13 février 2016
Une candidature sans concession
Jean-Luc Mélenchon n’a pas hésité à ne plus hésiter.
Il a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle de 2017. Ce qui, vu le buzz ainsi (volontairement ?) provoqué, a apparemment surpris les éternels étonnés, les faux candides, ses adversaires patentés ou des « amis de 30 ans », et toute la confrérie des tauliers de la sphère médiatique qui le déteste.
Sur les réseaux sociaux, réactions d’enthousiasme et critiques acerbes s’affrontent.
Pour les détracteurs de Meluche la cause est entendue. Il ferait preuve d’arrogance en prenant une « posture gaullienne » et en s’érigeant délibérément en « homme providentiel ». Bref, s’ « auto-proclamer » postulant à la présidence de la République serait irrecevable, sur le fond comme sur la forme !
Il est bien difficile de ne pas sourire face à tant de hargne et devant cette surenchère de mauvaise foi.
Car quel est le candidat qui n’est (ou ne sera) pas « auto-proclamé » ? Réponse : ceux qui sont (seront) « proclamés » ! Entendons-bous bien : pas par des dizaines de millions de travailleurs mais par le PS, l’UMP-LR, le FN… Et en 2012, que l’on sache, Nathalie Arthaud et Philippe Poutou n’ont pas participé à la bataille
électorale parce qu’ils étaient portés par un mouvement de masse impétueux, mais parce qu’ils ont été désignés prétendants à la « magistrature suprême » par LO et le NPA ! C’est-à-dire par des partis… « autoproclamés »… « anticapitalistes » et… « avant-gardes révolutionnaires »…
Trêve d’ironie. Laissons les futilités aux esprits chagrins et essayons de comprendre la véritable raison de certaines réactions hostiles.
La décision de Jean-Luc Mélenchon dérange parce qu’il a pris de court des appareils qui voulaient palabrer pendant des mois concernant l’échéance de 2017, et des responsables de partis disposés à s’engluer dans la farce de « primaires de gauche » avec la formation de François Hollande, Manuel Valls et autre Emmanuel Macron !
Et il ne faut pas tourner autour du pot au sujet de cette option défendue franchement par les directions du PCF et du PS : il s’agissait d’écarter un personnage encombrant. Il est d’ailleurs regrettable que des Chassaigne ou Laurent défendent finalement un point de vue qui peut-être résumé par « tout, sauf Mélenchon » !
En refusant de s’embarquer dans cette supercherie, en choisissant de ne pas continuer à laisser toute latitude à « la bande des trois » (PS/LR/FN) , en ne voulant plus cautionner l’invisibilité de la « gauche de gauche » dans le champ politique actuel, Jean-Luc Mélenchon fait preuve de lucidité et démontre une fois encore sa capacité à décider clairement sur la base d’une analyse concrète d’une réalité politique réellement existante !

L’heure n’est plus aux tergiversations. Il est au combat, terrain « institutionnel » inclus.
Pour autant, la bataille engagée ne s’identifiera pas à une marche solitaire.
En quelques jours, des dizaines de milliers de personnes ont déjà exprimé leur appui à cette candidature sur le site qui lui est dédicacé (http://www.jlm2017.fr/).
Jean-Luc Mélénchon sollicite d’ailleurs explicitement le soutien du plus grand nombre, sans aucune exclusive : hommes et femmes à titre individuel bien sûr, mais aussi partis, mouvements, clubs, associations, réseaux…. « s’ils sont prêts à respecter le pluralisme et la priorité donnée à l’action citoyenne ».
Tous sont invités à s’investir dans cette prochaine campagne, en commençant par la définition d’un programme dont le point de départ n’est autre que celui défendu par le Front de Gauche en 2012 (1).
La colonne vertébrale de l’indispensable alternative politique se décline en grands axes qu’il convient rapidement d’affiner et d’enrichir : république, partage des richesses, planification écologique, sortie des traités européens, paix et indépendance, progrès humain, internationalisme (2)
Les enjeux et les défis sont de taille.
Il appartient maintenant à chacun[e] de prendre position en toute connaissance de cause, en abandonnant les polémiques stériles et contre-productives.
