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19 novembre 2020

Les atouts de Jean-Luc Mélenchon

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Jean-Luc Mélenchon avait conditionné sa candidature pour l’élection présidentielle à l’obtention de 150.000 signatures "de parrainage". (1) Il les a obtenues en quatre jours, "à froid", en dehors de la dynamique d’une campagne électorale entrée dans une phase active !  

De quoi toutefois susciter l’ironie de ses détracteurs qui ont tonitrué en choeur que c’était "facile". Les mêmes détracteurs qui martèlent depuis des années que Mélenchon est un "homme seul" et que La France Insoumise est sur le "déclin" ! Beau paradoxe. On attend maintenant qu’ils fassent de même pour parachever leur démonstration… 

Moins drôle et plus consternant, à lire les commentaires de cette triste confrérie, on se croirait revenu en 2016-2017, l’époque toxique du "tout sauf Mélenchon" ! Avec des éléments de langage répétitifs (et lassants) : "Mélenchon diviseur", "Mélenchon carriériste", "Mélenchon égocentrique", bref un Mélenchon infréquentable qui handicaperait "la gauche" ! 

Et puis cette nouveauté dans "l’argumentation", Coronavirus oblige : il serait inapproprié de se positionner pour 2022 en pleine pandémie ! 

Mais étrangement, le Sars-Cov-2 n’empêche pas le gouvernement français de poursuivre la mise en œuvre de sa politique antisociale et sécuritaire. Ainsi, des projets toujours plus néfastes, −comme la funeste loi "sécurité globale"−, continuent tranquillement leur parcours législatif à l’Assemblée Nationale !  

Et curieusement aussi, de leur côté,  EELV, le PS ou le PCF avaient déjà annoncé qu’ils présenteraient un[e] candidat[e] ! Au pays de Molière, les tartuffes sont rois… 

Qu’à cela ne tienne, les Insoumis sont maintenant engagés dans cette bataille, forcément encore balbutiante, et Jean-Luc Mélenchon dispose d’atouts pour aller jusqu’au bout.

 

  1. Un programme solide, qui n’est d’ailleurs pas figé et qui sera encore retravaillé jusqu’au mois d’octobre 2021. L’apport de toutes les "forces politiques" qui le souhaitent est d’ailleurs le bienvenu !
  2. Un mouvement en ordre de marche et une base qui le soutient avec détermination ! La puissante adhésion de celle-ci n’est évidemment pas étrangère au succès rapide du pétitionnement actuel.
  3. Son entourage : une équipe jeune, créative et active −sur les réseaux sociaux, notamment− ; et des groupes parlementaires dont la cohésion politique détonne en cette période d’embrouillamini généralisé.
  4. Son indéniable talent personnel, ses qualités de débatteur et d’orateur, son expérience et sa notoriété, sa force de conviction et son sens de l’initiative, sa capacité à trancher et sa volonté inébranlable de maintenir un cap fixé.
  5. La dispersion, les hésitations et la division de ses concurrents putatifs. Rien que dans la "galaxie PS", ils sont nombreux à vouloir "y aller" ; mais toutes et tous tergiversent, épient leurs rivaux, attendant un faux pas de l’un[e] ou de l’autre avant de sortir du bois. Et à EELV, il y aura au moins trois prétendants à l’investiture. Quant au PCF, au NPA et à LO, ce seront surtout des candidatures de "témoignage" !
  6. Il est entré en campagne alors que d’autres vont attendre le plus longtemps possible avant de se découvrir, oubliant ainsi la leçon de la réputée fable du "lièvre" et de la "tortue" ! De plus, il ne se laissera pas enfermer dans un scénario d'organisation de "primaires", que d’aucuns préconisent à nouveau, oubliant au passage l’exercice précédent qui se termina en tragi-comédie pour le parti de François Hollande et de Manuel Valls !

 

Naturellement, et sans surprise, les lamentations se multiplient depuis son annonce : faute d'"union de la gauche", la victoire serait assurée pour Macron ou Le Pen, murmurent de belles âmes soudainement "unitaires" à l’approche d’une échéance électorale nationale ! 

Certes, la dispersion peut desservir, mais la confusion encore plus ! C’est la convergence programmatique qui reste déterminante et gage de succès.

A ce sujet, La France Insoumise ne ferme aucune porte et jlm 6R.jpgdemeure ouverte à une large discussion… sur le fond. Et Jean-Luc Mélenchon répète inlassablement aux médias qui l’interrogent que l’"Avenir en commun" peut être amendé en fonction des apports des uns et des autres.  

Mais là est sans doute le véritable obstacle. Car derrière l’ostracisme décomplexé affiché envers l’épouvantail Mélenchon, se cache en réalité le rejet du programme des Insoumis, jugé trop "radical" par des "écologistes" et des "socialistes" parfaitement intégrés dans la gestion du système. 

