vue de l’esprit. La mise en œuvre de la sixième réforme de l’Etat, les contradictions qu’elle génère, les nouvelles exigences qui en découleront,  les liens étroits entre l’économique et le communautaire, les traditionnels impondérables irrationnels de ce royaume, seront autant de sources d’instabilité.

6.      Et puis, il y aura l’épreuve de la lutte des classes.  Face à la nouvelle déferlante d’austérité (au minimum,  17  milliards € d’économies supplémentaires à l’horizon 2019),  la résistance sociale présentera  probablement un visage et une vigueur différents en Wallonie et en Flandre. D’autant que dans le sud, les responsables syndicaux  devront moins ménager leurs « amis »  soudainement relégués dans l’opposition au niveau fédéral. On se souvient que cet écart de détermination combative, déjà constaté dans le passé, par exemple lors de la « Question royale » ou de la  grève générale de 60-61, avait alimenté la revendication du « fédéralisme et des réformes de structure anticapitalistes ». Qu’en sera-t-il demain ? Une accentuation de la marche vers le confédéralisme, mais cette fois sans la moindre perspective transformatrice de la société   ?  A l’évidence la responsabilité de la gauche, en terme de débouché et de mots d’ordre, sera grande. Et l’inquiétude est de mise, car entre le Charybde d’une social-démocratie totalement reconvertie au social-libéralisme et d’ une FGTB où le « Renardisme » est un lointain souvenir, et le Scylla d’une « gauche de gauche » dominée par un PTB anachroniquement « belgicain », la voie est ténue. Il faudra pourtant bien plus qu’un discours général sur l’unité, dans les mois à venir. Encore faut-il comprendre que la prise en considération d’un principe démocratique essentiel comme le « droit des peuples à l’auto-détermination » n’est pas nécessairement un obstacle pour la solidarité des travailleurs…

7.      La prochaine période, à ne pas douter, sera déconcertante et animée.   A la gauche  -digne de ce nom-   de contester pied à pied les politiques socialement régressives qui seront déployées à tous les étages de l’Etat Belgique. Les coups  les plus durs et les plus frontaux viendront assurément de la rue de la loi, à laquelle il faudra indubitablement opposer  la loi de la rue. Mais la complexité de la conjoncture à venir exigera également des solutions adaptées à nos caractéristiques « nationales » . Il n’y aura finalement pas d’autres réponses pertinentes que celles résultant d’une analyse permanente et concrète des situations concrètes…

 

 

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18 juin 2014

Brasil : (beaucoup) de jeux, (peu) de pain

fellaini.jpgJouons le jeu.

Parlons football.

Sans soulever les aspects pernicieux d’un business pour le moins fructueux. Sans brocarder les salaires indécents des stars du ballon rond. Sans évoquer la maffia des paris et les matchs truqués. Sans ergoter sur le phénomène de la corruption. Sans pointer les problèmes de dopage.  Sans chicaner sur la surenchère nationaliste et les délires cocardiers. Sans ricaner au sujet de la famille royale qui est "à fond" derrière "notre équipe".

En ignorant la violence dans et autour des stades. En ne dissertant pas sur le sport professionnel comme arme idéologique pour les dominants. En laissant de côté toute éthique. Et en passant sur les investissements hallucinants de ce « Mundial »,  alors que le peuple brésilien vit majoritairement dans le plus grand dénuement !

Donc, la Belgique a battu l’Algérie dans son match d’ouverture.

2-1 !

Après avoir été mené suite a un penalty justement sifflé.

Ce fut dur, très dur. Les supporters ont eu chaud, très chaud. Plus que les joueurs qui ont pourtant évolué sous un soleil de plomb.

Tout le monde est maintenant soulagé. Le sélectionneur national affiche avec aplomb une belle sérénité. Les "Diables" titularisés pour cette première rencontre sont heureux. Les sponsors boivent du petit lait, ou plutôt de la Jupiler (car ils savent "pourquoi" !).

Heu-reux, on vous le répète en boucle dans tous les flashs d’information…  Qu'on se le dise.

Pourtant, les observateurs « neutres » sont unanimes : ils n’ont pas très bien joué.

Il sera donc impératif de s’améliorer pour la suite de la compétition.

Car dès dimanche prochain ce sera la Russie. Ensuite la Corée et, en huitième de finale,  -si huitième de finale il y a !-    il faudra plus que probablement faire face au Portugal ou à l’Allemagne, l’une des (habituelles) grandes favorites des  coupes du monde.

Pour le reste, les premières confrontations de ce grand raout footballistique planétaire ont plutôt été plaisantes. Avec  des buts, du spectacle, mais aussi… des décisions arbitrales parfois curieuses.

Histoire d’éviter toute surprise et de garantir aux grandes « nations » (et aux grands marchés) un long parcours ?

Allez, je sors, parce que je sens que je vais à nouveau persifler.

Chassez le naturel (critique), il revient au galop.

Rendez-vous pour le Tour de France…

 

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11 juin 2014

La fête ? Oui, mais...

bresil-croatie-2014-567x300.jpgEnfin ! Enfin, tout va changer...

Terminées les considérations oiseuses sur une météo perturbée.  Terminés les colloques cathodiques entre Pascal Vrebos et Albert le deuxième. Terminées les visites hebdomadaires de Bart De Wever chez le roi.  Terminées les polémiques concernant la formation des majorités politiques régionales. Terminés les inquiétants rapports de la Banque nationale. Terminés les bavardages sur l’actualité tumultueuse.

Place à la coupe du monde de football, la seule et l’unique, celle qui se déroulera au Brésil, pays du ballon rond par excellence.

Bientôt les Diables Rouges entreront en piste, pour leur marche triomphale vers le titre suprême.

D’accord, c’est une anticipation audacieuse, mais la RTBF y croit. Elle qui a mobilisé les (maigres) moyens financiers dévolus au service public pour suivre cette épopée.

RTL-TVI ne sera d’ailleurs pas en reste et assurera également une couverture quotidienne de l’événement, tout comme nos amis français ne rateront pas un épisode des aventures trépidantes des tricolores, en quête d’un deuxième couronnement.

64 matchs   -pas un de plus pas un de moins !-  , en un mois ! Overdose annoncée, nirvana footballistique assuré. Les Jupilers (« les supporters savent pourquoi ! ») sont déjà au frais dans les réfrigérateurs. Les klaxons des automobiles sont prêts à être actionnés. Les discussions acharnées vont pouvoir démarrer.

L’orgie festive frappe à nos portes. Que les grincheux passent leur chemin, ruminent leurs griefs dans leur cabanon et, surtout  -surtout !-,  évitent de venir perturber la joie collective.

Oubliés les tracas de la vie quotidienne et les affres de la politique, l’euphorie est maintenant  exigée de chacun et de chacune.

Soit.

 

caddie.jpg

 

Attention. Voilà que l’on me glisse à l’instant une information de dernière minute : ah, il s’agit d’une nouvelle restructuration d’entreprise, celle du groupe Delhaize. 14 magasins seraient menacés de fermeture, 2500 emplois pourraient être supprimés., des efforts supplémentaires du personnel seraient requis.

La terre continue donc à tourner autour du soleil et le rouleau compresseur du capitalisme à écraser les travailleurs ?

Bon sang, la réalité ne va quand même pas venir gâcher une fête programmée de si longue date !

Déjà que le peuple brésilien semble peu enclin à se réjouir des dépenses fastueuses engagées au détriment de son bien-être social !

Il y a décidément peu de place pour l’insouciance sur cette planète. Du moins, tant que nous vivrons dans des sociétés de classes…

 

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