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- (1) Le programme du Front de Gauche, l’Humain d’abord, Librio, 2012
- (2) http://www.jlm2017.fr/le_projet
13:48 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |
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13 décembre 2015
Batailler pour des "conquis verts" !
COP21, c’est fini !
Ils sont (tous) venus. Ils ont (tous) vu. Ils ont (tous) vaincu… le ridicule.
Car le fameux « sommet » a bien abouti à un « accord universel » (terminologie pompeuse déposée) et, finalement, mieux vaut une issue « positive » qu’un échec retentissant !
Cet accord est-il bon ou mauvais ? La discussion est ouverte. Ce qui a été engrangé sera-t-il réellement mis en œuvre ? Le scepticisme peut, à bon droit, être de rigueur.
Mais il n’y avait nul besoin de ce nouvel épisode de concertation planétaire pour se convaincre qu’il n’existe pas de solution structurelle à la « crise du réchauffement climatique » (et d’ailleurs à la crise systémique globale) sans rupture avec « notre » mode de production/consommation !

Un « capitalisme vert » est une illusion. Nous n’en doutions point avant le grand raout parisien, nous n’en doutons pas au lendemain de la veille.
Pour autant, faut-il attendre une (hypothétique) « révolution socialiste mondiale » pour agir ?
Le « capitalisme social » est également une illusion ! Ce qui n’empêche pas le mouvement ouvrier de se battre depuis 150 ans, dans le cadre de ce système, pour obtenir des « avancées sociales ». De véritables « conquis sociaux » ont été arrachés grâce à des décennies de luttes, et ceux-ci perturbent le néo-libéralisme et ses relais politiques qui sont constamment à l’offensive pour les remettre en question !
Nul besoin, par conséquent, d’attendre l’avènement de l’ « avenir radieux » tant espéré pour engager le combat pour des « conquis verts ».
Des « réformes », rouges ou vertes, ne s’opposent pas à la « révolution » ! Il faudrait d’ailleurs (re-) définir ce que pourrait signifier une « perspective révolutionnaire » au XXIème siècle, mais à chaque jour suffit sa peine…
En attendant, batailler quotidiennement pour de meilleurs transports collectifs publics, pour le développement d'énergies renouvelables, pour la préservation des ressources naturelles, pour la relocalisation de l'économie et une autre politique de transport, pour la disparition de l'industrie de l'armement et de la publicité, ... reste plus que jamais une nécessité incontournable.
@
10:29 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |
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28 novembre 2015
L'ombre de l'Etat fort !
Le métro à l’arrêt, de nombreux spectacles annulés, les écoles fermées, les activités sportives perturbées, les commerces paralysés. Sur fond de roulement de tambours et d’appels répétés à la « vigilance ». Tel était le quotidien des Bruxellois il y a peu.
Aujourd’hui, le métro roule à nouveau, les écoles accueillent les enfants, la vie culturelle reprend lentement son cours et « Les plaisirs d’hiver » sont inaugurés en grande pompe par le gratin politique local.
Néanmoins, les militaires sont toujours dans la rue et la présence policière reste massive.

Derrière cet embrouillamini, l’Ocam, organisme opaque chargé d’évaluer la « menace terroriste », qui a soudainement décrété que l’alerte était rétrogradée du niveau 4 à 3. Sans que l’on comprenne vraiment ce qui aurait changé en 24 heures, du mercredi 25 au jeudi 26 novembre !
Ce tohu-bohu généralisé prêterait à sourire ou à disserter sur l’éternel « surréalisme belge », sauf que…
Sauf que le tumulte sécuritaire généré par les attentats de Paris débouche concrètement sur la mise en place de nouveaux instruments (juridiques, notamment) destinés à renforcer la machine coercitive étatique au détriment de la vie démocratique.
En témoignent les mesures prises par le gouvernement pour « lutter contre le terrorisme » (voir ci-dessous), et qui illustrent parfaitement une dérive alarmante.
Voilà donc un exécutif fédéral qui prend appui sur des « experts » pour charger sabre au clair en marginalisant le parlement ; les députés ayant juste le droit à quelques interpellations mesurées, afin de ne pas mettre en péril « l’unité nationale ».