Ainsi, ces deux partis adeptes d’un "européisme" béat, ne comptent pas intégrer dans leur logiciel une sortie des traités européens, qui entravent cependant toute possibilité de mener à bien une véritable politique alternative ! 

Et puis comment le PS −le parti qui a gouverné durant cinq ans sous Hollande, en ayant eu entre autre recours au 49°3 pour imposer la régression des lois Macron et El Khomri−, pourrait-il adhérer à des mesures économiques et sociales refusant les vieilles recettes austéritaires des dominants ? 

Quant au parti de Yannick Jadot, qui défend une perspective de "capitalisme vert" porté par les "forces vives" (sic) du pays, et ce dans le strict cadre de l’Union Européenne, comment pourrait-il soutenir un projet de type "éco-socialiste" ? (2)

La France Insoumise ne refuse donc aucun débat, mais elle ne trempera pas dans des entourloupes politiciennes l’obligeant à brader son programme, pour le remplacer par une bouillie social-libérale dont est friande la "gauche de gouvernement" chère aux dirigeants du PS ! 

"L’union est un combat" disaient naguère les responsables communistes. "L’union" doit surtout pouvoir assumer un robuste projet politique et des solutions de rechange d’ampleur au mode de production capitaliste ! 

jlm planification écologique.jpgEt n’en déplaise aux résignés ou aux pseudo-réalistes, cela passe par la sortie de la Vème République et de sa monarchie présidentielle, une Assemblée Constituante populaire pour définir les fondements d’une VIème République, la planification pour assurer une authentique transition écologique, la dénonciation des traités européens et l’abandon d’une intégration européenne au service de la défense des intérêts du Capital, une redistribution des richesses pour éradiquer les inégalités et la pauvreté, le rejet du "libre-échange" en faveur d’un protectionnisme solidaire et de la coopération internationale, la rupture avec  "l’atlantisme" et la sortie de l’OTAN, une gestion humaniste des migrations, et beaucoup d’autres impératifs encore… 

Qui, "à gauche" pour ratifier cette feuille de route programmatique, pourtant loin d'être "maximaliste" ? (3) 

Je crains que poser la question est déjà y répondre ! 

Il conviendra surtout de juger les actes, pas de se laisser abuser par les déclarations polémiques quotidiennes des défenseurs inavoués du "monde d’hier" !

 

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(1) Au moment d’écrire ces lignes, le total des signatures s’élève à près de 178.000... Ce compteur restera néanmoins ouvert jusqu’au premier tour de l’élection présidentielle ! → Pour signer : https://noussommespour.fr

(2) Yannick Jadot a récemment dénoncé "l'étatisme rouge-vert" (sic) de Jean-Luc Mélenchon !

(3) L'Avenir En Commun n'est bien sûr pas le programme de la révolution communiste mondiale...

 

 

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16:15 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | |

08 novembre 2020

JLM2022 !

 

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Jean-Luc Mélenchon propose sa candidature à l’élection présidentielle prévue en 2022. 

Il sollicite l’appui explicite de 150.000 personnes pour officialiser son engagement dans cette bataille électorale. 

Ce chiffre ne tombe pas du ciel mais est directement repris d’une proposition de loi déposée par La France Insoumise à l’Assemblée Nationale, afin de permettre aux citoyen(ne)s d’investir sans filtre des candidat(e)s.  Une possibilité qui, aujourd’hui, est uniquement réservée aux élus. 

Le programme est connu. Il s’agit de L’Avenir En Commun, déjà défendu en 2017, et qui sera collectivement actualisé dans les prochains mois (processus qui sera clôturé au mois d'octobre 2021). 

L’originalité du projet politique porté par Jean-Luc Mélenchon et ses amis tient dans l’objectif d’abolir la monarchie présidentielle et dans la volonté de convoquer une Assemblée Constituante populaire pour une 6ème République. 

Parmi les autres principaux axes programmatiques : la planification d’une bifurcation écologique ; la sortie des traités européens ; l’éradication des inégalités sociales et de la pauvreté ; le renforcement de la démocratie… 

Le choix d’une campagne électorale longue découle de la complexité de mener un tel combat dans les difficiles conditions d’une dangereuse pandémie  (Sars-Cov-2 !), qui demeurera présente pendant une longue période. 

Il s’agit également d’éviter la confusion qui sera générée par les tractations et manœuvres d’appareils de partis de  "gauche", dont la priorité n’est pas la défense d’une véritable alternative en rupture avec la gestion libérale du capitalisme. 

Assurément, le choix du président du groupe parlementaire des Insoumis déplaira à celles et ceux qui avaient déjà orchestré la campagne du "tout sauf Mélenchon" en 2016-2017. 

Peu importe finalement. L’essentiel est  −et sera− de maintenir fermement le gouvernail sur d’authentiques "solutions de rechange" à un mode de production qui s’appuie sur la prédation de la nature et l’exploitation des êtres humains. 