Et à côté de décisions viriles, la coalition gouvernementale NVA-MR s’évertue à créer un climat d’angoisse parmi la population, propice à l’asphyxie de tout esprit critique ou de toute velléité de rébellion intellectuelle.
En ces temps de crise profonde, dans une période où l’austérité reste l’alpha et l’oméga des politiques des gouvernants, l’occasion était belle de neutraliser la « riposte syndicale » (voir l’imbroglio autour des actions régionales planifiées par les syndicats), au demeurant déjà bien timide.
Inquiétante également, la limitation –de facto- de libertés constitutionnelles
fondamentales comme la liberté d’expression au travers de manifestations publiques. Ainsi, les actions de rue prévues à l’occasion du sommet COP21 se voient purement et simplement interdites, à Bruxelles comme à Ostende !
L’ombre de « l’Etat fort » plane sur ce pays et il faut bien constater que la gauche peine à prendre toute la mesure de cette menace !
Ce n’est pourtant pas le moment d’adopter un « profil bas ».
Au contraire, l’urgence commanderait de porter les mobilisations pour d’autres choix de société au niveau supérieur.
A quand un "Ocam" du mouvement ouvrier ?
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Les 18 mesures prises par le gouvernement pour lutter contre le terrorisme
- Effort budgétaire additionnel - amendement au Budget 2016: 400 millions d'euros pour sécurité et la lutte contre le terrorisme (en complément des 200 millions d'investissements déjà réalisés en 2015, 40 millions prévus pour la sûreté de l'Etat et des 100 millions supplémentaires libérés pour la Défense).
- Renforcement des contrôles policiers aux frontières.
- Déploiement de 520 militaires pour renforcer la sécurité.
- Révision du code d'instruction criminelle - Méthodes particulières de recherche. Nouvelles technologies pour les services de renseignement (empreintes vocales, élargissement écoutes téléphoniques notamment trafic d'armes).
- Révision de la Constitution - garde à vue de 72 heures pour les actes de terrorisme. Modification de l'article 12 de la Constitution. Aujourd'hui 24h, après révision 72h.
- Perquisitions 24h sur 24h pour les infractions terroristes - modification de la loi. Fin de l'exception interdisant les perquisitions entre 21h et 5h du matin.
- Foreign fighters - privation de liberté. Principe: prison lors du retour en Belgique.
- Personnes fichées - bracelet électronique. Bracelet électronique pour les personnes fichées par les services d'analyse de la menace: une procédure contradictoire sera instaurée en vue d'imposer le port du bracelet électronique.
- PNR belge - enregistrement des données de tous les passagers dans les transports. Sans attendre le projet européen, la Belgique appliquera le contrôle systématique de l'enregistrement de tous les passagers dans les transports (avions et trains à grande vitesse).
- Exclusion des prédicateurs de haine. Screening de tous les prédicateurs en vue d'assigner à résidence, de priver de liberté ou d'expulser ceux qui prêchent la haine.
- Démantèlement des lieux de culte non reconnus qui diffusent le djihadisme.
- Fin de l'anonymat pour les cartes pré-payées.
- Plan Molenbeek - prévention et répression.
- Renforcement du screening pour l'accès aux emplois sensibles.
- Extension du réseau de caméras de reconnaissance des plaques minéralogiques.
- Fermeture des sites internet prêchant la haine.
- Evaluation en vue d'une adaptation des législations en lien avec l'état d'urgence. Possibilité de mesures temporaires et exceptionnelles garantissant la sécurité publique.
- Participation sur la scène internationale à la lutte contre Daesch. Frégate Léopold I: mission d'escorte du porte-avions français "Charles de Gaulle". Frappes aériennes en rotation avec les Pays-Bas.
01:13 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |
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22 novembre 2015
La façade s'écroule

BRUXELLES EN ETAT DE SIEGE, STOP OU ENCORE ? Ils ont joué les Rambo ces deux derniers jours, ils vont devoir maintenant atterrir ! Et nous expliquer pourquoi la situation serait différente demain (ou mardi, ou mercredi, ou...) et autoriserait soudainement la remise en circulation du métro, l'ouverture des commerces précipitamment fermés ou une reprise des occupations habituelles de tout un chacun !! Après avoir tout mis en oeuvre pour inquiéter la population, bruxelloise notamment, le temps d'un week-end, ils vont s'employer à "rassurer" !!! Dame, la FEB et de puissants intérêts veillent. Les travailleurs doivent donc pouvoir prendre le train pour aller au turbin et/ou se précipiter dans le métro pour aller au boulot. L'ordre économique des choses doit reprendre ses prérogatives, la machine productiviste doit tourner. Paralyser une ville quelques jours pour lutter contre le terrorisme n'a en réalité pas beaucoup de sens car la menace terroriste est une menace permanente. Des attentats peuvent survenir n'importe où n'importe quand, comme l'ont démontré les tragiques événements du 7 janvier ou du 13 novembre à Paris, que ces grands stratèges n'avaient pas anticipés ! Si l'on suit la logique mise en oeuvre ces dernières heures, il faudrait donc empêcher les transports collectifs de rouler 365 jours sur 365, boucler les magasins 365 jours sur 365, fermer les écoles 365 jours sur 365, annuler les rencontres sportives 365 jours sur 365, empêcher toute activité culturelle 365 jours sur 365, demander à la population de se terrer 365 jours sur 365. Impensable et impraticable. Alors pourquoi ce chambardement autoritaire temporaire si ce n'est pour entretenir un climat de peur et accentuer un état de sidération favorisant le déploiement de mesures sécuritaires liberticides...
SCHOOLBUSTER. Si des écoles doivent fermer ce lundi -ne parlons pas encore du reste de la semaine !- ce sera uniquement à Bruxelles. C’est Joëlle (Milquet) qui vient de le préciser. Et Joëlle sait de quoi elle parle, car elle comprend tout, voit tout, connaît tout. Evidemment quelques esprits chagrins se demanderont pourquoi Bruxelles et pourquoi pas Liège, Mons, Namur ou Charleroi (pour rester dans le cadre de la Communauté Française) ? Seul un expert es ésotérisme pourrait répondre à ce type d’interrogation, tant les mystères de la « lutte contre le terrorisme » sont impénétrables…
IMBROGLIO SYNDICAL. Dans le cadre de la contestation de la politique gouvernementale, des actions étaient planifiées ce lundi 23 novembre à Namur, Mons, La Louvière et Charleroi. Les attentats de Paris sont venus perturber les projets initialement prévus ; des informations contradictoires ont circulé, jusque l’éventualité d’une annulation pure et simple de tout mouvement. Finalement, il n’y aura pas de concentrations de militants, ni manifestations, ni blocages de zonings mais des grèves pourront néanmoins être organisées dans certaines entreprises. Le climat actuel d’état d’exception entretenu par le gouvernement ne facilite guère la mobilisation syndicale, déjà chaotique et aux perspectives nébuleuses. En 2014, nous avions organisé une manifestation nationale, des grèves régionales et une grève générale nationale, du mois d’octobre au mois de décembre… avant une fatale interruption décrétée par le sommet pour «donner une chance à la concertation » ! Cette année, nous voici donc invités à ronger notre frein et à nous contenter d’actions plus light. Il ne nous restera bientôt plus qu’à observer une minute de silence ! Pendant ce temps, la droite ne met pas ses mesures austéritaires au congélateur et les 400 millions € supplémentaires destinés à renforcer le « sécuritaire » finiront par être payés par les travailleurs ! Combien de temps cette mauvaise comédie va-t-elle durer ? Il est craindre que la spirale régressive s’amplifie jusqu’aux élections législatives de 2019. Sans qu’un avenir post-électoral radieux ne soit pour autant garanti…
17:23 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |
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21 novembre 2015
Bruits de bottes
Le jeudi 12 novembre, personne n’avait prévu les attentats qui allaient ensanglanter la capitale française le lendemain. Pas même le président de la République, qui est parti assister tranquillement à une rencontre de football au stade de France.
Les tragiques événements de ce funeste vendredi 13, qui ont touché dans leur chair des centaines de citoyens et qui, accessoirement, ont troublé la quiétude de François Hollande, constituent donc bien une preuve supplémentaire que le terrorisme peut frapper n’importe où n’importe quand !