Comme en 2012 et en 2017, je soutiendrai cette candidature.

 

 

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Trump dégagé, et après ?

 

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Biden bat Trump qui refuse de s’avouer vaincu, ce qui promet quelques joutes juridiques dont les Etats-Unis ont le secret. 

Un simple baroud de… déshonneur ? Probablement. 

Croisons les doigts car il est souhaitable que Trump dégage. Enfin ! 

Personne de rationnel n’aurait pu se réjouir de la réélection d’un tel personnage : mythomane, climato-sceptique, sexiste, complotiste, raciste, et réactionnaire décomplexé.

Pour autant, rien ne sera automatiquement résolu. 

Car le nouveau président est également un fidèle représentant de la bourgeoisie qu’il n’a cessé de servir depuis des décennies. 

Il avait notamment voté en faveur de l’intervention militaire en Irak et il avait soutenu le Patriot Act ! 

Et durant 8 ans, il a été le vice-président de Barack Obama, qui a déçu ses  partisans, préférant sauver les banques en 2008-2009 que développer un véritable programme s’attaquant aux inégalités sociales et à la pauvreté, sans parler du maintien d’une politique étrangère impériale. 

L’avenir est d’autant moins radieux que le départ de Trump ne signifie pas la disparition du "trumpisme". Car les tendances lourdes qui l’ont poussé il y a quatre ans à la Maison Blanche sont toujours bien présentes. 

Il existe bel et bien une  "Amérique profonde", craintive, repliée sur elle-même, suprémaciste, désorientée par la catastrophe sociale, ignorante des enjeux internationaux vitaux, comme l’impératif de la lutte contre la crise écologique globale et le dérèglement du climat.  

Celle-ci ne disparaîtra pas avec le retrait d’Oncle Donald et elle continuera à peser lourdement dans les prochaines années. On entend déjà Biden annoncer qu’il sera "le président de tous les américains". Bien plus qu’une formule de circonstance, ce propos laisse augurer de nombreuses concessions à cet électorat positionné très à droite, et la mise en œuvre d’orientations qui ne seront guère différentes, les extravagances caractérielles en moins. 

Biden "tweetera" certes moins que le sortant sorti, mais cela ne signifie nullement le déploiement de mesures d’ampleur favorables au plus grand nombre, aux victimes des crises et du racisme "institutionnalisé" aux States...

D’autant que le Sénat pourrait toujours être dominé par les Républicains !

2011080346-Most-grateful-to-my-mother-Kamala-Harris_hires.jpgLa grande nouveauté du verdict électoral est finalement l’accession d’une femme à la vice-présidence, de surcroit une femme noire ! Ce qui de prime abord est positif et ce qui représente, à tout le moins, un beau pied de nez politique à tout ce que les Etats-Unis comportent de rétrograde et à un système patriarcal inébranlablement assumé par beaucoup ! 

Toutefois, comme d’autres exemples le démontrent ailleurs dans le monde, il ne suffit pas d’être une femme pour que le cap change radicalement ! Kamala Harris n’est pas une militante révolutionnaire qui veut se débarrasser du capitalisme mais, comme Biden, elle est un rouage du Parti démocrate, un parti qui fondamentalement n’a d’autre horizon que le maintien du mode de production et d’échange actuel, la sauvegarde des vieux rapports de domination et d’exploitation qui garantissent l’accumulation sans fin du capital ! 

La principale problématique −historique !−  des Etats-Unis demeure donc  l’inexistence d’un parti/ mouvement politique de masse indépendant des deux piliers de l’establishment capitaliste. L’absence d’un "mouvement ouvrier" tel que nous avons pu le connaître en Europe, l’extrême faiblesse d’une véritable  "gauche" structurée, privent les différents mouvements de contestation d’un relais dans les institutions du pays. 

Certes, il y a aujourd’hui des élues et des élus plus  "subversifs", des personnalités qui émergent −et qui se revendiquent parfois du "socialisme", un concept qui sent le souffre aux USA !−  mais il reste cependant  beaucoup de chemin à parcourir pour construire une alternative "anticapitaliste et écosocialiste" de masse. 

Et chez nous ?

La victoire de Biden ne change naturellement rien à l’indispensable conquête de notre souveraineté par rapport à la superpuissance économique et militaire étatsunienne ! 

Il est primordial de continuer le combat contre les traités internationaux écocides, entièrement au service des multinationales, qui entravent toute possibilité de transformation en profondeur de la société !

Il est urgent de rompre avec l’atlantisme et le suivisme européen permanent, de sortir de l’OTAN, de défaire les alliances internationales impérialistes, et de consolider la solidarité entre les peuples. 

Une feuille de route qui sera difficile à tenir mais il n’existe pas d’autre voie pour arracher une émancipation humaine planétaire… 

 

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