Aujourd’hui, l’état d’urgence a été proclamé chez nos voisins du sud et Bruxelles est en état de siège. Les policiers et l’armée sont partout, dans les rues, dans les gares, à l’entrée des centres commerciaux ou a proximité de tous les lieux publics d’importance. La plus grande prudence est recommandée à la population. Les télévisions multiplient les émissions « spéciales » et ne lésinent pas sur les effets dramatiques. Tout est chamboulé et beaucoup sont ébranlés.

Mais pourquoi cette agitation martiale maintenant et cette frénésie médiatique quotidienne, alors que les islamistes intégristes nous menacent 365 jours sur 365 ?
Bien sûr, il y a la proximité dans le temps du bain de sang parisien et la nécessité de rassurer le plus grand nombre. Mais ce déploiement sécuritaire est surtout un révélateur politique.
L’actuelle mise en scène vise principalement à :
- Restaurer l’image de gouvernants que l’austérité rend impopulaire. Ceux-ci veulent mettre à profit le coup de tonnerre des kalachnikovs et des bombes pour consolider une image virile de dirigeants qui prennent leurs responsabilités, d’hommes providentiels qui se dressent devant l’adversité. Un paramètre qui peut toujours servir dans la perspective de prochaines élections.
- Créer un climat de stupeur pour faire accepter aux populations des mesures autoritaires vigoureuses qui représentent autant de pas vers un « Etat fort ». Une remise en cause des libertés individuelles et des droits démocratiques peut - à l'évidence - s’avérer utile en ces temps de contestation des politiques néo-libérales orchestrées par les puissants. Rien de tel pour museler un peu plus les mouvements sociaux, les organisations syndicales ou les forces politiques de gauche qui cherchent une alternative à l’ordre établi...
- Justifier la politique impériale des piliers de l’Union Européenne et de leur mentor Etatsuniens au Proche-Orient.
Nous voici concrètement confrontés à de multiples interdits, à commencer par le droit de manifester : ainsi, la grande manifestation planifiée à Paris à l’occasion du sommet sur le climat COP21 est purement et simplement prohibée. Et, par exemple, pas plus tard qu’hier soir, à Saint Gilles, un débat consacré à la situation en Syrie, organisé par la LCR (formation "anticapitaliste"), a été réprimé !
Le matraquage ininterrompu sur les « précautions indispensables » face au « danger terroriste » constitue le parfait alibi pour porter de mauvais coups à la vie démocratique.
Nous ne sommes qu’en 2015 mais il est parfois permis de se demander s’il n’est pas déjà minuit dans le (XXIème) siècle !
On ne pourra faire face aux bruits de bottes qui se font de plus en plus entendre que par une mobilisation sans concession pour d’autres choix de société.
Changer les rapports de forces ne sera pas simple et, dans cette perspective, le rassemblement de la gauche de gauche ne serait pas un luxe.
Un défi -parmi d’autres- à relever…
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19:24 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |
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20 mai 2015
Sondages, mobilisation sociale et chansonnettes
Les sondages ont un parfum « de paradoxe ».
Tout le monde les critique, les relativise, les minimise. Mais dès que la presse en publie un, comme le « baromètre La Libre Belgique/RTBF /Dedicated» de ce jour, tout le monde les décortique et les commente !
Les responsables des partis politiques « en progrès », ne fut-ce que de 0,1 %, se précipitent devant les micros pour déclarer que leur « action » est confortée.
Les responsables des partis politiques « en recul » expliquent tranquillement qu'ils ne sont pas inquiets car les « marges d’erreurs » sont trop importantes.
Finalement, parfois poussées dans leurs derniers retranchements, ces belles âmes finiront par consentir qu’un sondage n’est jamais qu’une « photographie instantanée », pour reprendre une formule usée jusqu’à la corde.
Mais dans les coulisses des états-majors, et dans l'attente fébrile du prochain
coup de sonde, on redouble d’ardeur pour tirer toutes les conclusions qui s’imposent en terme… d’image. Les « communicants » vont donc devoir travailler d’arrache-pied pour améliorer la « communication », apparemment responsable de toutes les difficultés rencontrées.
Il y a quelques jours, interrogé sur les problèmes de son parti, Elio Di Rupo affirmait ainsi, avec beaucoup d’aplomb, que la faute en incombait aux médias, coupables de ne pas relayer correctement son message et celui de ses amis !
Telle est notre démocratie. Les débats de fond sont marginalisés par la sacro-sainte « com’ ». Pour le reste, circulez, il n’y a (plus) rien à voir…
Pendant ce temps, les syndicats n’en finissent plus d’élaborer des « plans de mobilisation ». Il semblerait que l’on s’oriente maintenant vers des manifestations thématiques avant une prochaine grande journée d’action nationale, sous la forme d’une manifestation à Bruxelles, couverte par une grève générale. Quand ? En… octobre 2015 !
Ici, il ne s’agit pas de parfum « de paradoxe » mais de parfum « de déjà vu » !
Inutile de sortir notre boule de cristal pour pronostiquer ensuite une grève générale
officielle, par exemple au mois de décembre, quelques jours avant la trêve de Noël. Ce qui permettra aux « responsables syndicaux » de siffler une nouvelle fin de la récréation, par respect pour les traditions festives. On repartira alors pour un tour supplémentaire de « concertation sociale », agrémentée de l’une ou l’autre action symbolique, pour « maintenir la pression » !
Il n’est pas interdit de sourire devant ce carrousel si prévisible, destiné à occuper le terrain et le devant de la scène. D’aucuns prétendront peut-être que nous basculons également dans le domaine de la « com’ », à quelques mois des élections sociales. Nous laisserons à ces mauvaises langues la responsabilité de leurs dires…
On doute que tout ceci puisse empêcher le gouvernement NVA-MR de poursuivre ses méfaits jusqu’aux prochaines élections législatives, en 2019. Moment d'un possible enième « retour du cœur » promis par le PS ?
En attendant, la crise perdure depuis des décennies, les politiques d’austérité se succèdent et les impasses du mouvement ouvrier demeurent. Une routine qu’il serait temps de briser, mais à chaque jour suffit son défi. 
Nous n’insisterons donc pas aujourd’hui afin de ne pas troubler le premier anniversaire de la coalition dirigée par Charles Michel.
Allez, samedi c’est la finale du concours eurovision de la chanson sur la RTBF (la même qui a commandité le « baromètre » évoqué plus haut et qui a invité ce soir le premier ministre pour une "émission exclusive en prime time" !).
Histoire d’alterner avec The Voice pour ne pas lasser le spectateur.
Dites merci au « service public »…
Qui a dit que l’humanité ne progressait pas ?
@
14:57 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |
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19 mai 2015
Etre ou ne pas être Charlie ?
Tout qui vagabonde sur internet et les réseaux sociaux sera frappé par les chamailleries qui continuent autour de « Charlie » plusieurs mois après les massacres de sinistre mémoire.
Les « Je ne suis pas Charlie » continuent à vouloir en découdre avec les « Je suis Charlie », à moins que ce ne soit le contraire.
Et chaque péripétie de l’actualité, comme le départ futur d’un Luz meurtri révélé hier par la presse, alimente la discorde.
Ces affrontements stériles relèvent d’un contresens concernant le credo repris massivement après l’assassinat de Charb et de ses amis.
« Je suis Charlie » était un cri émotionnel de ralliement pour toutes celles et
tous ceux qui condamnaient sans ambiguïté l’attentat et réaffirmaient clairement leur attachement à la liberté d’expression.
Ni plus ni moins.
Et il était important de rassembler un grand nombre de citoyens autour de ces convictions qui devraient être partagées par tous, mais qui dans le monde actuel ne le sont hélas pas !
« Je suis Charlie » n’a jamais signifié « J’aime Charlie Hebdo », que des millions de personnes qui ont manifesté n’avaient par ailleurs jamais lu !
Pour mémoire, Charlie Hebdo était à l’époque un hebdomadaire au tirage limité, 60.000 exemplaires, dont à peine 30.000 étaient vendus !
« Je suis Charlie » signifiait encore moins, pour celles et ceux qui le connaissaient, « Je suis toujours d’accord avec la ligne éditoriale du journal », ou « J’adore tous les dessins publiés « (des milliers chaque année !), ou « Je prends mon pied à la lecture de chaque article », ou d’autres absurdités de même acabit.
Il est inutile de préciser que ce qui reste de la rédaction n’a jamais rien exigé de tel et n’est pas à l’origine du vaste mouvement de solidarité rapidement déployé. Même si ce soutien était évidemment le bienvenu, il va sans dire que les rescapés auraient volontiers préféré éviter une telle catastrophe.
Il est donc consternant de voir aujourd’hui des cuistres persister sur le terrain du dénigrement et des ragots, ou plus désolant encore se réjouir des difficultés que rencontrent des « survivants » à surmonter leur traumatisme.
Comme si la sérénité pouvait revenir d’un coup de baguette magique après cette tragédie, alors que les membres de l’équipe restent placés en permanence sous protection policière ! Comme s’il était simple de poursuivre un projet journalistique avec un collectif décimé, privé de quelques uns de ses piliers historiques !
Cet acharnement d’esprits chagrins contre Charlie Hebdo est la traduction de confusions, parfois complaisamment entretenues.
Notamment à partir d’un amalgame entre l’ensemble des musulmans et les intégristes islamistes, que d’aucuns ont beaucoup de difficultés à combattre sous prétexte que l’islam serait la religion des « opprimés » !
Le concept vaseux -et dangereux- d’ « islamophobie » est le reflet de cet égarement (1).
Toute critique de la religion serait dorénavant bannie et tout droit au blasphème
criminalisé !
Une dialectique tordue métamorphose ainsi les victimes en coupables et les coupables en victimes.
L’obscurantisme a déjà fait beaucoup de dégâts dans l’histoire de l’humanité et veut continuer à imposer ses délires au XXIème siècle.
La lutte contre le fanatisme pour un monde éclairé sera difficile. Et elle passe par la réaffirmation d’une conception égalitaire, démocratique, universaliste et laïque de la société.
Vaste et difficile programme, mais tout aussi indispensable que la lutte politique contre le capitalisme dans tous ses aspects.
Le chemin pour s’émanciper des barbaries est pavé d’obstacles que nous devrons franchir coûte que coûte.
Il y va de notre avenir commun.
@
Note
(1) Charb avait finalisé un texte deux jours avant l’attentat terroriste contre Charlie Hebdo. Celui-ci n’est pas un « testament » comme certains médias avides de sensationnalisme l’ont proclamé, l’auteur ne pouvant naturellement pas anticiper son décès ! Le destin a donc décidé qu’il s’agissait de son dernier livre, un dernier livre percutant où il aborde les questions de « la foi », la « condescendance des élites », les processus « d’infantilisation » à l’œuvre , la « prétendue islamophobie de Charlie Hebdo » ou la « liberté d’expression ». L’opuscule se termine par une réflexion amusée et amusante concernant « l’athéophobie » ! Bref, une lecture à recommander chaudement… Charb, Lettre aux escrocs de l’islamophobie qui font le jeu des racistes, Les Echappés, Paris, 2015.

12:09 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |
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01 mai 2015
1er Mai : retour vers le futur !
Le Premier Mai a beaucoup perdu de sa force propulsive et de son potentiel de subversion.
Depuis l’épopée de la lutte pour la journée des huit heures, le temps a inexorablement déployé les ailes de sa pesante pesanteur, les dominants ont habilement consolidé leur hégémonie et les représentations des « élites » ont efficacement colonisé l’imaginaire populaire.
Ce qui était une journée de combats et de revendications fortes est ainsi devenu un jour férié comme un autre, apprécié par beaucoup pour l’apport d’une bouffée d’oxygène dans la routine quotidienne du travail salarié et aliéné.
Les drapeaux rouges et les poings levés ont largement cédé la place aux barbecues,
au commerce du muguet et à l’exode vers la Côte flamande ou les Ardennes wallonnes, lorsque la météo le permet !
Les principaux partis du « mouvement ouvrier » s’accommodent parfaitement de ce rite désormais institutionnalisé, qui leur donne une opportunité supplémentaire de se positionner devant des médias toujours à l’affut d’une petite phrase assassine ou d’une révélation surprenante.
Et puis, internet oblige, l’époque est à la recherche du buzz qui focalisera l’attention du public et favorisera peut-être le gain de quelques sympathies nouvelles.
Pourtant, derrière ces jeux de rôle parfaitement rodés, derrière la course à l’audimat des réseaux sociaux, derrière la quête d’un rusé coup de projecteur médiatique, subsiste toujours la dure réalité, celle d’une planète ravagée par la gangrène du capitalisme et de son idéologie néo-libérale !
Dès lors, notre immense défi persiste : transformer radicalement cette société et briser sa trajectoire mortifère pour l’humanité !
Certes, l’accumulation de déconvenues contrarie toute tentative de penser une perspective « utopique » dans le sens révolutionnaire du terme : non ce qui est irréaliste et donc impossible à matérialiser, mais ce qui n’existe pas encore et pourrait se concrétiser dans le cadre d’une rationalité alternative à l’irrationalité du monde actuel.
Entre l’objectif revendiqué d’un avenir radieux et la morne gestion du quotidien la voie est sans doute étroite, mais elle reste praticable.
Il convient ici de réaffirmer à l’intention des distraits que l’histoire humaine est « l’histoire de la lutte des classes ». La démonstration opérée au travers des siècles est sans appel : il ne peut y avoir exploitation sans contestation de cette exploitation ; il ne peut y avoir oppression sans contestation de cette oppression ; il ne peut y avoir injustice sans contestation de cette injustice !

De nombreux êtres humains sont réunis par une volonté commune à vaincre le malheur et par leur aspiration convergente au bonheur !
L’heure n’est donc pas à la résignation et à l’acceptation de l’inacceptable ; elle reste obstinément à l’action pour que le nécessaire devienne enfin possible.
Une indispensable solution de rechange à la barbarie actuelle -avec ou sans « visage humain »- voilà la boussole qui demeure la nôtre afin de pouvoir nous orienter dans le sombre dédale des affrontements politiques.
Tout en évitant le piège de la « fuite en avant ». Il est inutile de fantasmer au sujet de « lendemains qui chantent ». Nous savons que « l’’histoire ne fait rien » et que le futur ne prend aucune option sur une émancipation généralisée.
Seuls les femmes et les hommes réellement existants peuvent -et pourront !-
écrire un autre scénario que celui qui nous condamne au désastre.
Dans cette perspective, au moins quatre points d’attention doivent être retenus.
1. La démocratie. Aucun changement –quel qu’en soit le domaine- ne peut être mis en oeuvre sans l’appui de la majorité de la population. Une société « post capitaliste » ne sera pas légitime sans l’assurance d’une démocratie plus radicale et qualitativement majorée : il n’y aura pas moins mais plus de liberté de conscience ; il n’y aura pas moins mais plus de liberté d’expression ; il n’y aura pas moins mais plus de liberté de presse ; il n’y aura pas moins mais plus de pluralisme, … Et cette démocratie tonifiée, débarrassée du despotisme du marché et de l’autoritarisme patronal, sera également plus sociale : chacun pourra intervenir directement pour sauvegarder l’intérêt de tous, tous pourront veiller à l’émancipation individuelle !
2. L’appropriation sociale. Celle-ci doit prendre le pas sur l’appropriation privée. Les « moyens de production et d’échange » doivent être contrôlés par la collectivité au détriment d’une minorité de nantis. Sans la maîtrise du développement économique, pas de maîtrise possible du développement de la société !
3. Un changement de paradigme dans les rapports entre l’homme et la nature s’impose, d’urgence, car sans respect des écosystèmes et de l’ensemble de notre environnement, pas d’avenir à long terme pour l’humanité !
4. Un renversement culturel : le bonheur ne passe pas par l’accumulation mécanique de biens de consommation ; l’égocentrisme doit s’effacer devant la solidarité, la coopération remplacer la compétition, l’égalité écarter la course à l’enrichissement personnel !
Le chantier est vaste, le but ambitieux, le cheminement ardu, et il n’existe aucun raccourci pour garantir le succès.
L’émancipation humaine est toutefois la seule issue digne de nos engagements.
Nous devons inlassablement propager ce message. Pas seulement le 1er Mai, mais aussi jour après jour, mois après mois, année après année.
Il appartient à toutes celles et à tous ceux qui ne veulent pas abdiquer devant le désordre du capital -et les vilénies de ses protecteurs- de persévérer jusqu'au dénouement espéré…
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